COLLOQUIUM : GEOPOLITICS OF ISLAM 

Actes du colloque  

Conference proceedings

Lundi  09 février 2015

Monday February 9th 2015

Assemblée Nationale

National Assembly  

 

وقائع مؤتمر: جيوسياسية الإسلام

الاثنين، 09 فيفري 2015 

المجلس الوطني

 

Dans le cadre de ses analyses des grandes questions géopolitiques du monde contemporain, l'Académie de Géopolitique de Paris a organisé ce colloque sur la question de l’Islam et de sa géopolitique actuelle. 

Les religions qui ont été le berceau historique des civilisations démontrent aujourd’hui que, comme dans le passé, elles peuvent intervenir dans le destin des peuples. Les crises connues par le Moyen-Orient et un peu partout dans le monde musulman et au delà, avancent aujourd’hui sur le chemin d’appartenance religieuse.  

Sous la présence de plusieurs membres des corps diplomatiques dont les Excellences les ambassadeurs : de Bolivie, de Bulgarie, d'Egypte, du Kosovo, de la Macédoine, du Soudan, du Sultanat d'Oman ; l’ambassadeur délégué et représentant permanent de la République Gabonaise auprès de l’UNESCO et de l’Organisation Internationale de la Francophonie ; Ainsi que les corps diplomatiques d'Algérie, d'Allemagne, d’Arabie saoudite, du Brésil,  de Chine, de Grand Bretagne, du Danemark, de Géorgie, d’inde, d’Irak, d’Iran, de Mongolie, du Nicaragua, des Philippines, du Portugal, de Roumanie, de Russie, de Serbie, de Suède, de Suisse, de la République Tchèque et la Délégation de la Mission de la Ligue des Etats Arabes, et la Mission de Palestine, le colloque a sollicité l'analyse minutieuse des nombreux spécialistes et personnalités de renom, académiciens, diplomates et chercheurs spécialisés qui ont apporté leur analyse géopolitique approfondie sur ce sujet au cours de six heures de débat et de discussion. 

Étaient également présents au colloque madame HASSEN, Ancienne ministre des affaires étrangères du Centrafrique, monsieur Gérard COURSIN, ancien conseiller du Président J.Chirac, Conseiller à la banque mondiale de Paris, monsieur F. MEMMICH, ancien ministre, conseiller à la présidence de transition tunisienne et monsieur K. WADEI, ancien ministre iranien de l’éducation nationale.

 In the framework of its analyses of the greater geopolitical questions of the contemporary world, the Paris Academy of Geopolitics has organized this colloquium on the question of Islam and its current geopolitics.

The religions that have been the historical cradle of civilizations are showing today, as in the past, that they can intervene in the destiny of peoples. The crises known to the Middle East and somewhat all around the Moslem world and beyond, advance today on the path of religious association. 

With the presence of several members of diplomatic corps, of which their Excellencies the Ambassadors of Bolivia, of Bulgaria, of Egypt, of Kosovo, of Macedonia, of Sudan, of the Oman Sultanate; the delegated Ambassador and permanent Gabonese Republic representative to UNESCO and the International Organisation for Francophonia; and alslo the diplomatic corps of Algeria, Germany, Saudi Arabia, Brazil, China, Great Britain, Denmark, Georgia, India, Irak Iran, Mongolia, Nicaragua, the Philippines, Portugal, Roumania, Russia, Serbia, Sweden, Switzerland, the Czeck Republic, and the delegation of the League of Arab States, and the Palestine Mission, the colloquium has required minute analysis by numerous specialities, well-known personalities, academicians, diplomats, and specialized researchers, who have contributed their in-depth geopolitical analysis of the subject, during six hours of debates and discussion. 

Were also present at the colloquium Mrs Hassen, Former Minister for Foreign Affairs of the Central African Republic, Mr. Gérard Coursin, Former Advisor to President Jacques Chirac, Advisor at the Paris branch of the World Bank, Mr. F. Memmich, former Minister, Advisor to the Tunisian transition presidency, and Mr. K. Wadei, former Iranian Minister for National Education. 

في سياق تحاليلها للقضايا الجيوسياسية الكبرى التي يعيشها عالم اليوم، نظمت الأكاديمية الجيوسياسية الباريسية هذا المؤتمر حول الإسلام و جيوسياسته الحالية.

تبين الأديان التي كانت مهد الحضارات التاريخية أنه، كما في الماضي،  يمكنها اليوم أن تشارك في مصير الشعوب. الأزمات التي عرفتها منطقة الشرق الأوسط وأماكن أخرى في العالم الإسلامي وخارجه، تسيراليوم على طريق الانتماء الديني.

بحضور عدد من أعضاء السلك الدبلوماسي من يينهم أصحاب السعادة سفراء بوليفيا وبلغاريا ومصر وكوسوفو ومقدونيا والسودان وسلطنة عمان والسفير والممثل الدائم لغابون لدى اليونسكو ومنظمة الفرنكوفونية الدولية وكذلك السلك الدبلوماسي لكل من الجزائر وألمانيا والسعودية والبرازيل والصين وبريطانيا والدنمارك وجورجيا والهند والعراق وإيران ومنغوليا و نيكاراغوا والفلبين و البرتغال و رومانيا و روسيا و صربيا و السويد و سويسرا و الجمهورية التشيكية ووفد بعثة جامعة الدول العربية وبعثة فلسطين، استدعى المؤتمر تحليل الخبراء والشخصيات الشهيرة والأكاديميين والدبلوماسيين والباحثين المتخصصين الذين قدّموا تحليلهم الجيوسياسي المعمق حول هذا الموضوع خلال ست ساعات من المناقشات والمداولات.

كما حضر المؤتمر السيدة حسن، وزيرة سابقة لخارجية جمهورية أفريقيا الوسطى والسيد  جيرار كورسين، مستشار سابق للرئيس جاك شيراك ومستشار في البنك الدولي في باريس، السيد مميش وزير سابق و مستشار لدى الرئاسة الانتقالية في تونس والسيد ودعي، وزير إيراني سابق للتربية والتعليم..

ولكن أود أن أختم بنقطة جد مهمة ألا و هي العلمانية. وتجدر الإشارة إلى بعض النقاط الغامضة: العلمانية ليست عدوّة للأديان ولكن العلمانية هي عبارة عن مجموعة من القواعد التي تسمح لكل دين في الوجود و أن يمارس ولكن دون التعدي على الأديان الأخرى وبهذا أعتقد بالطبع أن هناك كنائس ومساجد، وخصوصا الجامع الكبير في باريس، الذي أنشئ بموجب قانون 1921-1922 لشكر قدامى المحاربين الذين عادوا من الحرب الأولى 14-18. ومن الضروري أيضا أن نضع مجموعة من القواعد التي تسمح لنا بالعيش معا.  

هناك الكثير من الإحباط وراء ما يحدث، وهناك الكثير من المشاكل الاقتصادية، والكثير من المشاكل المتعلقة بالهوية، ولكن يبقى أني أريد أن أرى أمامي ليس فرنسيين مسلمين ، ولا فرنسيين يهود، وليس فرنسيين كاثوليكيين وإنما مواطنين فرنسيين. أصر على ذلك، لأنني أعتقد أننا أهملنا نقل هذه المبادئ البسيطة، ولكن هذه المبادئ القوية من الجمهورية التي شعارها: سواء كنت أزرق، أبيض، أحمر أو أسود، يمكننا العيش معا شرط أن نحترم بعضنا البعض. 

***

Le président de l'Académie a donné la parole au député maire, monsieur Jacques Myard  pour un discours de bienvenue où le député rappelle l'importance de s’intéresser au flanc sud et du dialogue notamment avec l'Islam afin de mieux se connaitre et de dépasser les différents, mais aussi et surtout l'importance capitale de la laïcité dans le vivre ensemble :

Il y a maintenant quelques mois, sur les révolutions arabes dites Printemps arabe, que nous avons intitulé « Quand les arbres se mettent à bouger », il est clair qu’il se passe des choses dans le monde arabo-musulman, mais ces choses-là ne seront pas toujours dans le sens que nous souhaiterions collectivement. Il est regrettable que la France ne se soit pas davantage intéressée ces dernières décennies, à l’évolution du monde arabo-musulman. Certes on peut comprendre cette attitude par le fait qu’elle ait voulu tourner la page de la décolonisation. Mais dans le même temps elle a mis ses efforts dans ce qui était, la construction européenne et a négligé, en termes de politique étrangère tout le pan africain, méditerranéen, proche et moyen oriental et puis d’un coup elle a compris qu’il s’y passait des choses. Il est donc très important que notre politique étrangère soit réorientée vers le flanc sud.

Le monde arabo-musulman est à nos portes, et donc nous devons bien sûr suivre son évolution, et celle de toutes les forces de ce monde arabo-musulman qui n’est pas uniforme, comme chacun sait : il y a bien sûr un monde et une civilisation globale très intéressants mais il y a aussi des données nationales très fortes, pays par pays. Donc il paraît extrêmement intéressant de suivre avec attention et vigilance, l’évolution de ce monde à deux heures d’avion de Paris, et qui plus est, avec une puissance démographique qui peut poser le problème de stabilité non seulement dans les flux sud-nord, mais aussi sud-sud et qui peut être extrêmement déstabilisateur pour nombre de ces pays.

De très proéminents professeurs qui connaissaient cette civilisation, pensent que nous avons négligé l’apprentissage de la langue arabe, et je pense que c’est quelque chose que nous devons réapprendre et je regrette que nous n’ayons pas fait suffisamment d’efforts dans ce sens, et je souhaite que nous réinvestissions ce champs d’intellectuels, ce champs économique, ce champs des rapports humains, et que nous mettions en place une politique multi-bilatérale à l’égard de l’ensemble de ces pays, ce qui signifie qu’il nous faut nous Français rapatrier les moyens dédiés à la coopération européenne, les rapatrier sur le plan national, pour pouvoir agir, et se donner les moyens de monter des programmes multi-bilatéraux.

Donc il paraît extrêmement important de mettre en débat cette question de la géostratégie de l’Islam, dans sa diversité, dans ces dangers…

Mais je voudrais terminer par un point primordial : la laïcité. Il faut relever certaines ambiguïtés : la laïcité n’est pas l’ennemi des religions, mais la laïcité est un corpus de règles qui permet à chaque religion d’exister, d’être pratiquée mais de ne pas empiéter sur la religion des autres.., c’est la raison pour laquelle nous estimons, bien évidemment qu’il y a des églises, des mosquées, notamment la grande mosquée de Paris, qui a été instituée par une loi, en 1921-22 pour remercier les combattants qui étaient revenus de la Guerre de 14-18. Il est aussi fondamental que nous ayons un corpus de règles qui nous permettent de vivre ensemble. 

Il y a beaucoup de frustration derrière ce qui se passe, il y a beaucoup de problèmes économiques, beaucoup de problèmes d’interrogation identitaire, mais il n’en demeure pas moins que moi je veux voir en face non pas des français musulmans, non pas des français juifs, non pas des français catholiques mais des citoyens français. Si j’insiste là-dessus, c’est que je pense que nous avons négligé de transmettre ces principes simples mais ces principes forts d’une république qui veut que : que vous soyez bleu, blanc, rouge ou noir, nous pouvons vivre ensemble à la condition de se respecter les uns les autres.

أعطى رئيس الأكاديمية الكلمة للسيد النائب رئيس البلدية، جاك ميارد لكلمة ترحيبية ركّز فيها على أهمية النظر في الجناح الجنوبي والحوار مع الإسلام على وجه الخصوص لمعرفة أفضل بالآخر و للتغلب على الاختلافات. كما اكّد النائب خاصة على الأهمية الحاسمة للعلمانية لسبيل العيش معا:

هناك الآن بضعة أشهر على الثورات العربية التي سمّيت بالربيع العربي، والتي عنونّاها "عندما بدأت الأشجار في التحرك،" من الواضح أن هناك أمور تتغير في العالم العربي المسلم، ولكن هذه الأمور لن تسير دائما في المسار الذي نريده. من المؤسف أن فرنسا لم تعطي أكثر اهتماما في العقود الأخيرة، لتطور الأحداث في العالم العربي والمسلم. بالتأكيد يمكن أن نفهم هذا الموقف من حيث أنها أرادت أن تطوي صفحة إنهاء الاستعمار، ولكن في الوقت نفسه وضعت جهودها  فيما كان البناء الأوروبي مهملة من حيث السياسة الخارجية، القومية الأفريقية، المتوسطية، و قومية الشرق الأدنى والأوسط وثم فجأة أدركت أن هناك أمور تحدث هناك. فمن المهم جدا أن تتم إذن، إعادة توجيه سياستنا الخارجية تجاه الجهة الجنوبية.

 العالم العربي والمسلم هو على حدودنا، ولذلك فبطبيعة الحال يجب علينا أن نتبع أحداثه، وأحداث جميع قوى هذا العالم غير المتجانس، كما يعلم الجميع، هناك بالطبع عالم وحضارة عالمية مثيرة جدا للاهتمام ولكن هناك أيضا بيانات وطنية قوية جدا، و خاصة بكل بلد. لذلك يبدو مثير جدا للاهتمام المتابعة و بحذر تطور هذا العالم الذي يبعد بساعتين من مطارات باريس، خاصة و انه يتمتع بقوة ديمغرافية يمكنها أن تطرح مشكلة الاستقرار ليس فقط في الاتجاه جنوب-شمال ولكن أيضا فيما بين بلدان الجنوب والتي يمكنها أن تكون مزعزعة للاستقرار للغاية بالنسبة لكثير من هذه البلدان. 

هناك أساتذة بارزين يعرفون جيدا هذه الحضارة، يعتقدون أننا أهملنا تعلم اللغة العربية، وأعتقد أنه يجب علينا أن نتعلمها ويؤسفني أننا لم نبذل ما يكفي من الجهود في هذا النحو، وأتمنى لو أننا نعيد استثمار هذا المجال الثقافي وهذا المجال الاقتصادي ومجال العلاقات الإنسانية، وأن ننشأ سياسة ثنائية ومتعددة الأطراف فيما يتعلق بجميع هذه البلدان، و هذا معناه أنه  بالنسبة لنا نحن الفرنسيين لابد من إعادة استغلال الموارد المخصصة للتعاون الأوروبي على المستوى الوطني، والعمل على وتوفير وسائل لوضع برامج الثنائية ومتعددة الأطراف.  

لذا يبدو من المهم للغاية مناقشة قضية جيواستراتيجية الإسلام، في تنوعها و في الاخطار التي يمكن ان تتسبب بها ...

https://www.youtube.com/watch?v=P-i78kVnZgo

 

 The Academy President first gave the floor to Mr. Member of Parliament and Mayor Jacques Myard for a welcoming speech in which the Member of Parliament reminded of the importance of maintaining a keen interest in the Southern flank and in dialogue notably with Islam, in order to better be acquainted and surpass the differences, but also and above all the capital importance of secularism in living together.

Some months ago we spoke on the Arab Spring Revolutions, under the title "When the trees start to move...", it's clear things are happening in the Arabo-Moslem world, but those things will not always be in the sense that we would collectively wish. It's regrettable that France didn't take more interest these past decades in the evolution of the Arabo-Moslem world. Certainly one can understand this attitude by the fact that she has wanted to turn the page of decolonization. But at the same time she has invested her efforts in what was the construction of Europe and has neglected, in foregn policy terms, all Pan-Africanism, -Mediterraneanism, and that of the Near and Middle East, and then abruptly she understood that things were happening. It is therefore very important that our foreign policy be reoriented towards the Southern flank. 

The Arabo-Moslem world is at our gates, therefore we must of course follow its evolution, and that of all the forces of this Arabo-Moslem world which all the same is not uniform, as we all know: there is of course a very interesting world and global civilization, but there are also very strong national forces, country by country. Therefore it appears extremely interesting to follow attentively and with vigilance the evolution of this world that is two hours by plane from Paris, and moreover has demographic power that can pose a stability problem not only in South-North relations, but also South-South and that could be extremely destabilizing for a number of these countries. 

Very eminent professors who know this civilization think that we have neglected learning Arabic, and I think that it's something that we have to relearn, and I regret that we havn't made enough effort in this sense, and I wish that we reinvest in this intellectual field, in this economic field, this field of human relations, and that we put into place a multi-bilateral policy with regards all these countries, which just means that we French must repatriate the resources dedicated to European cooperation, repatriate them on a national scale, in order to be able to act, and to attribute to ourselves the wherewithall to install multi-bilateral programs. 

So it seems extremely important to put into debate this question of the geostrategy of Islam, in its diversity, in its dangers.... 

But I would like to terminate on a primordial point: secularism. Certain ambiguities must be noted: secularism is not the enemy of religions, but secularism is a body of rules that permits each religion to exist, to be practised but not to encroach upon the religion of others..., that's the reason for which we feel, very evidently that there are churches, mosques, notably the Grand Mosque of Paris which was instituted by the 1921-22 law for thanking the soldiers who had returned from the 14-18 War. It is further fundamental that we have such a body of rules that permit us to live together. 

There is much frustration behind the goings-on, there are many economic problems, many identity interrogation problems, but that does not diminish my wish that I deal not with French Moslems, not with Jewish Frenchmen, not with Catholic Frenchmen but with French citizens. If I insist thereupon, it's that I think we have neglected to transmit these simple principles but these strong principles of a Republic that wants, whether you are blue, white, red or black, that we be able to live together on condition that we respect one another.

 

Le colloque s'est organisé en deux tables rondes : 

The colloquium is organized into two panels:

Première table ronde

First panel

 المائدة المستديرة الأولى

 

Modérateur : Docteur Ali RASTBEEN, Président de l'Académie de Géopolitique de Paris 

Moderator: Doctor Ali RASTBEEN, President of the Paris Academy of Geopolitics 

إشراف : الدكتور علي راست بين، رئيس الأكاديمية الجيوسياسية في باريس

 إL’évolution géopolitique de l'Islam, par Ali Rastbeen

ordre religieux est le plus ancien et le plus solide fondement sur lequel se bâtissent les sociétés à travers l’histoire. Le domaine de la religion est celui de la foi individuelle et sociale qui oblige l’individu à accepter un certain nombre de devoirs et d’obligations face à la collectivité et à l’existence même. C’est l’ensemble de ces obligations qui est qualifié de foi et qui joue le rôle du contrôleur dans l’inconscient du croyant.

La religion possède un caractère politique pouvant orienter le destin d’une ou des plusieurs sociétés et même régions. Certaines religions ont influé sur un ou plusieurs continents, dépassant les clivages ethniques et autres ; à l’instar du christianisme, du bouddhisme et plus particulièrement de l’Islam, sont aujourd’hui encore capables d’agir en matière de politique internationale.

L’islam qui, six siècles après le christianisme, a été à l’origine de nouveaux bouleversements, a été intimement lié à la politique. C’est en partant de ce même point de vue qu’il a visé le reste du monde et a gagné très rapidement l’Asie, l’Afrique et l’Europe. L’islam est né dans un territoire désertique, passage des caravanes qui reliaient les deux empires de l’époque, Rome et la Perse. À l’âge de 40 ans le prophète de l’Islam, fut chargé d’une mission divine de caractère politique car dès le départ, l’islam avait pour but d’unir et de mobiliser les tribus arabes. Après la mort du Prophète, les tribus arabes, à la recherche de nouveaux espaces, menaient des incursions dans les territoires des empires voisins, la Perse ou Rome, là où vivaient des tribus d’origine arabe avec des peuplades placés sous l’autorité de l’une ou de l’autre puissance.

Après la domination arabe qui permit l’installation de ses tribus en Perse, d’autres conquérants firent leur apparition. Tout le territoire Est de l’Islam fut dévasté par les troupes turques et mongoles en provenance du nord. Or, ces tribus ont fini par se soumettre à la force potentielle de l’Islam qui étendit alors son territoire, des frontières de Chine jusqu’à l’Est de l’Europe. Une lutte permanente opposait l’Islam à ses voisins chrétiens, jusqu’au XXe siècle.

Il est intéressant, dans cette évolution historique et géographique, de relever les effets de l’Islam sur les territoires qu’il a occupés, très différents des invasions antérieures et postérieures.

Dans la période pré-islamique, les conquêtes d’Alexandre pour instaurer la civilisation grecque dans les territoires conquis jusqu’à l’est de l’Inde ont laissé sur place des colonies grecques. Or, les conséquences de l’islam dans ces régions asiatiques, européennes et africaines, étaient d’un ordre tout à fait différent. En fait l’Islam a emporté tout sur son passage : les langues, les histoires, les traditions et les identités. L’Islam a tout absorbé dans le Proche et le Moyen Orient, en y instaurant la domination par la civilisation arabe. Le territoire ayant le moins subi les conséquences de la conquête arabe a été la Perse où, pourtant, on constate à ce jour les effets.

L’empire ottoman est l’aboutissement de la période des guerres tribales et religieuses dans l’histoire moderne. La pérennité de cet empire s’assurait à travers le califat islamique, dont le premier calife fut Abou Bakr, successeur du Prophète.

Les opposants de cette succession se sont réunis autour d’Ali et de la famille du Prophète, c’était la première division dans l’Islam. Ceux qui étaient réunis autour d’Ali furent nommés « chiites ».

Cette première division n’empêchait pas Ali et ses chiites, de se rallier à l’axe Abou-Bakr et Omar ( premier et deuxième califes ), pour défendre l’Islam face aux soulèvements dans l’ensemble de la péninsule arabique.

Après l’assassinat du troisième Calife Ottman, Ali a été désigné quatrième Calife. Les guerres menées par Ali, contre l’armée de Muawiya furent à l’origine d’une nouvelle division qui donna naissance au Khawarej, et dont la première action fut l’assassinat du quatrième calife.

Hassan, fils aîné d’Ali et commandant de ses troupes se trouva face à face avec Muawiyah, fondateur de la dynastie des Omeyyaddes. Il préféra la paix à la guerre, laissa le pouvoir à Muawiyah et considéra cette paix nécessaire pour préserver la domination de l’Islam sur les territoires conquis.

Muawiyah, fils d’Abou Sofian était un des chefs de quraïches qui avait livré la Mecque au Prophète. La politique d’expansion territoriale de l’Islam, d’une part exigeait que les différends internes des Qoraïche ne se propagent point, d’autre part était basée sur l’idéologie « fondamentaliste » des Ommeyyades qui, depuis Muawiyah, avaient établi leur capitale à Cham (la Syrie d’aujourd’hui) et dont le territoire s’était étendu jusqu’au sud-ouest de l’Europe, dans la péninsule ibérique.

Aujourd’hui, les pays musulmans tentent de jouer un rôle important dans la géopolitique mondiale et pour ce faire ils se sont réunis dans la Conférence des pays islamiques. Leur objectif consiste à établir un lien entre le nationalisme et la religion.

Cette démarche difficile n’a pas abouti par le passé car l’élément national et l’élément religieux constituent deux identités séparées, et comme par le passé, aujourd’hui encore ne peuvent se substituer. Le nationalisme est une force de résistance à l’agression par l’élément étranger qui, à son tour, prend un caractère agressif. La religion est elle-même un gouvernement, un pouvoir, une identité et une volonté qui tente de se mondialiser.

Aujourd’hui, l’islam radical prend de l’ampleur. L’attaque récente contre Charlie Hebdo et contre des policiers et civils est une attaque commise « au nom de l’islamisme radical ».

L’islamisme radical ne serait donc qu’une idéologie politique meurtrière dont le but est de soumettre le monde par la violence et par la terreur tandis que le mot Islam vient de salam qui signifie la Paix.

En fait tout acte terroriste contre des innocents contrarie la pensée et la base de l'Islam : Aujourd’hui la France se trouve en guerre contre le terrorisme, non contre l’Islam. Le terrorisme n’a ni religion ni foi ni conscience et constitue un danger pour tous, c’est pourquoi la France n’est pas seule dans ce combat.

Les idées préconisées par les formations du type Daech sont très populaires dans les sociétés déchirées par des conflits interconfessionnels et interethniques, en proie à la misère, au chômage, à l'inégalité sociale et des citoyens devant la loi, à la corruption, à la drogue et à d'autres maux. Daech a un attrait particulier pour les jeunes. Ces jeunes sont persuadés qu'ils combattent au nom de l'unique religion authentique : l'islam. Dans leur interprétation, on doit décapiter quiconque est selon eux renégat par rapport à leur Islam authentique. Ils sont absolument convaincus de leur justesse. Encore, les renégats passibles inconditionnellement d'exécution sont les chrétiens, les yézidies, les juifs  les chiites et même les sunnites qui ne partagent pas la conception du monde salafiste.

L’invasion de l’Irak par les Etats-Unis en 2003 constitue l’acte de naissance de l’Etat islamique : les Américains prétendaient « démocratiser » l’Irak, mais cette démocratisation a donné naissance à Daech qui est exploité par la politique saoudo-qatarie et leurs alliés. Chaos, massacres, réfugiés et crise économique sont les seuls fruits de la politique et de la rivalité de l’Arabie Saoudite et du Qatar et leurs alliés pétromonarchies dans les pays tels l'Afghanistan, l'Irak, la Lybie et la Syrie, d’où sont originaires les Talibans, Al-Qaïda, le Printemps arabe et l’État islamique, entre autres.

Actuellement la charte des Nations unies reste le premier document crédible à l’échelle internationale : rédigée il y a plus de soixante ans au nom des peuples des Nations unies, elle tire sa légitimité des peuples du monde. 

Sur la base de cette charte, une organisation est née qui doit régir non seulement les relations entre les États mais également les relations entre les États et leurs peuples afin qu’une ère nouvelle puisse venir et faire disparaître les guerres et les destructions et permettre une mondialisation du dialogue et des échanges interculturels, interreligieux et entre les civilisations, qui reconnaît les valeurs en commun, et respecte avec loyauté les différences. 

 https://www.youtube.com/watch?v=4N0tERHHBeE

 The geopolitical evolution of Islam, by Ali Rastbeen

The religious order is the most ancient and the most solidly founded and upon which societies build throughout history. The religious domain is that of individual and social faith that obliges the individual to accept a certain number of duties and obligations with regards the community and existence itself. It’s the all of these obligations that is qualified as faith and which plays the role of controller in the believer’s subconscious. 

Religion possesses a political attribute that can orient the destiny of one or more societies and even regions. Some religions have influenced one or more continents, going beyond ethnic and other distinctions; Christianity, Buddhism and more particularly Islam are today capable of acting in the matter of international politics. 

Islam that, six centuries after Christianity was at the origin of new upheavals, has always been intimately intertwined with politics. It’s by starting with this very point of view that it has focused on the rest of the world and very rapidly won over Asia, Africa and Europe. Islam was born in a desert land, crossed by caravans relaying between the two Empires of the time: Rome and Persia. At the age of 40, Islam’s Prophet was charged with a divine mission of political character because as from the start, Islam had as goal to unite and mobilize Arab tribes. After the Prophet’s death, the Arab tribes, seeking new space, led incursions into the territories of the two neighbouring empires: Persia and Rome where tribes of Arab origin lived alongside peoples under the authority of one or the other great power of the time. 

Following the Arab domination that permitted settling its tribes in Persia, other conquerors appeared. The entire Eastern territory of Islam was devastated by Turkish and Mongol troops from the North. However, these tribes finished by submitting to the potential force of Islam that thereupon extended its territories, from the frontiers of China to Eastern Europe. Permanent struggle opposed Islam and its Christian neighbours, till the 20th Century. 

It is interesting, in this historical and geographical evolution, to note Islam’s effects on territories it conquered, so different from previous and later invasions. 

In the pre-Islamic period, Alexander’s conquests to establish Greek civilization on conquered territories all the way to East India, left Greek colonies in their wake. However, the consequences of Islam on these Asian, European and African regions were of a completely different order. In fact, Islam crushed all in its path: languages, histories, traditions and identities. Islam absorbed all throughout the Near and Middle East, and set up domination by Arabian civilization. The territory that suffered the least from Arabian conquests and their consequences was Persia where, however, the after-effects subsist to this very day. 

The Ottoman Empire is the culmination of the period of tribal and religious wars in modern history. The longevity of this empire was assured by the Islamic Caliphate, whose first caliph was Abou Bakr, the Prophet’s successor. 

This succession’s contestants united around Ali and the Prophet’s close family, it was to be Islam’s very first schism. Those who chose to rally to Ali were called Shiites. 

This first division didn’t prevent Ali and his Shiites from supporting the Abou-Bakr and Omar (first and second caliphs respectively) axes when it came to defending Islam against uprisings throughout the Arabian Peninsula. 

After the assassination of the third Ottoman caliph, then Ali was designated fourth caliph. The wars led by Ali against Muawiya’s armies announced the second schism which in turn gave birth to Khawarej whose first act was to assassinate the fourth caliph. 

Hassan, Ali’s eldest son and Commander of their troops, came face to face with Muawiyah, the founder of the Ommayad Dynasty: he preferred peace to war, leaving power to Muawiyah and considered this peace necessary to preserve Islam’s domination on the conquered territories. 

Muawiyah, Abou Sofian’s son, was one of the Quraïche chieftains that had delivered Mecca to the Prophet’s forces. Islam’s territorial expansion policy demanded on the one hand that internal Quraïche quarrels not spread beyond them, and on the other was based on Ommayad “fundamentalist” ideology that since Muawiyah’s days had established its capital at Cham (today’s Syria) and whose territory extended to South-West Europe into the Iberian Peninsula. 

Today, Moslem countries attempt to play an important role in world geopolitics, and in order to do so they have reorganized into an Islamic Countries’ Conference. Their objective consists in establishing a link between nationalism and religion: this difficult approach has not been conclusive in the past, because the national element and the religious element constitute two entirely separate identities, and as in the past, still today cannot substitute each other. Nationalism is resistance against foreign aggression and even influence. Religion is itself a government, a power, an identity and a will to globalize. 

Today radical Islam is taking volume. The recent attack against Charlie Hebdo and against policemen and civilians is an attack committed “in the name of radical Islam”. Radical Islam is therefore no more than a murderous political ideology whose goal is to submit the world through violence and terror, whereas the word “Islam” implies “sala’am” meaning “peace”. 

In fact every terrorist act against innocents contradicts Islam’s thinking and basics. So today France is at war against terrorism and not against Islam. Terrorism has neither religion nor faith nor conscience and constitutes a danger for all, that’s why France is not alone in this combat. 

The values propelled by groups such as Daesh are very popular in societies torn by interdenominational and interethnic conflict, prey to misery, inactivity, social inequalities before the law, corruption, drugs and other ills. Daesh bears a particular attraction for youth. These young ones are persuaded that they are fighting for the only authentic religion – Islam! In their eyes, one must behead every dissident or rebel to their “authentic” Islam. They are absolutely convinced of their justness. Moreover, those who must be unconditionally beheaded are Christians, Yazdis, Jews and Shiites and also Sunnis who do not share the Salafist world concept. 

The United States’ invasion of Iraq in 2003 constitutes the birth certificate of the Islamic State (I.S.):  Americans claimed to be “democratizing” Iraq, but this democratization gave birth to Daesh that in turn became exploited by Saudi-Qatari policy and its allies. Chaos, massacres, refugees and economic crisis are the sole fruits of Saudi and Qatari policy and rivalry, as is the case for their petroleum allies - such countries as Afghanistan, Iraq, Libya and Syria, whence come the Taliban, Al-Qaïda, the Arab Spring, and the Islamic State – amongst many others. 

At present, the United Nations Charter remains the first credible document at the international level: drawn up over sixty years ago in the name of the peoples in the United Nations Organization, it draws its legitimacy from the world’s populations. 

On the basis of this charter, an Organization has been born that must regulate not only inter-state relations but also the relations between States and their Populations, such that a new era can happen and make disappear war and destruction, in favour of globalization of dialogue and of intercultural and inter-religious exchange between all civilizations, in the spirit of common values and of loyal respect for differences. 

التطور الجيوسياسي للإسلام، الدكتورعلي راست بين

النظام الديني هو الأساس الأقدم والأكثر متانة لبناء المجتمعات على مر التاريخ. حيث أن مجال الدين هو مجال الإيمان الفردي والاجتماعي الذي يفرض على الفرد قبول عدد من الواجبات والالتزامات تجاه المجتمع و الوجود. و مجموع كل هذه الالتزامات  يسمى بالإيمان الذي يعمل بمثابة وحدة تحكم في نفس المؤمن.

الدين له طبيعة سياسية يمكنها أن توجّه مصير واحد أو العديد من المجتمعات وحتى المناطق. وقد أثرت بعض الديانات على واحد أو العديد من القارات، عابرة بذلك الانقسامات العرقية وغيرها؛ مثل المسيحية والبوذية والإسلام على وجه الخصوص، لا تزال قادرة على العمل في السياسة الدولية.

الإسلام الذي كان بعد ستة قرون من المسيحية في أصل الاضطرابات الجديدة، ارتبط ارتباطا وثيقا بالسياسة. فمن هذه النقطة نفسها استهدف العالم، وفاز بسرعة كبيرة في آسيا وأفريقيا وأوروبا. ولد الإسلام في إقليم صحراوي، معبر القوافل التي تربط إمبراطوريتي ذلك الوقت وروما وبلاد فارس. في سن الأربعين سنة، وجهت إلى نبي الإسلام مهمة مقدسة ذات طابع سياسي لأنه منذ البداية، كان هدف الإسلام توحيد وحشد القبائل العربية. بعد وفاة النبي، توغلت القبائل العربية بحثا عن فضاءات جديدة، في أراضي الإمبراطوريتين المجاورتين، روما و بلاد فارس حيث كانت تعيش قبائل من أصول عربية مع قبائل تحت سلطة قوة أو أخرى.

وبعد السيطرة العربية التي سمحت باستقرار قبائلها في بلاد فارس، ظهر فاتحون آخرون. حيث تغلغلت القوات التركية والمنغولية القادمة من الشمال في كل الأراضي الشرقية للإسلام. هذه القبائل استسلمت في نهاية المطاف إلى قوة الإسلام ثم نشرته في أراضيها من حدود الصين إلى أوروبا الشرقية. كان هناك صراع دائم بين الإسلام و جيرانه المسيحيين حتى القرن العشرين.

ومن المثير للاهتمام، في هذه التطورات التاريخية والجغرافية، تحديد أثر الإسلام على الأراضي التي احتلها، و هي مختلفة جدا من الغزوات السابقة واللاحقة. 

في الفترة ما قبل الإسلام، كانت فتوحات الاسكندر لإدخال الحضارة اليونانية في الأقاليم المفتوحة إلى غاية شرق الهند قد تركت وراءها مستعمرات يونانية. اما بالنسبة للنتائج المترتبة على الإسلام في هذه المناطق الآسيوية والأوروبية والإفريقية، كانت مختلفة تماما. في الواقع لقد حمل الإسلام كل شيء في طريقه: اللغات والتاريخ والتقاليد والهويات. استوعب الإسلام كل شيء في الشرق الأدنى والأوسط، حاملا معه هيمنة الحضارة العربية. وكانت الأراضي التي استوعبت أقل من آثار الفتح العربي هي بلاد فارس و لو وجدنا هناك حتى الآن مجموعة من الآثار.

و تعتبر الإمبراطورية العثمانية هي تتويج فترة الحروب القبلية والدينية في التاريخ الحديث. حيث ضمنت استدامة هذه الإمبراطورية من خلال الخلافة الإسلامية، وكان أبو بكر الصديق هو الخليفة الأول بعد النبي.

تجمع معارضو هذه الخلافة حول علي والأسرة النبوية، وكان هذا الخلاف الأول في الإسلام. و سمّي هؤلاء الذين تجمعوا حول علي ب"الشيعة".

هذا التقسيم الأول لم يمنع علي و شيعته، من التحالف مع محور أبو بكر وعمر (الخليفة الأول والثاني) للدفاع عن الإسلام في وجه الانتفاضات في جميع أنحاء شبه الجزيرة العربية. 

و بعد اغتيال الخليفة الثالث عثمان عين علي رابع الخلفاء. كانت الحروب التي قادها علي ضد جيش معاوية في أصل تقسيم جديد في الإسلام كون طائفة الخوارج، الذين كان أول عمل لهم هو اغتيال الخليفة الرابع.

لقي حسن، الابن الأكبر لعليّ وقائد قواته نفسه وجها لوجه مع معاوية بن أبي سفيان، مؤسس الدولة الأموية ففضّل السلام على الحرب، وترك السلطة لمعاوية معتبرا أن هذا السلام ضروري للحفاظ على هيمنة الإسلام على الأراضي المفتوحة.

وكان معاوية بن أبي سفيان واحد من قادة قريش الذين سلموا مكة للنبي. عملت سياسة التوسع الإقليمي للإسلام على أن لا تنتشر الاختلافات الداخلية بين القريشيين وكانت تقوم على أيديولوجيا الأمويين "الأصولية" الذين عينوا عاصمة حكمهم في الشام (سوريا اليوم) منذ زمن معاوية والتي وسعت حدود أراضيها إلى الجنوب الغربي من أوروبا، في شبه الجزيرة الأيبيرية.

تحاول اليوم الدول الإسلامية أن تلعب دورا هاما في الجيوسياسة الدولية وللقيام بذلك اجتمعوا في مؤتمر الدول الإسلامية. هدفهم هو إقامة صلة بين القومية والدين.

هذه عملية صعبة فشلت في الماضي لأن العنصر الوطني والعنصر الديني نوعان منفصلان من الهويات ، و​​كما في الماضي، لا يكمنها اليوم ان تستبدل. القومية هي قوة مقاومة للعدوان من قبل العناصر الأجنبية التي، بدورها، تأخذ طابع عدواني. الدين هو في حد ذاته حكومة وسلطة وهوية ورغبة تحاول ان تصبح عالمية. 

اليوم، الإسلام الراديكالي آخذ في الازدياد. الهجوم الأخير ضد مجلة شارلي ايبدو وضد الشرطة والمدنيين هو اعتداء ارتكب "باسم الإسلام الراديكالي".

لذا الإسلام الراديكالي هو أيديولوجية سياسية قاتلة تهدف إلى إخضاع العالم من خلال العنف والإرهاب في حين أن كلمة الإسلام تأتي من كلمة السلام. 

في الواقع أي عمل إرهابي ضد أبرياء يخالف تفكير وأساس الإسلام: فرنسا اليوم في حرب ضد الإرهاب، وليس ضد الإسلام. الإرهاب ليس له دين أو عقيدة أو ضمير ويمثل خطرا على الجميع، ولهذا فرنسا ليست وحدها في هذه المعركة.

الأفكار التي تنادي بها تشكيلات من نوع داعش هي ذات شعبية في المجتمعات التي مزقتها الصراعات الطائفية والعرقية، و التي تعاني من الفقر والبطالة وعدم المساواة الاجتماعية للمواطنين أمام القانون، والفساد، المخدرات وغيرها من الأمراض. داعش لديه جاذبية خاصة للشباب. هؤلاء الشباب مقتنعون بأنهم يقاتلون باسم الدين الحق الواحد، و هو الإسلام. في تفسيرهم، لا بد من قطع رأس أي شخص مرتد في نظرهم بالنسبة لإسلامهم الأصيل. انهم مقتنعون تماما من حقانيتهم. مرة أخرى، المرتدين الذين يجوز دون قيد قتلهم هم من المسيحيين واليزيديين والشيعة اليهود وحتى السنة الذين لا يشاركونهم الرؤية للعالم السلفي.

غزو ​​العراق من قبل الولايات المتحدة في عام 2003 هو شهادو ميلاد الدولة الإسلامية: ادعى الأمريكيون إلى "دمقرطة" العراق، ولكن هذه الديمقراطية ولدت داعش التي تستغلها السياسة السعودية-القطرية وحلفائهم. فوضى ومجازر ولاجئين وأزمة اقتصادية هي الثمار الوحيدة لسياسة التنافس بين المملكة العربية السعودية وقطر وحلفاءها من الملكيات النفطية في دول مثل أفغانستان والعراق وليبيا وسوريا، مصدر حركة طالبان، القاعدة، الربيع العربي والدولة الإسلامية، وغيرها.

يبقى حاليا ميثاق الأمم المتحدة هو أول وثيقة ذات مصداقية دولية: كتب منذ أكثر من ستين عاما بالنيابة عن شعوب الأمم المتحدة، فإنه يرسم شرعيته من شعوب العالم.

وبناء على هذه السياسة، تم إنشاء منظمة للحكم ليس فقط على العلاقات بين الدول ولكن أيضا على العلاقات بين الدول وشعوبها من أجل أن يأتي عهدا جديدا ونتخلص من الحرب والدمار ون نسمح لعولمة الحوار والتبادل الثقافي وحوار الأديان والحضارات، الذي يعترف بالقيم المشتركة ويحترم الاختلافات بكل وفاء.


 

«  Les religions, sources de discordes et de paix ? ».

Le père Michel Lelong, Membre de la Société des pères blancs, Docteur ès-lettres, Enseignant à l’Institut de sciences et théologie des religions, Fondateur associé du groupe Amitié Islamo-Chrétienne et spécialiste du dialogue islamo-chrétien.

 En ce début du XXIe siècle les relations entre les croyants des diverses religions -  et aussi entre croyants et incroyants- sont d’une importance majeure. Elles  furent souvent dans le passé, et elles demeurent parfois de nos jours, une cause de discorde.

En face des réveils religieux qui se manifestent de nos jours, en de nombreuses régions du monde, des voix s’élèvent pour dénoncer les périls que comporteraient ces réveils religieux, et ce retour au sacré. 

Il est vrai que la façon dont les religions, toutes les religions, dans toutes les religions, des croyants interprètent les livres saints, utilisent le nom de Dieu pour en venir à l’intolérance, au fanatisme, et même à la violence. Mais la question est de savoir si ces excès inacceptables viennent des religions elles-mêmes, de leur message, ou de la façon dont certains membres de ces religions, interprètent et vivent ces références à leur foi, y compris dans le domaine politique. 

Pour savoir si les religions sont causes de discordes ou sources de paix, il faut donc bien voir les deux aspects du problème. Quel est, d’abord, le véritable enseignement des grandes religions, et ensuite, comment cet enseignement est vécu et compris par ceux qui s’y réfèrent, et s’en réclame ? Le sujet est évidemment très vaste, et je me limiterai à parler des trois grandes religions monothéistes : le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam. 

Quand on lit dans la Bible les livres que nous Chrétiens appelons l’Ancien testament, on est frappé par le contraste qui existe entre certains récits où on parle de violences, de conflit, de guerre, et le message sans cesse rappelé par les prophètes bibliques : – Esaïe, Jérémie, Amos, José, ne cessent de dire, avec vigueur, que pour être vraiment fidèle au message de Dieu, il ne suffit pas d’aller prier au temple, de se réclamer de l’alliance, ni de remporter des victoires sur l’ennemi … pour être vraiment fidèle au message de Dieu, disaient les prophètes de la Bible, il faut chercher la justice, pratiquer la miséricorde, être attentif et accueillant à ceux qui sont rejetés, faibles et opprimés : la veuve, l’orphelin, l’étranger. C’est cela le message des prophètes de la Bible, message rappelé par les grands penseurs juifs d’hier et d’aujourd’hui, tels André Neher, Emmanuel Lévinas.., mais selon ces messages de la Bible, Dieu nous appelle à la justice, est oublié et je peux même dire trahi de nos jours par certains Juifs extrémistes, colons extrémistes qui se comportent comme on le sait vis-à-vis du peuple palestinien, mais même par des raisons apolitiques, qui se réclament malheureusement du Judaïsme, mais le trahissent dans la façon dont ils se comportent vis-à-vis du peuple palestinien depuis tant d’années. 

Et nous Chrétiens ? Sommes-nous fidèles vraiment au message du Christ ? Quand on lit l’Evangile, on voit bien que ce message est un appel à être assoiffé de justice, partisan de paix, attentif à nos frères humains quels qu’ils soient, en particulier à ceux qui souffrent, à ceux qui sont rejetés, oubliés, opprimés…. Mais il faut bien reconnaître qu’au cours des siècles, les Chrétiens, l’Eglise – les églises, n’ont pas toujours été fidèles au message du Christ. Après avoir été persécutés par certains empereurs romains, les disciples de Jésus, parvenus au pouvoir au 4e Siècle avec l’empereur Constantin, devinrent à leur tour persécuteur, … et en Occident, dans la chrétienneté occidentale, tout en propulsant des œuvres de charité remarquables, tout en construisant nos belles cathédrales, la chrétienneté du Moyen Âge fut intolérante et injuste envers les Juifs, envers les Musulmans. Même à notre époque, certains groupes authentiques qui se disent évangélistes, et qui donc se réfèrent au message de Jésus, soutiennent une politique impérialiste qui a fait des milliers de victimes innocentes au Moyen Orient. Et ce n’était pas le message du Christ. 

Comme le Christianisme et comme le Judaïsme, il existait et existe encore aujourd’hui dans l’Islam, des individus et des groupes qui utilisent abusivement le nom de Dieu et le message du Coran, pour tenter de justifier la violence, l’injustice et la haine. Nous le voyons dans certaines régions du monde, nous l’avons vu en France récemment, mais comme l’ont clairement et unanimement rappelé tous les responsables et porte-paroles de l’Islam au Maghreb, au Moyen Orient, ici en France, les Musulmans qui se réclament d’une religion ou texte coranique pour tuer des innocents et imposer leur fanatisme, leur fanatique vision du monde, trahissent en réalité le message de Dieu, tel qu’il fut transmis dans le Coran par le Prophète Mohamet. Car dans le Coran, comme dans l’ancien testament, comme dans l’Evangile, il est clairement affirmé qu’il faut promouvoir la justice, pratiquer la miséricorde, respecter la foi des gens du livre (« ah al-kitâb ») c'est-à-dire les Juifs et les Chrétiens, être attentifs à ceux qui sont faibles, rejetés, opprimés (« el-moustadafine » dit le Coran). 

Ainsi donc, tout en sachant qu’il existe des profondeurs voir une profonde différence doctrinale, théologique, entre notre foi chrétienne, la foi des juifs et la foi des musulmans, il existe des valeurs éthiques, spirituelles, religieuses communes aux trois grandes religions monothéistes. Et à cet égard il est très important et heureux, qu’entre le début du 20e Siècle,  en France et dans le monde entier, les autorités religieuses du Christianisme, du Judaïsme et de l’Islam, se rencontrent, parlent de plus en plus d’une seule voix, et agissent ensemble pour promouvoir des valeurs communes aux trois grandes religions monothéistes. À cet égard, il me semble qu’il serait très souhaitable et nécessaire que tout en continuant à appeler au vivre ensemble ici en France et dans le respect mutuel, les autorités religieuses de notre pays, les autorités chrétiennes, juives et musulmanes, parlent aussi d’une seule voix unissent leurs efforts pour la justice et la paix en terre sainte : ils ne le font pas assez ensemble, ils devraient le faire ensemble en rappelant qu’en terre sainte aussi il faut que règne la justice condition de la paix, et que pour cela faire soit respecter le droit international y compris en ce qui concerne le salut de Jérusalem, la ville sainte et le Quds. J’attends que les responsables des trois grandes religions monothéistes le disent ensemble pour qu’enfin soit respecté le droit international concernant Jérusalem. Ce qui n’est pas le cas actuellement.  

Un mot pour conclure. Si le dialogue entre Chrétiens, Juifs et Musulmans est aujourd’hui très important, il est très important aussi qu’il y ait le dialogue entre croyants et non croyants. Il existe en effet des incroyants malheureusement sectaires et intolérants, il existe un intégrisme antireligieux qui est aussi inacceptable et dangereux que les intégrismes religieux. Cette semaine dans l’Express il y a un très bon article de Jean-Paul Perrot qui dénonce précisément la conception de la laïcité qui est finalement … qui refuse les religions, y compris à l’école, et qui est particulièrement sectaire vis-à-vis de l’Islam. Alors la laïcité bien sûr, oui, mais la laïcité qui est un cadre pour le respect des religions, non pas un cadre qui prétend les remplacer, ce qui est le cas parfois, même en France, il faut bien le reconnaître. Donc il faut que les croyants et les incroyants, qui ont des valeurs auxquelles ils croient, non seulement se respectent mutuellement, mais travaillent ensemble pour promouvoir des valeurs humaines fondamentales auxquelles aussi bien les croyants que les incroyants adhèrent … ces valeurs qui sont la dignité de toute personne humaine, la justice, la liberté, la fraternité … croyants et incroyants nous sommes ensemble pour reconnaître ces valeurs, même si nous ne leur donnons pas le même sens ultime. Pour les humanistes non croyants, le fondement de ces valeurs c’est la conscience humaine qui exige ces valeurs. Pour nous les, croyants, ces valeurs sont un don de Dieu, et un appel de Dieu, donc nous leur donnons un sens ultime et un sens interne différents. Mais nous pouvons et devons unir nos efforts, croyants et non croyants, pour que ici, dans notre pays, en France, en Europe, et dans le monde, particulièrement au Moyen orient, et en Terre Sainte, que tous ceux qui croient à la dignité de toute personne humaine et la justice, unissent leurs efforts pour cette justice qui est la condition de la paix. Beaucoup y travaillent, il faut que nous soyons de plus en plus nombreux à soutenir ceux qui sont engagés dans cette voie, qu’ils soient croyants ou non.

 https://www.youtube.com/watch?v=fH4W-d3kWss

 Father Michel LELONG

Religion: source of discord or peace? 

Member of the White Fathers Society, Doctor of Letters, Professor at the Institute for Science and Theology of Religions, Founder of the Islamo-Christian Friendship Group, Specialist of Islamo-Christian Dialogue 

In the face of the religious awakenings of our time and in many places around the world, voices are arising to denounce the perils of these awakenings, and of the return to what was sacred.

It’s true that the manner in which religion, all religions and in all religions, are subject to interpretations by their members and adepts of holy scriptures, exploit the name of God in a way as to conclude in “necessary intolerance”, fanaticism and even violence. But the question is to know whether these inacceptable excesses come from the religions themselves, from their message, or from the way in which certain members of these religions interpret and live these references to their faith, including in the political domain.

In order to know if religion is cause for discord or source of peace, it is necessary to distinguish the two aspects of the problem. What is, firstly, the true lesson of the great religions, and then, how this lesson is lived and understood by those who refer themselves to them and claim to belong to them? The subject matter is a very vast one, so this afternoon I shall limit myself to discussing the three great monotheistic religions: Judaism, Christianity and Islam.

When we read in the Bible those books that we Christians call the Old Testament, one is smitten by the contrast existing between certain accounts where one invokes violence, conflict, war, and the message ceaselessly reminded by the Biblical prophets: the Bible Prophets Isaiah, Jeremiah, Amos, Joshua state ceaselessly and with vigour, that to be truly faithful to God’s message, it is insufficient to just go and pray in the temple, to claim to be one of the group, or to score victories over the enemy …  to be truly faithful to God’s message, the Bible Prophets used to say that one must seek justice, be compassionate and merciful, be attentive and charitable towards those who are rejected, weak and oppressed: the widow, the orphan, the stranger…. That is the message of the Bible’s Prophets – message reminded by the great Jewish thinkers of yesterday and of today, such as André Neher, Emmanuel Lévinas…, however according to these messages from the Bible, God calls us to justice but is nevertheless ignored and I can even say “betrayed” in our time by certain extremist Jews, colonialists who behave as they do against the Palestinian people, but even for apolitical reasons, unfortunately claim they are Jewish yet betray their own ideals by the way in which they have been treating the Palestinian people since so many years ago. 

And we Christians? Are we truly faithful to Christ’s message ? When one reads the Gospel (New Testament) one sees well that this message is a call to be profoundly dedicated to justice, active for peace, attentive to our human brethren whoever they may be, in particular to those who suffer, to those who are rejected, forgotten, oppressed…. But at the same time, one must indeed recognize that over the centuries, Christians, the Church – the churches have not always been faithful to Christ’s message. Having been persecuted by some Roman emperors, we note that Jesus’ disciples, reaching power in the 4th Century under Emperor Constantine, became persecutors themselves … and in the West, in Western Christianity, establishing remarkable charitable works whilst at the same time building our beautiful cathedrals, Middle Ages Christianity was intolerant and unjust towards Jews, towards Moslems. Even during our time, certain authentic groups who call themselves revivalists and who therefore invoke Jesus’ message, in fact support an imperialist policy that made thousands of innocent victims during the Middle Ages. And that was not Christ’s message.

Like Christianity and like Judaïsm, there existed and exist still today in Islam, individuals and groups who use abusively the name of God and the Koran’s message, in order to attempt to justify violence, injustice and hate. We see this in certain regions of the world, we saw it recently in France, but as was clearly and unanimously reminded by all responsible and speaking for Islam in North Africa, in the Middle East, here in France, the Moslems who claim they are of a religion or Koranic text permitting to murder innocent people and impose fanaticism – their own fanatical vision of world affairs, in reality betray God’s message as it was transmitted in the Koran by Prophet Mohamad. For in the Koran as in the Old Testament and in the Gospel, it is clearly stated that it is necessary to promote justice, be charitable, respect the faith of those of the scriptures (“ahale-ketâb”) which is to say the Jews and Christians, to be attentive to those who are weak, rejected, oppressed (“el-moustadafine” says the Koran).

And so thus, all the while knowing that there are depths or a profound doctrinal and theological difference between our Christian faith, the faith of the Jews, and the faith of Moslems … there exist common ethical, spiritual and religious values to all three great monotheistic religions. And in this regard, it is very important and fortunate that between the start of the 20th Century in France and indeed throughout the world, the religious authorities of Christianity, of Judaïsm and of Islam are meeting, are expressing increasingly one voice, and are acting together in order to promote values common to all three great monotheistic religions. So it seems to me to be desirable and necessary that whilst calling for cohabitation here in France and in mutual respect, the religious authorities of our country, the Christian, Jewish and Moslem authorities also talk as with one voice and unite their efforts for justice and peace in the Holy Land, furthermore justice must reign as a condition of peace, thus international law must ensure respect, also as concerns the safety of Jerusalem, the Holy Land and the Quds. I await that the responsibles of the three great monotheistic religions so state together, so that at last international law with regards Jerusalem is respected. This is not at present the case. 

A word by way of conclusion. If dialogue between Christians, Jews and Moslems is today very important, it is equally important that there be dialogue between believers and non believers. Indeed there do exist unbelievers who are unfortunately biased and intolerant, there does exist and antireligious fundamentalism that is just as inacceptable and dangerous as the religious fundamentalisms. This week in The Express magazine there is a very good article by Jean-Paul Perrot that denounces precisely the concept of secularity which in fact is … which refuses religion, including taught at school, and which is particularly fundamentalist against Islam. Therefore, secularity, yes certainly, but secularity that is a framework for the respect of religions, not a framework that claims to be able to replace them, which is often the case, even in France, one must well recognize that. Therefore, believers and non believers, who have values in which they believe, must not only respect each other, but also work together in order to promote fundamental human values to which believers and non believers adhere … these values as are dignity of each person, justice, liberty, brotherhood … believers and non believers we are together to recognize these values, even if we do not attribute to them the same ultimate meaning. For non believing humanists, the foundation of these values is the human conscience that demands these values. For we believers, the values are a gift from God, and a calling from God, therefore we attribute to them a different ultimate meaning and a different internal sense. But we can and must unite our efforts, believers and non believers, so that here, in our country, in France, in Europe, and in the world, particularly in the Middle East and in the Holy Land, all those who believe in the dignity of each human being and in justice, unite their efforts in favour of this justice which is the very condition of peace. Many are working at it, we must become increasingly numerous in our support of those engaged on this path, whether believers or not.

"الأديان مصادر الفتنة والسلام؟ "

الأب ميشال لولونغ، عضو في جمعية الآباء البيض، دكتوراه في الآداب و محاضر في معهد علم الأديان، و هو مؤسس مجموعة الصداقة الإسلامية المسيحية و متخصص في الحوار الإسلامي المسيحي.

 في أوائل القرن الحادي والعشرين تعتبر العلاقات بين المؤمنين من مختلف الأديان - وبين المؤمنين و الملحدين  - ذات أهمية كبرى. وكانت في الماضي و لا تزال اليوم سببا للخلاف في كثير من الأحيان.

أمام الانبعاث الديني الذي يحدث اليوم في أجزاء كثيرة من العالم، هناك أصوات للتنديد بالمخاطر التي من شأنها أن ترافق هذا الإحياء الديني والعودة إلى المقدس.

صحيح أن هناك طريقة يفسر بها بعض المؤمنين الكتب المقدسة في كل الأديان مستخدمين فيها اسم الله للوصول إلى التعصب وحتى العنف. ولكن السؤال هو ما إذا كانت هذه التجاوزات غير المقبولة تأتي من الأديان نفسها، من رسالتهم، أو من الطريقة التي تفسر بها بعض أعضاء هذه الأديان، وتعيش هذه المراجع لدينهم بما في ذلك السياسة.

 لمعرفة ما إذا الأديان هي مصادر الفتنة أو السلام؟ ، فمن الضروري رؤية جانبي المشكلة. ما هي، أولا، الرسالة الحقيقية للديانات الكبرى، ثم كيف تعاش وتفهم هذه الرسالة من قبل ذوي الخبرة أولئك الذين يعتبرون انفسهم منه، و هذا الموضوع واسع بطبيعة الحال، لذا سوف أقتصر على ذكر الأديان التوحيدية الكبرى الثلاثة: اليهودية والمسيحية والإسلام. 

عندما نقرأ في الكتاب المقدس الذي نسميه نحن المسيحيين العهد القديم نجد تناقض مذهل بين بعض القصص التي تتحدث عن العنف والصراع و الحرب، والرسالة التي يذكرها باستمرار الأنبياء في الكتاب المقدس : يقول أنبياء الكتاب المقدس - إِشَعْيَاء وإرميا و عاموس و خوسيه مرارا وتكرارا و بقوة، أنه للوفاء حقا لرسالة الله، لا تكفي الصلاة في المعبد  او مبايعة التحالف، ولا الانتصارات على العدو ... للإخلاص حقا لرسالة الله كان يقول أنبياء الكتاب المقدس، يجب علينا تحقيق العدالة، ممارسة الرحمة،  اليقظة والترحيب بأولئك الذين يتم رفضهم، والضعفاء و المظلومين : الأرملة واليتيم، الغريب. هذه هي رسالة الأنبياء من الكتاب المقدس. و هي رسالة يذكر بها كبار المفكرين اليهود في الماضي والحاضر، مثل أندريه  نهير و إيمانويل ليفيناس .. ولكن نسيت رسالة الكتاب المقدس، "يدعونا الله للعدالة" حتى اني أستطيع القول انه تم غدر هذه الرسالة اليوم من قبل بعض المستوطنين اليهود المتطرفين الذين يتصرفون مع الشعب الفلسطيني بالطريقة التي نعرفها، و حتى لأسباب غير سياسية وة الذين ينسبون انفسهم للأسف لليهودية ولكنهم يخونونه في الطريقة التي يتصرفون بها مع الشعب الفلسطيني لسنوات عديدة.

ونحن المسيحيين؟ هل نحن وفيون حقا لرسالة المسيح؟ عندما نقرأ الإنجيل، نرى جيدا ان هذه الرسالة هي دعوة للتعطش من أجل العدالة ودعوة للسلام واليقظة لإخواننا من بني البشر أي كانوا، وخاصة أولئك الذين يعانون و أولئك المرفضون و المنسيون و المظلومون .... ولكن يجب من الاعترف أنه على مدى قرون، لم يكن دائما المسيحيين، والكنيسة و الكنائس  وفية لرسالة المسيح. بعد التعرض للاضطهاد من قبل بعض الأباطرة الرومان، تولى تلاميذ يسوع السلطة في القرن 4 مع الإمبراطور قسطنطين، وأصبحوا مضطهدين بدورهم ... وفي الغرب، في المسيحية الغربية، في نفس وقت انجازأعمال خيرية رائعة في حين بناء كاتدرائيات جميلة، كانت مسيحية العصور الوسطى متعصبة وغير عادلة في حق اليهود و المسلمين. حتى في عصرنا هذا، تدعم بعض الجماعات الأصيلة التي تنسب نفسها للإنجيلين ، والتي ترجع بذلك إلى رسالة يسوع، السياسة الإمبريالية التي أودت بحياة الآلاف من الضحايا الأبرياء في الشرق الأوسط. وهذه لم تكن رسالة المسيح. 

مثل المسيحية واليهودية كان هناك و لا يزال موجود في الإسلام، أفراد وجماعات تسيء استخدام اسم الله ورسالة القرآن، وذلك في محاولة لتبرير العنف والظلم و الكراهية. ونحن نرى ذلك في بعض أجزاء من العالم، وقد شهدناه في فرنسا مؤخرا، ولكن كما ذكّر ووضّح بالإجماع جميع المسؤولين والمتحدثين باسم الإسلام في شمال أفريقيا والشرق الأوسط، هنا في فرنسا، المسلمون الذين يدعون الدين أو القرآن لقتل الأبرياء وفرض ، نظرتهم المتشددة للعالم هم في الواقع يخونون رسالة الله، كما نقل في القرآن من النبي محمد. لأنه في القرآن الكريم، كما في العهد القديم، كما في الإنجيل، فمن الواضح أنه يجب تعزيز العدالة، وممارسة الرحمة واحترام إيمان أهل الكتاب أي اليهود والنصارى، و الانتباه للضعفاء، و المهمشين و المستضعفين.

و على غرار المسيحية واليهودية كان هناك و لا يزال موجود في الإسلام، أفراد وجماعات تسيء استخدام اسم الله ورسالة القرآن، وذلك في محاولة لتبرير العنف والظلم و الكراهية. ونحن نرى ذلك في بعض أجزاء من العالم، وقد شهدناه في فرنسا مؤخرا، ولكن كما ذكّر ووضّح بالإجماع جميع المسؤولين والمتحدثين باسم الإسلام في شمال أفريقيا والشرق الأوسط، هنا في فرنسا، المسلمون الذين يدّعون بالدين أو القرآن لقتل الأبرياء وفرض نظرتهم المتشددة للعالم هم في الواقع يخونون رسالة الله، كما نقل في القرآن من النبي محمد. لأنه في القرآن الكريم، كما في العهد القديم، كما في الإنجيل، من الواضح أنه يجب تعزيز العدالة وممارسة الرحمة واحترام إيمان أهل الكتاب أي اليهود والنصارى و الانتباه للضعفاء و المهمشين و المستضعفين  .

لذلك، مع العلم أن هناك اختلافات عقائدية عميقة، بين إيماننا المسيحي، إيمان اليهود وإيمان المسلمين، هناك مبادئ أخلاقية و روحية ودينية مشتركة بين الديانات التوحيدية الثلاث الكبرى. وفي هذا الصدد فإنه من المهم جدا والمصرّ، أن منذ بداية القرن العشرين في فرنسا وحول العالم، القيادات الدينية المسيحية واليهودية والإسلامية، تلتقي وتتحدث أكثر فأكثر  بصوت واحد وتعمل معا لتعزيز القيم المشتركة للديانات التوحيدية الثلاث الكبرى. 

 وفي هذا الصدد، يبدو لي أنه سيكون من المرغوب فيه والضروري، ان تتحدث أيضا السلطات الدينية في بلدنا اي السلطات المسيحية واليهودية والاسلامية بصوت واحد و ان توحد جهودها من اجل العدالة والسلام في الأرض المقدسة مع الاستمرار في الدعوة للعيش معا هنا في فرنسا في ظل الاحترام المتبادل : فهم لا يفعلوا ذلك بما يكفي معا لا، فإنه ينبغي عليهم أن يفعلوا ذلك معا مذكرين أنه في الأرض المقدسة أيضا  لا بد ان أن تسود العدالة من أجل السلام، وذلك و للك هو احترام القانون الدولي بما في ذلك ما يتعلق الخلاص من القدس، المدينة المقدسة والقدس. وأنا انتظر أن ينادي زعماء الديانات التوحيدية الثلاث الكبرى بصوت واحد من اجل أن يحترم اخيرا القانون الدولي بشأن القدس على عكس ما هي الاوضاع عليه الان.

كلمة واحدة في الختام. إذا كان الحوار بين المسيحيين واليهود والمسلمين هواليوم مهم جدا، هناك حوار مهم جدا أيضا لا بد ان يكون بين المؤمنين وغير المؤمنين. هناك بالفعل ملحدين للأسف طائفيين وغير متسامحين، وهناك تطرف معادي للدين غير مقبول وخطير كالتطرف الديني. هناك مقالة جيدة هذا الاسبوع في "اكسبرس" لجان بول بيرو، يستنكر فيها على وجه التحديد فهم العلمانية الذي يرفض الأديان، و الطائفي بشكل خاص ضد الإسلام.

وبذلك اقول نعم للعلمانية، ولكن العلمانية التي تمثل إطار لاحترام الأديان، وليس الإطار الذي يدعي استبدالها، كما هو الحال في بعض الأحيان، حتى في فرنسا، يجب الاعتراف به. فمن الضروري اذن أن المؤمنين و الملحدين الذين لهم ايضا قيم يؤمنون بها ليس فقط يحترمون بعضهم البعض ولكن يعملون معا لتعزيز القيم الإنسانية الأساسية التي يلتزم بها كلا من المؤمنين وغير المؤمنين ... هذه القيم هي الكرامة لكل شخص والعدالة والحرية والاخوّة ... نحن المؤمنين وغير المؤمنين معا لنعزز هذه القيم، حتى لو كنا لا نعطي لها نفس المعنى النهائي. 

فبالنسبة للإنسانيين غير المؤمنين، أساس هذه القيم هو الوعي البشري الذي يتطلب هذه القيم. بالنسبة لنا، نحن المؤمنين، هذه القيم هي هبة من الله ودعوة منه، لذلك نحن نعطيها معنى نهائي وشعور داخلي مختلف. ولكن يمكننا ويجب علينا أن نعمل معا، مؤمنين و ملحدين، هنا في بلادنا في فرنسا، في أوروبا والعالم، ولا سيما في الشرق الأوسط، والأراضي المقدسة، أن جميع الذين يؤمنون بكرامة كل إنسان والعدالة ان يضفروا جهودهم من اجل العدالة التي هي شرط للسلام. كثيرون يعملون على ذلك وعلينا أن نكون أكثر وأكثر لدعم أولئك الذين يشاركون في هذا الطريق، سواء كانوا مؤمنين أم لا.


 

Abdallah ZEKRI, Président de l'observatoire national pour la lutte contre l'islamophobie en Europe,

« L’Organisation de l'Islam en France et les problèmes religieux et socio-culturels des musulmans».

 Depuis quelques années, on assiste à l’émergence progressive d’un débat public autour de la présence de l’intégration et des modalités de gestion de l’islam en France. 

Cette problématisation publique est intimement liée à la visibilité accrue de personnes et d’associations musulmanes sur la scène publique française. 

Leurs prises de position, relatées par les médias et faisant l’objet de décisions légales ou politiques, ont contribué à rendre tangible ces deux dernières décennies la présence des musulmans en France. De simple catégorie démographique, ils se sont progressivement transformés en catégorie sociale et politique.

Ainsi des enjeux tels que les cimetières confessionnels, le voile islamique, l’abattage rituel de la viande halal, les cursus scolaires, les procédures de nomination et de formation des imams, les devoirs de réserve des fonctionnaires par rapport à leurs croyances religieuses, la compatibilité d’interprétations radicales de l’islam avec les valeurs démocratiques, etc., font de plus en plus l’objet de débats publics et médiatiques portés à travers tout le territoire français, aussi bien au niveau national, régional que local.

En effet, la prise de parole publique des musulmans a engendré un large questionnement concernant les implications de ces revendications sur les valeurs constitutives de l’Etat (comme la laïcité et la démocratie), sur la préservation des équilibres religieux.

Pour justifier ces lignes politiques, les polémiques relatives à la nature des prêches tenues par les imams ainsi qu’aux prises de positions publiques controversées de certains leaders associatifs ou intellectuels musulmans ont été largement exagérées et fortement médiatisées pour soutenir l’idée d’une crainte à l’égard du potentiel de mobilisation et de radicalisation identitaire que de tels discours pourraient avoir sur les musulmans, qualifiés de « modérés ». 

On peut affirmer qu’une une grande et écrasante majorité des musulmans ne se reconnaît pas dans les demandes et prises de position articulées par les leaders associatifs ou religieux extrémistes ou radicaux s’exprimant au nom de la communauté ou de groupes musulmans.

Est-il nécessaire de remarquer que dans le débat public la dénomination de « musulman » est parfois employée et exploitée de manière arbitraire pour désigner des personnes provenant de pays musulmans. En effet, la provenance géographique ne permet pas de qualifier le degré de religiosité des différents individus. 

L’intérêt de notre intervention est de mieux faire comprendre les inductions qui sous-tendent l’affirmation politique d’une image homogène des caractéristiques des musulmans et de les présenter comme « dangereux » pour la collectivité française et sa cohésion nationale.

En d’autres termes, le fait d’être musulman impliquerait un ensemble de valeurs et pratiques partagées et immuables, donc incompatibles avec les valeurs républicaines françaises.

Une telle perception homogénéisant renforce la stigmatisation des membres de la composante musulmane en France. 

Nous trouvons ainsi, au cœur de plusieurs prises de position politiques concernant les musulmans, des représentations sociales et des stéréotypes fortement ancrés :

- A la liberté de la femme occidentale s’oppose « la soumission de la femme musulmane » ; 

- A l’esprit démocratique des occidentaux s’opposent «l’autoritarisme et la vision théocratique des musulmans » ;

- A l’égalitarisme des hommes occidentaux s’oppose « le machisme anachronique des musulmans » ; 

- Au caractère progressiste des occidentaux s’oppose « le conservatisme des musulmans » ;

- Ainsi, il devient nécessaire que les responsables politiques et les journalistes fassent des efforts d’honnêteté intellectuelle pour mieux connaître cette population afin de diminuer les risques de  sa stigmatisation sociale et religieuse aux yeux de l’opinion et de la population française. 

Pour cela, encore faudrait-il accepter qu’en France la parole soit donnée à des musulmans qui, généralement, ne l’ont pas particulièrement dans les médias.        

 Que la majorité « silencieuse » des musulmans puissent répondre à des questions telle que :

- Qu’est-ce que signifie vivre l’islam en France en dehors d’une logique théologique stricte ?

- Comment les musulmans perçoivent-ils leur intégration ? 

- Comment se positionnent-ils par rapport à la citoyenneté?

- Comment vivent-ils et pratiquent-ils l’islam dans leur pays d’accueil ?

- Quelle est leur opinion concernant les décisions des autorités publiques et leur relation avec la population française ?  

-  Que pensent-ils de la compatibilité entre islam et valeurs démocratiques (par exemple en matière de mixité, de statut de la femme, de respect de la laïcité, etc.) ? 

Jusqu’à la mise en place de l’Observatoire national contre l’islamophobie, il n’existait aucun organisme ou structure reconnu par les pouvoirs publics chargés du recensement des actes antimusulmans comme les témoignages des victimes et des témoins d’actes islamophobes ou les documents, les discours politiques et les textes qui prônent ou encouragent la haine des musulmans de France ou de leur religion.

Malheureusement, suite aux évènements dramatiques qu’a connus notre pays après les crimes abjects de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher, les actes islamophobes ont atteint un sommet dans la haine à l’égard des Français de confession musulmane, jamais enregistré.

Du 7 au 20 juin 2015, c’est-à-dire en 12 jours, les services de police et de gendarmerie ont enregistré plus d’actes islamophobes que durant toute l’année 2014 et avec plus de violence.

L’islamophobie, via la cyber-haine, augmente fortement à travers les courriels en chaîne.

L’Observatoire est né de la volonté de la lutte contre les discriminations et le respect de la dignité humaine.

En effet, l’examen de la situation des citoyens Français de confession musulmane dans la société française débouche sur le constat suivant :

- L’image très négative de l’Islam et des musulmans véhiculée dans l’actualité médiatique, basée sur une information nationale et internationale exposant des situations graves, réelles ou présumées,

- La montée d’un certain radicalisme islamique qui nuit d’abord aux citoyens français de confession musulmane qui se sentent « otages » par des tentatives certes marginales mais fortement médiatisées d’imposer la vision d’un Islam présenté comme intolérant, belliqueux, voire sanguinaire, encourageant un repli sur soi, communautariste et exclusiviste, non représentatif des dynamiques sociales dans les communautés musulmanes,

- Un climat de méfiance mutuelle à l’échelle de la communauté nationale, directement lié à une méconnaissance des citoyens français de confession musulmane et de l’attente de la population d’une plus grande conformité culturelle de la part de leurs concitoyens musulmans ; le 11 septembre 2001 a été un de ces catalyseurs,

- La promotion de discours franchement populistes de certains leaders d’opinion, en recherche pour certains de victoire électorale, de visibilité politique et médiatique... Cette rhétorique, surfant très souvent sur les peurs, a engendré des clivages et des préjugés fortement ancrés dans la conscience collective rendant indéniablement plus difficile le dialogue,

- Les discriminations structurantes dans notre société dans les secteurs de l’enseignement, de l’emploi, du logement…qui deviennent des obstacles à la participation réelle de tous à la société. 

 Abdallah ZEKRI

President of the National Observatory for the Struggle against Islamophobia in Europe

“The Organisation of Islam in France and the religious and socio-cultural problems of the Moslems” 

For some years we have been attending the progressive emergence of a public debate around the presence of integration and of the means of managing Islam in France.

This public problem exposure is intimately related to increasingly visibility of Moslem individuals and associations on the French public scene. Their positions, covered by the media and involved in legal and/or political decisions, have contributed these past two decades to rendering tangible the presence of Moslems in France. From a simple demographic category, they have progressively managed to transform themselves into a socially and politically active category.

Thus variables such as confessional cemeteries, the Islamic veil, ritual butchery for halal meat, school curricula, procedures for naming and training imams, the reserve duties for officials with regard to their religious persuasions, the compatibility of radical Islam interpretations to democratic values, etc., are increasingly the object of public and media debates transmitted throughout French territory, at national, regional and local levels. In effect, public speaking by Moslems has generated voluminous questioning concerning the implications of the claims to constitutive State values (such as secularism and democracy), and the preservation of religious balance.

To justify these political trends, debates relative to the nature of imam preaching as well as the taking of controversial public positions by certain associative leaders or Moslem intellectuals have been largely exaggerated and too strongly mediatised in order to support the idea of a fear related to potential identity mobilization and radicalization and affecting Moslems notably qualified as “moderates”.

One can state that a large and crushing majority of Moslems does not recognize itself in the exactions and positions pronounced by extremist or radical associative or religious leaders who claim to be expressing in the name of the general Moslem community or for specific Moslem groups.

Is it necessary to observe that in public debate, the Moslem denomination is sometimes employed and exploited in arbitrary manner to designate persons coming from predominantly Moslem countries. In effect, geographic provenance does not permit to specify the degree of religiosity or involvement of different individuals or groups.

The interest of this present intervention is to have better understand the inductions that underwrite the political affirmation of a homogenous image of Moslem characteristics presented as “dangerous for the French community and its national cohesion”. In other words, the fact of being Moslem would imply a group of shared and unalterable values and practices that are therefore incompatible with French republican values.

Such a homogenizing perspective just reinforces the stigmatization of all members of the Moslem community in France. Thus we find, at the heart of several political positions taken concerning Moslems, strongly anchored stereotypical representations:

-          against the “freedom of the active Western woman” is opposed the “submissive home role of the Moslem woman”

-          against the “democratic Western spirit” is opposed the “authoritarianism and theocratic vision of Moslems”

-          against the “equality of Western citizens” is opposed the “anachronistic macho image of Moslem men”

-          against “progressive Western thought” is opposed the “retrograde conservatism of Moslems”

Thus it becomes necessary for political decision-makers and journalists to bring to bear honest intellectual efforts in order to better know this population, and thereby diminish considerably misleading social and religious stigmatization of opinion. For that, it would be necessary that the silent and unsolicited Moslem majority in France express themselves, notably to answer such questions as:

  • What can it mean to live Islam in France, outside of strict theological framework?
  • How do Moslems perceive their integration and their citizenship in France?
  • How do Moslems live the decisions of French public authorities?
  • How to describe relations between Moslems and the French population?
  • What do Moslems think of potential compatibility between Islam and democratic values (for example: population- mixing, the status and condition of women, secular respect,…)

Till the National Observatory against Islamophobia had been put into place, there was no organism or structure recognized by the public powers charged with indexing anti-moslem acts. There was no organized national record of Islamophobic acts, or of prejudicial documents, or of anti-Moslem programs. In fact, following the terrible events this country has known in the Charlie Hebdo and Hyper Kasher attacks, anti-Moslem and anti-foreigner acts were of record number: between the 7th and the 20th January 2015, that is to say the space of 12 days, the French police, gendarmerie and other security forces registered more acts of personal violence and with more material violence than throughout the entire year 2014. The web was overcharged with cyberhate against Islam, Moslems, Arabs and other foreigners.

Indeed, the National Observatory was born from the will to struggle against discrimination against human dignity and respect.

In conclusion, an examination of the situation of French citizens of Moslem persuasion living in France exposes the following:

i)                    the very negative image of Islam and of Moslems as portrayed in current media exposes very serious real or presumed situations

ii)                  the rise of a certain “Islamic radicalism” that targets in priority French citizens of Moslem persuasion is presenting Islam as intolerant, warfaring even bloodthirsty, and exclusivist, and is not representative of the social dynamics of the Moslem community in general

iii)                the anchored mistrust by French citizens of Moslems at the national level is in considerable measure due to the French civilization’s lack of awareness of the differences amongst its Moslem compatriots

iv)                the promotion of frankly populist speeches by certain leaders of public opinion (seeking without a doubt to surf on the fears of the population) has created more schisms and more prejudice in the collective conscience that undeniably renders even more difficult any dialogue for solution 

v)                  these influential discriminations in our society in the sectors of education, employment, housing … become obstacles to any real social participation by one and all 

https://www.youtube.com/watch?v=EDNybMHjtDE

عبد الله زكري ، رئيس المرصد الوطني لمكافحة الإسلاموفوبيا في أوروبا،

"تنظيم الإسلام في فرنسا والمشاكل الدينية والاجتماعية والثقافية للمسلمين".

نحن نشهد في السنوات الأخيرة، بروز تدريجي لنقاش عام حول وجود و ادماج وترتيب إدارة الإسلام في فرنسا.

ويرتبط هذا الاشكال العام ارتباطا وثيقا بالظهور المتزايد للأشخاص والجمعيات الإسلامية على الساحة العامة الفرنسية.

وقد ساعدت مواقفها التي نقلتها وسائل الإعلام والتي خضعت لقرارات قانونية أو سياسية في جعل وجود المسلمين في فرنسا ملموس خلال العقدين الماضيين. حيث تحولوا تدريجيا من فئة سكانية بسيطة، إلى فئة اجتماعية وسياسية.

وبذلك هناك قضايا مثل المقابر الإسلامية، الحجاب الإسلامي، الذبح الحلال، المناهج الدراسية، وإجراءات تعيين وتدريب الأئمة ولزوم ستر الموظفون لمعتقداتهم الدينية، التوافق بين التفسيرات المتطرفة للإسلام مع القيم الديمقراطية وغيرها، تمثل كلها و بشكل متزايد موضوع نقاش عام و إعلامي في جميع أنحاء الأراضي الفرنسية، سواء على المستويات الوطنية والإقليمية والمحلية.

في الواقع، قد خلقت خطابة المسلمين تساؤلات واسعة حول الآثار المترتبة من هذه المطالبات على القيم المكونة للدولة (مثل العلمانية والديمقراطية)، والحفاظ على التوازن الديني.

لتبرير هذه الخطوط السياسية، بولغ إلى حد كبير في الجدل حول طبيعة خطب الأئمة والمواقف العامة المتنازع عليها لبعض قادة الجمعيات و بعض المفكرين المسلمين وحظيت بتغطية إعلامية مكثفة لدعم فكرة الخوف فيما يتعلق بإمكانية تعبئة و تطرف في الهوية يمكن ان تحدثها مثل هذه التصريحات لدى المسلمين، الذين يوصفون ب "المعتدلين"

- في مقابل المساواة بين الرجال الغربيين تعارضه "الرجولة المتخلفة للمسلمين".

- في مقابل الطابع التقدمي للغرب يعارضه " تحفظ المسلمين".

- وهكذا، يصبح من الضروري ان يبذل المسؤولون السياسيون والصحفيون جهودا بحكم الأمانة الفكرية لفهم أفضل لهذه الفئة من السكان من أجل تقليل مخاطر تشويه صورتها الاجتماعية والدينية في عيون الرأي العام والسكان الفرنسيين.

لهذا، فإنه من الضروري ان نقبل في فرنسا أن تعطى الكلمة للمسلمين الذين عموما لا تعطى لهم وخاصة في وسائل الإعلام.

و أن تتمكن الأغلبية "الصامتة" من المسلمين الإجابة على أسئلة مثل:

- ماذا يعني أن نعيش الإسلام في فرنسا خارج شعور ديني صارم؟

- كيف ينظر المسلمون لاندماجهم؟

- كيف يرون انفسهم في ما يتعلق بالمواطنة؟

- كيف يعيشون ويمارسون الإسلام في بلدهم المضيف؟

- ما هو رأيهم على قرارات السلطات العامة وعلاقتهم مع الفرنسيين؟

-  ما هو رأيهم في التوافق بين الإسلام والقيم الديمقراطية (على سبيل المثال من حيث الجندر، ووضع المرأة، واحترام العلمانية، الخ)؟

و الى غاية إنشاء المرصد الوطني لمكافحة الإسلاموفوبيا، لم يكن هناك أي منظمة أو هيكل معترف به من قبل السلطات مسؤول عن تحديد الأفعال المعادية للمسلمين كشهادات ضحايا وشهود أفعال كارهة للإسلام أو وثائق، خطب سياسية أو نصوص تدعو أو تشجع كراهية المسلمين في فرنسا أو دينهم.

لسوء الحظ، في أعقاب الأحداث المأساوية التي عرفها بلدنا بعد الجرائم البشعة في حق شارلي ابدو والمحل اليهودي ايبر كاشير، بلغت الأعمال المعادية للمسلمين ذروتها في كراهية الفرنسيين المسلمين أكثر من أي وقت مضى.

من 07 الى  20يونيو عام 2015، وهذا يعني في 12 يوما، سجلت مصالح الشرطة والدرك عدد أعمال كراهية للإسلام أكثر من كل عام 2014، مع مزيد من العنف.

خوف و كراهية الإسلام عبر الإنترنت تزيد بشكل كبير من خلال رسائل البريد الإلكتروني المتسلسلة.

ولد المرصد من رغبة مكافحة التمييز واحترام كرامة الإنسان.

حيث يؤدي فحص حالة المواطنين الفرنسيين المسلمين في المجتمع الفرنسي إلى الملاحظات التالية:

- صورة سلبية جدا عن الإسلام والمسلمين التي تعكسها وسائل الإعلام، استنادا إلى معلومات وطنية و دولية تظهر حالات خطيرة، حقيقية أو متصورة.

-  صعود نوع من التطرف الإسلامي المسيء للمواطنين الفرنسيين المسلمين الذين يشعرون انهم "رهائن" محاولات هامشية ولكن تحظى بتغطية إعلامية مكثفة لفرض رؤية للإسلام كدين غير متسامح و محارب بل و دموي مشجع للانغلاق على الذات، طائفي و حصري وغير ممثل للديناميات الاجتماعية في المجتمعات الإسلامية،

- مناخ من عدم الثقة المتبادلة في جميع أنحاء المجتمع الوطني المتعلق مباشرة  بعدم معرفة المواطنين الفرنسيين المسلمين وانتظار السكان لمزيد من المطابقة ثقافية من المواطنين المسلمين ؛ حيث كان  11 سبتمبر 2001 واحدا من محفزات ذلك.

- تشجيع الخطب الشعبوية لبعض قادة الرأي الباحثين عن انتصار انتخابي و سياسي و اعلامي.

لقد خلق هذا الخطاب، المستغل في كثير من الأحيان للمخاوف، انقسامات وأحكام مسبقة متجذرة في الوعي الجماعي جعلت الحوار أكثر صعوبة بما لا يمكن إنكاره ،

- التمييز الهيكلي في مجتمعنا في مجالات التعليم والتوظيف والإسكان ... أصبحت عقبات تحول دون مشاركة حقيقية للجميع في المجتمع.


 

Jean-Paul GOUREVITCH,  écrivain, essayiste, formateur et Expert international en ressources humaines, spécialiste des questions africaines et des migrations, il a publié plusieurs ouvrages consacrés à l'Afrique et aux différents aspects de l'immigration en France. En 2011, il publie un livre sur La croisade islamiste, sous-titrée "pour en finir avec les idées reçues".

« Les transformations de l'islam en Afrique subsaharienne francophone ».

Monsieur Jean Paul GOUREVITCH à traité de l’Islam en Afrique subsaharienne francophone tout en essayant d’ouvrir çà et là des fenêtres sur d’autres pays du continent africain pour donner une vue plus synthétique d’un mouvement qui gagne actuellement toute l’Afrique.

Il y a vingt ans l’islam africain par opposition à l’islam maghrébin ou wahhabite apparaissait comme un islam « cool » dans lequel les interdits moraux n’existaient pratiquement pas, où il était toléré de fumer, de boire, d’avoir de nombreuses partenaires extra-conjugales et où les débats théologiques étaient emprunts d’une tolérance relative. La situation a changé au point qu’aujourd’hui l’Islam africain apparaît parfois comme un des plus menaçants et radicalisés comme le montrent les évènements de Somalie, du Nigéria, et à un moindre degré du Mali, du Niger, de la Mauritanie ou de l’Erythrée.

La première mutation est quantitative et concerne la progression dans toute l’Afrique de l’islam par rapport au christianisme et à l’animisme. Selon le Pew Research Center, dont les statistiques mondiales datent malheureusement de 2009 et dont la méthodologie est contestable puisqu’elles ne sont fondées que sur 38000 face-à-face dans 80 langues et sur 39 pays, l’islam est en passe de venir la première religion du continent africain. Les musulmans étaient alors au nombre de 414 millions (chiffre vraisemblablement sous-estimé et dû au fait que beaucoup d’Africains étaient considérés comme animistes)  sur 950 avec 13 pays sur 34 où la population musulmane dépassait ou frôlait les 90% (Algérie, Comores, Djibouti, Egypte,  Gambie, Libye, Mali, Maroc, Mauritanie, Niger, Sénégal,  Somalie, Tunisie). On notera qu’il y a parmi eux de nombreux pays d’Afrique subsaharienne francophone.

Dans plusieurs pays qui étaient autrefois de religion majoritairement chrétienne, les musulmans sont aujourd’hui les plus nombreux (Côte d’Ivoire, Nigéria, Erythrée, Sierra-Leone, Guinée-Bissau, Tchad) ou bien constituent de très fortes minorités (Burkina Faso, Ethiopie, Cameroun, Bénin, Togo) ou des groupes remuants et revendicatifs (Centrafrique, Ghana, Libéria, RDC).

La seconde mutation est qualitative et marque la progression de l'islam radical dans les couches évoluées de la population. Elle est particulièrement marquée en Afrique francophone du fait d’un sentiment local anti-français alimenté par une lecture manichéenne de la colonisation et un mélange démagogique entre esclavage, traite, atlantique, colonialisme et néocolonialisme alors que la traite arabo-islamique reste un sujet tabou malgré des ouvrages  courageux de musulmans comme Malek Chebel (l’esclavage en terre d’islam Fayard 2007). Le sentiment de la victimisation passée et du malheur présent répandu dans une jeunesse privée d’espoirs et de repères incite une partie des Africains musulmans à voir dans l’islamisme un remède immédiat à tous leurs maux.

Ces raisons ne sont pas les seules. Il faudrait y ajouter pour l’Afrique francophone les connexions entre groupes  terroristes, mafias de drogue dont l’Afrique de l’Ouest est devenue une plaque tournante et filières de pirates et de passeurs lesquels génèrent des rentrées d’argent pour se procurer des armes et renforcer leur audience ;

. l’irrédentisme des tribus nomades du Nord du Sahel en lutte contre le pouvoir central et qui s’allient volontiers à tous ceux qui leur permettent de le déstabiliser ;

. la relative perte d’influence des confréries et la décrédibilisation d’une classe dirigeante divisée en clans, gangrenée par la corruption et où la petite bourgeoisie traditionnellement moteur d’ascension sociale est faiblement représentée ;

. le financement par les Etats du Golfe mais aussi antérieurement par la Libye ou le Soudan de mosquées, d’associations et d’œuvres caritatives ;

. la recherche quasi eschatologique d’une nouvelle « identité africaine » qui se reconstruirait à partir d’un islam rénové alliant la modernité technologique et le retour aux enseignements du prophète. 

Ajoutons que les succès visibles et médiatisés de l’islamisme dans toute l’Afrique ne font que conforter ces tendances dans des populations qui respectent davantage ceux qui gagnent que ceux qui souffrent. C’est pourquoi ces mutations de l’islam représentent aujourd’hui une réelle menace aussi bien pour les pouvoirs africains que pour les pays occidentaux qui accueillent nombre de migrants originaires de cette sous-région. Chez ces derniers, certes dans une plus faible mesure ce sentiment progresse également comme on le voit dans certaines diasporas africaines établies en France.

Il est donc à relever qu’en Afrique subsaharienne francophone une expansion exponentielle revendicative et une domination sans partage de l’Islam fondamentaliste, qui remplace vite l’animisme traditionnel et le christianisme, et assume un caractère politique anti-français et anti-juif.

Jean-Paul GOUREVITCH

Mutations of Islam in French-speaking Sub-saharan African countries

Writer, Author, Trainer and International Expert in Human Resources. Specialist on African and Migrational Questions

Several works on different aspects of immigration in France

In 2011 he publishes his book The Islamist Crusade (sub-title: To put an end to received ideas) 

This essay focuses principally on French-speaking countries, now and then compared to the situation in other African countries, and concludes that fundamentalist islam is quickly and brutally spreading throughout the continent, replacing Christianity as the dominant religion and assuming an anti-French and anti-Jewish political character.

The two main changes are the following.

Quantitatively, Muslim population growth is leading to an African continent where almost half of the inhabitants are already muslims. In 13 countries, the percentage of muslims is more than 90%. And in countries formerly Christianized, such as Ivory Coast or Nigeria,  the muslims are nowadays a majority. In other countries where they are still in a minority as in Burkina-Faso, they try to command respect of their rules and ways of life.

Otherwise we can note that African islam which was in the past somewhat cool and tolerant becomes more and more radical especially in French-speaking countries. The middle class and the senior and dynamic young executives are particularly involved in that processus. We could find many explanations of that occurrence in the history of French colonialism and neocolonialism, in the lack of hope in the young present generation or in the interconnexion between Islamist groups and narcotics mafias.  

But obviously that political change is an important threat for both African governments and western countries which receive lots of immigrants from Africa.

https://www.youtube.com/watch?v=Fy_VsJ0k0ck 

جون بول غوريفيتش،

" تحولات الإسلام في أفريقيا جنوب الصحراء الناطقة بالفرنسية"

جون بول غوريفيتش كاتب ومنشئ و خبير دولي في الموارد البشرية  و متخصص  في القضايا الأفريقية والهجرة. نشر العديد من الكتب عن أفريقيا ومختلف جوانب الهجرة في فرنسا. في عام 2011، نشر كتابا عن الحرب الصليبية الإسلامية، يحمل عنوان فرعي "لإنهاء المفاهيم الخاطئة".

 عالج غوريفيتش الإسلام في أفريقيا جنوب الصحراء الكبرى الفرنكوفونية محاولا فتح نوافذ هنا وهناك على بلدان أفريقية أخرى لإعطاء صورة تركيبية عن الحركة التي تنتشر في كل أفريقيا . 

هناك عشرين عام كان الإسلام الأفريقي على خلاف إسلام المغرب العربي أو الإسلام الوهابي يظهر بأنه "معتدل" اين المحظورات الأخلاقية بالكاد موجودة، حيث يسمح بالتدخين، والشراب، و  بالعديد من الشركاء خارج نطاق الزواج، وحيث المناقشات الدينية كانت ذات طابع تسامحي. لقد تغير هذا الوضع لدرجة أن الإسلام الأفريقي يبدو في بعض الأحيان  واحدا من الأكثر تهديدا وتطرفا كما توضحه الأحداث في الصومال ونيجيريا، وإلى حد أقل مالي والنيجر وموريتانيا و إريتريا. 

التغير الأول كمي يتعلق بتقدم الإسلام في جميع أنحاء أفريقيا على حساب المسيحية والإحيائية. وفقا لمركز بيو للأبحاث، والتي تعود إحصاءاته العالمية للأسف لعام 2009، وذو المنهجية المشكوك فيها نظرا لأستناده إلاّ على 38000 وجها لوجه في 80 لغة و 39 بلدا، يوشك الإسلام أن يصبح الدين الأول في أفريقيا. حيث كان عدد المسلمين 414 مليون ( ارقام ربما مستهان بها و ذلك بسبب اعتبارالعديد من الأفارقة إحيائيين) من مجموع 950 مع 13 دولة من أصل 34 بلدا حيث يتجاوز أو يقارب عدد المسلمين 90٪ (الجزائر، جزر القمر جيبوتي، مصر، غامبيا، ليبيا، مالي، موريتانيا، المغرب، النيجر، السنغال، الصومال، تونس). نلاحظ أن هناك بينهم العديد من بلدان أفريقيا جنوب الصحراء الكبرى الناطقة بالفرنسية.  

في العديد من البلدان التي كانت ديانتها في الغالب مسيحية، المسلمون هم أكثر عددا اليوم (ساحل العاج ونيجيريا واريتريا وسيراليون وغينيا بيساو وتشاد) أوأصبحوا يشكلون أقلية قوية جدا (بوركينا فاسو واثيوبيا والكاميرون وبنين وتوغو) أو مجموعات محتجة و مطالبة (جمهورية أفريقيا الوسطى وغانا وليبيريا وجمهورية الكونغو الديمقراطية). 

التغيّر الثاني نوعي يسجل تقدم الإسلام الراديكالي في الطبقات المتقدمة من السكان. هذا واضح بشكل خاص في أفريقيا الفرنكوفونية بسبب شعور محلي معادي لفرنسا مغذى من قبل قراءة مانوية للاستعمار ومزيج ديماغوجي من العبودية و الرقيق عبر المحيط الأطلسي والاستعمار والاستعمار الجديد بينما ان الرقيق العربي الإسلامي لا يزال موضوعا ممنوع ذكره على الرغم من أعمال شجاعة لمسلمين مثل مالك شبل (العبودية في أرض الإسلام فيارد 2007). يشجع الشعور في الماضي بالتحول الى ضحية و مأساة الحاضر المنتشرة لدى الشباب الضائعين و المحرومين من الأمل جزء من المسلمين الأفارقة لأن يرو في التطرف الإسلامي علاج فوري لجميع أمراضهم. 

هذه الأسباب ليست هي الوحيدة. ينبغي أن نضيف لأفريقيا الفرنكوفونية الاتصالات بين الجماعات الإرهابية، مافيا المخدرات التي أصبحت غرب أفريقيا مركزا مهما في ذلك وفرع من القراصنة والمهربين الذين يولّدون مدخولات نقدية للحصول على الأسلحة وتعزيز شعبيتهم. 

مطامع القبائل البدوية في شمال الساحل في نضال ضد الحكومة المركزية  التي تتحالف مع كل من يسمح لها بزعزعة استقرارها.

ضعف التأثير النسبي للجماعات وتشوه سمعة طبقة حاكمة المقسمة إلى احزاب، و المليئة بالفساد وحيث البرجوازية الصغيرة المعتادة التي كانت محرك  التصاعد الاجتماعي لا تحضى سوى بتمثيل ضعيف.

التمويل من دول الخليج ولكن أيضا من قبل من ليبيا أو السودان لمساجد و جمعيات ومؤسسات خيرية. 

البحث شبه أخروي عن "هوية أفريقية" جديدة من شأنها إعادة بناء نفسها من إسلام مجدّد يجمع بين التكنولوجيا الحديثة والعودة إلى تعاليم النبي.

نضيف أن النجاح المرئي والمبث في وسائل الاعلام للإسلام التطرّفي في جميع أنحاء أفريقيا يعزز هذه الاتجاهات لدى اشخاص تحترم اكثر أولئك الفائزون بدلا من المعانون. هذا هو سبب هذه التغيرات في الإسلام و التي تمثل اليوم تهديدا حقيقيا لكل من السلطات الافريقية و الدول الغربية التي تستقبل عددد من المهاجرين القادمين من هذه المنطقة. لدى هؤلاء وإلى حد أقل يزيد هذا الشعور كما نراه لدى بعض الشتات الأفريقية المقيمة في فرنسا.  

ولذا يلاحظ أنه في أفريقيا جنوب الصحراء الكبرى الناطقة بالفرنسية توسع هائل متزايد و مطالب وهيمنة دون منازع للإسلام الأصولي الذي يحل بسرعة محل الأحائية التقليدية والمسيحية، ويأخذ طابع سياسي مضاد لفرنسا ومعادي لليهود.


***** Premier Débat avec la salle :https://www.youtube.com/watch?v=csNq2H75rj0*****


 

Bassam TAHHAN,Professeur de géostratégie à l’École Nationale Supérieure de Techniques Avancées (Ensta) Professeur de chaire supérieure de lettres arabes au Lycée Henri IV, il est aussi politologue et islamoloue,  et l'avocat d'une réforme protestante de l'Islam.

«  Croissant chiite, croissant sunnite : où va l'Islam? ».

  Au Proche-Orient aujourd’hui il y a un axe de résistance anti américain qui est essentiellement formé de forces dont la confession est l’Islam chiite.

Trois hommes sont à l’origine de cet éveil chiite dans le monde :

D’abord Moussa Sadr, Ensuie Hafiz al-Asad, Et enfin Khomeiny.

Le premier fut Moussa Sadr au Liban qui commença à former un conseil pour les chiites du sud Liban et entamer un dialogue avec toutes les communautés. Dans les années soixante, il a donné confiance à cette population persécutées depuis des siècles

Hafiz al-Asad en 1967 de confession alaouite de la grande famille des chiites était ministre de la décence 3 ans âpres il prend le pouvoir et se faire élire, il se mettra à aider les chiites du sud Liban.

Voila que la révolution Khomeiny arrive en 1978. Durant toute la guerre Iran Irak Hafiz al-Asad soutiendra l’Iran et se rapprochera de la révolution Khomeiny, bien qu’il soit lui-même laïc.

C’est ce qu’ont appellera le croissant chiite : Syrie, sud Liban-Hezbollah et la nouvelle république islamique d’Iran.

Il ne s’agit plus de faire de la dissimulation ; mais d’affirmer haut et fort qu’on a le droit d’être chiite. Ce croissant chiite n’a cessé de se développer à tous les niveaux, pendant que l’autre croissant sunnite se mit à faire la guerre à cette nouvelle force montante.

Malheureusement ce monde sunnite qui voulait rivaliser avec la révolution Khomeiny  a donné naissance à des mouvements extrémistes pour s’opposer à cet éveil chiite dans le monde musulman.

Ce fut l’éveil des Frères Musulmans en Algérie, la création d’autres groupes islamistes qui voulaient renverser le pouvoir en Egypte, et aujourd’hui ces deux croissants ou ces deux axes ne cessent de s’affronter.

La question qui se pose est la suivante : comment établir un véritable dialogue entre la majorité musulmane sunnites et cette forte minorité chiite, en sachant que la révolution chiite de Khomeiny a créée une dynamique qui se traduit déjà par tout le progrès scientifique industriel et même philosophique dans la vision du monde en Iran.

Toute la question est là, il faut trouver un terrain d’entente philosophique, spirituelle au niveau de la jurisprudence entre ces deux grandes familles de l’islam car ces affrontements auxquels nous assistons présagent de conflits beaucoup plus grands et menacent tout l’équilibre mondial.

Bassam TAHHAN

Geostrategics professor at the ENSTA (Superior national school of advanced techniques)

Superior Chaired Professor of Arab Letters at the Henri IV Lycée

Political Scientist (Specialty: Islamology)

Shiite Crescent – Sunni Crescent : Where is Islam going?

In the Near East today there is an anti-American axis of resistance that is essentially formed of forces whose persuasion is Shiite Islam.

Three men are at the heart and origin of this Shiite awakening in the world: first of all, Moussa Sadr, then Hafiz al-Asad, and finally Rouhollah Khomeini.

Moussa Sadr started in Lebanon, by forming a council for Shiites in South Lebanon, and by starting a dialogue with all communities. In the Sixties years, he had succeeded in giving confidence to this minority population that had been persecuted for centuries.

In 1967, Hafiz al-Asad, of Alaouite origin and from the great Shiite family was minister of Defence. Three years later, he took power and got himself elected. He began his work of helping the South Lebanon Shiites.

In 1978 the Khomeini Revolution broke out. Throughout the Iran-Iraq war, Hafiz al-Asad supported Iran and was influenced by the Khomeini Revolution, although he himself was a lay-person.

These three formed what was to be called the Shiite Crescent: Syria, South Lebanon Hizbollahi and the new Islamic Republic of Iran.

There was no more hiding, it was time to confess loud and strong that one had the right to be Shiite. This Shiite crescent didn’t stop developing at all levels, whereas another crescent, this one Sunni, declared war against this new Shiite force.

Unfortunately, the Sunni world, rivalling Khomeini’s effects, gave birth to extremist movements that declared guerrilla war against the Shiite awakening’s affect on the Moslem world. One of these extremist movements was the Moslem Brotherhood in Algeria. Other groups sought to overthrow the pro-West power in Egypt. To this day, this matrix of superposed conflicts is happening and being exploited.

The question now asked is the following: how to establish a veritable dialogue between the Sunni Moslem majority, and this strong Shiite majority, knowing that Khomeini’s Shiite revolution has created dynamics that already claim considerable scientific, industrial and even philosophical progress in Iran?

That is the entire question, there must evolve a philosophical, spiritual and jurisprudential entente between these two great families born from Islam, otherwise the nuclearization of the conflicts taking root can soon threaten the entire world balance. 

https://www.youtube.com/watch?v=ZsQ1YcVS-IQ

بسام طحان، أستاذ الاستراتيجية في المدرسة الوطنية للتقنيات المتقدمة (Ensta) بروفيسور الأدب العربي في ثانويه هنري الرابع، و هو أيضا مختص في العلوم السياسية و الاسلامية .

" الهلال الشيعي والهلال السني: ما هو مستقبل الإسلام؟ ".

  في الشرق الأوسط هناك اليوم خط مقاومة معادي لأمريكا يتألف أساسا من القوى التي تنتمي الى الإسلام الشيعي.

ثلاثة رجال هم وراء هذه الصحوة الشيعية في العالمأولا موسى الصدر ثم حافظ الاسد ، وأخيرا الخميني.

كان أولهم موسى الصدر في لبنان الذي بدأ بتشكيل مجلس للشيعة بجنوب لبنان وبدء حوار مع جميع الطوائف. في اعوام الستينات، أعطى الثقة لهذه الفئة من السكان المضطهدة لقرون

حافظ الاسد في عام 1967 من الطائفة العلوية من عائلة كبيرة من الشيعة كان وزير للدفاع و بعد 3 سنوات  تولى السلطة، وشرع في مساعدة الشيعة في جنوب لبنان.

و بعد ذلك جاءت ثورة الخميني في عام 1978. وخلال كل مدة الحرب الإيرانية العراقية دعم حافظ الاسد ايران وتقرب من ثورة الخميني، على الرغم من أنه هو نفسه علماني. هذا ما سمي بالهلال الشيعي: سوريا، جنوب لبنان - حزب الله والجمهورية الإسلامية الجديدة في إيران.

ولم يعد يتعلق الامر بالبقاء في الخفاء ولكن الاعلان بصوت عال وواضح أن لهم الحق في أن يكونوا شيعيين. وقد استمر هذا الهلال الشيعي في التطور على جميع المستويات، في حين بدأ الهلال السني بحربه ضد هذه القوة الصاعدة الجديدة.

للأسف أنجب هذا العالم السني الذي أراد أن ينافس ثورة الخميني حركات متطرفة لمعارضة هذه الصحوة الشيعية في العالم الإسلامي ترجمت بصحوة جماعة الإخوان المسلمين في الجزائر، وخلق مجموعات اسلامية أخرى ارادت الاطاحة بالحكومة في مصر، و هذان المحورين يتعارضون اليوم باستمرار.

والسؤال الذي يطرح نفسه هو: كيف يمكن إقامة حوار حقيقي بين الأغلبية المسلمة السنية وهذه الاقلية الشيعية القوية، مع العلم أن ثورة الخميني الشيعية قد خلقت دينامية تنعكس بالفعل في كامل التقدم العلمي والصناعي و حتى الفلسفي في نظرة إيران للعالم. 

و بالتالي لا بد من ايجاد أرضية تفاهم فلسفية و روحية على مستوى الفقه بين هاتان العائلتين من الإسلام  لان هذه الاشتباكات التي نشهدها تنذر بصراع أكبر من ذلك بكثير ويهدد التوازن العالمي بأسره .


 

Raphaël LIOGIER, sociologue et philosophe il est Professeur des universités au Collège international de philosophie à Paris, il est aussi Professeur des universités à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, ou il dirige l'Observatoire du religieux depuis 2006. en 2012, il publie un livre intitulé : le mythe de l’islamisation.

« Le nouveau marché global de la terreur ».

 Peut-on sérieusement soutenir, en effet, que le conflit qui éclata au Mali était une guerre entre Etats ? Certainement pas. Etait-ce pour autant une guerre civile ? Nullement. Un peu des deux – guerre civile et conflit international - pourrions-nous répondre dans une première approche. Des Etats étaient bien présents sur la scène belliqueuse, l’Etat malien d’abord, l’Algérie frontalière aussi, et la coalition occidentale, France en tête, bien sûr. Mais les autres protagonistes – qui d’ailleurs jouaient sur l’avant scène – étaient des groupes plus ou moins bien définis, l’un par l’étiquetage ethnique assez vague de nomades touaregs, et l’autres par l’étiquetage maléfique d’islamistes-terroristes.  Ces derniers étant les principaux protagonistes de ladite guerre, constituant à l’origine un groupe disparate qui s’offrit une unité et une visibilité mondiale, par l’adoption de l’acronyme  AQMI : Al Qaïda au Maghreb Islamique. Quel éblouissant label, qui ne pouvait que lui assurer les feux de la rampe globale. 

Soudain célèbre pour ses hauts faits spectaculaires du 11 septembre 2001, et l’escapade de plusieurs années de son chevalier noir Oussama Ben Laden, Al Qaïda est en effet passée en quelques courtes années du statut de simple organisation à celui de label, comme on trouve des franchises dans la restaurations, l’hôtellerie ou la grande distribution. Comme Leclerc fut la première grande franchise de la grande distribution, avec des succursales réparties à travers le monde. Al Qaïda est devenu la première grande franchise terroriste globale, qui fonctionne aujourd’hui un peu comme une marque de fabrique, un label, qui permettrait d’ouvrir son commerce si l’on respecte la charte de la maison mère – en l’occurrence une certaine esthétique, tunique et barbe obligatoires, et un certain type d’activité, terrorisme anti-occidental (anti-européen, anti-américain, anti-judéo-chrétien) afin d’être pris immédiatement au sérieux et que les publics s’y reconnaissent (médias en tête).  N’importe quel rassemblement de personnes peut aujourd’hui acquérir notoriété et jouer un rôle sur la scène du monde grâce à la griffe Al Qaïda. Il suffit d’entrer en contact par internet, les réseaux sociaux, de s’acclimater à la culture du réseau terroriste comme l’on s’acclimate d’une culture d’entreprise, s’approprier le vocabulaire, les signes de reconnaissance, les méthodes de travail, les objectifs, et l’on peut en quelque temps demander à se faire reconnaître comme une filiale du groupe. C’est ainsi qu’Al Qaïda, fort de son prestige gratuitement entretenu par la terreur mondiale qu’il suscite, label médiatiquement sur-exposé et dont le nom est sans cesse prononcé dès qu’une opération de prise d’otage n’est pas immédiatement revendiquée, a réussi à s’étendre à peu de frais, accueillant de nouvelles ramifications qui ne demandent qu’à se fondre dans le moule.  Mais la concurrence a commencé à se faire sentir dès 2013, et comme jadis Carrefour qui supplanta Leclerc dans la grande distribution, parce qu’il était plus radical dans ses objectifs et son marketing, plus sérieux dans son management, nous avons vu, à la faveur du soulèvement syrien contre le président Bachar El Assad, entrer sur la scène publique Isis, acteur islamiste original qui, faute de supplanter le champion Al Qaïda, a réussi à occuper une place centrale dans le théâtre de la terreur jihadiste planétarisée.

Comme dans toute opération markéting efficace, il convient de démontrer que l’on est plus original que ses concurrents, si l’on veut espérer prendre son autonomie sur un marché déjà occupé par une entreprise célèbre. C’est ainsi qu’ISIS - contrairement à l’universalisme islamique d’Al Qaïda que l’on peut résumer ainsi : tout l’islam, rien que l’islam – a trouvé son petit apport distinctif, en ne s’attaquant pas seulement à l’Occident, l’Amérique, l’Europe, la société de consommation, la chrétienté, les juifs, Israël, mais en se faisant le champion de la guerre contre la pourriture Shiite, représenté en particulier par l’Iran . Le slogan est islamiquement beaucoup moins universaliste : seul le sunnisme pur est l’islam, rien que le sunnisme. Comme en matière de consommation, Isis se situe dans une logique de niche, ciblant plus précisément son public de consommateurs / fidèles potentiels. Il s’agit de répondre aux vieilles rancœurs anti-chiites des populations sunnites très majoritaires dans l’ensemble du monde arabe.  La niche est immense, et a permis immédiatement de rogner la domination d’Al Qaïda. 

Au même titre que prolifèrent des mafias transnationales essentiellement motivées par des objectifs économiques, qui passent par les trafics de drogues, la prostitution, mais aussi par le trafic énergétique, se développe le jihadisme, expression organisée la plus violente des frustrations économiques et symboliques planétaires.  En évoquant les « frustrations » je ne cherche pas à excuser les actes terroristes, mais à faire le diagnostic des processus à l’œuvre pour leur permettre d’exister. Le désir éperdu de reconnaissance – alimenté par le sentiment d’humiliation, le sentiment de ne pas être valorisé, reconnu, cœur de la frustration symbolique – nourrit la motivation aussi bien les jeunes jihadistes occidentaux que les fils de petits paysans de l’Atlas algérien fraîchement convertis à « la guerre de civilisations » qui se sentent floués par la corruption urbaine. L’expression « guerre de civilisation » ne désigne pas une réalité mais un fantasme qui est le carburant à la fois du jihad islamiste et du contre jihad obsessionnel des populistes européens. Usama Ben Laden croyait fermement à la thèse du choc des civilisations tout comme les fondamentalistes protestants américains. Leur haine à la fois mutuelle et symétrique dessine une même image du monde.  

https://www.youtube.com/watch?v=gRFWrs2hD3w

 Raphaël LIOGIER 

Sociologist and Philosopher, he is University Professor at the Paris International College of Philosophy. He is also Professor at the Aix-en-Provence Institute of Political Studies, where he directs the Religion Observatory since 2006. In 2012 he published a book entitled "The myth of Islamisation". 

"The New Global Terror Market" 

Can one in effect seriously support the notion that the conflict that burst out in Mali was a war between States? Certainly not. So was it a civil war? Not exactly. A little of both - civil war and international conflict - it's what a preliminary study would permit to claim. Several States were indeed present on the war scene: first, the Mali State, also Algeria (frontier), and the Western coalition headed of course by France. But the other protagonists - who moreover were playing in the foreground - were more or less defined groups, one by vague enough ethnic labeling of Touareg nomads, and the other by the evil label of Islamist terrorists. These latter were the principal protagonists of the said war, constituting at the outset a disparate group claiming unity and world visibility by adopting the acronym AQMI: Al Qaïda of Maghreb (North Africa) Islam. What a dazzling label, surely it couldn't bring but the fiery limelight of global access. Suddenly infamous for its spectacular September 11th 2001, and for several years of escapade by its dark cavalier leader Oussama Ben Laden, Al Qaida in effect in a few short years went from the status of simple organization to that of a renowned label, like a large supermarket: Al Qaida became the first big global terrorist franchise that even today has its brand markings: obligatory beard, turban, headscarf and tunic, and indispensable anti-West (anti-American, anti-Europe, anti-Judeochristianity) terrorism (jihad or sacred war). These markings permit it to be easily visible and taken seriously, to the point that any group displaying these markings can acquire immediate notoriety on the world scene through the internet social networks.Thus the Al Qaïda model and label guarantee world terror, and attract competition like supermarket chains. So since 2013 ISIS has entered onto the scene with an even more radical expeditivity than Al Qaida's Islamic universalism: the targets are no longer just American and European interests and Israel, but also dissident Islamic groups such as the Shiites and their nests (Iran, Syria, Iraq,...). Thus ISIS guarantees an even more pure Islamic universalism, fundamentalism and jihadism than Al Qaida dared to represent.  

If Usama Ben Laden truly believed in the shock of civilizations as do fundamentalist Protestant Americans, then their mutual hate of each other is somewhat symetrical and draws the same image of the world.

رافائيل ليوجي ، عالم اجتماع و فيلسوف و أستاذ جامعي في الكوليج الدولي للفلسفة في باريس، وهو أستاذ جامعي في معهد العلوم السياسية في مدينة إيكس اون بروفونس، حيث يرأس مرصد الاديان منذ 2006. في عام 2012 قام بنشر كتاب بعنوان "أسطورة الأسلام التطرفي".

"السوق العالمية الجديدة للإرهاب" 

هل بإمكاننا القول ، في الواقع، أن الصراع الذي اندلع في مالي كان حربا بين الدول؟ بالتأكيد لا. هل يمكننا اذن اعتباره حرب  أهلية؟ لا على الإطلاق. قليلا من الاثنين على حد سواء - حرب أهلية وصراع دولي - هذا ما يمكننا قوله في مقاربتنا الأولى. كانت هناك دولا حاضرة بالفعل على الساحة الحربية، مالي اولا ، واالجزائركبلد يشاركه الحدود أيضا، والتحالف الغربي بقيادة فرنسا بطبيعة الحال. ولكن الجهات الفاعلة الأخرى - التي لعبت هي أيضا على الساحة الأمامية - كانت مجموعات تقريبا محددة جيدا، احداها بعلامات عرقية و هي الطوارق وآخرى بطابع شرير و هم الإسلاميين الإرهابيين الذين يعتبرون احدى الأطراف الرئيسية في تلك الحرب، و الذين شكلوا في الأصل مجموعة متباينة نالت على وحدة و شهرة عالمية من خلال اعتماد تنظيم القاعدة في بلاد المغرب الإسلامي. و هي تسمية مبهرة، لا يمكن إلا أن تضمن لهم أضواء الازدهار العالمي.

تنظيم القاعدة  بعد ان اصبح فجأة مشهورا لعملياته المذهلة في 11 سبتمبر 2001، و فرار فارسه الأسود أسامة بن لادن منذ سنوات عدة ، تحول  في الواقع في سنوات قليلة من وضع منظمة صغيرة الى علامة : حيث كما نجد الفرنشايزات او  الامتيازات بخصوص المطاعم والفنادق و التجزئة مثل لوكلير الذي كان أول امتياز التجزئة الكبرى وله فروع في جميع أنحاء العالم، أصبح تنظيم القاعدة أول امتياز إرهابي عالمي كبير، ويعمل الآن بمثابة علامة تجارية من شأنها أن تفتح فروع لها إذا كنت تتّبع و تحترم ميثاق المؤسسة الأم - في هذه الحالة الجمالية، سترة ولحية إلزامية، ونوع معين من النشاط الإرهابي المعادي للغرب (معاداة الأوروبي و الأمريكي ومكافحة اليهودية والمسيحية) لكي يؤخذ مباشرة على محمل الجد و يعرفه الجمهور (و وسائل الإعلام خاصة). 

 اليوم يمكن لأي تجمع من الناس الحصول على الشهرة و لعب دور على الساحة العالمية بفضل العلامة التجارية تنظيم القاعدة. يكفي لذلك بالحصول على اتصال عن طريق الإنترنت، والشبكات الاجتماعية و التأقلم بثقافة الشبكة الارهابية كما نتأقلم بالثقافة المؤسساتية واكتساب المفردات المناسبة وعلامات الاعتراف و أساليب العمل والأهداف، و بامكانها في بعض الوقت طلب الاعتراف بها كفرع تابع للتنظيم. 

وبالتالي تمكن تنظيم القاعدة، بفضل هيبته التي نمّاها له مجّانيا الإرهاب العالمي الذي خلقه والإعلام المفرط في تداول اسمه بمجرد اعلان عملية خطف رهائن لم تنسب لأحد، على التوسع بثمن بخس، و اكتساب فروع جديدة في انتظار أن تذوب في القالب. ولكن المنافسة بدأت في عام 2013، وكما حل كارفور محل لوكلير في السوبر ماركت، لأنه كان أكثر تطرفا في أهدافه وتسويقه، وأكثر جدية في إدارته، شهدنا، بفضل الانتفاضة السورية ضد الرئيس بشار الأسد، دخول إيزيس على الساحة العامة ، كفاعل اسلامي أصيل، بالرغم من انه لم يحل محل البطل تنظيم القاعدة، الا انه تمكّن من احتلال مكان مركزي في مسرح الإرهاب الجهادي.


***** Deuxième débat avec la salle :https://www.youtube.com/watch?v=Rj0oDPl_G8s*****


 

 Deuxième table ronde

Second panel

 المائدة المستديرة الثانية

Modérateur : Professeur Zalmai HAQUANIAncien ambassadeur d'Afghanistan en France

Moderator: Professor Zalmai HAQUANI, former Afghan Ambassador to France

 

Recteur Gérard-François DUMONT, Professeur à l’Université Paris-Sorbonne ; Président de la revue Population & Avenir ; Vice-président de l’Académie de géopolitique de Paris ; Administrateur de la société de géographie.

« L'Islam dans le monde : quelles caractéristiques géographiques ? ».

 Les méthodes géographiques nécessitent de recourir à la compréhension de la géographie contemporaine par son inscription dans les héritages historiques et d’analyser les phénomènes en variant les échelles. L’analyse spatiale de l’islam nécessite donc d’abord de l’étudier par le regard de la géographie historique.

Du 9e au 13e siècle, la géographie de l’Islam reste stable. C’est à partir du 13e Siècle que cette géographie va connaître une deuxième phase liée à des peuples qui ne sont pas forcément arabes qui sont islamisés et qui ont le souci d’étendre la géographie de l’islam (alors qu’avant c’était les peuplades arabes qui étendent la religion dans différentes directions), ce qui va se faire un peu plus en Inde, sans parvenir à y pénétrer totalement, ce qui va entraîner en revanche une plus forte progression en Asie du Sud-Est, comme en Indonésie.

Côté européen, l’évolution va être davantage lié à l’expansion de la religion musulmane, d’abord en Anatolie, puis ensuite dans l’ensemble de ce qui est aujourd’hui la Turquie, puis dans les Balkans jusqu’à ce que les conflits avec l’Europe entraînent la fin de cette expansion. 

Du 16e Siècle au 20e Siècle, nous sommes dans une situation qui est relativement stabilisée, avec une géographie qui n’évolue pas de façon fondamentale.

La nouvelle expansion va se produire, à partir du milieu du 20e Siècle, c’est celle que nous connaissons aujourd’hui. Elle se fait dans un contexte fondamentalement différent, puisqu’elle est liée aux migrations internationales. Alors cette migration s’explique soit par des phénomènes d’attractivité, c'est-à-dire des pays qui souhaitent attirer de la population active parce qu’ils en ont besoin pour leur économie, comme la France des années 1920 ou des années 1950, ou l’Allemagne qui ouvre ses portes aux Turcs en 1961 parce qu’elle n’a plus la possibilité de voir venir des Allemands de l’Est pour satisfaire les besoins de son économie, ou par des phénomènes aussi d’attraction même s’ils sont d’importance mineure, le fait que même au Japon aujourd’hui il y a une communauté musulmane non négligeable autour de 300 mille à 350 mille personnes.

Mais, ces facteurs d’attraction sont liés aussi à des facteurs de repoussement, c'est-à-dire dans certains pays nous avons des insatisfactions des habitants par rapport aux gouvernances qui ne conduisent pas assez au développement des pays, ce qui pousse par exemple des maghrébins à partir pour la France, pour l’Italie, pour le Canada.., ou bien des conflits : guerre civile du Liban, changement/révolution : à la révolution iranienne….

Le résultat de ces trois périodes évoquées nous conduit à préciser dans un deuxième point la géographie de l’Islam selon les grandes régions du monde : donc on distingue cinq régions l’Asie pacifique, le Moyen Orient avec Afrique du Nord et Afrique subsaharienne, Amérique du Nord, Amérique latine et Europe.

Or on constate que la géographie de l’Islam dans ces cinq régions est différente, ceci étant le résultat de l’histoire. En effet, alors que nous avons une région comme la région Afrique du nord - Moyen-Orient presqu’uni confessionnelle musulmane, en revanche nous avons des situations différentes dans les autres continents : l’Afrique est un continent bi-confessionnel avec à peu près la même grandeur de musulmans que de chrétiens. Nous avons encore une présence musulmane qui est marginale en Amérique latine, et par contre une présence qui commence à devenir significative en Amérique du Nord, liée aux phénomènes de répulsion ou d’attraction évoqués tout à l’heure.

Alors il y a une catégorie pour laquelle j’ai proposé  un illogisme qui est celui de la situation demi-confessionnelle, c'est-à-dire le fait que sur un territoire donné nous ayons une religion qui est dominante sans l’être dans une proportion qui empêche l’existence de minorités significatives dans d’autres religions. Dans une certaine mesure, on constate ces dernières années en ce qui concerne l’Europe, que nous sommes dans un héritage de domination confessionnelle qui se trouve contesté par ces phénomènes migratoires.

À l’échelle nationale nous pourrons de la même façon, proposer une typologie entre les pays uni confessionnels qui ont plus de 96% de la population de confession musulmane, le cas de la Turquie qui se place au niveau le plus élevé de l’ensemble des pays les plus peuplés.

D’autres pays où nous avons une situation demi confessionnelle au bénéfice de l’Islam mais où nous avons des minorités significatives, comme en Malaisie, en Indonésie, en Egypte voire au Bengladesh même si beaucoup d’hindouistes ont quitté le pays ces dernières années.

Ensuite, nous avons des pays avec une bi confessionnalité inégale où  l’Islam est présent de façon significative tout en étant minoritaire, comme en Inde en Russie par exemple.

D’autre pays sont plus bi confessionnels c'est-à-dire où l’équilibre entre l’Islam et l’autre religion dominante est plus significatif comme au Nigéria, en Ethiopie et enfin à un certain nombre de pays européens comme la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni où la montée de l’Islam fait qu’ils ont une géographie religieuse bi confessionnelle contestée…

Il y a essentiellement deux points à noter : il y a une opposition totale entre des pays qui se caractérisent par un pourcentage croissant de la population musulmane et d’autres pays qui se caractérisent par une accentuation de la diversité religieuse.

En effet d’une part, dans les pays à majorité musulmane, beaucoup d’événements qui se sont déroulés depuis un siècle ont renforcé cette majorité dans la mesure où les événements géopolitiques qui se sont produits ont poussé à l’émigration les populations non musulmanes, comme en Turquie dans le génocide arménien, le phénomène de 1956 en Egypte avec les étudiants de Nasser qui ont chassé une partie de la population ou la façon dont s’est organisée l’indépendance en Algérie avec le départ des européens et des juifs dont certains étaient là depuis 20 siècles, ou encore le phénomène de l’Azerbaïdjan avec les pogroms qui ont conduit au départ des arméniens, au Maroc et en Tunisie,  la guerre civile du Liban, la question de la Palestine ou surtout depuis 1967 dans la même situation d’évolution vers une homogénéité religieuse, le cas de l’Inde et du Pakistan de 1947 et dans le Moyen-Orient le cas de l’Irak où l’immigration non musulmane s’est accentuée depuis 2003 et nous avions un pays où la repartions religieuse était relativement stable la Syrie mais depuis 2011 les choses ont éclaté. Donc nous avons des pays où il y a un renforcement de l’homogénéité religieuse au regard du critère de l’Islam, et d’autres pays au contraires qui, compte tenu de ces phénomènes migratoires se trouvent de plus en plus diversifiés. Cette double évolution (homogénéisation et diversité) entraine une segmentation de l’espace planétaire dont les conséquences géopolitiques sont extrêmement importantes.  

Pour conclure, demeure une réalité démographique incontestable : davantage que d’autres religions en raison de sa croissance démographique et de sa mondialisation géographique, l’Islam sera au cœur des équilibres géopolitique du monde du 21 siècle.

https://www.youtube.com/watch?v=g211TQy_3Rs 

 Rector Gérard François Dumont

Professor at Paris-Sorbonne University; President of the revue Population & Avenir; Vice-president of the Paris Academy of Geopolitics; Administrator of the Geography Society 

"Islam in the world: what geographic characteristics?" 

Geographic methods need recourse to understanding contemporary Geography through its inscription in historical heritage, and to analyzing phenomena on various scales. Spatial analysis of Islam needs therefore to review first of all the geographical history.

From the 9th to the 13th Centuries, Islam's geography remained stable. From then on this geography engages a second phase related to peoples who are not forcibly Arab though islamised and who are motivated to extending Islam's geography (whereas beforehand, itwas the Arab peoples who were extending religion in different directions), and this moves a little further into India without succeeding in a total penetration, but which on the other hand successfully made way into South-East Asia regions such as Indonesia.

On the European side, the evolution tends to be more related to the expansion of the Moslem religion, first in Anatolia, then throughout what is now known as Turkey, then into the Balkans until the conflicts with Europe brought about the end of this expansion.

From the 16th till the 20th Centuries, we are in a relatively stabilized situation with a geography that doesn't evolve in any fundamental manner.

The new expansion produces itself as from the middle of the 20th Century, it's the one we know today. It occurs in a fundamentally different context, since it is related to international migrations. Whereas this migration explains itself either by attractivity, that is to say countries wishing to attract active population needed for their economy, such as France in the 20s or 50s, or Germany that opened its doors to the Turks in 1961 because there was no more possibility of Germans coming from the East to satisfy economic needs, or on the other hand by apparently minor phenomena related to attractivity: for example the fact that even in Japan today there is a non negligible Moslem community of about 300 to 350 thousand individuals. However, these attractivity factors are also related to cast-off factors, that is to say in some countries we register inhabitant disatisfaction with regards their own country’s governing and which doesn't lead enough to development of these areas, and this motivates (by way of example) North-africans to leave for France, for Italy, for Canada, ... or to conflicts: civil war in Lebanon, or to basic change/revolution such as in Iran....

The results evoked by these three periods leads us to specify as secondary point, Islam geography according to the world's five great regions: Pacific Asia, Middle East including North and Subsaharan Africa, North America, South America and Europe.

Indeed one observes that Islam geography in these five regions is different, this being the result of history. In effect, whereas we have an almost entirely Moslem region such as North-Africa-Middle-East, we do have different situations on other continents: Africa is a biconfessional continent with just about the same number of Moslems and Christians. We also have a marginal Moslem presence in Latin America, though an increasingly significant presence in North America, related to the repulsion-attraction phenomena previously evoked.

In a certain measure, these past years in Europe we note a confessional denonomination heritage that is contested by these migratory phenomena.

Then of course there are largely populated countries with very high Moslem presence, such as Turkey (96%), at the top. Then, in such countries as Malaya, Indonesia, Egypt and Bengladesh, there is a dominant Moslem presence associated with nevertheless significant minorities. Next, we have the category (eg. India, Russia) where Islam is a minority though quite consequent religion.

What must be noted here is the total opposition between countries with an agressively growing Moslem presence, and the countries where there is balanced religious diversity. In effect, because of geopolitical events since early 20th Century, on the one hand Moslem majorities are becoming stronger and more present, pushing non-Moslems out of the country: eg. the Armenian genocide in Turkey, the 1956 student uprising in Egypt, the evacuation of Europeans and Jews that had been settling for over twenty centuries in Algeria, the persecution of Armenians in Azarbaidjan, Morocco and Tunisia, civil war in Lebanon and Israel, the problems of India and Pakistan, and so forth. Obviously this two-edged sword of homogenization and of diversification is having very marking and highly important geopolitical effects. 

By way of conclusion: because of Islam’s growing demography and world-level agressivity, it is already claiming a predominant role in world geopolitics throughout the 21st Century.

رئيس الجامعة جيرار فرانسوا دومون، أستاذ في جامعة باريس سوربون. رئيس مجلة السكان و المستقبل و نائب رئيس الأكاديمية الجيوسياسية الباريسية و مدير مؤسسة الجغرافيا.

"الإسلام في العالم: المعالم الجغرافية؟ ".

تتطلب الطرق الجغرافية استخدام فهم الجغرافيا المعاصرة من خلال إدراجها في الموروثات التاريخية وتحليل الظواهر بجداول مختلفة. وبالتالي يتطلب التحليل المكاني للإسلام دراسته أولا من خلال نظرة جغرافيا و تاريخية.

فمن القرن التاسع الى القرن الثالث عشر كانت جغرافيا الإسلام مستقرة. و من القرن  الثالث عشر خضعت هذه جغرافيا لمرحلة ثانية تتعلق بشعوب ليسوا عرب بالضرورة و لكنهم أسلموا و كانت لديهم الرغبة في توسيع جغرافيا الإسلام (في حين قبل ذلك " كانت القبائل العربية هي التي عملت على نشر الدين في اتجاهات مختلفة)، و هو الذي سوف يحدث أكثر في الهند دون التمكن من الاختراق تماما، الأمر الذي سيؤدي في المقابل الى نمو أقوى في جنوب شرق آسيا، كما هو الحال في إندونيسيا.

و في الجانب الأوروبي يتعلق التطور أكثر بتوسع الإسلام، أولا في الأناضول، ثم بعد ذلك في كل من ما هو اليوم تركيا ثم في البلقان الى غاية ان وضعت الصراعات مع أوروبا حدا لهذا التوسع.

من القرن السادس عشر إلى القرن العشرين، كانت هذه الحالة مستقرة نسبيا، مع جغرافيا لم تتغيير بطريقة جذرية.

التوسع الجديد سوف يحدث انطلاقا من منتصف القرن العشرين الى ما نعرفه اليوم.  و ذلك يتم في سياق مختلف جذريا لأنه مرتبط بالهجرة الدولية. هذه الهجرة يمكن تفسيرها إما عن طريق ظواهر جاذبة، وهذا معناه، دول ترغب في جذب قوى عاملة لأنهم في حاجة إليها لاقتصاداتها، مثل فرنسا في اعوام العشرينات أو الخمسينات من القرن الماضي ، أو ألمانيا، التي فتحت أبوابها للأتراك في عام 1961 لأنه لم يعد لديها القدرة على استقطاب الألمان الشرقيين لتلبية احتياجات اقتصادها، أو بظواهر جاذبة ايضا حتى إن كانت ذات أهمية ثانوية، و حتى أن هناك اليوم جالية مسلمة كبيرة في اليابان تقدر بحوالي ثلاث مائة الف الى ثلاث مائة و خمسون الف شخص.

ولكن هذه العوامل الجاذبة ترتبط أيضا بعوامل  طرد، حيث، في بعض  البلدان هناك استياء الشعب فيما يتعلق بالنظام الحاكم الذي لا يؤدي إلى تطويره هذه الدول بما يكفي ، و هذا ما يدفع مثلا بأشخاص من المغرب العربي الى الذهاب الى فرنسا، او ايطاليا او كندا ..أو هناك بلدان تعيش صراع: الحرب الأهلية اللبنانية، والتغيير / الثورة، والثورة الإيرانية ....

و هذه الفترات الثلاث المذكورة تؤدي بنا الى التحديد في نقطة ثانية جغرافيا الإسلام وفقا للمناطق الرئيسية في العالم:  هناك خمسة مناطق آسيا المحيط الهادئ والشرق الأوسط و شمال أفريقيا وأفريقيا جنوب الصحراء الكبرى، وأمريكا الشمالية وأمريكا اللاتينية وأوروبا.

حيث نرى أن جغرافيا الإسلام في هذه المناطق الخمس مختلفة، وهذا نتيجة للتاريخ. في حين لدينا مناطق مثل  شمال أفريقيا و الشرق الأوسط  شبه احادية دينية مسلمة،  لدينا حالات مختلفة في قارات أخرى: أفريقيا هي قارة  ثنائية دينية مع حوالي نفس عدد المسلمين و المسيحيين. لا يزال وجود المسلمين هامشي في أمريكا اللاتينية، في مقابل وجود بدأ يصبح معتبر في أمريكا الشمالية، و هذا متعلق بظواهر التنافر أو التجاذب المذكورة سابقا. 

هناك مجموعة اعتبرها غير متناسقة تتميّز بوضع نصف ديني بمعنى أنه في إقليم معين لدينا دين مهيمن دون أن يكون في نسبة تمكنه من منع وجود أقليات معتبرة من الديانات الأخرى. إلى حد ما، نلاحظ في السنوات الأخيرة فيما يخص أوروبا، اننا أمام إرث من الهيمنة الدينية المتنازع عليها بفعل الهجرة.

وطنيا، يمكن بنفس الطريقة، اقتراح تصنيف بين الدول ذات الدبن الواحد مع أكثر من 96٪ من السكان مسلمين، كحالة تركيا، التي يتم وضعها على أعلى مستوى البلدان الأكثر اكتظاظا بالسكان. 

في بلدان أخرى حيث لدينا وضع نصف ديني لصالح الإسلام، ولكن حيث لدينا أقليات كبيرة، مثل حالة ماليزيا واندونيسيا ومصر وحتى في بنغلاديش على الرغم من أن الكثير من الهندوس تركوا البلاد في السنوات الأخيرة . 

ثم لدينا بلدان ذات ازدواجبة دينية غير متكافئة حيث الإسلام منتشر بشكل كبير في حين كونه أقلية، كما هو الحال في الهند و روسيا على سبيل المثال.  

هناك بلدان أخرى ذات ازدواجبة دينية كبيرة وهذا معناه ان هناك توازن كبير بين الإسلام والدين السائد الآخر كما هو الحال في نيجيريا وإثيوبيا وأخيرا في عدد من الدول الأوروبية مثل فرنسا و ألمانيا و المملكة المتحدة، حيث انتشار الإسلام اكسيهم جغرافيا دينية ازدواجية مناقشة ...

وهناك أساسا ملاحظتين : هناك تناقض صارخ بين دول تتميز بنسبة متزايدة من السكان المسلمين و دول تتميز بتنوع ديني كبير.

في الواقع من جهة، في البلدان ذات الأغلبية المسلمة، العديد من الأحداث التي وقعت منذ قرن عززت هذه الأغلبية من حيث أن الأحداث الجيوسياسية التي حدثت أدت إلى هجرة السكان من غير المسلمين كما هو الحال في تركيا في المذبحة الأرمنية، و في ظاهرة عام 1956 في مصر مع طلاب ناصر الذين طردوا جزء من السكان أو كيف تم تنظيم الاستقلال في الجزائر مع رحيل الأوروبيين واليهود الذين كان البعض منهم مستقر هناك منذ 20 قرنا، أو ظاهرة أذربيجان مع المذابح التي أدت إلى رحيل الأرمن، أو في المغرب وتونس، أو الحرب الأهلية اللبنانية والقضية الفلسطينية وخاصة منذ عام 1967 في نفس حالة التقدم إلى تجانس ديني، حالة الهند وباكستان في عام 1947 وفي الشرق الأوسط في حالة العراق، حيث زادت الهجرة غير المسلمة منذ عام 2003 و هناك بلد حيث كانت الحالة الدينية مستقرة نسبيا و هو سوريا، ولكن منذ عام 2011 تغيرت الأمور. لذلك لدينا بلدان يوجد فيها تعزيز التجانس الديني على معيار الإسلام وغيرها من البلدان أين على العكس نظرا لظواهر الهجرة أصبحت متنوعة على نحو متزايد. يؤدي هذا التغير الازدواجي ( تجانس و تنوع) إلى تجزئة الفضاء العالمي، و هو دعواقب الجيوسياسية هي في غاية الأهمية. 

وفي الختام، يبقى واقع الديموغرافي لا يمكن إنكاره: أكثر من الديانات الأخرى بسبب نموها الديموغرافي وعولمتها الجغرافية، سيكون الإسلام في قلب التوازن الجيوسياسي في عالم القرن 21. 


 

Bruno DREWSKI, Maître de Conférences à l’Institut National des Langues et Civilisation Orientales (INALCO), directeur de la revue « La Pensée Libre », Rédacteur de Rubrique politique à Investig'Action, Rédacteur à Outre-Terre – Revue européenne de géopolitique.

« Islam : le point de jonction Tiers monde - Occident - puissances émergentes ».

 

 Géographiquement, le cercle culturel arabo-musulman (ou arabo-irano-turc) se situe au point de jonction entre les puissances occidentales développées, les masses souvent déshéritées habitant le Sud de la planète et les nouvelles puissances émergentes d'Eurasie, d'Afrique australe et d'Amérique du Sud. Il constitue le point le plus sensible de la planète, là où se concentrent les principales contradictions de l'ordre-désordre du monde actuel. A quoi il faut ajouter les « excroissances » reliées à ce point nodal dans les banlieues d'Europe marquées par des migrations mal contrôlées, l'atomisation sociale et le déracinement prolongé de ses habitants. Car, au cours des dernières trente années parfois qualifiées de « trente piteuses » succédant aux « trente glorieuses », la désindustrialisation et les délocalisations ont entraîné une crise du monde du travail qui a produit une masse de jeunes précaires, qu'on aurait autrefois appelé lumpenprolétariat, et qui sont abreuvés de discours simplistes désignant des adversaires factices pour canaliser leur désespoir.

Socialement, les populations arabes et/ou musulmanes d'Afrique ou du sub-continent indien, dans leurs pays d'origine comme dans les pays où elles ont parfois immigré, sont tiraillées entre, d'un côté, les effets de la précarité produite par la mal-industrialisation puis la désindustrialisation consécutives à la vague néolibérale des dernières décennies et d'un autre côté, fascinées par les immenses richesses accumulées par des pétromonarchies à la fois archaïques, ultra- et post-modernistes. Pétromonarchies qui cherchent à canaliser le mécontentement des jeunes précaires d'Orient et d'Occident vers des conflits ethno-religieux répondant à leur mentalité néo-tribale et vidant l'islam de son souffle novateur basé avant tout sur la lutte contre l'injustice, la spéculation et l'usure. Manipulation répondant aux intérêts des cercles dominant un Occident en panne et de son allié israélien incapable de sortir de sa logique de guerre et de clash de civilisations. Il n'y a donc pas de populations qui ne soient plus traversées par des contradictions aussi profondes que celles de culture ou de religion musulmane. Ce qui peut se manifester parfois par des revendications révolutionnaires et nationales progressistes mais plus facilement par un malaise identitaire prenant une forme ethnico-religieuse ou par une imitation servile du modèle encore dominant mais producteur de frustrations récurrentes. Contradictions sur lesquelles les puissances en crise jouent pour maintenir leur prééminence acquise et menacée. Ce qu'on a pu observer avec le recrutement et l'afflux de jeunes recrues répondant à l'appel au takfir pour aller se battre en Libye, en Syrie, au Mali, au Yémen, en Irak, etc. aux côtés de ceux que les dirigeants de l'OTAN ont voulu présenter comme des « révolutionnaires » ou des « démocrates ». En fait, les élites occidentales en panne de projets novateurs pour leurs sociétés elles-mêmes traversées par des courants xénophobes, racistes, islamophobes et néo-évangélistes ont trouvé un intérêt économique et social à soutenir les guerres de leurs vassaux qui leur servent d'exutoires ...jusqu'au retour du boomerang qui se déroule sous nos yeux.

https://www.youtube.com/watch?v=ublDzn2Q5gE

 Bruno DREWSKI 

Master of conferences at the INALCO (French National Institute for Oriental Languages and Civilizations); Director of the revue La Pensée Libre”; Editor of the political column at Investig’Action; Editor at Outre-Terre – European geopolitical revue  

‟Islam: Third World Juncture – The West and emerging powers”  

Geographically, the Arabo-Moslem (or Arabo-Irano-Turkish) cultural circle situates itself at the very junction between developed Western powers, the often disinherited masses living in the South of the planet, and the newly emerging powers (in Eurasia, in South Africa and in South America). This is the planet’s most sensitive spot, where the current world’s main order-disorder contradictions are concentrated. To this one must add the off-shoots related to this nodal point in Europe’s suburbs disfigured by uncontrolled migration, social atomization and the prolonged uprooting of the inhabitants. This because in the past thirty years known as the pitiful thirty and that have erased the preceding ‟ glorious thirty ”, de-industrialization and delocalization have created a world labour crisis that predates a mass of poor idle youth that would formerly have been known as lumpenproletariat nourished on simplistic brain-washing creating imaginary foes upon whom to focus their depression and despair. 

Socially, Arab and/or Moslem populations of Africa or of the Indian subcontinent, are, in their countries of origin as in host countries, are torn between, on the one hand the effects of rpecarity produced by poor industrialization and its de-industrialization consecutive to the wave of bio-ecological neoliberalism of the past decades, and on the other fascinated by the immense wealth accumulated by petro-powers that are simultaneously archaic monarchies or the equivalent, ultra- and post- modernist. These petro-powers have no qualms about exploiting the discontent of precarious rebellious youth in the East as in the West, just to distance themselves from internal ethno-religious conflicts and international political and economic imbalances that dangerously disfigure and misrepresent the true value of Islam’s revival based on fraternity, the struggle against injustice, and the eradication of economic usury and speculation. 

This manipulated youth also serves the interests of a West that is floundering in problems to the extent of preaching war logic and civilizational clashes as being basic pillars of society. 

In fact Moslem culture and religion, striving for revival and mobilizing at times against themselves, suffer from fundamental identity crises in various forms that are complicated by the mutations and inevitable evolutions of the world at large. And these crises represent of course opportunities of all sorts for the powers that be who, indeed, provoke and maintain them. 

What we have been able to observe with the recruitment of increasing numbers of disillusioned brain-washed youth sincerely believing they are a sacred response to the call for ‟takfir” – to go and fight in Libya, in Syria, in Mali, in Yemen, in Iraq, etc., alongside those that some NATO seniors have wanted to present as ‟true revolutionaries and democrats.” 

In fact, Western elite no longer having any saving projects or programs for their own societies riddled with xenophobia, racism, islamophobia, new and old fundamentalists and neo-evangelists, are discovering phenomenal economic and social interest in exploiting the troubled youth of troubled neighbours until – as we can plainly see today – the boomerang returns staright towards them.

برونو دروسكي، محاضر في المعهد الوطني لللغات والحضارات الشرقية (INALCO)، رئيس تحرير مجلة "الفكر الحر" محرر سياسي في انفيستيق اكشين Investig'Action ، محرر في المجلة الأوروبية للجيوسياسة "اوتر تير".  

"الإسلام: نقطة الالتقاء بين العالم الثالث - الغرب - القوى الناشئة." 

جغرافيا، تقع الدائرة الثقافية العربية - المسلمة (أو العربية الإيرانية-التركية) عند نقطة التقاطع بين القوى الغربية المتقدمة و الجماهير الفقيرة في الغالب و التي تعيش في جنوب الكرة الأرضية والقوى الجديدة الناشئة من أوراسيا وأفريقيا الجنوبية وأمريكا الجنوبية. وهذه هي النقطة الأكثر حساسية في كوكب الأرض، حيث تتركز التناقضات الرئيسية للترتيب و الفوضى في عالم اليوم. و يجب أن نضيف لهذا كل ما يتعلق بضواحي أوروبا المتميزة بهجرة مسيطرة على نحو رديء و بالانحلال الاجتماعي والاقتلاع السكاني لفترات طويلة. على مدى السنوات الثلاثين الماضية التي تسمى أحيانا بال "ثلاثين التي يرثى لها" خلفا لل"ثلاثين عاما المجيدة"، أدت إزالة التصنيع وإعادة التوطين الى أزمة في عالم الشغل أنتجت كتلة من شباب غير مستقر، كان بامكاننا تسميتهم البروليتاريا الرثة، والتي تسقى بخطاب تبسيطي يعين معارضين وهميين للتحكم في يأسهم. 

اجتماعيا، الشعوب العربية و / أو المسلمة في أفريقيا أو شبه القارة الهندية، هي ممزقة  في بلدانهم الأصلية وفي البلدان التي هاجروا اليها أحيانا ، بسبب آثار الهشاشة التي أنتجها سوء التصنيع من جهة  و تخفيض التصنيع المتتالي لموجة الليبرالية الجديدة في العقود الأخيرة ومن ناحية أخرى، هي مفتونة بالثروة الهائلة التي تراكمت لدى الملكيات النفطية القديمة و الفائقة الحداثة. تسعى هذه الممالك النفطية لاستغلال استياء الشباب الفقيرة من الشرق والغرب نحو صراعات عرقية و دينية تلبية لعقليتهم القبلية الجديدة التي تفرغ الإسلام من أنفاسه المبتكرة التي تستند في المقام الأول على النضال ضد الظلم و المضاربة والربا. هذا تلاعب يجيب على مصالح الدوائر المهيمنة على الغرب الذي يعيقه حليفه الإسرائيلي غير القادر على الخروج من منطق الحرب و صدام الحضارات. لا يوجد اذن شعب اجتازته هذه التناقضات العميقة بقدر الشعوب ذات الثقافة أو الدين الإسلامي.

هذا ما يمكن أن يظهر في بعض الأحيان في شكل مطالبات ثورية وطنية وتقدمية ولكن بصفة أكثر سهولة في شكل أزمة هوية من خلال اتخاذ شكل عرقي وديني أو بالتقليد العبودي للنموذج الذي لا يزال مهيمن و لكن المنتج من الإحباطات المتكررة. تناقضات تلعب عليها القوى في الأزمة للحفاظ على تفوقها المكتسب والمهدد.

 ما لوحظ مع تجنيد وتدفق المجندين الشباب الذين ردوا على دعوة التكفير للذهاب للقتال في ليبيا وسوريا ومالي واليمن والعراق والخ، إلى جانب اولئك الذين أراد قادة حلف شمال الاطلسي تقديمهم بأنهم "ثوريين" أو "ديمقراطيين". في الواقع، فإن النخب الغربية تفتقر الى مشاريع مبتكرة لمجتمعاتهم  التي تعاني من التيارات الكارهة الأجانب و العنصرية و الكارهة للإسلام و الإنجيلية الجديدة وجدوا فائدة اقتصادية والاجتماعية في دعم حروب التابعين لهم الذين يحلون محل منافذ ... حتى عودة ما يحدث تحت أعيننا.


Jean-Michel VERNOCHET, Ecrivain et politologue; essayiste, journaliste et géopolitologue. Il a publié en 2013 un ouvrage intitulé Les « Égarés » Le Wahhabis

me est-il un contre Islam ?           

« Le fondamentalisme : menace transfrontière et/ou menace globale ? ».

 Le djihadisme wahhabite vint de se manifester une fois de plus de façon spectaculaire en Australie et au Penjab, à Peshawar, mais également à Brooklyn et à un moindre degré en France, à Joué-lès-Tours et à Dijon, montrant à quel point il constitue une menace globale. Ceci pour les musulmans en priorité, au Levant, dans le Caucase, en Asie centrale et jusqu’en Chine. Le djihadisme wahhabite part aujourd’hui à la conquête du monde et s’incarne dans une doctrine structurellement violente, prônant une obligation inconnue de et dans l’Islam traditionnel.  Il s’agit du devoir impératif de conversion par tous les moyens, à commencer par la force du sabre et des armes. Or cette doctrine déviante tend à s’imposer non seulement dans la Maison de l’Islam, mais aussi partout ailleurs. À ce titre le djihadisme wahhabite prend  désormais figure de nouvelle orthodoxie islamique en passe de supplanter les quatre grandes Écoles de l’Islam classique. Le drame inouï qui vient de frapper une école au Pakistan apporte une nouvelle preuve de la diffusion de cette idéologie dévastatrice à l’échelle planétaire. Un phénomène dont il est indispensable de démêler les racines historique et de comprendre l’extension si l’on veut pouvoir le contrer en tous lieux, là où ce danger se manifeste et grandit. Que ce soit à la périphérie des grandes cités européennes et dans les régions que menace le chaos de la guerre… en Orient, Proche ou lointain, au Sahel et en Afrique de l’Ouest, ou encore au Xinjiang chinois.

https://www.youtube.com/watch?v=cBNlxFg5Fx8

 Jean-Michel VERNOCHET 

Author and political scientist; Writer and journalist specializing in geopolitics, in 2013 he published a book called ‟The Gone Astray ... Is Wahhabism a counter-Islam?” (French title: « Les Egarés – le Wahhabisme est-il un contre Islam?»  

Fundamentalism: trans-frontier threat and/or global peril? 

Wahhabite jihadism has just manifested itself in spectacular manner in Australia, in Punjab, in Peshawar but also in Brooklyn and to a lesser degree in France at Jooué-lès-Tour and at Dijon, thereby declaring to what extent it constitutes a global threat. And this aims for Moslems in priority, in the Far East, in Caucasus, in Central Asia and all the way to China. Wahhabite jihadism. 

Claims today to be attempting to dominate the world with its inherently violent doctrine that demands obligations unknown to even traditional Islam, such as: the imperative duty for each Wahhabite to participate in converting all non-Wahhabites (Moslem or not), starting by force of arms and not by any doctrinal discussion. Wahhabism claims to be the sole authentic Islamic orthodoxy and empowered to replace the Four Great Schools of classical Islam. 

The mind-boggling attack against the school in Pakistan brings yet another very recent proof of this ideology’s devastating conversion tactics on a global scale.

And it is only on a global scale that this uncompromising terror can be remedied.

جان ميشال فيرنوشي، كاتب و سياسي و صحافي و محلل في الجيوسياسة و كاتب مقالات، الصحفي. و هو صاحب كتاب في عام 2013 بعنوان "الضائعون" الوهابيين 

"الأصولية: تهديد عبر الحدود و / أو التهديد العالمي؟ ".

بين الجهاد الوهابي مرة أخرى بشكل كبير في استراليا و البنجاب وبيشاور ولكن أيضا في بروكلين، وإلى حد أقل في فرنسا، في جوي ليه تور وديجون، الى اي حد يشكل تهديد عالمي وذلك بالنسبة للمسلمين أولا سواء في بلاد الشام والقوقاز وآسيا الوسطى وحتى في الصين. انطلق الجهاد الوهابي اليوم في غزو العالم، و هو يتجسد في عقيدة عنيفة هيكليا، تدعو إلى التزام غير معروف بالإسلام التقليدي. فالامر بالنسبة للوهابيين يتعلق بواجب حتمي في الادخال في الاسلام بكل الوسائل، بدءا من قوة السيف والأسلحة. هذا المذهب المنحرف يميل الآن الى الانتشار ليس فقط في بيت الإسلام، ولكن أيضا في كل الاماكن الأخرى. و في هذا الصدد الجهاد الوهابي اصبح الآن العقيدة الإسلامية الجديدة تستعد لتتفوق على المدارس الأربعة الرئيسية في الإسلام الكلاسيكي. قدمت المأساة التي لم يسبق لها مثيل و التي ضربت مدرسة في باكستان مزيدا من الأدلة على انتشار هذا الفكر المدمر على الصعيد العالمي. و هو يشكل ظاهرة من الضروري كشف جذورها التاريخية وفهم تمديدها من اجل مواجهتها في جميع الأماكن التي يحدث فيها الخطر وينمو. سواء على مشارف المدن الأوروبية الكبرى والمناطق التي تهدد فوضى الحرب ... او في الشرق، القريب أو البعيد، و في الساحل وغرب أفريقيا، أوفي مقاطعة شينجيانغ الصينية. 


*****  Troisième débat avec la salle :https://www.youtube.com/watch?v=BXjXYa2N07g  *****


 

Rigoulet-Roze, Enseignant et chercheur à l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS) ,  à l’Institut prospective et sécurité en Europe (IPSE) ainsi qu’à l’Institut européen de recherche sur la coopération méditerranéenne et euro-arabe (MEDEA) de Bruxelles. Il est consultant en relations internationales, spécialisé sur la région du Moyen-Orient. Il a publié lz Géopolitique de l’Arabie saoudite : des Ikhwans à Al-Qaïda (Armand Colin, 2005) et L’Iran pluriel : regards géopolitiques (l’Harmattan en 2011).

« Islamo-Frerisme » versus « Islamo-Salafisme » : Les attendus géopolitiques contradictoires de l’Islamisme dans la dynamique du « Printemps Arabe » et son devenir ».

L'année 2013 peut, avec le recul, apparaître à de nombreux égards comme une année tournant pour la problématique théologico-politique de l'islam politique en général, et de l'islamisme en particulier, et plus spécialement celui incarné par la mouvance des « Frères musulmans » qui semble en plein reflux après avoir connu un inédit, mais éphémère succès dans le prolongement des « printemps arabes » de 2011. En effet, la dynamique révolutionnaire née de ces « printemps arabes » avait offert une opportunité politique inespérée à cette mouvance des « Frères musulmans », longtemps réprimée par les régimes en place. Ce fut d'abord la victoire de l’ « islamo-frérisme » en Tunisie, puis en Egypte - matrice de la Confrérie des « Frères musulmans ». On peut considérer que l'année 2013 constitue néanmoins d'une certaine manière le solde de l'impéritie, non seulement économique mais aussi sécuritaire, d'un  « islamo-frérisme » au pouvoir qui s'est trouvé de plus en plus remis en cause, au niveau interne qui a étrangement coïncidé, au niveau externe, avec une défiance accrue notamment de la part de certains pays arabo-musulmans supposés « frères ». Ces pays, rassemblant les principales pétro-monarchies du Golfe - à l’exception notable du Qatar qui les a soutenus depuis le début du « printemps arabe » -, au premier rang desquelles l’Arabie saoudite, se trouvent certes relever également de l'obédience sunnite sur le plan religieux, mais d'un sunnisme s'exprimant plutôt dans sa variable « islamo-salafiste » - produit d'exportation du wahhabisme saoudien -, depuis toujours très réticente, sinon résolument opposée à s'inscrire dans une logique « électorale » en ce qu'elle est susceptible de favoriser la fitna (« division », « conflit », « sédition »). Et ce sont surtout des pays ultra-conservateurs sur le plan politique qui se sont retrouvés entraînés par l’Arabie saoudite, fer de lance d'une sorte de « contre-révolution ». Cette dernière comportait notamment la mise en oeuvre d'une stratégie résolument « anti-frériste » dans la mesure où les attendus politiques des « printemps arabes » de 2011 s'étaient électoralement exprimés sous une forme « islamo-frériste » dont le potentiel révolutionnaire ne pouvait qu'inquiéter fortement ces pétro-monarchies du Golfe et dont il s'agissait par conséquent d'hypothéquer la réussite politique pour faire en sorte que les « Frères musulmans » finissent stigmatisés comme Ikhwan muflisin (« Frères faillis »). Last but not least, on peut considérer que la « contre-révolution », engagée à l’initiative de l’Arabie saoudite avec la plupart des autres pétro-monarchies du Golfe - à l’exception notable du Qatar pro-« frériste » - sur le plan interne au monde arabe ne serait pas dissociable d’une politique de containement anti-iranienne sur le plan externe. Cela peut s’entendre dans la mesure où les velléités « révolutionnaires » issues des « Printemps arabes » pourraient offrir une opportunité à l’Iran pour développer une stratégie de déstabilisation des régimes arabo-sunnites à l’échelle de la région en prenant indirectement appui sur la dynamique stricto sensu « révolutionnaire » de la mouvance « islamo-républicaine » des « Frères musulmans ». 

https://www.youtube.com/watch?v=i6HPUF-GiS4

The year 2013 may, in hindsight, appear in many respects a turning point for the problematic of political Islam in general, and Islam itself,  especially that embodied by the movement of the « Muslim Brotherhood », which seems in full reflux, after an unique but short-lived success in the continuation of the « Arab Springs » of 2011. Indeed, the revolutionary dynamic, born of these « Arab Springs », had offered an unexpected political opportunity for this movement of the « Muslim Brotherhood », long suppressed by the existing regimes. It was at first the victory of this in Tunisia, then in Egypt - matrix of the religious order of the « Muslim Brotherhood ». We can consider that the year 2013 is nevertheless the result of the incompetence, not only economically but also for security, the « Muslim-Brotherhoodism » in power. This movement had been more and more challenged at the internal level, which strangely coincided, externally with a greater mistrust on behalf of certain Arab-Muslim countries, « brethren ». These countries include the main oil-rich monarchies of the Gulf, with the notable exception of Qatar, which however supported them since the beginning of the « Arab Spring » in the forefront of which, Saudi Arabia. Most of these countries, from the religious point of view, fall within the Sunni obedience, but a Sunnism essentially of salafist expression - a product of the Saudi Wahhabism. This obedience has a long time been very reluctant, if not resolutely opposed, to join an « electoral » logic, that could favor the fitna - which means « division »« conflict »« revolt ». All these countries are mainly politically ultra-conservative, and found themselves pulled by Saudi Arabia, spearhead of a kind of « counter-revolution ». This counter-revolution implied in particular the putting in place of a strategy resolutely « anti-Brotherhood ». Because the political objectives of the « Arab Springs » of 2011 had been electorally expressed themselves in the « Muslim-Brotherhoodism », in a form which the revolutionary potential could only worry strongly these oil-rich monarchies of the Gulf.  It was consequently a question of mortgaging the political success to make so that the « Muslim Brothers », finally stigmatized as Ikhwan muflisin (« failed Brothers »). The « counter-revolution », committed by the Saudi Arabia with most of the other oil-rich monarchies of the Gulf - with the exception of Qatar « pro-Brotherhood », - is not dissociable of a politic of containement anti-Iranian on the external plan. It can get on as far as the « revolutionary »,  vague desires stemming from « Arab Springs » could offer an opportunity in Iran to develop a strategy of destabilization of the Arab-Sunni regimes on the scale of the region, by taking support on the dynamics « revolutionary » - stricto sensu - of the « muslim-republican » sphere of influence of the « Muslim Brothers ». 

ريغولي روز

"اسلام الاخوان" في مقابل "الاسلام السلفي" : التوقعات الجيوسياسية المتضاربة للالإسلاموية في ديناميات "الربيع العربي" ومستقبلها .

ريغولي روز، باحث و محاضر في المعهد الفرنسي للتحليل الاستراتيجي (IFAS) و في معهد الاستشراف والأمن في أوروبا (IPSE) والمعهد الأوروبي للبحوث حول التعاون المتوسطي والأوروعربيي (MEDEA) في بروكسل. وهو مستشار في العلاقات الدولية، ومتخصص في منطقة الشرق الأوسط. و له كتاب حول جيوسياسة المملكة العربية السعودية: من الإخوان الى تنظيم القاعدة (أرمان كولن، 2005)، و إيران الجمع : نظرة جيوسياسية (هارماتان . 2011)

يمكن لعام 2013 ان يظهر في وقت لاحق، في كثير من النواحي كنقطة تحول في الاشكالية العقائدية السياسية للإسلام السياسي بشكل عام والإسلاموية بشكل خاص، لا سيما إسلاموية حركة "الإخوان المسلمون" التي تبدو في تراجع بعد ان شهدت نجاحا مذهلا ولكن قصير المدى في امتداد "الربيع العربي" منذ عام 2011. في الواقع شكّلت الديناميكية الثورية التي ولّدها "الربيع العربي" فرصة سياسية غير متوقعة لحركة "الإخوان المسلمون"، التي قمعت لفترة طويلة من قبل الأنظمة. كان ذلك أولا بانتصار " الإخوان المسلمون - " في تونس  ثم في مصر - مصفوفة جماعة الاخوان المسلمين. 

 يمكن أن نعتبر أن عام 2013 يشكل بطريقة أو بأخرى دليل عدم كفاءة "الإخوان المسلمون"  في الحكم ، ليس فقط اقتصاديا ولكن أيضا آمنيا حيث انتقدوا، داخليا و خارجيا، مع منافسة متزايدة خاصة من بعض الدول العربية الإسلامية التي من المفترض من "الإخوة". تتشكل هذه البلدان، من ممالك الخليج الرئيسية البترولية - باستثناء قطر التي دعمتهم منذ بداية "الربيع العربي" - أول هذه الدول المملكة العربية السعودية، التي تقع أيضا بالتأكيد ضمن السنة دينيا و لكنهم من السنة التي تعبّر في شكل "الاسلامية السلفية" - منتوج تصدير الوهابية السعودية - التي كانت دائما مترددة جدا، إن لم تكن تعارض بحزم على الانخراط في منطق " الانتخابات "لأنها من المرجح أن تعزز الفتنة.


 

Omero MARONGIU-PERRIA, sociologue des religions (Maghreb, islam), membre du CISMOC (Université de Louvain, Belgique) et expert en politiques publiques et management de la diversité. Il est l'auteur de plusieurs articles sur des questions relatives à l'islam.

« Les modes de structuration des organisations liées aux Frères musulmans en Europe ».

 La crise du militantisme au sein des Frères musulmans européens suscite l’examin des facteurs qui conduisent à des processus d'exit et de mise à distance de l’engagement au sein des organisations membres. La thématique des désaffiliations constitue le parent pauvre des études conduites jusqu'à présent, et peu de spécialistes de l’islam contemporain mobilisent la sociologie du désengagement militant et des désaffiliations religieuses pour saisir les dynamiques de radicalisation, préférant s’inspirer des travaux de la sociologie de la mobilisation. L’étude du processus de défection dans les milieux islamiques permet de comprendre en creux les conditions mêmes du recrutement islamiste. Outre qu’il constitue un objet sociologique en lui-même, comme processus multifactoriel, il apparaît aussi fondamental pour comprendre les devenirs militants et l’engagement de façon plus globale, avec ses phases de recrutement et ses moments de déprise. Quels sont les motifs qui président les désaffiliations des Frères Musulmans, comment se déroulent-elles, quels effets ont-elles sur l'individu en termes identitaires et comment sont-elles perçues par ceux qui restent ? Ces principales interrogations permettent de (re)questionner des éléments constitutifs de l'engagement au sein d’organisations islamistes de type frériste : les processus de socialisation ; la structuration des liens intragroupe développés par le milieu et son rapport à l'extérieur ; son système normatif ; son système de représentation du monde et la démarche religieuse qu'il valorise, autant d'aspects qui jouent un rôle dans les processus de désaffiliation.


https://www.youtube.com/watch?v=RxQCNZB1iZs

 Omero MARONGIU-PERRIA

Sociologist of religions (Maghreb North Africa, Islam,...), Fellow of the CISMOC (Levain Univgersity, Belgium), and Expert in the public politics and management of diversity.

He is author of several articles on questions relative to Islam. 

‟The structural dimensions of organizations related to the Moslem Brotherhood in Europe”

The militancy crisis at the heart of the Moslem Brotherhood’s members in Europe exposes the subjects of dis-engagement and distancing throughout the organization. Nevertheless, the dynamics of dis-membering have not been well-studied to date by specialists of Islam whereas the subject is now essential to understanding the elements (level, denomination, intensity) of radicalization and the very character of the fundamentalism involved.

The defection process in Islamic circles provides insight into the very conditions of Islamic recruitment, and the sense and phases of acceptance or rejection, and the eventual outcome or result. In and of itself, an entire sociological subject is involved.

What are the motives of defection amongst Moslem Brethren? How does the defection process unfurl? What are the effects and after-effects on the individual identities and on the collective identity of those concerned?

These interrogations can seek to illuminate the recruitment and engagement procedures, the structuring of intra-group links, the Brotherhood’s normative system, its religious values and procedure with regards the world, and the behavioral principles of conversion and jihad.

اوميرو مرونجيو بيريا - ، عالم الاجتماع مختص بالاديان (المغرب العربي، الإسلام) و عضو في  CISMOC (جامعة لوفين، بلجيكا) وخبير في السياسة العامة وإدارة التنوع. وهو مؤلف عدة مقالات عن القضايا المتعلقة بالإسلام. 

"طرق هيكلة المنظمات المرتبطة بالإخوان المسلمون في أوروبا".


***** Quatrième  débat avec la salle :   https://www.youtube.com/watch?v=TEJRCRMOocI  *****