Actes du colloque

 

Le jeudi 11 décembre 2014

Assemblée Nationale

Conference proceedings

National Assembly 

 وقائع ندوة جيوسياسية الإرهاب

الخميس، 11 ديسمبر 2014

المجلس الوطني

 

L’Académie de Géopolitique de Paris, dans le cadre de ses analyses des questions du monde contemporain, et poursuivant son travail d’approche pluridisciplinaire en totale indépendance des défis actuels, a fait appel aux meilleurs spécialistes du terrorisme pour évoquer dans plusieurs communications la spectaculaire évolution de ce phénomène moderne.

Ce colloque s'est penché principalement sur les forces en présence du milieu terroriste, les idéologies sectaires qui les mènent et leur nouveau mode d’expression. Il s'est penché aussi sur la nature profonde de ces mouvements et réseaux, leurs caractéristiques opérationnelles, leurs nouveaux modes opératoires, leur hybridation généralisée entre criminalisation et idéologie ainsi que sur les stratégies étatiques et non-étatiques sous-jacentes.

Sous la présencede plusieurs membres des corps diplomatiques dont les excellences les ambassadeurs d'Albanie, de Bolivie, d’Egypte, de Géorgie,d'Irak, d’Iran et de Macédoine, mais également des secrétaires, conseillers et chefs de mission et chargés d'affaires des ambassades d’Allemagne, d’Argentine, du Burkina-Faso, du Canada, du Centre Afrique, du Chili, de Chine, de Finlande, du Guatemala, d’Inde, d’Irak, d'Iran, de Lituanie, du  Qatar, de Roumanie, de Russie, de Serbie, du soudan, de Turquie et d'Ukraine, le colloque a sollicité l'analyse minutieuse des nombreux spécialistes (chercheurs, personnalités, militaires, diplomates, journalistes, etc.) qui ont également tenté d'élucider le phénomène inédit et très récent de territorialisation du terrorisme, lequel modifie en profondeur toutes les approches traditionnelles de la question. Enfin, les communications ont naturellement pris en compte l’implication, à toutes les échelles géographiques et selon toutes les nuances de l'influence, des puissances locales, régionales et mondiales concernées. 

 The Paris Academy of Geopolitics, as part of its analysis of contemporary world issues and continuing its work of multidisciplinary approach in total independence of current challenges, has appealed to the best specialists on terrorism, via several communications to evoke the dramatic evolution of this modern phenomenon. 

This conference has looked primarily at background forces of terrorism, at sectarian ideologies that mobilize them and their new mode of expression. It also discussed the profound nature of these movements and networks, operational characteristics, their new procedures, their widespread hybridization between criminalization and ideology as well as underlying state and non-state strategies. 

In the presence of several members of the diplomatic corps, of which their Excellencies the ambassadors of Albania, Bolivia, Egypt, Georgia, Iraq, Iran and Macedonia, but also secretaries, advisers and heads of mission and business managers of the German embassy in Argentina, Burkina Faso, Canada, Central Africa, Chile, China, Finland, Guatemala, India, Iraq, Iran, Lithuania, Qatar, Romania, Russia, Serbia, Sudan, Turkey and Ukraine, the conference sought the careful analysis of many experts (researchers, officials, soldiers, diplomats, journalists, etc.) who also tried to elucidate the new terrorism phenomenon and its very recent territoriality, that fundamentally change all the traditional approaches to the issue. Finally, the exchanges took into account the involvement at all geographic scales and in all nuances of local powers influence and of regional and global subjects. 

في سياق تحاليلها للقضايا الجيوسياسية الكبرى التي يعيشها عالم اليومولمواصلة مقارباتها المتعددة التخصصات باستقلال تام عن التحديات الراهنة، نظمت الأكاديمية الجيوسياسية الباريسية، في 11 ديسمبر 2014 ندوة تناولت فيها مسألة "جيوسياسة الإرهاب" استدعت  إليها أفضل متخصصي الإرهاب لاستحضار التطور المذهل لهذه الظاهرة الحديثة في عدة مداخلات. عقدت الندوة في المجلس الوطني بباريس. 

يقترح هذا المؤتمر تسليط الضوء خاصة على القوى العاملة في الأوساط الإرهابية والإيديولوجيات الطائفية التي تقودها و وسائل التعبير الجديدة التي يلجئون إليها. كما نوقشتايضاالطبيعة العميقة لهذه الحركات والشبكات وخصائصهم العملية و إجراءاتهم الجديدة و تهجينها المعممة بين التجريم والايديولوجية وكذلك الاستراتيجيات الحكومية وغير الحكومية الأساسية. 

حضر هذا الحدث أعضاء  السلك الدبلوماسي بما في ذلك أصحاب السعادة سفراء ألبانيا وبوليفيا ومصر وجورجيا والعراق وإيران ومقدونيا بالاضافة الى الأمناء والمستشارين ورؤساء البعثات و مديري الأعمال لكل من سفارة ألمانيا و الأرجنتين وبوركينا فاسو و كندا و أفريقيا الوسطى و الشيلي و الصين و فنلندا و غواتيمالا و الهند و العراق و إيران و ليتوانيا و قطر و رومانيا و روسيا و صربيا والسودان وتركيا وأوكرانيا و غيرها. 

تطلب هذا المؤتمر تحليل دقيق من قبل العديد من الخبراء (باحثين ومسئولين و ضباط و دبلوماسيين وصحفيين، وغيرهم) حاولوا إلقاء الضوء على هذه الظاهرة الجديدة المتمثلة في أقلمة الإرهاب، والتي غيرت جذريا كل المقاربات التقليدية لهذه القضية. 

 وأخيرا، أخذت الاتصالات في الاعتبار مشاركة القوى المحلية والإقليمية و العالمية المعنية على جميع المستويات الجغرافية وعلى مختلف المستويات الدقيقة للتأثير.

 

 

Première table ronde

First panel

 المائدة المستديرة الأولى

 

Modérateur :Ali RASTBEEN,Président de l'Académie de Géopolitique de Paris

Moderator: Doctor Ali RASTBEEN, President of the Paris Academy of Geopolitics

إشراف : الدكتور علي راست بين، رئيس الأكاديمية الجيوسياسية في باريس

Allocution introductive par Monsieur le Député Maire Jacques Myard,

 

La question du terrorisme ne fait pas l’unanimité ! C’est même un sujet très délicat.

Il est malaisé de définir le terrorisme : les Américains, en 1988, ont ainsi recensé une centaine de définitions.

Il faut s’interroger d’où vient le mot « terrorisme » ; eh bien, c’est une invention française ! Puisque la première appellation de « terroriste » remonte à novembre 1794 pour désigner par ce mot les partisans de la terreur, à leur tête Robespierre et Saint-Just. Cette étymologie est intéressante parce qu’elle souligne un facteur essentiel dans la logique du terrorisme, c’est la dissymétrie ou l’asymétrie du faible au fort.

A l’époque, en 1794, la révolution était menacée, et donc pour imposer, comme l’aurait dit Marx cent ans plus tard, le diktat de la révolution, il fallait recourir à la violence pour faire plier les ennemies de la révolution.

En réalité, quand on y réfléchit, on retrouve bien souvent ce qualificatif pour l’Autre, c’est- à- dire celui que l’on combat.

Il suffit de se reporter à l’Histoire de France : souvenons-nous, quand les Allemands placardaient sur les murs qu’ils avaient exécuté à Châteaubriant, à Lyon et dans le Vercors vingt ou cent terroristes, ils le faisaient savoir par des affiches, lesquels terroristes en 1944-1945 ont été rebaptisés héros de la résistance.

Est-ce que, comme l’aurait dit Sartre, finalement les terroristes ce sont toujours les Autres, le terroriste, c’est toujours le criminel de l’Autre ? Dans une crise que nous connaissons bien, celle du Proche-Orient, j’ai toujours été frappé par le fait que l’un est toujours le terroriste de l’Autre, il y a toujours une protohistoire dans ce conflit qui n’en finit point.

Sommes-nous aujourd’hui, avec l’affaire des dérives intégriste jihadistes, dans la même logique ? La même logique est à l’oeuvre pour imposer une idéologie, celle de l’intégrisme à un peuple qui n’en veut pas, et qui conduit à employer la terreur. Il y a certainement quelque chose de tout-à-fait comparable.

Le problème, c’est que le terrorisme fait mal et tue des innocents, il ne peut être acceptable.

La France le condamne comme beaucoup d’Etats au monde qui criminalisent l’action terroriste. 

Je crois qu’en réalité, il faut dépasser cet état de fait qui n’est pas acceptable, car le terrorisme n’est pas seulement un constat d’impuissance, c’est une réalité qui révèle les crises de la scène internationale. Là où il y a du terrorisme indépendamment du fanatisme, c’est un révélateur de notre impuissance collective à assurer la résolution de conflits persistants qui poussent au désespoir certaines personnes. Sans vouloir se faire l’avocat du terrorisme, il faut comprendre que - y compris lorsque nous sommes face à des mouvements terroristes en Europe, je pense à l’Irlande du nord, c’est l’incapacité d’un Etat, même dans le cadre démocratique, à résoudre une question politique.

En cela le terrorisme, c’est-à-dire la violence aveugle et impersonnelle d’un mouvement infra-étatique, doit être certainement rejeté comme moyen politique mais il révèle notre impuissance globale à résoudre des crises qui n’en finissent pas.

Eh bien, aujourd’hui je salue votre courage à essayer de résoudre cette question qui n’est pas finie et qui montre que nous vivons dans un monde ô combien imparfait.

https://www.youtube.com/watch?v=yMWy_VVfp0s

 Mr. Mayor Jacques Myard, Member of Parliament

The issue of terrorism is not seen unanimously! It is even a very delicate topic. It is difficult to define terrorism: Americans in 1988 identified a hundred definitions for this word.
We need to investigate the origin of this word; well, it is a French invention! Since the first use of "terrorist" was attested in November 1794 to designate supporters of terror, referring principally to Robespierre and Saint-Just. This etymology is interesting because it highlights a key factor in the logic of terrorism, as the asymmetry from weak to strong. At the time, in 1794, the revolution was threatened, and therefore imposed, as Marx would have said a hundred years later, the diktat of the revolution. It was necessary to resort to violence in order to subdue the enemy of the revolution. Actually, when you think about it, we often use this term to designate ”the Other”, that is to say, the one we combat.

Just refer to the history of France: let us remember when the Germans posted on the walls that they had shot down in Chateaubriant, in Lyon and Vercors twenty or a hundred terrorists, and through posters, these same "terrorists" in 1944-1945 were renamed heros of the Resistance.
So finally, are the terrorists, as Sartre would say, always ”the Others”?  So are terrorists always the "the Otjher's" criminal? In a crisis that we know well, that of the Middle East, I have always been struck by the fact that one is still the terror of the other, there is always an early history in the conflict that never ends. Are we now, with the case of fundamentalist drifts, facing the same logic? The same logic is at work to impose an ideology, that of fundamentalism on a people who don't want it, and which leads to the use of terror. There certainly is something really comparable. The problem is that terrorism hurts and kills innocent people, it cannot be acceptable. 

France condemns it as do many states in the world that criminalize terrorist action.
Actually it is necessary to overcome this unacceptable situation, because terrorism is not only our acknowledgment of failure, it is a reality that reveals the crises on the international scene. Where there is terrorism regardless of fanaticism, it is an indicator of our collective failure to ensure the resolution of persistent conflicts that lead some people to despair. Without wishing to apologize for terrorism, we must understand that - even when we are dealing with terrorist movements in Europe, I think of Northern Ireland, it is the incapacity of a State, even within the democratic framework, to resolve a political issue. In this case terrorism, that is to say, blind and impersonal violence coming from a sub-state movement must certainly be dismissed as rightful political means, rather it reveals our inability to solve endless global crises. The speaker concluded by saluting the courage for trying to resolve this endless issue, thereby exposing that we live in a world Oh how imperfect.

النائب رئيس البلدية السيد جاك ميارد،

 خطاب تمهيدي

إن قضية الإرهاب من الصعب ان يحصل عليها الإجماع! بل لعلها موضوع حساس للغاية.

كما انه من الصعب تعريف مصطلح الإرهاب: حيث حدد الأميركيون في عام 1988، مائة تعريف.

و إن تساءلنا عن أصل كلمة "الإرهاب" لوجدنا أنها اختراع فرنسي! بما ان أول  استخدام لكلمة "إرهابي" يعود إلى نوفمبر 1794 ليعين بهذه الكلمة أنصار الإرهاب، في مقدمتهم روبسبير و سان جيست. هذا الأصل مثير للاهتمام لأنه يسلط الضوء على عامل رئيسي في منطق الإرهاب هو عدم التماثل بين الضعيف و القوي.

في ذلك الوقت، في عام 1794، كانت الثورة مهددة و لفرضها كان من الضروري اللجوء إلى العنف لإخضاع أعداء الثورة. في الواقع، عندما نفكر في ذلك، كثيرا ما نجد هذا المصطلح يطلق على الأخر، أي الذي نقاتله.

يكتفي لذلك أن نرجع إلى تاريخ فرنسا: دعونا نتذكر عندما كانالألمان يعلنون من خلال الملصقات أنهم كانوا يعدمون في ليون وفي فيركور و شاتوبريون عشرين أو مئة إرهابي، هؤلاء الإرهاب نفسهم تمت إعادة تسميتهم في 1944- 1945 أبطال المقاومة.

هل كما يقول سارتر أن الإرهابيين هم دائما الآخرون أي غيرنا، الإرهابي هو دائما مجرم الآخر؟ في الأزمة التي نعرفها جيدا، في منطقة الشرق الأوسط، لقد كنت دائما  مندهش أمام حقيقة أن كل طرف لا يزال إرهاب الطرف الأخر، كما ان هناك دائما تاريخ مبكر في هذا  الصراع الذي لا ينتهي.

هل نحن الآن مع قضايا انحرافات الجهاديين الأصوليين في نفس المنطق؟ المنطق نفسه الذي هو في العمل لفرض الأيديولوجية التطرفية على شعب لا يريدها، والتي أدت إلى استخدام الترهيب. هناك بالتأكيد شيء قابل للمقارنة. والمشكلة هي أن الإرهاب يضر ويقتل الأبرياء، و بذلك فإنه لا يمكن أن يكون مقبولا. فرنسا تدين ذلك كالعديد من دول العالم.التي تجرم العمل الإرهابي

أعتقد في واقع الأمر انه من الضروري التغلب على هذا الوضع غير المقبول، لأن الإرهاب ليس فقط إدراك الضعف بل هو واقع يكشف عن أزمات الساحة الدولية. حيث يوجد الإرهاب، بغض النظر عن التعصب، هو مؤشر على فشلنا الجماعي في  حل النزاعات المستمرة التي تؤدي ببعض الناس إلى اليأس. دون الرغبة في الدفاع عن الإرهاب، يجب علينا أن نفهم ذلك - حتى عندما نتعامل مع حركات إرهابية في أوروبا، كمثال ايرلندا الشمالية، فهو يعكس فشل دولة ما، حتى في الإطار الديمقراطي في حل قضية سياسية. 

في هذا، الإرهاب، أي العنف الأعمى وغير الشخصي يجب بطبيعة الحال أن يرفض كوسيلة سياسية لكنه يكشف عن فشلنا الجماعي في حل أزمات عالمية لا تريد أن تنتهي. و بذلك اليوم أحيي شجاعتكم في محاولة حل هذه المسألة التي تبين أننا نعيش في عالم غير مثالي.

***

Mot d'introduction Par Ali RASTBEEN

De la Géopolitique du terrorisme 

Le terrorisme n’est pas un phénomène nouveau, c’est un phénomène commun à toutes les sociétés humaines et à toutes les époques. Mais il est aujourd’hui renforcé par la mondialisation qui lui a offert tous les outils technologiques nécessaires pour se répandre.

Depuis les premiers détournements d’avion par des militants palestiniens jusqu’aux attentats du 11 septembre 2001, le monde arabo musulman est pointé du doigt comme la principale source du terrorisme contemporain.

Le retour à l’islam radical est un phénomène moderne qui s'étend de l’Indonésie à la Tchétchénie. Cependant, si l’islamisme a un visage diversifié selon les pays, il est néanmoins né dans les années 70 comme conséquence à un désespoir lié à l’échec du développement pour tous, car l’islamisme n’est pas seulement une réaction contre la modernisation des sociétés musulmanes, il est aussi un produit de cette modernisation, avec ses échecs.

Le Moyen-Orient a connu ces dernières années une série d’événements qui ont modifié la donne régionale : la révolution iranienne de 1979, la crise économique des pays arabes de 1982-1986, le problème irrésolu entre palestiniens et israéliens, la fragmentation du système régional arabe, l’affaiblissement de la légitimité des régimes en place, l’écrasement de la société civile par les Etats et l’aggravation des échanges inégaux entre le monde arabe et les pays industriels.

L’islamisme s’est donc développé dans une période de désillusion pour apparaître comme un ultime recours, une recherche obsessionnelle d’identité, une tendance à référer toute action à une histoire originelle autochtone et mythifiée.Ses partisans les plus fanatiques rappellent alors le radicalisme désespéré des anarchistes du siècle dernier en Europe.

Ce type de terrorisme est aggravé par la pauvreté, le chômage et l'injustice. D’autant plus que sur le plan culturel, cette mondialisation tend à imposer la culture occidentale et à marginaliser les autres cultures traditionnelles, ce qui engendre une humiliation favorisant les poussées de l’intégrisme qui ne trouvent aucun autre moyen pour contester que la violence et le terrorisme.

De plus,  l’échec des cadres pachtouns de l’armée et des services pakistanais, à contrôler la situation en Afghanistan et au Cachemire ; la politique étrangère américaine qui a abandonné les groupes mercenaires islamistes à partir des années 1990 en Afghanistan, et qui est accusée d’utiliser de manière constante les fondamentalistes musulmans à des fins stratégiques pour actionner les nombreux renversements d’alliance, quand seul prévaut l’obsession de la Guerre du pétrole.

Cette politique est accusée de mépriser les musulmans en formant, équipant et soutenant la puissance économique et stratégique de l’Etat d’Israël.

La nature de certains pays arabes d’une part une pensée extrémiste qui puise ses sources dans la diversité conceptuelle des différentes communautés musulmanes et de l’autre, les liens d’allégeance entre les dirigeants musulmans autocrates et  l’Occident, au détriment de la défense des intérêts de leurs peuples.

La politique étrangère de certains pays arabes comme celle de l’Arabie Saoudites incapables de contrôler l’intégrisme sunnite qu’ils encouragent depuis les années 80.

La politique du Qatar qui est devenu l’une des plateformes des mouvements terroristes radicaux rivalisant aujourd’hui avec l’Arabie Saoudite dans l’exportation de l’extrémisme.

En effet, le Qatar et l’Arabie Saoudite ont fortement financé et alimenté l’armement  des extrémistes de Syrie, ouvrant la voie à l’émergence de Daech. Tous deux soutiennent les talibans afghans, en appuyant les terroristes extrémistes, ils ont contribué à la transformation de la Libye vers son statut d’Etat en échec.

Ainsi, tous ces Etats auraient joué aux apprentis sorciers, en couvant des groupes radicaux qui ont fini par se retourner contre eux.

En d’autres termes, si Ben Laden a été  engagé  par les Etats Unis et son allié saoudien pour battre l’Union Soviétique, il a fini par « se  retourner contre ses protecteurs », avec l’objectif, de provoquer une rupture historique entre le Monde Musulman et l’Occident.

Tous ces bouleversements ont donné naissance à des groupes fondamentalistes tel qu’Al-Qaïda dans la péninsule arabique et dans le Maghreb islamique au Mali et en Algérie, BokoHaram au Niger, Al-Shabab en Somalie, les Talibans en Afghanistan et au Pakistan, Ansar al-Charia en Libye et en Tunisie, Jamatee Eslami en Indonésie, Abou Sayyaf aux Philippines, Ansar din au Mali, Ansar Bitalmoghadas en Égypte, et enfin Daesh en Irak et en Syrie.

Contrairement aux autres groupes terroristes qui considèrent l’Occident comme étant l’ennemi de l’Islam et des musulmans, Daesh demande la soumission de toutes les personnalités et de tous les pays musulmans ou non musulmans du monde à son califat autoproclamé.

En outre Daesh défie les frontières établies, fixe des régions particulières qui lui permettent d’établir son contrôle et renforcer ses soutiens financiers et logistiques. C’est ainsi qu’en Irak et en Syrie, profitant de l’anarchie existante, il a effectué des avancées remarquables.

Ensuite, grâce à son efficacité à occuper les réseaux sociaux,  il a réussi à défier la plupart des pays du monde. Daesh est équipé de chars, d’avions et de missiles. Il détient 8 puits de pétrole en exploitation, des banques et des administrations, il a réussi  récemment à mettre la main sur 40 kilos d’uranium dérobé à l’Université de Moussoul. Il a constitué un gouvernement qui ne recule devant aucune forme de violence face à tout opposant à son idéologie.

Devant ce danger soudain qui menace l’équilibre du monde, aujourd’hui, les États-Unis tentent finalement de créer une coalition en réunissant plus de 40 pays contre Daesh.

A ce propos, il convient de signaler que si les États-Unis sont habiles dans la création et la direction des coalitions, les pays arabes le sont  dans l’adhésion aux coalitions et dans la participation aux combats menés par d’autres et qui ne sont pas l’intérêt des arabes. Aujourd’hui encore, ils ont adhéré à la coalition réunie par les États-Unis en vue de combattre un groupe originellement soutenu par eux-mêmes.

De ce qui précède, l’Occident ou en tout cas l’Europe doit mettre un terme à la démagogie et l’extension du mouvement salafiste dans le monde.

La défense des droits fondamentaux de l’homme doit prendre un caractère universel, afin qu’aucune différence ne démarque l’homme occidental de l’homme musulman.

Les pays musulmans doivent organiser des conférences scientifiques, des séminaires, des voyages d’échanges, sensibiliser les structures culturelles de la société civile, les écoles, les universités, les mosquées et les associations sur le danger de l’extrémisme,  afin que les savants  des différentes communautés puissent débattre des pensées fondamentalistes et qu’un point de vue de l’Islam moderne s’affirme, conformément aux droits de l’homme, aux droits des citoyens et aux libertés démocratiques.

Dans ce domaine, des pays comme l’Iran, le Maroc et la Malaisie peuvent  prendre l’initiative.

L’Occident et le monde musulman doivent abandonner ensemble la théorie de l’affrontement des civilisations et celle de la fin de l’histoire de l’Occident, pour se tourner vers le dialogue entre les civilisations, les cultures et les religions afin de mieux connaître leurs fondements et leurs différences pour mieux les accepter et faciliter le vivre ensemble. L’Occident doit passer à une volonté de dialogue et de collaboration sans faille.

Et, enfin, il revient aux peuples de la région, de mener un combat permanent pour acquérir les libertés politiques, dans le strict respect des droits de l’homme. Afin d’opter pour des politiques de détente dans le monde et dans la région et de désamorcer la montée des affrontements entre les différents courants religieux.

Dans le cas contraire, nous risquerions dans un avenir proche, d’être témoins de conflits interreligieux, avec son cortège d’horribles massacres.

Nous espérons que, dans le cadre de ce colloque sur cette question importante d’actualité, les personnalités, les diplomates, les universitaires, les  spécialistes réunis  aujourd’hui, grâce à leur participation et leurs échanges d’idées, nous éclaireront davantage sur ce sujet. 

https://www.youtube.com/watch?v=ZNJXLzeYlIY

 Opening remarks by Ali RASTBEEN

On the geopolitics of terrorism

Terrorism is not a new phenomenon, it is common to all societies and all times. But at present it is reinforced by globalization, which provides all the necessary technological tools to spread.

Since the first hijacking by Palestinian militants to the attacks of 11 September 2001, the Arab-Muslim world is singled out as the main source of contemporary terrorism.
Return to radical Islam is a modern phenomenon that stretches from Indonesia to Chechenya. However, if radical Islam has diverse faces in different countries, it is nevertheless born in the 70s resulting from the despair due to the failure of development for all, because Islam is not only a reaction against the modernization of Muslim societies, it is also a product of this modernization, with its failures.

The Middle East has seen in recent years a series of events that have changed the regional order: the Iranian revolution of 1979, the economic crisis of the Arab countries in 1982-1986, the unresolved issue between Palestinians and Israelis, the fragmentation of the Regional Arab system, the weakening of the legitimacy of regimes, the crushing ofcivil society by the State and the increase of imbalanced exchange between the Arab world and the industrial countries.
Islamism has thus developed into a period of disillusionment, appearing as a last resort, an obsessive search for identity, a tendency to referany action to a mythified autochtonous history. Most fanatical supporters then invoke theradicalism of desperate anarchists during the last century in Europe. This type of terrorism is exacerbated by poverty, unemployment and injustice. Especially as culturally, globalization tends to impose western culture and to marginalize local traditions, resulting humiliation breeding outbreaks of fundamentalism that find no other way to challenge that except by violence and terrorism.

Moreover, the failure of Pashtun army officers and Pakistani agencies in controlling the situation in Afghanistan and Kashmir; American foreign policy which has abandoned the Islamists mercenary groups from the 1990s in Afghanistan and that is accused of consistently exploiting Muslim fundamentalists for strategic purposes such as reversal of alliances when only prevails the obsession to war for petroleum.

This policy is accused of despising Muslims, and of training, equipping and supporting the economic and strategic power of the State of Israel. The nature of some Arab countries on the one hand, extremist thinking which has its source in the conceptual diversity of the various Muslim communities on the other, the ties of allegiance between Muslim leaders, autocrats and the West, thereby not defending the proper interests of their peoples.

The foreign policy of some Arab countries such as Saudi Arabia, is unable to control Sunni fundamentalism they have been encouraging since the 80s. Qatar's policy has become one of the platforms of radical terrorist movements today rivaling with Saudi Arabia in the export of extremism. Indeed, Qatar and Saudi Arabia have heavily financed and powerfully armed extremists in Syria, paving the way for the emergence of Daesh. Both support the Afghan Talibans, and extremist terrorists. They have contributed to the transformation of Libya to its checked statehood. Thus, all these states have played the sorcerer's apprentice, breeding radical groups that eventually turn against them.

In other words, if Bin Laden was hired by the US and its Saudi ally to defeat the Soviet Union, he finally "turned against his patrons" with the purpose of provoking a historical rupture between the Muslim World and the West. All these changes have given rise to fundamentalist groups such as Al Qaeda in the Arabian Peninsula and the Islamic Maghreb in Mali and Algeria, BokoHaram in Niger, Al-Shabab in Somalia, the Taliban in Afghanistan and Pakistan, Ansar al-Sharia in Libya and Tunisia, Jamatee Eslami in Indonesia, Abu Sayyaf in the Philippines, Ansar din In Mali, Ansar Bitalmoghadas in Egypt, and finally Daesh in Iraq and Syria.

Unlike other terrorist groups who see the West as the enemy of Islam and Muslims, Daesh requests the submission of all personalities and all Muslims and non-Muslim countries in the world to its self-proclaimed caliphate.

Furthermore Daesh defies the established boundaries, sets specific regions that allow it to establish control and to strengthen its financial and logistical support. Thus in Iraq and Syria, taking advantage of the existing anarchy, it has made remarkable progress. Then, thanks to its efficiency in occupying social networks, it has managed to defy most countries of the world. Daesh is equipped with tanks, aircraft and missiles. It holds eight functioning oil wells, banks and a government; it recently managed to get its hands on 40 kilos of uranium stolen from the University of Mosul. It's a government that shrinks from no form of violence against any opposing ideology.

In the face of this sudden danger that threatens the balance of the world today, the United States finally attempted to create a coalition of more than 40 countries against Daesh.

In this regard, it should be noted that if the United States is skillful in creating and governing coalitions, the Arab countries are adept of adherence to coalitions and participation in the struggles of others, neglecting the interests of the Arabs. Even today, they joined the coalition assembled by the United States to fight a group they were originally supporting.
From the above data, it follows that the West, or at least Europe must stop the tub-thumping and expansion of the Salafist movement throughout the world.
The defense of fundamental human rights must take a universal character, without excessive differentiation between Western man the Muslim.

Muslim countries should organize scientific conferences, seminars, exchange trips, cultural awareness of civil society structures, schools, universities, mosques and associations, about the danger of extremism, so that scholars from different communities can discuss fundamentalist thought and that of modern Islam, in harmony with evolving human rights, citizens' rights and democratic freedoms.

In this field, countries such as Iran, Morocco and Malaysia can take the initiative.
The West and the Muslim world must abandon all the theory of the clash of civilizations and the end of the history of the West, and turn to dialogue with evolving civilizations, cultures and religions to better know their foundations and their differences, to better accept and facilitate living together. The West must move in favour of a desire for dialogue and flawless collaboration.

And, finally, it is the duty of peoples of the region to conduct an ongoing battle for political liberties in the strict respect of human rights. With the very option for detente policies around the world and in the region, defusing rising clashes between differing religious currents. Otherwise, we might in the near future, witness religious conflicts, with its attendant horrific massacres.

We hope that, as part of this symposium on these important issues in the news, the personalities, diplomats, academicians and specialists convened today, will, thanks to their participation and exchange of ideas, enlighten us more about these subjects.

ملاحظات تمهيدية علي راست بين

الجغرافيا السياسية للإرهاب 

إن ظاهرة الإرهاب ليست ظاهرة جديدة، بل هي ظاهرة شائعة في جميع المجتمعات وجميع العصور ولكنها تعززت اليوم بفعل العولمة التي منحتها جميع الأدوات التكنولوجية اللازمة لانتشارها.

منذ أول عمليات خطف الطائرات من قبل مسلحين فلسطينيين إلى غاية هجمات 11 سبتمبر عام 2001، يشار إلى العالم العربي والإسلامي كالمصدر الرئيسي للإرهاب المعاصر. 

إن العودة إلى الإسلام الراديكالي هي ظاهرة حديثة تمتد من إندونيسيا إلى الشيشان. و لكن، إذا كان الإسلام المتطرف له وجوه متنوعة في مختلف البلدان، فإنه مع ذلك ولد في أعوام السبعينات كنتيجة لليأس من فشل التنمية للجميع، لأن الإسلام المتطرف ليس فقط رد فعل ضد تحديث المجتمعات الإسلامية، بل هو أيضا نتاج هذه الحداثة مع كل إخفاقاتها.

شهدت منطقة الشرق الأوسط في السنوات الأخيرة سلسلة من الأحداث التي غيرت النظام الإقليمي: الثورة الإيرانية عام 1979 والأزمة الاقتصادية للبلدان العربية  ما بين 1982-1986 و القضية المعلقة بين الفلسطينيين والإسرائيليين و تجزئة النظام الإقليمي العربي وإضعاف شرعية الأنظمة وسحق المجتمع المدني من قبل الدول وتفاقم التبادل غير المتكافئ بين العالم العربي والدول الصناعية. 

هكذا تطور الإسلام التطرفي في فترة كانت تسودها خيبة أمل ليظهر كملاذ أخير وكبحث هاجسي عن الهوية وكميول إلى إحالة كل عمل إلى تاريخ أصيل. حيث يذكّر أشد مؤيديه المتعصبين التطرف الفوضوي للقرن الماضي في أوروبا. 

ويتفاقم هذا النوع من الإرهاب بسبب الفقر والبطالة والظلم خاصة و انه على المستوى الثقافي، تميل هذه العولمة إلى فرض الثقافة الغربية وتهميش الثقافات التقليدية الأخرى، مما أدى ذلك إلى الإحساس بحالة من الذل التي تساهم في تفشي التطرف الذي لا يجد أي وسيلة أخرى للطعن غير العنف و الإرهاب. 

وعلاوة على ذلك، فإن فشل البشتون من ضباط جيش القوات الباكستانية للسيطرة على الوضع في أفغانستان وكشمير و السياسة الخارجية الأميركية التي تخلت عن جماعات المرتزقة من الإسلاميين من أعوام التسعينات في أفغانستان المتهم باستمرار باستخدام الأصوليين المسلمين لأغراض إستراتيجية لتشغيل إسقاط العديد من التحالفات عندما يسود هاجس واحد هو الحرب من أجل النفط. 

تتهم هذه السياسة  باحتقار المسلمين و ذلك بتشكيل وتجهيز ودعم القوة الاقتصادية والإستراتيجية لدولة إسرائيل. 

طبيعة بعض الدول العربية  حيث أن الفكر المتطرف الذي يستمد مصدره من التنوع المفاهيمي لمختلف المجتمعات الإسلامية من جهة و من جهة أخرى، علاقات الولاء بين الحكام العرب المستبدين والغرب على حساب الدفاع عن مصالح شعوبها. 

السياسة الخارجية لبعض الدول العربية مثل العربية السعودية غير القادرة على السيطرة على التطرف السنّي الذي تشجعه منذ أعوام الثمانينات.

أصبحت السياسة في دولة قطر واحدة من قواعد الحركات الإرهابية المتطرفة و هي تتنافس اليوم مع العربية السعودية في تصدير التطرف. 

في الواقع، قطر و العربية السعودية قد مولت ودعمت بشكل كبير تسليح المتطرفين في سوريا، مما مهد الطريق لظهور داعش. دعم كل منهما حركة طالبان الأفغانية، بتقديم الدعم للإرهابيين المتطرفين،  ساهمت في تحول ليبيا إلى دولة في حالة إخفاق و فشل. 

وهكذا لعبت كل هذه الدول على الساحر المتدرب، بدعم جماعات متطرفة تحولت ضدهم في نهاية المطاف. 

وبعبارة أخرى، إذا تم تشغيل بن لادن من قبل الولايات المتحدة و حليفها السعودي لهزم الاتحاد السوفيتي، انه في نهاية المطاف "انقلب ضد رعاته،" بهدف إثارة تمزق تاريخي بين العالم الإسلامي والغرب. 

دفعت كل هذه التغيرات إلى ميلاد جماعات متطرفة مثل تنظيم القاعدة في شبه الجزيرة العربية وبلاد المغرب الإسلامي و في مالي والجزائر وبوكو حرام في النيجر  وحركة الشباب في الصومال وحركة طالبان في أفغانستان وباكستان، وأنصار الشريعة في ليبيا وتونس، و الجماعة الإسلامية في اندونيسيا و أبو سياف في الفلبين، وأنصار الدين في مالي، أنصار بيت المقدس في مصر، وأخيرا  داعش في العراق وسوريا.

على عكس غيرها من الجماعات الإرهابية التي ترى الغرب كعدو للإسلام والمسلمين، يسعى داعش إلى إخضاع جميع الشخصيات وجميع الدول الإسلامية و غير الإسلامية في العالم إلى الخلافة التي نصبها لنفسه. 

وعلاوة على ذلك يتحدى داعش الحدود الراسخة، و يحدد مناطق محددة تسمح له ببسط سيطرته وتعزيز دعمه المالي واللوجستيكي. وهكذا في العراق وسوريا، وبالاستفادة من الفوضى القائمة،  تمكن من أن ي حقق تقدما ملحوظا. 

ثم، بفضل كفاءته في استغلال الشبكات الاجتماعية، تمكن داعش من تحدي معظم دول العالم. وهو مجهز بالدبابات و الطائرات والصواريخ. ويحمل ثمانية آبار النفط  ومصارف واستطاع مؤخرا من أن يضع أيديه على 40 كيلوغراما من اليورانيوم المسروق من جامعة الموصل كما تمكن من تشكيل حكومة لا يتردّد أمام أي شكل من أشكال العنف في وجه أي معارض لأيديولوجيته. 

و أمام هذا الخطر المفاجئ الذي يهدد التوازن في العالم اليوم، فإن الولايات المتحدة تحاول اليوم إنشاء تحالف من أكثر من 40 بلدا ضد داعش.

وفي هذا الصدد، تجدر الإشارة إلى أنه إذا كانت الولايات المتحدة بارعة في خلق و تسيير التحالفات، فان الدول العربية هي بارعة في الانخراط  في التحالفات والمشاركة في المعارك التي يقودها آخرين، ولا تخدم مصلحة العرب. وحتى اليوم، انضموا إلى تحالف شكلته الولايات المتحدة لمحاربة جماعة كانت هي التي تدعمها في الأصل. 

و من ما سبق، فإن الغرب، أو على الأقل أوروبا يجب أن توقف الدهماوية وامتداد الحركة السلفية في العالم. 

الدفاع عن حقوق الإنسان الأساسية يجب أن يأخذ طابع عالمي، لكي لا يكون هناك فرق بين الرجل الغربي و الرجل المسلم. 

ينبغي للبلدان الإسلامية تنظيم المؤتمرات العلمية والندوات والرحلات ، و توعية الهياكل الثقافية للمجتمع المدني والمدارس والجامعات والمساجد والجمعيات حول خطر التطرف، بحيث يتمكن علماء المذاهب المختلفة من مناقشة أفكار أصولية وان تؤكد وجهة نظر للإسلام المعاصر وفقا لحقوق الإنسان وحقوق المواطنين والحريات الديمقراطية. 

و في هذا المجال، يمكن لبلدان مثل إيران والمغرب وماليزيا أخذ زمام المبادرة. 

يجب أن يتخلى الغرب والعالم الإسلامي عن نظرية صراع الحضارات و نظرية نهاية تاريخ الغرب، لتتلفت إلى الحوار بين الحضارات والثقافات والأديان على نحو يمكنها من التعرف أفضل على أساساتها وخلافاتها لقبول وتسهيل العيش معا بشكل أفضل. يجب على الغرب الانتقال إلى الرغبة في الحوار والتعاون.. 

وأخيرا، فلا بد على شعوب المنطقة الاستمرار في النضال لكسب الحريات السياسية في الاحترام التام لحقوق الإنسان من أجل اختيار سياسات الاسترخاء في العالم وفي المنطقة والحد من تصاعد الاشتباكات بين التيارات الدينية المختلفة. 

خلاف ذلك، يكمن في المستقبل القريب، أن نشهد صراعات دينية، مع ما يصاحبها من مجازر مروعة.  

نأمل انه في إطار هذه الندوة حول هذه المسألة المهمة، أن الشخصيات والدبلوماسيين والأكاديميين والمتخصصين المجتمعون اليوم بفضل مشاركتهم وتبادل أفكارهم يسلطوا المزيد من الضوء على هذا الموضوع.

1. Laurent LADOUCE, Directeur de recherche Fédération pour la paix universelle, « La généalogie du terrorisme moderne ».

Laurent Ladouce est directeur de recherche à la Fédération pour la Paix universelle. Après avoir animé la commission de travail sur « le rêve africain », il dirige actuellement l’Espace Culture et Paix à Paris, qui travaille sur une encyclopédie de la paix. Il est aussi l’auteur du livre : « Le Projet Pakxe : une contribution du Peuple laotien à l’unité de l’Asie du Sud-Est et à la paix mondiale. » 

Phénomène moderne, le terrorisme est fortement lié aux idéologies totalitaires. Il emprunte aussi à divers courants anarchistes et nihilistes. Si la terreur et le terrorisme furent d’abord le monopole de l’Etat révolutionnaire durant la révolution française, la terreur est ensuite devenue une arme de subversion contre l’Etat.

Le terrorisme puise l’essentiel de sa force émotionnelle et de sa légitimation dans le ressentiment. Un ressentiment alimenté par le désespoir, le déshonneur, la désillusion, la disgrâce. Se sentant nié dans son humanité, le terroriste inflige l’inhumain à autrui. La terreur marxiste-léniniste exerçait la vengeance de ceux qui n’ont pas contre ceux qui ont. Le terrorisme religieux ne punit pas l’homme pour ce qu’il a, mais pour ce qu’il est. 

La séduction du terrorisme est impensable sans la réhabilitation du personnage de Caïn. Le terrorisme désinhibe le complexe de Caïn, et voit dans le meurtre d’Abel une transgression salutaire, nécessaire au progrès. Les rôles sont inversés, Abel s’est attiré le châtiment qu’il méritait. Au tournant du dix-neuvième siècle et après la Révolution française qui inventa la terreur, on assiste à une mise en accusation d’Abel, un faux juste, et à un éloge de Caïn, son meurtrier, présenté comme justicier, et porteur d’une violence purificatrice et d’une rupture salutaire. Lord Byron, Baudelaire et Karl Marx, bien d’autres artistes ou penseurs ont tous œuvré à la diffusion d’un courant idéologique où le meurtre d’Abel par Caïn est parfaitement excusable. 

C’est pour cela que la pulsion désespérée qui anime la pensée et l’action terroriste s’accompagne aussi d’une tentation de toute-puissance (se prendre pour Dieu), qui dépasse le ressentiment vengeur contre l’injustice. On s’aperçoit que face à la tentation du terrorisme, le discours humaniste et rationnel montre ses limites. Il faut parfois une force d’âme peu commune pour trouver une alternative autre que la violence. Ce fut, pour Mahatma Gandhi, l’option non-violente. Pas moins radicale dans ses objectifs de transformer la condition humaine que la révolution violente, la révolution non-violente consiste à s’infliger la souffrance volontairement au lieu d’infliger des pertes à l’ennemi. Dans les années 60, Malcolm X fut tenté par l’action terroriste pour lutter contre la ségrégation raciale, alors que Martin Luther King opta pour une stratégie non-violente.  Nelson Mandela est passée peu à peu d’une défense de l’action terroriste à l’option non-violente.

Dès lors, la réponse au terrorisme ne peut pas rester purement politique et militaire. Le terrorisme est une tentation très puissante. La réponse implique une dimension spirituelle et morale, et notamment une initiation à des modes de résolution non-violents des conflits. La réponse au désespoir, au déshonneur et à la disgrâce, c’est un réel espoir, un réel honneur, une réelle grâce. Pour que le monde musulman écarte cette tentation, il ne doit pas simplement s’indigner et proclamer « pas en notre nom » devant des actes barbares. Il doit lancer, au nom des musulmans, et en amitié avec les autres courants spirituels, une révolution non-violente et des actes nobles, qui combleront les espoirs trop longtemps déçus des peuples d’Orient.

https://www.youtube.com/watch?v=wxCw6EKVle0

The genealogy of modern terrorism

Laurent Ladouce

Laurent Ladouce is conducting research in the Universal Peace Federation. He was in charge of the commission on the African Dream and is currently the director of Espace Culture et Paix, working on a Peace Encyclopedia. He is also the author of the book, The Pakxe Project, a contribution of the Laotian people to the unity in South-East Asia and world peace.

Terrorism is mostly fueled by resentment, and grows in situations of despair, disillusion, disgrace and dishonor. The terrorist feels that his humanity was denied and will destroy the humanity of others. But behind the desperate drive which guides the thought and action of the terrorist, there is also a temptation to act like God, to take the place of the Almighty, which goes beyond vengeful resentment. Therefore, the temptation of terrorism can be curbed in some cases by a strong spiritual resolve which offers a non-violent alternative. Mahatma Gandhi advocated non-violence to liberate India from colonialism and preferred to inflict suffering on himself, rather than causing attrition to the enemy. In the sixties, Malxolm X advocated terrorism to fin racial segregation in the USA, but Martin Luther King convincingly opted for non-violence.

Terrorism is seducing nowadays, because the character of Cain was rehabilitated. In the wake of the French revolution which invented terror and terrorism, artists and thinkers started to vilify Abel and to exalt Cain as a dispenser of justice through violent purge. Lord Byron, Baudelaire, Karl Marx were among  the leading artists or thinkers who advocated the legitimacy of Cain’s violence.

The answer to terrorism cannot remain political or military. Behind the criminal dimension of terrorism, there is a spiritual temptation which cannot be overcome without tapping in spiritual and moral resources. The answer to despair, dishonor and disgrace lies in real hope, real honor, real grace. 

لوران لادوس مدير البحوث في الاتحاد من أجل السلام العالمي

أصل الإرهاب الحديث. 

لوران لادوس هو مدير الأبحاث في الاتحاد من أجل السلام العالمي. بعد أن قاد لجنة عمل حول "الحلم الأفريقي"، يدير حاليا ركن الثقافة والسلام في باريس، الذي يعمل على تأليف موسوعة السلام. وهو أيضا مؤلف كتاب "مشروع باكس: مساهمة شعب لاوس في وحدة جنوب شرق آسيا والسلام العالمي. » 

ظاهرة حديثة، يرتبط الإرهاب بقوة بالأيديولوجيات الشمولية.  وهو يقترب أيضا من مختلف التيارات الفوضوية والعدمية. إذا كان الترهيب والإرهاب في البداية حكرا على الدولة الثورية أثناء الثورة الفرنسية، أصبح الإرهاب بعد ذلك سلاحا ضد الدولة.

يستمد الإرهاب الكثير من قوته العاطفية والشرعية في الاستياء. استياء يغذيه اليأس والخجل وخيبة الأمل و المصيبة. عندما يشعر الإرهابي منفي في إنسانيته، يلحق اللاإنسانية بالآخرين. يمارس الترهيب الماركسي اللينيني انتقام أولئك الذين لا يملكون ضد أولئك الذين يملكون. الإرهاب الديني لا يعاقب الرجل على ما لديه، ولكن على ما هو ككائن. 

لا يمكن تخيل الإغواء الإرهابي دون تأهيل شخصية قابيل. حيث أن الإرهاب لا يدين عقدة قابيل، ويرى في قتل هابيل عدوان مفيد و ضروري للتقدم. يتم عكس الأدوار، لقد حصل هابيل على العقاب الذي يستحقه. في مطلع القرن التاسع عشر وبعد الثورة الفرنسية التي اخترعت الترهيب، هناك اتهام هابيل بالمنصف المزور، والثناء من قابيل، قاتله،الذي يوصف على انه قاض وحامل عنف مطهّر و قطيعة نافعة. اللورد بايرون، بودلير وكارل ماركس و العديد من الفنانين والمفكرين عملوا كلهم على نشر تيار أيديولوجي حيث قتل هابيل من قابيل معذور تماما.

و لهذا فان الدافع اليائس الذي ينعش الفكر والعمل الإرهابي يرافق أيضا من خلال إغراء بالسلطة المطلقة (بلعب دور الله)، وهو ما يتجاوز الاستياء الانتقامي ضد الظلم.

و نرى أنه أمام إغراء الإرهاب، يظهر الخطاب الإنساني والعقلاني حدوده. 

أحيانا لا بد من قوة روحية كبيرة و غير مألوفة لإيجاد بديل آخر غير العنف. و قد اختار المهاتما غاندي خيار اللاعنف..

و هو حل لا يقل تطرفا في أهدافه في تحويل حالة الإنسانمنالثورة العنيفة، والثورة اللاعنفية هي تحمل المعاناة عمدا يعاني بدلا من إيقاع خسائر على العدو. 

في أعوام الستينات كان مالكوم ايكس يميل إلى العمل الإرهابي في مكافحته ضد التمييز العنصري، في حين اختار مارتن لوثر كينغ إستراتيجية اللاعنف. انتقل نيلسون مانديلا تدريجيا من الدفاع بالعمل الإرهابي إلى خيار اللاعنف. 

ولذلك، فإن الرد على الإرهاب لا يمكن أن يبقى سياسي وعسكري بحت. الإرهاب هو إغراء قوي و لهذا فان الجواب ينطوي على بعد روحي ومعنوي، بما في ذلك تمهيد لطرق غير عنيفة لحل النزاعات.  

الجواب على اليأس و الهوان والعار هو الأمل الحقيقي و الشرف الحقيقي و النعمة الحقيقية. لكي يبعد العالم الإسلامي هذا الإغراء، لا ينبغي أن يدين فقط الأعمال الوحشية ويعلن "ليس باسمنا" بل يجب أن يطلق باسم المسلمين، والصداقة مع التيارات الروحية الأخرى ، ثورة غير عنيفة وأعمال نبيلة، سوف تملئ آمال الشعوب الشرقية التي طالما تلاشت.

2.Bernard WICHT, Maitre de conférences à l’Université de Lausanne, «Une révolution militaire en sous-sol ? ». 

 

Docteur en droit, Bernard Wicht est Privat-docent à la Faculté des sciences sociales et politiques de l’Université de Lausanne où il enseigne la stratégie. Il est l’auteur de plusieurs publications dans ce domaine: L’OTAN attaque : la nouvelle donne stratégique (1999); Guerre et hégémonie : l’éclairage de la longue durée (2002); Une nouvelle Guerre de Trente Ans : réflexion et hypothèse sur la crise actuelle (2011).  Son dernier ouvrage s’intitule « Europe Mad Max demain: retour à la défense citoyenne »: il s'agit d’une approche prospective sur la transformation radicale des formes d’organisation militaire et son impact la construction de l’action stratégique. A côté de ses activités scientifiques, Bernard Wicht a participé à plusieurs négociations internationales avec l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) ou avec la Commission Européenne. 

Le concept de «révolution militaire » a été élaboré par des historiens anglo-saxons dans les années 1950. Largement discuté et utilisé dans le monde anglophone depuis, il est relativement peu connu des historiens de langue française. Il postule que, lorsque les transformations militaires atteignent une certaine masse critique en terme de durée, de volume et d’expansion géo-stratégique, elles ont alors un impact déterminant sur les formes d’organisation socio-politiques. La thèse de la révolution militaire associe ainsi la formation de l’Etat moderne en Europe aux mutations de l’art de la guerre intervenues à partir de la fin du XVIe siècle avec l’apparition des armées professionnelles, l’utilisation systématique des armes à feu et la croissance exponentielle des effectifs. L’ampleur de ces mutations et leur durée contraignent dès lors les Etats à se doter des institutions de gouvernement nécessaires à l’entretien de ce nouvel outil militaire, en particulier l’impôt et une administration centralisée capable de le lever : d’où la formule de Charles Tilly, « la guerre fait l’Etat ». 

L’hypothèse d’une révolution militaire en sous-sol s’appuie sur ce raisonnement. Elle se demande si le développement ininterrompu et exponentiel des divers mouvements de partisans et de guérilla depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu’à nos jours, l’autonomie financière à laquelle ils sont parvenus à partir des années 1980 grâce à la libéralisation des flux financiers et à la montée de l’économie grise, ne conduisent pas, là aussi, à la formation de nouvelles formes d’organisation socio-politiques. FARC colombiennes, Hezbollah, Hamas, complexes politiques émergents en Afrique sub-saharienne et plus récemment l’EI traduisent un tel phénomène. Il faut donc s’interroger si on n’assiste pas à la naissance de formes proto-étatiques capables de concurrencer l’Etat moderne, voire de le supplanter ?

https://www.youtube.com/watch?v=FkL_Qse_vHA

برنار فيشت، محاضر في جامعة لوزان،

 ثورة عسكرية تحتية؟ .

دكتوراه في القانون، برنار فيشتمحاضر في كلية العلوم الاجتماعية والسياسية في جامعة لوزان، حيث يدرس الإستراتيجية. وهو مؤلف العديد من المنشورات في هذا المجال: هجوم الناتو: الوضع الاستراتيجي الجديد (1999)؛ الحرب والهيمنة: الإضاءة على المدى الطويل (2002)؛ حرب ثلاثون الجديدة: تفكير و افتراضات حول الأزمة الحالية (2011). يحمل كتابه الأخير عنوان "أوروبا جنون المستقبل: العودة لدفاع المواطن": وهي مقاربة مستقبلية حول التحول الجذري لأشكال التنظيم العسكري وأثره في بناء العمل الاستراتيجي. وإلى جانب أنشطته العلمية، شارك برنار فيشتفي العديد من المفاوضات الدولية مع منظمة التجارة العالميةو اللجنة الأوروبية.

وقد تم تطوير مفهوم "الثورة العسكرية" من قبل مؤرخين ناطقين بالانجليزية في أعوام الخمسينات  كما نوقش و استخدم على نطاق واسع  في العالم الناطق بالإنجليزية  و هو غير معروف نسبيا لدى المؤرخين الناطقين بالفرنسية.

و هو يسلّم أنه عندما يصل التحول العسكري إلى كتلة حرجة من حيث المدة و حجم التوسع الجيواستراتيجي،  يصيح لديها تأثير حاسم على أشكال التنظيم الاجتماعي السياسي.

و بهذا تجمع أطروحة الثورة العسكرية حدث تشكيل الدولة الحديثة في أوروبا بالتغيرات في فن الحرب من أواخر القرن السادس عشر مع ظهور الجيوش المحترفة، والاستخدام المنهجي للأسلحة النارية والنمو الهائل للقوى العاملة. 

وبالتالي فإن حجم هذه التغييرات ومدّتها تجبر الدول على تطوير المؤسسات الحكومية اللازمة لصيانة هذه الأداة العسكرية الجديدة، وخاصة الضريبية والإدارة المركزية القادرة على رفعها: ومن هنا صيغة تشارلز تيلي، "الحرب هي الدولة". 

وتستند فرضية الثورة العسكرية التحتية على هذا المنطق. و هي تتساءل إذا ما كانت التنمية المستمرة والمتزايدة لمختلف حركات الأنصار و العصابات منذ الحرب العالمية الثانية حتى الوقت الحاضر و الاستقلالية المالية التي نجحوا إلى الوصول إليها منذ أعوام الثمانيناتبفضل تحرير التدفقات المالية و صعود الاقتصاد الخفي لا تدفع،هنا أيضا، إلى تكوين أشكال جديدة من جماعات اجتماعية وسياسية. القوات المسلحة الثورية الكولومبية فارك وحزب الله وحماس والجماعات السياسية الناشئة في أفريقيا السوداء ومؤخرا داعش هي أمثلة معبرة عن هذه الظاهرة. لذا يجب علينا أن نسأل عما إذا كنا لا نشهد ولادة أشكال شبه الدولة يمكنها أن تتنافس مع الدولة الحديثة، أو حتى تحل محلها؟

3. Christine BIERRE, Rédactrice- en-chef de Nouvelle Solidarité,« Le rôle de l’Arabie Saoudite dans les attentas du 11 septembre ».  

 

LE COMBAT POUR DÉCLASSIFIER 28 PAGES DU RAPPORT DE LA "COMMISSION CONJOINTE D’ENQUÊTE SUR LE 11SEPTEMBRE  

 

Depuis toujours, les attentats terroristes majeurs, ceux dont les conséquences bouleversent l’ordre mondial ou font basculer les nations dans l’horreur de la guerre, ont été orchestrés par des États ou bien par des forces institutionnelles puissantes qui contrôlent la politique des États.  

Dans la période récente, allant de la guerre menée par les Occidentaux contre l’URSS en Afghanistan, de 1979 à 1989, jusqu’à aujourd’hui, le terrorisme international est dominé en grande partie par des éléments djihadistes, dont la trace des financements remonte presque toujours à deux parrains immensément riches, l’Arabie Saoudite et le Qatar, et à leurs commanditaires occidentaux, le Royaume Uni, les Etats-Unis et leurs affidés.  

C’est notamment le cas des attentats du 11 septembre contre les Twin Towers aux Etats-Unis, des djihadistes déployés contre la Syrie, et de Daesh aujourd’hui. Pour l’instant cependant, il s’agit là des « on-dits », ou des choses que seuls les spécialistes savent. Pourtant, le rapport de la « Commission parlementaire bipartisane d’enquête sur les failles du renseignement américain avant et après les attentats du 11 septembre », co-présidée par l’ancien sénateur Bob Graham, démocrate de Floride qui à l’époque dirigeait le prestigieuse Commission restreinte des renseignements au Sénat, contient une section de 28 pages établissant des liens troublants entre les preneurs d’otages des avions du 11 septembre et de hauts responsables saoudiens exerçant des fonctions aux Etats-Unis. Si la quasi-totalité du rapport fut publiée en Décembre 2002, la section des 28 pages reste toujours classée secret-défense.  

Conscients que la publication de ces 28 pages, accessibles aux seuls élus, mais sous la contrainte absolue du secret défense, pourrait provoquer un sursaut conduisant les Etats-Unis, à mettre fin à leur alliance avec des Etats qui financent l’extrémisme islamiste, l’ancien Sénateur Bob Graham poursuit sa campagne pour obtenir la publication de ces pages. Il a été depuis rejoint par les députés Walter Jones (Républicain de la Caroline de Nord), Stephen Lynch (Démocrate du Massachusetts), Thomas Massie (Républicain du Kentucky) qui, le 2 décembre 2013 ont déposé la résolution HCR 428 pour obtenir la déclassification des 28 pages. Tous sont convaincus que le peuple américain doit prendre connaissance de ces documents et jugent indécent que Barack Obama n’ait pas tenu sa promesse de les publier. 

Poussés par la conviction que seule la publication de ces pages pourra arrêter l’émergence de groupes de plus en plus violents, comme Daesh ; aidés par la détermination de l’Association des familles victimes du 11 septembre coprésidée par Terry Strada, une vingtaine d’élus a apporté son soutien à la résolution HCR 428.

https://www.youtube.com/watch?v=8oIN6AFsQCk

 The role of Saudi Arabia in 9/11

THE STRUGGLE TO DECLASSIFY THE 28 PAGES OF THE U.S. JOINT BI-PARTISAN COMMISSION ON 9/11

Since always, major terrorist attacks, those whose consequences overturn the world order, or plunge nations into the horrors of war, are either orchestrated by States, or by powerful institutional forces which control the policies of States.

In the recent period, going from the war waged by the West against the USSR in Afghanistan (1979 – 1989), to today, international terrorism has been dominated in large part by djihadist elements, bankrolled essentially by two immensely rich godfathers, Saudi Arabia and Qatar, and by their Western controllers, the United Kingdom, the United States, and their lackeys.

It’s notably the case of the terror attacks against New York’s Twin Towers on September 11th, of the djihadists deployed against Syria beginning March 2011, and of Daesh today. For the time being however, these are informed rumors, or information circulating only among specialists.

Yet, the report of the “Bi-partisan congressional investigation commission on the failure of American intelligence before and after the 9/11 attacks”, co-presided by former senator Bob Graham, a democrat from Florida who at that time was heading the prestigious Select Intelligence Commission, contains a 28 page section which establishes more than troubling links between the 9/11 airplane hijackers and high level Saudi officials exerting diplomatic functions in the United States at that time. While nearly the whole report was made public in 2002, the 28 page section remains classified.

Conscious that the publication of those 28 pages, accessible today only to elected officials, but on condition of total secrecy, could provoke a surge in the American people, leading the United States to bring an end to their alliance with States that finance Islamic extremism, former Senator Bob Graham is pursuing his national campaign and lobbying to get the declassification of those pages.

He has since been joined by deputies Walter Jones (Republican from North Carolina), Stephen Lynch (Democrat from Massachusetts), and Thomas Massie (Republican from Kentucky). On December 2nd 2013, they introduced House Concurrent Resolution HCR 428 demanding the declassification of the 28 pages. All of them are convinced that the American people has the right to know about this, and that Barack Obama, must be held accountable for not keeping his campaign promise to make them public, something that former president George W. Bush had refused to do.

Motivated by the conviction that only the publication of those pages can stop more and more violent groups, like Daesh, from emerging; strengthened by the determination of the Association of families of victims of 9 /11, co-presided by Terry Strada, 20 congressmen have joined resolution HCR 428. 

Christine Bierre has presented the nature of the “proofs” contained in those pages, following the numerous elements revealed by Senator Bob Graham himself and by the investigators active in this struggle, against the very causes of international terrorism. 

كريستين بيير، رئيسة تحرير "التضامن الجديد"

دور المملكة العربية السعودية في هجمات 11 سبتمبر 

الكفاح من أجل رفع السرية عن الصفحات 28 من تقرير "اللجنة المشتركة في التحقيق حول أحداث 11 سبتمبر

منذ القديم، كانت اكبر الهجمات الإرهابية ، تلك التي عواقبها قلبت النظام العالمي أو أدخلت الدول في رعب الحرب، مدبرة من قبل الحكومات أو من قبل قوات مؤسسية قوية تتحكم في سياسات الدول. 

في الآونة الأخيرة، بدءا من الحرب التي شنها الغرب ضد الاتحاد السوفييتي في أفغانستان من  1979-1989، وحتى اليوم، يهيمن الإرهاب الدولي إلى حد كبير من قبل عناصر جهادية، يعود تمويلها دائما تقريبا الى اثنين من الرعاة أثرياء للغاية، المملكة العربية السعودية وقطر والى كفلائهم الغربيون اى المملكة المتحدة، والولايات المتحدة واتباعهم.

و هو الحال بشكل خاص بالنسبة لهجمات 11 سبتمبر ضد برجي مركز التجارة العالمي في الولايات المتحدة والجهاديين الموجهة ضد سوريا، و داعش اليوم.

في الوقت الراهن رغم ذلك، يتعلق الامر بما "يقال"، أو بأشياء يعرفها المتخصصون فقط. ومع ذلك، فإن تقرير "اللجنة البرلمانية ذات الحزبين على أوجه القصور في الاستخبارات الأمريكية قبل وبعد هجمات 11 سبتمبر"، من قبل السناتور السابق بوب غراهام، ديمقراطي من فلوريدا الذي ترأس في ذلك الوقت لجنة معلومات محدودة المرموقة في مجلس الشيوخ، ويحتوي على قسم 28 صفحة تقيم روابط مقلقة بين محتجزي رهائن طائرات 11 سبتمبر وكبار المسؤولين السعوديين الذين يؤدون وظائف في الولايات المتحدة. إذا تم نشر ما يقرب من جميع التقرير في ديسمبر كانون الاول من عام 2002، وصنف دائما القسم المكون من 28 صفحة بأسرار الدفاع.

وإذ تدرك أن نشر هذه الصفحات 28، يمكن الوصول إليها إلا إلى المنتخب، ولكن تحت القيد المطلق بسر الدفاع قد يسبب في انفجار يدفع الولايات المتحدة لانهاء تحالفها مع الدول التي تمول التطرف الإسلامي، ويواصل السناتور السابق بوب غراهام حملته للإفراج عن هذه الصفحات. ومنذ ذلك الحين انضم اليه النواب والتر جونز (جمهوري  من نورث كارولينا) و ستيفن لينش (ديمقراطي من ولاية ماساتشوستس)، وتوماس مسي (جمهوري من ولاية كنتاكي) الذين في 2 ديسمبر 2013 طرحوا قرار المفوضية العليا للاجئين 428 لرفع السرية عن 28 صفحة. الجميع مقتنعون بأن الشعب الأمريكي يجب أن يكون على بينة من هذه الوثائق ويضنون انه من غير اللائق أن أوباما لم يفي بوعده لنشرها. 

وانطلاقا من القناعة بأن فقط نشر هذه الصفحات يمكنها أن توقف ظهور جماعات عنيفة على نحو متزايد  كمثال داعش و بمساعدة جمعية أسر ضحايا 11 سبتمبر برئاسة تيري سترادا، أيد عشرين من الممثلين المنتخبين  مساندتهم لقرار  من 428المفوضية العليا للاجئين

4. Elie HATEM, Avocat à la cour, enseignant à la Faculté Libre de Droit, d'Économie et de Gestion de Paris (FALCO), « Les mercenaires européens du Djihâd ».   

 

Maître Elie HATEM, a tenté de nous peindre le profile de ces mercenaires et de répondre à ces questions en joignant son expérience professionnelle pour avoir traité des dossiers relatifs à ces « mercenaires » à son analyse géopolitique (M. HATEM a également été l'avocat du célèbre mercenaire Bob DENARD).

Dès la fin de la bipolarisation, à l'issue de la chute du Communisme et l'éclatement de l'ex-Union soviétique, le monde assiste à un nouveau phénomène qui permet le maintien de tensions dans différentes parties de la planète. Il s'agit de l'instrumentalisation de la religion, notamment de l'Islam à des fins politiques, et l'émergence de mouvements terroristes se réclamant de cette religion.

Ce phénomène est le résultat d'une série d'expérimentations, opérées depuis les années 70 : en 1974 à Chypre conduisant au partage de cette île, à partir de 1975 au Liban (avec un échec dû à l'imbroglio engendré par les dissensions à l'intérieur de chaque communauté), en 1979 avec la Révolution islamique en Iran (qui a évolué positivement d'une manière progressive, ne revêtant plus de caractère radical), en 1982 en Syrie avec les Frères musulmans qui ont été arrêtés de justesse par le régime de l'ancien Président Hafez el Assad, ensuite en Afghanistan où les Talibans entraînés et armés par la CIA américaine et les services secrets saoudiens ont permis la défaite des troupes soviétiques, en Bosnie-Herzégovine et en Tchétchénie permettant la déstabilisation respective de l'ex-Yougoslavie et de la Russie, mais aussi au Daguestan et au Kirghizstan.

L'islamisation progressive des sociétés arabo-musulmanes par une propagande scrupuleusement orchestrée doublement par les médias, notamment par la chaîne Al Jazeera, et par des mouvements socio-politiques s'intéressant à la masse populaire pauvre ou appauvrie et donc contestataire, a conduit, à l'issue de ce qu'on a appelé « le Printemps arabe », à l'émergence de mouvements islamistes faisant de la violence le fer de lance d'une nouvelle guerre déstabilisatrice dans le monde, touchant particulièrement les continents européen, asiatique et africain.

Des milliers d'européens sont entraînés par ces mouvements. Ils vont combattre, soit sur le champ de bataille au Moyen – Orient, soit en tentant de déstabiliser les pays européens aussi bien en Europe de l'est et les Balkans qu'en Europe de l'Ouest. Ces combattants prétendent le faire sous la bannière du « Djihad ».

Il s'agit de mercenaires. Certains parmi eux sont animés par la solde du mercenariat, d'autres sont des déséquilibrés qui profitent de cette opportunité pour réaliser leur fantasme guerrier, d'autres sont des musulmans fanatisés par la propagande islamiste tout autant aveuglés que les convertis à un « Islam politique », rompant avec les préceptes de cette religion.

Qui sont ces « mercenaires européens du Djihad » ? Quels sont les conséquences de ces mouvements déstabilisateurs pour l'ensemble de la planète ? 

https://www.youtube.com/watch?v=X9pRHNPMCik

 Who are those "European mercenaries of Jihad"? What are the consequences of these movements destabilizing the entire world? 

Mr Elie Hatem, Avocat à la Cour (Barrister at Paris Bar Association), Doctor of Law and lecturer at the Free Faculty of Law and Economics of Paris, has tried to describe their profile and to answer these questions, by joining his professional experience to its geopolitical analysis. Mr Elie HATEM has treated files relating to "mercenaries" and was also the lawyer of the famous mercenary Bob DENARD) to its geopolitical analysis. 

At the end of what the French call it the “bi-polarization” of the world, after the fall of Communism and the breakup of the former Soviet Union, the world witnessed a new phenomenon that allows the maintenance of tension in various parts of the planet and which is the consequence of the manipulation and the use of religion, especially Islam, for political purposes, and the emergence of terrorist groups claiming for Islam. 

This phenomenon is the result of a series of experiments, carried out since the 70s: in 1974 in Cyprus leading the division of the island, in 1975 in Lebanon (with a failure of this experience due to the confusion generated by the dissensions within each Lebanese community), in 1979 with the Islamic Revolution in Iran (which has positively evolved in a progressive way, taking on no more radical character), in 1982 in Syria with the Muslim Brotherhood who were stopped by former President Hafez Assad, then in Afghanistan where Talibans who were trained and armed by the American CIA and Saudi intelligence services defeated Soviet troops, then in Bosnia - Herzegovina and Chechnya where Islamists movements respectively destabilized former Yugoslavia and Russia, but also Dagestan and Kyrgyzstan.

The gradual islamization of the Arab-Muslim societies within a propaganda carefully orchestrated by  media (like for example Al Jazeera) and socio-political movements led, after the collapse of the "Arab Spring", the emergence of Islamist movements using violence and terrorism, affecting Europe, Asia and Africa.

Thousands of Europeans are driven by these movements, under the banner of “Jihad”. Either they go to fight on the battlefield in the Middle - East, or they wish to destabilize European countries both in Eastern Europe and the Balkans and  Western Europe.

Those fighters are mercenaries. Some of them are driven by the financial profit they gain out of their mercenary profession, others are mentally deranged who take advantage of this situation to realize their fantasy warrior on the battelfield. Others are fanatics or “fanaticized” by the Islamist propaganda. They are either originally muslims beleiver or recently converted to a "political Islam", breaking with the precepts of this religion.

إيلي حاتم، محام، محاضر في الكلية الحرة للحقوق و الاقتصاد والتسيير بباريس (فالكو)،

مرتزقة الجهاد الأوروبييون 

حاول إيلي حاتم، محام، دكتوراه في القانون وأستاذ في الكلية الحرة للقانون والاقتصاد والإدارة في باريس، أن يرسم لنا ملامح شخصية هؤلاء الجهاديين والإجابة على هذه الأسئلة من خلال استغلال خبرته المهنية حيث تعامل مع  سجلات هؤلاء "المرتزقة" (كان ايلي حاتم محامي المرتزقة الشهير بوب دينار) في تحليله الجيوسياسي.

بحلول نهاية الثنائية القطبية بعد سقوط الشيوعية و انهيار الاتحاد السوفيتي شهد العالم ظاهرة جديدة سمحت بتواصل التوتر في أجزاء مختلفة من الكوكب. وهو استخدام الدين و خاصة الإسلام لأغراض سياسية، وظهور جماعات إرهابية تدّعي أنها من هذا الدين. 

هذه الظاهرة هي نتيجة سلسلة من التجارب أبتي أجريت منذ أعوام السبعينات : في عام 1974 في قبرص أدت إلى تقسيم الجزيرة، في عام 1975 في لبنان ( التي فشلت بسبب الارتباك الناتج عن الخلافات داخل كل طائفة) في عام 1979 مع قيام الثورة الإسلامية في إيران ( التي تطورت بشكل إيجابي بطريقة تدريجية أفقدتها طابعها الراديكالي ) في عام 1982 في سوريا مع الإخوان المسلمين الذين تم اعتقالهم من قبل نظام الرئيس السابق حافظ الأسد ثم إلى أفغانستان حيث ساعد طالبان الذين درّبتهم و سلحتهم وكالة المخابرات المركزية الأمريكية و الاستخبارات السعودية في هزيمة القوات السوفيتية في البوسنة و الهرسك و الشيشان مزعزعين بذلك استقرار كل من يوغسلافيا السابقة و روسيا و لكن أيضا داغستان و قرغيستان. 

الاسلمة التدريجية للمجتمعات العربية الإسلامية عن طريق الدعاية المدبرة بعناية بصفة ازدواجية من قبل وسائل الإعلام من جهة، بما في ذلك قناة الجزيرة، والحركات الاجتماعية السياسية المعنية تهتم بالجماهير الفقيرة، وبالتالي المحتجة، أدت عند نهاية ما يسمى "بالربيع العربي" بظهور حركات إسلامية جعلت من العنف العامل الأكثر أهمية في حرب جديدة تزعزع الاستقرار في العالم، وخاصة تلك التي تمسّ أوروبا وآسيا و أفريقيا.

الآلاف من الأوروبيين مدربون من قبل هذه الحركات و هم سيقاتلون إما في ساحة المعركة في الشرق الاوسط، أو من خلال محاولة زعزعة استقرار الدول الأوروبية في كل من أوروبا الشرقية والبلقان و أوروبا الغربية كما يدعي هؤلاء المقاتلين القيام بذلك تحت راية "الجهاد". غير انهم مرتزقة. بعضهم يتحركون بدافع المال و آخرون مختلون عقليا يستغلون هذه الفرصة لتحقيق رغيتهم في الحرب، والبعض الآخر من المسلمين المتعصبين بالدعاية الإسلامية معمون كمعتنقي "الإسلام السياسي "الذي يمثل قطيعة مع تعاليم هذا الدين.

من هم هؤلاء "المرتزقة الأوروبية للجهاد"؟ ما هي نتائج هؤلاء المترتبة على هذه الحركات زعزعة استقرار الكوكب بأسره؟

5. Jean-Paul GOUREVITCH, Expert international des questions africaines, « L'Islamo-business vivier du terrorisme ».

 

Jean-Paul Gourévitch, Expert international en ressources humaines et spécialiste des questions africaines, Jean-Paul Gourévitch a travaillé pour l'Unesco, la Banque Mondiale, la Coopération Française, l’Union Européenne...

L’islamo-business est un concept neuf, mal dégagé de sa gangue originale et parfois employé à contresens par des medias qui confondent islam et islamisme. Il désigne (cf mon ouvrage sur La croisade islamiste Pascal Galodé déc 2011)  l’utilisation au seul profit de l’islamisme des ressources de l’économie informelle sous ses diverses formes : trafics de stupéfiants, d’armes, d’animaux, piratage, contrefaçon, escroqueries à l’identité, délinquance de proximité, mais aussi racket organisé et  intervention de mafias.

La légitimité de ce système d’économie parallèle ou souterraine est attestée par les propos de Saïd Ramadan ou du Takfir wal-Hijra salafiste. L’objectif est de mettre à genoux le monde occidental capitaliste et mécréant.

Analyse de processus

Dans ce combat ce sont particulièrement en France (mais pas seulement) les jeunes musulmans  issus de l’immigration qui sont la cible principale. Le parcours des Khaled Kelkal d’hier et des Mohammed Merah ou des Mehdi Nemmouche d’aujourd’hui est le même. De la petite délinquance de banlieue qui n’a au départ comme justificatif que l’enrichissement personnel, on passe à une légitimation de la pratique délictueuse au nom de l’islamisme radical puis à l’action directe. Ceci donne une justification par la transcendance aux colères rentrées et aux sentiments de victimisation qui  sont le terreau sur lequel se développe l’islamo-business. Le passage de l’islamo-business au terrorisme est complexe et relève de parcours individuels encouragés par certaines autorités religieuses locales et fomentés par le souci de l’héroïsme, et de l’exemplarité.

L’islamo-business comme plan B du terrorisme en Occident

L’idée force est que l’islamo-business représente un plan B face au relatif échec de la propagation du terrorisme dans les démocraties occidentales. 

Les succès obtenus dans le démantèlement de filières et la prévention d’attentats génèrent en effet deux attitudes opposées : une expatriation de certains combattants vers les terrains où le djihad se pratique avec des chances de réussite. Dans ce premier cas l’islamo-business se résume à la mise en place d’une logistique, de réseaux, de relais et de ressources financières pour pouvoir partir.

Autre chose est la territorialisation des violences où l’islamo-business bénéficie de la complicité d’une partie de la population par solidarité communautaire ou religieuse, rejet de l’Etat prédateur ou application généralisée de l’omerta.

S’il est difficile de quantifier ces processus, on peut avancer qu’ils sont  comme l’ensemble de l’économie informelle en voie de développement dans les économies occidentales notamment dans la clientèle des jeunes et que l’Etat, faute de l’avoir identifiée,  n’a pas encore trouvé les moyens de lutter contre cette gangrène. 

https://www.youtube.com/watch?v=kp-C91ruYcw

The islamo-business as a breeding ground for islamic radical  fundamentalism. 

Islamo-business is a new concept which is often used  with misinterpretation by the media which make many confusions between islam and islamism. As I have explained it in one of my last books (La Croisade Islamiste Pascal Galodé december 2011),  this term,  « islamo-business »,  refers to a specific behaviour of youngs muslims or recent converts to the muslim faith who particularly live in the suburbs of Paris or in others foreign capitals or big towns.

These young men, mostly unemployed or social workers, try to make money in touch with every field of the informal economy : drug traffic, traffic in arms, in animals, in  rare plants, in arts and crafts, in human organs, prostitution and procuring. They are also involved in many kinds of juvenile deliquency : : housebreaking, carjacking, pocket picking, shoplifting, robbery, racket, blackmail, fraudulent imitation, hacking…

All these misconducts were originally acted for the unique profit of those who transgress rules and law.

The main goal of the islamo-business is to change that individual criminal process into a radical collective protest against our christian western civilization. Imams and propagandists as Said Ramadan explain that the robber is not guilty when his act intends to weaken a social and political system he is fighting against. In that case they justify their conducts and lead some of these young men,  either to quit their homeland and make the jihad in foreign countries where radical muslim organisations try to overthrow the governments, or to introduce terrorism  in their own countries following the examples of Mohammed Merah or Mehdi Nemmouche.

The success of islamo-business can be explained by that new legitimacy of violence but also by the fact of giving to the converts a touch of heroism, which turn them into leaders  when they succeed  and into martyrs for Islam when they die. 

Howewer that may be, the western countries are actually blind,  powerless  and unable to take the sting out of that kind of  soft terrorism which appears like a plan B when radical fundamentalism  did not manage to endanger the institutions of our precarious  western civilization. 

جون بول غوريفيتش، خبير دولي في القضايا الأفريقية

البيزنيس الإسلامي مخبئ  الإرهاب.

جان بول غوريفيتش، خبير دولي في مجال الموارد البشرية ومتخصص في القضايا الأفريقية. عمل جان بول غوريفيتش بمنظمة اليونسكو، والبنك الدولي، والتعاون الفرنسي، والاتحاد الأوروبي ... 

البيزنيس الإسلامي هو مفهوم جديد، يستخدم في بعض الأحيان بطريقة خاطئة من قبل وسائل الإعلام الذين يخلطون بين الإسلام والإسلاموية. وهو يشير إلى (انظر كتاب جان بول غوريفيتش حول الحرب الصليبية الإسلاموية باسكال كالودي ديسمبر 2011) استخدام الموارد الاقتصادية غير الرسمية في أشكالها المختلفة للصالح الوحيد للإسلاموية: تهريب المخدرات والأسلحة والحيوانات والقرصنة والاحتيال و  تزوير الهوية  و جُنوحيّة الجوار ولكن أيضا الابتزاز و تدخل منظمات المافيات.

مشروعية نظام الاقتصاد الموازي هذا مؤكدة بكلمات سعيد رمضان  التكفير والهجرة السلفية. الهدف هو اخضاع الغرب الرأسمالي و الكافر.

في هذه المعركة لا سيما في فرنسا (ولكن ليس فقط في فرنسا) المستهدفون الرئيسيون هم الشباب من المسلمين ذوي الأصول المغربية. مسار خالد كلكال أمس ومحمد مراح أو مهدي نموش اليوم هو نفس المسار. 

بيتي ركاب الجريمة الذي لديه كما في البداية دليل على أن الثراء الشخصي، ونحن نذهب إلى إضفاء الشرعية على الممارسة الإجرامية باسم الإسلام الراديكالي والعمل المباشر. 

وهذا يعطي مبررا بفضل الميل إلى الغضب المقموع و الشعور بالضحية التي هي أرض خصبة لتطور أعمال البيزنيس الإسلامي. و المرور من أعمال البيزنيس الإسلامي إلى الإرهاب عملية معقدة  و متعلقة بمسارات فردية بتشجيع من بعض السلطات الدينية المحلية تغذيتها عن طريق السعي للبطولة والمثالية. 

البيزنس الإسلامي كخيار أخير للإرهاب في الغرب 

الفكرة هي أن البيزنس الإسلامي يمثل الخيار الأخير أمام الفشل النسبي لانتشار الإرهاب في الديمقراطيات الغربية. 

النجاحات في تفكيك الشبكات ومنع الهجمات تولد بالفعل اثنين من المواقف المتعارضة: اغتراب بعض المقاتلين الى أراضى حيث يمارس الجهاد مع فرص النجاح. في هذه الحالة الأولى يقتصر البيزنيس الإسلامي على إنشاء و توفير اللوجستية و الشبكات  والتبديلات والموارد المالية لمغادرة البلاد. 

شيء آخر هو أقلمة العنف حيث يستفيد البيزنيس الإسلامي من تواطؤ جزء من السكان من خلال  التضامن الديني او الطائفي، ورفض الدولة المفترسة أو تطبيق الأومرتا على نطاق واسع.

6. Bassam TAHHAN, Professeur de géostratégie à l’École Nationale Supérieure de Techniques Avancées (Ensta), « Le Djihâd selon le fondateur des frères musulman ».  

 

Est-ce que  l'organisation des Frères Musulmans est une organisation terroriste ?

Pour répondre à cette question nous allons nous limiter à l'étude du concept de jihad, combat ou guerre sainte dans les textes fondateurs à savoir les épîtres de Hassan Al Banna et notamment l'épître qui porte ce titre et qui y est consacré. Pour bien comprendre la place qu'occupe le jihad dans l'idéologie ou le système de pensée du fondateur, brossons à grands traits cette compréhension de l'islam assez particulière et très simpliste.

Le jihad est pour les Frères musulmans une obligation pour tout musulman, y manquer est un péché capital. L'islamisation globale est donc le but ultime de l'organisation des Frères Musulmans. L'entreprise commence par une islamisation par la base, d'abord l'individu qui redécouvre sa religion, la vraie, telle que la comprend Al Banna, puis la famille, la société, le gouvernement, la patrie, les pays musulmans voisins, les autres pays musulmans, les anciennes colonies musulmanes du temps de la grande conquête de Poitiers à l'Indus et enfin le reste du monde. Idéologie belliqueuse de combat permanent pour une islamisation de force. Au sein de l'organisation il y a des combattants dont c'est le métier d'être jihadistes, c'est à ceux-là que s'adresse l'épître intitulée le jihad rédigée en 1936, c'est une sorte de bras armé.

Dans la littérature islamique occidentale nous disposons de résumés pseudo-scientifique de cette épître qui cherche à atténuer le dogmatisme belliqueux d'Al Banna en occultant volontairement certains éléments essentiels. Nous exposerons ces éléments que les propagandistes ont cherché à omettre pour nous représenter les Frères Musulmans sous les traits de pacifiques résistants alors qu'ils sont bien loin de l'être.

L'épitre commence par une innovation religieuse en accolant au nom du Prophète dans la formule de prière qui lui est consacrée le titre de Seigneur des Moujahidin pour la clore en y incluant tous ceux qui se battent pour sa charia jusqu'au jugement dernier. Ensuite, par une petite introduction qui affirme que le jihad est une obligation nécessaire et  incontournable; ne pas y répondre ou fuir du combat est un des sept péchés capitaux qui méritent la Géhenne

Suivent des citations du Coran en huit points avec de brefs commentaires pour illustrer sa pensée. On ne manquera pas de souligner dans le 6éme point qu'il faut se battre contre les Gens du livre c'est à dire chrétiens et juifs ou tous ceux qui ont un livre révélé.

Suit une longue partie de citations de la tradition, trente et une citations en tout, signe de l'importance qu'accorde Al Banna à la Sunna et aux Anciens.

Il passe ensuite au statut du jihad en jurisprudence musulmane s'appuyant surtout sur les juristes tardifs pour nous dire que la communauté musulmane  a perdu les commandements de sa religion en n'appelant pas au jihad. En résumé il nous explique que le jihad est une obligation absolue ou relative. Elle est absolue d'abord en pleine bataille tous les présents doivent se battre et ne pas abandonner le combat puis si les mécréants attaquent un pays musulman ensuite si l'imam le proclame tout le monde doit le suivre. Sinon il faut attaquer les infidèles au moins une ou deux fois par an selon les différents docteurs de la charia.

C'est une obligation relative si parmi les fidèles il y a des combattants qui le font, les autres doivent s'engager en cas de manque, cela veut dire qu'il faut toujours qu'il y ait des musulmans mobilisés une sorte d'armée qui se bat à la place des autres. Il en conclut que «vu que les musulmans aujourd'hui sont humiliés comme vous le savez, gouvernés par des impies, leur terre est foulée, leur sacré violé; leurs affaires sont jugées par leurs ennemis et ils sont interdits de culte dans leurs propres pays, outre qu'ils ne peuvent répandre leur message; l'obligation est absolue incontournable tout musulman doit se préparer et cacher en lui l'intention de la guerre sainte …en attendant de saisir l'occasion et ainsi  la volonté de Dieu sera accomplie".

En guise de conclusion à cette épître de jihad, il tient à préciser que le vrai jihad est le combat des mécréants et la conquête et non le combat contre les mauvais instincts comme prétendent certains musulmans "il est courant chez beaucoup de musulmans que se battre contre l'ennemi est le petit jihad et qu'il y a un jihad plus grand qui est celui de l'âme et beaucoup parmi eux citent comme preuve ce qui est relaté" nous sommes rentrés du petit jihad au grand jihad et qu'est ce que le grand jihad il répondit celui du cœur et de l'âme";

Al Banna critique les musulmans qui détournent les fidèles de la guerre sainte en citant ce dit, qui, pour lui est faible ou carrément inauthentique.

https://www.youtube.com/watch?v=VbFAl3iCpG4

 Bassam Tahhan, Professor of Geostrategy at the National School of Advanced Technologies (Ensta),

The Jihad according to the Muslim brothers Founder.

Is the Muslim Brotherhood a terrorist organization?

To answer this question we will limit ourselves to the study of the concept of jihad, or holy war, fighting in the founding texts namely the Epistles of Hassan Al Banna, particularly the epistle devoted to it. To understand the place of the jihad ideology or system of thought of the founder, let us make a rough sketch of this comprehension of Islam, rather special and very simplistic.

Jihad is for the Muslim Brotherhood an obligation for every Muslim, missing it is considered as cardinal sin. The overall Islamization is the ultimate goal of the Muslim Brotherhood. The company starts with Islamization from below, first the individual who rediscovers firstly religion, true, as understood by Al Banna, then family, society, government, country, Muslim neighbors other Muslim countries, former Muslim colonies of the time of the great conquest of Poitiers to the Indus and finally the rest of the world.  Within the organization there are fighters whose job it is to be jihadists, to them the epistle entitled jihad has been written in 1936, and it is now a kind of military wing.

In the western Islamic literature we have pseudo-scientific summaries of this epistle trying to polish the warlike dogmatism of Al Banna, voluntarily concealing part of essential elements. We will expose here elements these propagandists have omitted, in order to picture the Muslim Brotherhood as pacifists.

The Epistle begins with a religious innovation by adding the name of the Prophet in the prayer, by dedicating to him the title of Lord of the Mujahidin, and closing by including all those who are fighting for its Sharia until doomsday. Then, with an introduction that states that jihad is a necessary and inescapable obligation; do not respond or flee the battle is one of the seven mortal sins deserving Hell. We will not fail to emphasize in the sixth point among eight quoted that Jihad means fight against the People of the Book. - Christians and Jews, or anyone who has a revealed book-. It then passes the status of Muslim jurisprudence jihad relying mainly on late lawyers to tell us that the Muslim community has lost the commandments of religion if not calling for jihad.

A lengthy portion of citations of tradition, thirty one quotes in all, is following, a sign of the importance of the Sunnah and Elders for Al Banna.

Then, according to a supposed Muslim jurisprudence, he explains that Jihad is a duty, absolute or relative.  As an absolute supposed law, it is called Charia. When it is a relative obligation, if among the faithful there are fighters who do, the others must commit in case of lack, this means that it still necessary to get Muslims mobilized,a kind of army fighting instead of others. He concludes that "given that Muslims today are humiliated as you know, ruled by the wicked, their land is trampled, their sacred violated; their cases are heard by their enemies. Plus, they are forbidden to worship in their own countries, in addition, they cannot spread their message; the obligation is absolute, every Muslim must prepare and dissimulate the intention of the holy war ... waiting to seize the opportunity, and so God will be fulfilled. " 

In conclusion to this jihad epistle he confirms that the true jihad is the struggle and  the conquest against the unbelievers, and not the personal fight against bad instincts as some Muslims claim saying: "It is common among many Muslims that fighting against the enemy is the lesser jihad, while the greater jihad is that of the soul”, and many of them cite as evidence which is said "we returned from the lesser jihad to the greater jihad and what the great jihad he said of the heart and soul ".


Al Banna criticizes Muslims who divert the faithful of the holy war by this precept, which for him is weak or completely inauthentic.
 

 هل جماعة الإخوان المسلمين هي منظمة إرهابية؟

بسام طحان
للإجابة على هذا السؤال سوف نقتصر على دراسة مفهوم الجهاد، القتال أو الحرب المقدسة في النصوص المؤسسة وهي رسائل حسن البنا بما فيها الرسالة التي تحمل عنوان الجهاد والمخصصة لذلك. لفهم مكان الجهاد في أيديولوجية أو نظام فكر المؤسس، سنتطرق بصفة عامة لهذا الفهم للإسلام المميز والمبسط للغاية. 
الجهاد هو بالنسبة للإخوان المسلمين واجب على كل مسلم، و عدم الالتزام به خطيئة كبرى. الأسلمة الشاملة هي الهدف النهائي لجماعة الإخوان مسلم. تبدأ العملية مع أسلمة من القاعدة، أولا الفرد الذي يعيد اكتشاف دينه، الصحيح، كما يفهمه البنا وبعد ذلك الأسرة والمجتمع والحكومة والبلد والدول الإسلامية المجاورة و الدول الإسلامية الأخرى و المستعمرات الإسلامية السابقة من وقت الفتح العظيم من بواتييه إلى نهر السند، وأخيرا إلى بقية العالم. إيديولوجية عدوانية من النضال الدائم لأسلمة بالقوة. داخل المنظمة هناك مقاتلين مهنتهم جهاديين، و هؤلاء هم الذين تخاطبهم الرسالة بعنوان الجهاد المحررة في عام 1936، وهو نوع من جناح مسلح.
في الأدب الإسلامي الغربي لدينا ملخصات علمية زائفة من هذه الرسالة التي تسعى لتخفيف الدوغمائية الحربية للبنا بالإخفاء الطوعي لبعض العناصر الأساسية. سوف نكشف هذه العناصر التي سعت الدعاية اخفاءها لتمثل لنا جماعة الإخوان المسلمين كمقاومين سلميين بينما هم أبعد ما يكون عن ذلك.
 
تبدأ الرسالة بابتكار ديني عن طريق وضع اسم النبي في شكل صلاة مخصصة له بلقب سيد المجاهدين لإنهائها بإدخال جميع أولئك الذين يقاتلون من أجل شريعته حتى يوم القيامة. ثم، مع مقدمة قصيرة تنص على أن الجهاد هو التزام ضروري و لا مفر منه. عدم الاستجابة له أو الفرار من المعركة هي واحدة من الخطايا السبع التي تستحق الجحيم.

وبعد دلك تتبعه اقتباسات من القرآن الكريم في ثماني نقاط مع تعليقات موجزة لتوضيح تفكيره. و يشار في النقطة السادسة  انه لا بد من القتال ضد أهل الكتاب أي المسيحيين واليهود، أو أي شخص لديه كتاب منزّل.

و بعدها جزء طويل من الاقتباسات من التقليد، واحد وثلاثون اقتباس، وهذا ما يدل على أهمية السنة والشيوخ بالنسبة للبنا.

ثم يمر الى مكان الجهاد في الفقه ليعلمونا أن المجتمع الإسلامي قد فقد وصايا الدين من خلال عدم الدعوة للجهاد. وباختصار يقول ان الجهاد هو واجب مطلق أو نسبي. فهو مطلق أولا في حالة معركة حيث يجب على جميع الحاضرين أن يكافحوا وان لا يتخلون عن القتال ثم إذا هاجم الكفار بلد مسلم  إذا أعلن الإمام عن وجوبه يجب أن يتبعه الجميع. وإلا لا بد من مهاجمة الكفار مرة واحدة على الأقل أو مرتين في السنة اعتمادا على  عدة دكاترة من الشريعة.

وهو التزام نسبي إذا كان هناك من بين المؤمنين مقاتلين يؤدونه، يجب على الآخرين الالتزام بذلك عند الحاجة، وهذا يعني أنه لا  بد أن يكون هناك دائما مسلمين معبئون كنوع من جيش يقاتل بدلا من الآخرين. و يخلص إلى أنه "بالنظر إلى أن المسلمين مهانون اليوم كما تعلمون، يحكمهم كافرون، وداست أراضيهم، انتهك مقدسوها؛ وقضاياهم حكمت من قبل أعدائهم وأنهم ممنوعون من العبادة في بلدانهم، بالإضافة إلى أنه لا يمكنهم نشر رسالتهم. الواجب مطلق حيث على كل مسلم إعداد نفسه وإخفاء نيته في الحرب المقدسة ... في انتظار اغتنام الفرصة و تحقيق  رغبة الله بذلك".

في ختام هذه الرسالة المخصصة للجهاد يحذر البنا من أن الجهاد الحقيقي هو محاربة الكفار والفتح وليس محاربة الغرائز الشريرة كما يدّعيه بعض المسلمين "أنه من الشائع بين كثير من المسلمين ان القتال ضد العدو هو الجهاد الأصغر، وان هناك الجهاد الأكبر هو جهاد الروح وكثير منهم يستشهدون بالذي روي " رجعنا من الجهاد الأصغر ، إلي الجهاد الأكبر" أكبر الأكبر ، قالوا : وما الجهاد الأكبر ؟ قال :  الجهاد الأكبر هو جهاد القلب والروح ". 

ينتقد البنا المسلمين الذين يلفتون المؤمنين عن الحرب المقدسة بذكر هذا الحديث، والذي بالنسبة له  ضعيف أو زائف تماما.

 

 

Deuxième table ronde

Second panel

المائدة المستديرة الثانية

Modérateur :Recteur Armel PECHEUL, Professeur agrégé de droit public 

Moderator: Armel Pécheul Rector, Associate Professor of Public Law 

 

 

1. Thomas Flichy de La NEUVILLE, Professeur à l’Ecole Militaire de Saint-Cyr,
« Etat islamique, anatomie, du nouveau Califat ».  

 

Professeur à l’Institut d’études politiques de Bordeaux, à l’École navale puis à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, Thomas Flichy de La Neuville est spécialiste de la diplomatie au XVIIIème siècle. Ancien élève en persan de l’Institut national des langues et cultures orientales, agrégé d’histoire et docteur en droit, ses derniers travaux portent sur les relations françaises avec la Perse et la Chine à l’âge des Lumières. 

Envisagé dès 2004 par le National Intelligence Council, l’avènement de Daesh n’est pas une surprise pour tout le monde. Sa nature est double puisque cette organisation se présente tout à la fois comme une construction politique et un rêve, celui de prendre une revanche sur les armées qui défirent le Califat au XIIIe siècle. S’il se présente comme une surenchère religieuse, en réaction au régime baasiste et au piétisme shiite, l’Etat islamique demeure une construction fragile, fondée sur des tribus au jeu politique opportuniste. Ses chefs, qui se présentent comme des officiers déclassés utilisent l’organisation pour poursuivre leur fin propre, celle de la reconquête du pouvoir.  Dans ces circonstances, comment expliquer l’expansion de l’Etat islamique ? La désorganisation économique qu’il engendre profite aux intérêts saoudiens, tout en nuisant à la Chine, qui convoite les champs pétroliers irakiens. D’autre part, cet Etat attire des djihadistes dans la mesure où il se présente comme la réponse à une humiliation : depuis le XIIIe siècle, le monde arabe a, en effet, perdu la maîtrise de son destin politique. Organisation tout à la fois rationnelle et totalitaire, Daesh a gagné l’estime des populations en veillant à éviter le chaos dans les territoires conquis. Bien armé, disposant de fonds importants, il est adapté au monde qui vient : autant Al-Qaïda était soluble dans la mondialisation, autant l’Etat islamique a eu l’intuition que le monde de demain serait composé de nations. En renouant avec le passé, il a pris un temps d’avance. Pour le vaincre, la coalition occidentale n’aura d’autre choix que d’envisager une solution politique pérenne. Faute de quoi, la guerre s’éternisera. 

https://www.youtube.com/watch?v=SxoK77MBY4I

 Already foreseen in 2004 by the National Intelligence Council, the advent of Daesh is not a surprise for everyone. Its nature is double. In effect, this organisation is altogether a political construction and a dream of revenge against the armies that defeated the Caliphate in the 13th century. ISIS is a religious overbid in response to the secularism of the Baathist regime and the pietistic attitude of the Iraqi Shias. However, ISIS remains a fragile construction, rooted on the opportunistic game of the Iraqi tribes. Its leaders, who are essentially former officers, play for their own opportunistic game: namely the re-conquest of their lost power. In these circumstances, how can we explain the swift expansion of the Islamic state? The economic disorganisation it brings about clearly benefits the Saudi petrol interests while impairing those of China. The reason why a continued flow of jihadists fuels its expansion can be explained by the fact that ISIS is a response to a humiliation: since the 13th century, the Arabic world has lost the control of its political destiny. Rational and totalitarian organisation, ISIS has gained the support of the populations by avoiding chaos in the conquered territories. Al-Qaeda was soluble into globalization, whereas ISIS has had the intuition that the future world would be marked by identities. By re-connecting to the past it has paradoxically taken a step forward. In order to vanquish it, the western coalition will be forced to find a sustainable political situation. If it fails to do so, the war will go on.

توماس فليشي دو لا نوفيل، أستاذ في الكلية العسكرية سان سير،

"الدولة الإسلامية، ترشيح الخلافة الجديدة."

أستاذ في معهد الدراسات السياسية في بوردو، في الأكاديمية البحرية، ثم في مدرسة سان سير العسكرية، توماس فليشي دو لا نوفيل متخصص في دبلوماسية القرن الثامن عشر. و هو طالب سابق في اللغة الفارسية في المعهد الوطني اللغات والثقافات الشرقية ، و أستاذ لمادة التاريخ  و حاصل على شهادة الدكتوراه في القانون، يركز عمله الأخير على العلاقات الفرنسية مع بلاد الفرس والصين في عصر التنوير. 

ان ظهور داعش ليس مفاجأة لاحد، حيث كان متصور منذ عام 2004 من قبل مجلس الاستخبارات القومي الاكريكي. طبيعته ذات شقين، بما أن هذه المنظمة تقدم نفسها على حد سواء كبناء السياسي وحلم في الانتقام من الجيوش التي هزمت الخلافة في القرن الثالث عشر. إذا كانت تقدم نفسها بمثابة مزايدة دينية كرد على النظام البعثي والتقوى الشيعية، تبقى الدولة الإسلامية بناء هش، مبنى على قبائل ذات اللعب السياسي الانتهازي. 

يستخدم قادتها، الذين يقدمون أنفسهم كضباط  المنظمة لمواصلة أهدافهم الخاصة بهم والمتمثلة في استعادة السلطة. في هذه الظروف، كيف يمكن تفسير توسع الدولة الإسلامية؟ التفكك الاقتصادي الذي تولده يعود بالفائدة لصالح السعودية، في حين يضرّ بالصين التي كانت تطمع في حقول النفط العراقية. من ناحية أخرى، تجذب هذه الدولة إليها جهاديين من حيث تقدم نفسها باعتبارها ردا على الإذلال : حيث فقد العالم العربي بالفعل،  منذ القرن الثالث عشر، السيطرة على مصيره السياسي. 

داعش منظمة عقلانية و شمولية في وقت واحد نالت على احترام الشعب بحرصها على تجنب الفوضى في الأقاليم المفتوحة. و هي منظمة مسلحة بشكل جيد، و لها أموال كبيرة، و تتكيف مع عالم المستقبل: على قدر ما تنظيم القاعدة قابل للذوبان في العولمة، الدولة الإسلامية كان لها الحدس أن عالم الغد سوف يتألف من الأمم. و بعودتها إلى الماضي، اتخذت خطوة إلى الأمام. و بهذا لإلحاق الهزيمة به، فإن التحالف الغربي ليس لديه خيار سوى أن ينظر إلى حل سياسي دائم. وإلا فإن الحرب ستمضي قدما.

2. Frédéric PICHON, Chercheur associé à l'Equipe Monde Arabe Méditerranée de l'Université François Rabelais (Tours),« La dimension eschatologique du jihad en Syrie et en Irak ».

 

Frédéric PICHON est diplômé d'arabe et docteur en Histoire contemporaine. Ancien élève de l'IEP de Paris, il a vécu à Beyrouth et séjourne régulièrement au Proche-Orient depuis 2002, en particulier en Syrie. Il enseigne la Géopolitique en classes préparatoires. Auteur d'une thèse sur la Syrie, il est chercheur associé à l'Equipe Monde Arabe Méditerranée de l'Université François Rabelais (Tours).

Les succès foudroyants de l'Etat Islamique en Irak et en Syrie interrogent sur la capacité américaine à stabiliser la région et va sans doute remettre en cause leur politique d’alliance régionale basée sur les puissances sunnites du Golfe. La zone grise en voie de constitution le long de la vallée de l’Euphrate est lourde de menaces pour la région comme pour l’Europe. Mais au-delà des considérations stratégiques, militaires et politiques de cet événement, il est nécessaire d’en mesurer la dimension psychologique, en l’espèce religieuse, qui renvoie à l’eschatologie musulmane et à une volonté de régénération de l’Islam. En effet, la proclamation d’Al Baghdadi comme Calife apparaît comme désuète, mais constitue en fait une formidable bouffée d’utopie d’autant que les terres convoitées par ce proto-Etat ont une résonnance eschatologique certaine. Cette dimension a un effet d’entraînement certain sur les populations musulmanes sunnites locales ou venues de l’étranger : pour ces dernières, elles sont le moyen d’une forme de « régénération » par les lieux. La géographie joue un rôle majeur : il n’est que de consulter la littérature djihadiste pour constater combien notamment la référence au « Shâm », à l’ « Iraq »  sont prépondérantes : elles furent celles précisément des premiers déchirements de l’Islam (Hussein, fils d’Ali fut vaincu et tué à Kerbala) et seront celles du combat final contre Shaytan à la fin des temps (Damas ou Shâm). 

https://www.youtube.com/watch?v=KT3DDzUn6zI

Frederic Pichon, Research Associate Team Arab World Mediterranean University François Rabelais (Tours),

Frederic Pichon is graduated from Arabic and PhD in Contemporary History. Former student of the IEP Paris, he lived in Beirut and regularly stayed in the Middle East since 2002, especially in Syria. He teaches Geopolitics in preparatory classes. Author of a thesis on Syria, it is associate researcher at the Arab World Team Mediterranean University François Rabelais (Tours).

The eschatological dimension of Jihad in Syria and Iraq. 

The recent victories of the Islamic State in Iraq and Syria are questioning the US ability to stabilize the region and will probably question their regional alliance policy, based on the Sunni powers of the Gulf. The gray area under construction along the Euphrates valley has serious threats to the region and for Europe. But, beyond strategic, military and political considerations of this event, it is necessary to measure the psychological dimension, in the point, religious, which refers to the Muslim eschatology and to a Will of regenerating Islam. 

Indeed, the proclamation of Al Baghdadi as a Caliph seems obsolete, but is in fact a great breath of utopia as much as territories coveted by the proto-state have some eschatological resonance. This dimension has an echoing effect on some local Sunni Muslim populations or from abroad: for the latter, they are the way to a form of "regeneration" through the land. Geography is playing here a major role: you have just to check out the jihadist literature to see how particular the reference to "Sham" in "Iraq" are preponderant:  remember they were location of the earliest heartbreaks of Islam (Hussein, son of Ali, was defeated and killed in Karbala) and will be those of the final battle against Shaytan, the Devil? at the end of time (Damascus or Sham).

فريدريك بيشونباحث في فريق العالم العربي البحر الأبيض المتوسط في جامعة فرانسوا رابليه (تور)،

 "البعد الأخروي للجهاد في سوريا والعراق."

فريدريك بيشون نال على شهادة في اللغة العربية ودكتوراه في التاريخ المعاصر. طالب سابق في معهد الدراسات السياسية بباريس، عاش في بيروت وبقي بانتظام في الشرق الأوسط منذ عام 2002، وخاصة في سوريا. و هو يدرس الجيوسياسة في الصفوف التحضيرية. مؤلف أطروحة على سوريا وهو باحث مشارك في فريق العالم العربي المتوسطي بجامعة فرانسوا رابليه (تور).

إن النجاح الكبير للدولة الإسلامية في العراق وسوريا يشككون في قدرة الولايات المتحدة على تحقيق الاستقرار في المنطقة، ومن المرجح أنه سيهدد سياستهم في التحالف الإقليمي على أساس القوى السنية في الخليج. تشكل المنطقة الرمادية في طور الصنع على طول وادي الفرات تهديد خطير على المنطقة و خاصة أوروبا. ولكن إلى جانب الاعتبارات الإستراتيجية والعسكرية و السياسية لهذا الحدث، من الضروري قياس البعد النفسي من الجانب الديني من حيث الإيمان بالآخرة والرغبة في إعادة إحياء الإسلام. والواقع أنه يبدو تعيين البغدادي كخليفة بالي ، ولكنه يشكل في الواقع نفسا كبيرا من اليوتوبيا بقدر الأرض تتستر عليها هذه البروتو دولة لها بعد أخروي اكيد. هذا البعد له تأثير مضاعف على بعض السكان المسلمين السنة المحليين أو من الخارج: بالنسبة لهؤلاء، فهي تمثل الطريق إلى شكل من أشكال "التجديد" انطلاقا من المشهد. حيث تلعب الجغرافيا دورا رئيسيا: للتحقق يظهر الاطلاع على الكتب الجهادية كيف ان الإشارة إلى "الشام" و الى "العراق" لها أهمية قصوى: حيث كانوا على وجه التحديد أوائل الاماكن التي عرفت  تمزقات الإسلام (حسين إبن علي هزم وقتل في كربلاء) وستكون ارض المعركة النهائية ضد الشيطان في نهاية الزمن (دمشق أو الشام). 

3. S.E. Ali AHANI, Ambassadeur de la république islamique d’Iran à Paris, 
« Stratégies de la République Islamique d’Iran face à la menace terroriste ».

 

Aujourd’hui, le phénomène du terrorisme, conjugué à la violence et à l’extrémisme, s’est transformé en l’une des préoccupations de la communauté internationale. Ce phénomène ne représente plus une question purement régionale qui ne menacerait que les peuples de la région du Moyen-Orient, mais il est devenu une inquiétude internationale. Bien évidemment, les erreurs de calcul stratégiques de certaines grandes puissances et de gouvernements dans la région, ont joué un rôle déterminant dans l’apparition de ce grave problème international.

L’expérience ainsi que la complexité de la situation après l’émergence d'Al Qaeda et de nouveaux groupes terroristes à l’instar de DAESH, démontrent qu’il est impossible d’instrumentaliser ce type de groupes pour déstabiliser, et renverser certains gouvernements qui ne s’inscrivent pas sur la même ligne que certaines grandes puissances, car plus personne ne pourra être à l’abri des conséquences de l’éruption et du renforcement de ce type de groupe.

La République islamique d’IRAN condamne la violence, l’extrémisme et le terrorisme dans toutes ses formes, et a déjà montré son sérieux dans la lutte contre le fléau du terrorisme par sa coopération sincère avec les gouvernements irakien et syrien dans le combat contre DAESH. L’Iran considère que l’approche de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme doit être construite sur l’interaction, la coopération et la confiance durable entre les pays acteurs régionaux.

D’autre part, opter pour une démarche unique et non discriminatoire peut représenter l’élément essentiel pour la réussite des efforts déployés par la communauté internationale pour lutter contre le terrorisme, la violence et l’extrémisme. Une telle démarche devrait être basée sur deux fondements :

D’abord, les Etats doivent admettre que le terrorisme, la violence et l’extrémisme représentent des menaces communes à tous ceux qui ne rencontrent aucune limite géographique. Dès lors, les citoyens de tous les pays de la planète peuvent potentiellement être victime d’actes violents et terroristes. Les pays et les peuples ne peuvent être encouragés à lutter contre le terrorisme, la violence et l’extrémisme que s’ils acquièrent la certitude de bénéficier des droits et des obligations identiques aux autres et d’avoir un intérêt commun. 

D’autre part, il est indispensable de faire preuve d’une réaction non discriminatoire à l’égard de ce phénomène dangereux. Une telle démarche rend indispensable de prendre en compte les racines du terrorisme

Bien évidemment, les racines du développement de la violence, de l’extrémisme et du terrorisme dans différents points du Monde, se trouvent dans l’accroissement des interventions militaires dans d’autres pays, le caractère non démocratique de la gestion du monde et le non respect du droit au développement des pays en voie du développement. Malheureusement la démarche actuelle de la communauté internationale face au phénomène du terrorisme demeure passive et n’accorde que peu d’importance aux véritables racines du mal.

https://www.youtube.com/watch?v=EhZr1puoa4o

AHANI HE Ali, Ambassador of the Islamic Republic of Iran in Paris

"The Islamic Republic of Iran strategies against the terrorist threat."

Today, the phenomenon of terrorism, coupled with violence and extremism, has turned into one of the concerns of the international community. This phenomenon is no longer a purely regional issue that would threaten the peoples of the Middle East, but it is from now on an international concern. Of course, strategic miscalculations of certain major powers and governments in the region have played a key role in the development of this serious international problem.

The experience and the complexity of the situation after the emergence of Al Qaeda and new terrorist groups like DAESH demonstrate that it is impossible to exploit such groups to destabilize and overthrow some governments who are not on the same line as some great powers, because nobody can be immune to the consequences of the eruption and strengthening of this type of group.

The Islamic Republic of Iran condemns violence, extremism and terrorism in all its forms, and has already shown its seriousness in the fight against the scourge of terrorism for its sincere cooperation with the Iraqi and Syrian governments in the fight against Daesh. Iran believes that the approach to the fight against terrorism and extremism must be built on interaction, cooperation and long term trust between regional countries actors. 

On the other hand, opt for a unique and non-discriminatory approach can be the key element for the success of the efforts of the international community to fight against terrorism, violence and extremism. Such an approach should be based on two foundations:

 -Firstly, states must recognize that terrorism, violence and extremism are common threats to all who encounter no geographical limitation. Therefore, the citizens of all countries in the world can potentially be a victim of violent and terrorist acts. Countries and peoples can be encouraged to fight against terrorism, violence and extremism, if they are quite confident of enjoying the rights and obligations identical to the others and having a common interest.

-On the other hand, it is essential to demonstrate a non-discriminatory reaction to this dangerous phenomenon. Such an approach makes it essential to consider the roots of terrorism.

Of course, the roots of the development of violence, extremism and terrorism in different parts of the world, are the result of in increasing military interventions in other countries, an undemocratic nature of the management of the world and of the breach of the right to development for developing countries. Unfortunately, the current approach of the international community to terrorism phenomenon remains passive and does not give much importance to the true roots of evil. 

سعادة السفير علي اهاني، سفير الجمهورية الإسلامية الإيرانية في باريس 

"استراتيجية جمهورية إيران الإسلامية في وجه الخطر الإرهابي".

ان ظاهرة الإرهاب اليوم ، إلى جانب العنف والتطرف تحولت إلى واحدة من اهتمامات المجتمع الدولي. هذه الظاهرة لم تعد قضية إقليمية بحتة من شأنها أن تهدد شعوب الشرق الأوسط، ولكن أصبحت  تشكل تهديد دولي. بالطبع، لعبت اخطاء الحسابات الاستراتيجية لبعض القوى الكبرى و حكومات المنطقة دورا رئيسيا في تطوير هذه المشكلة الدولية الخطيرة.

اثبتت الخبرة وتعقيد الوضع بعد ظهور تنظيم القاعدة وجماعات إرهابية جديدة مثل داعش أنه من المستحيل استغلال مثل هذه الجماعات لزعزعة وإسقاط بعض الحكومات التي لا تسير على نفس خط  بعض القوى العظمى، لأنه لا أحد يمكن أن يكون في مأمن من آثار ظهور وتعزيز هذا النوع من الجماعات.

تدين الجمهورية الإسلامية الإيرانية العنف والتطرف والإرهاب بكل أشكاله، وأظهرت بالفعل جديتها في مكافحة آفة الإرهاب بتعاونها الصادق مع الحكومتين العراقية والسورية في مكافحة داعش . تعتقد إيران أن نهج مكافحة الإرهاب والتطرف يجب أن يكون مبني على التفاعل والتعاون والثقة الدائمة بين الدول الإقليمية الأطراف.

من ناحية أخرى، اختيار نهج واحد وغير تمييزي يمكن أن يكون عنصرا أساسيا في نجاح الجهود التي يبذلها المجتمع الدولي لمكافحة الإرهاب والعنف والتطرف. وينبغي أن يستند هذا النهج على أساسين: 

أولا، يجب على الدول أن تدرك أن الإرهاب والعنف والتطرف تشكل تهديدات مشتركة لجميع الذين لا يواجهون أي قيود جغرافية. ولذلك، فإن المواطنين من جميع بلدان العالم يحتمل أن يكونوا ضحايا لأعمال العنف والإرهاب. ولا يمكن للبلدان والشعوب ان تشجع للعمل على محاربة الإرهاب والعنف و التطرف الا إذا اكتسبوا القناعة من التمتع بنفس حقوق والتزامات الدول الآخرى و ان يكون لهم مصلحة مشتركة. 

من ناحية أخرى، فمن الضروري ابداء رد فعل غير تمييزي في وجه هذه الظاهرة الخطيرة. مثل هذا النهج يجعل من الضروري النظر في جذور الإرهاب. 

بطبيعة الحال، فإن جذور تطور العنف والتطرف والإرهاب في أجزاء مختلفة من العالم تتزامن مع زيادة التدخلات العسكرية في بلدان أخرى، و مع الطبيعة غير الديمقراطية في إدارة العالم و خرق حق البلدان النامية في التقدم. وللأسف، فإن النهج الحالي للمجتمع الدولي في وجه ظاهرة الإرهاب لا يزال سلبيا ولا يعطي أهمية كبيرة للجذور الحقيقية للشر

4. Frédéric SAILLOT, écrivain et journaliste à Eurasie Express, « De l' "Euromaïdan" à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014) ». 

Depuis avril 2014 une opération antiterroriste est entreprise par les autorités de Kiev dans l'est de l'Ukraine qui, selon les chiffres de l'ONU a déjà fait plus de 4000 morts parmi les civils dont plusieurs centaines depuis la signature des accords de paix à Minsk le  5 septembre. La presse et la classe politique françaises dans sa majorité font le silence sur ces crimes. Pour quelles raisons ?

Le récit de la "révolution pro-européenne" à Kiev voudrait que le président Yanoukovitch, après sa volte-face sur l'accord d'Association avec l'UE au sommet de Vilnius les 28 et 29 novembre 2013, ait provoqué la mobilisation d'une population lassée par un régime corrompu. Après trois mois de confrontation croissante, les morts du Maïdan provoqués par des tirs qui lui sont attribués provoquent sa fuite et son remplacement par un gouvernement provisoire pro-occidental qui remet l'Ukraine dans les rails de l'accord d'association. La Russie annexe alors la Crimée et provoque le soulèvement des populations russophones du Donbass, ce qui oblige le gouvernement provisoire à déclencher une opération anti-terroriste, l'OTAN à renforcer sa présence dans l'est de sa zone de déploiement et les Etats occidentaux à prendre des sanctions contre la Russie.

Mais dans l'inconscient de la classe politico-médiatique française gît également la référence à la révolution française, à la Terreur et à ses victimes, prix à payer pour repousser l'intervention étrangère, mater l'insurrection vendéenne et instaurer la République contre la tyrannie. Le Donbass serait la Vendée ukrainienne et la terreur qu'y exercent la garde nationale et les bataillons nationalistes s'en trouveraient légitimée. Il y a là un grave contresens qui témoigne d'une ignorance tragique et/ou d'œillères idéologiques.

En réalité le président Yanoukovitch, ayant jugé que l'intégration de l'Ukraine à l'Union douanière avec la Fédération de Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan, était préférable pour son pays, a fait l'objet d'une véritable entreprise de subversion de l'extrême-droite néo-bandériste dès la première manifestions dans la nuit qui a suivi la clôture du sommet de Vilnius, instrumentalisant la mobilisation populaire. Des commandos bien organisés, rétribués et dirigés par les services de l'ambassade américaine à Kiev, ont exercé une pression constante, tandis que des dirigeants US et UE venaient à Kiev attiser la mobilisation, ce qui a conduit au coup d'Etat du 22 février 2014, renversant l'ordre constitutionnel. Une série de massacres jalonnent la période qui conduit au conflit du Donbass : les tirs de snipers sur le Maïdan le 20 février, favorisant le coup d'Etat, le massacre d'Odessa le 2 mai, celui de Marioupol le 9 mai, sans oublier le crash du Boeing de la Malaysia airlines le 17 juillet. A chaque fois les commandos d'extrême-droite et des leaders de la mobilisation sont mis en cause. Le pogrom de manifestants anti-maïdan à la frontière de Crimée le 19 février et la remise en cause de la loi sur la reconnaissance du statut de la langue russe dans les régions par le nouveau pouvoir montre clairement son orientation néo-bandériste. Cela a conduit les populations russophones, harassées par 20 années d'ukrainisation brutale, à voter très majoritairement pour leur rattachement à la Fédération de Russie en Crimée, puis pour leur indépendance dans le Donbass où se forment des milices populaires.

L'opération anti-terroriste déclenchée par Kiev en avril et confirmée par le président Porochenko après son élection en mai s'avère donc une véritable entreprise génocidaire entreprise par la garde nationale et des bataillons où se sont engagés les éléments les plus radicalisés, imprégnés par l'idéologie nationaliste galicienne. Xénophobe mais notament anti-russe, elle a été développée par Stepan Bandera, l'un des fondateurs de l'OUN-UPA, collaborationniste pendant la dernière guerre. Ces bataillons sont financés par des oligarques, dont le tout puissant gouverneur de Dniepropietrovsk, Igor Kolomoïski. Leur anti-communisme, privilégié par les occidentaux qui le partagent, masque  en fait une russophobie atavique. Outre cet aspect idéologique, l'est de l'Ukraine est riche en réserves de gaz de schiste, auquel est intéressé le propre fils du vice-président Biden, très impliqué dans la gestion de la crise ukrainienne.

La poursuite de la guerre et l'installation à Kiev d'un pouvoir nationaliste violant les droits des russophones, en fait la majorité des Ukrainiens, et engageant une confrontation avec la Russie, menace la paix et la sécurité du continent. La désinformation mainstream invoquant que l'extrême-droite ne ferait que 2% aux élections repose sur une vision tronquée des faits. Le parti radical (7,5%) et Autosuffisance (11%) sont dirigés par les fascistes Liachko et Sadovy. Des ministres du nouveau gouvernement viennent de l'extrême-droite néo-nazie et menacent les droits des russophones. L’intolérance, la censure, l'interdiction et l'intimidation de l'opposition pèsent lourdement dans le climat actuel, alors que Porochenko lui-même prétend que 100% des Ukrainiens sont contre la fédéralisation et alors qu'il menace la population du Donbass d'une "guerre totale" qui a déjà lieu. Des chefs de bataillons néo-nazis figurent sur l'ensemble des listes et ont fait leur entrée à la Rada, parmi eux Dimitri Yarosh, chef du Pravy Sektor, dont certains membres ont participé à la guérilla islamiste en Tchétchénie.  Des combattants du "Califat du Caucase" ont rejoint l'Etat islamique et menacent la Fédération de Russie d'attentats.

En développant une politique de confrontation avec la Russie inspirée par le projet américain de domination unipolaire occidentale (le Traité de libre échange Transatlantique), l'UE et la France finiraient par perdre ce qui leur reste de souveraineté et s'exposeraient à de très graves dangers. Un redressement de la politique de l'Union européenne et de la politique française sont donc nécessaires dans le sens de la levée des sanctions contre la Russie et d'une reprise urgente et active de la coopération, bien sûr économique, mais également dans la lutte contre le terrorisme et les idéologies totalitaires comme le néo-nazisme.

 

From "Euromaïdan" to the civil war, terror and terrorism in Ukraina (2013-2014) 

In April 2014, an antiterrorist operation (ATO) was launched in the East of Ukraine by Kiev's authorities. This operation, according to the Uno’s counting, has soon made more than 4000 casualties among civilians, including several hundred after the signature of Minsk's agreement on the 5th of September. French medias and political class keep silence about these crimes. Why ? 

The "narrative" about "pro-European revolution" in Kiev would tell that president Yanoukovitch, after he reversed his decision to sign the association's agreement with the EU at the Vilnius Summit on the 28th and 29th of september, provoked the mobilisation of the population, who was tired of a corrupted regime. After three months of increasing confrontation, people shot on the Maïdan - fact which was imputed to Yanoukovitch - provoked his run away and his substitution by a pro-occidental provisional government which put back Ukraina on the right way of the association's agreement. Russia then annexed Crimea and provoked the surge of russian-speaking Donbass' population. All this obliged the Ukrainian provisional government to trigger an ATO, the NATO to strengthen its forces in the east of its display zone and occidental States to impose sanctions on Russia. 

But in the unconscious of the french mediatico-politic class there is  also a reference to the French  revolution, the Terror and its casualties, the price that must be paid in order to push back foreigners' intervention, to subdue the "vendéenne" insurrection and to found the "Republic" against "Tyranny". Donbass would be the ukrainan "Vendée" and the terror exercised there by National gard and nationalists battalions would be thus legitimated. 

There is here a serious misinterpretation which shows a tragic ignorance and ideological blinkers. 

Actually president Yanoukovitch, thinking that integration of Ukraine in the Custom Union  together with the Russian Federation , Bielorussia and Kazakhstan would be better for his country, was objected of a real enterprise of subversion from neo-banderist ultra-right who exploited the mobilization of the people from the first demonstration during the night following the end of Vilnius' summit. Well organized commandos, paid and directed by american embassy's services in Kiev, put a constant pressure while US and EU leaders came to Kiev to poke up the mobilization, which drove to coup d’ Etat  on the 22nd of February and laid down the constitutional order. A succession of massacres staked out the period which drove to the war in Donbass : the snipers' shooting on the Maïdan on the 20th of February, which led to the coup d'Etat, the Odessa's massacre on the 2nd of May, the Marioupol's one on the 9th of May,not forgetting as well the crash of Malaysian airlines' Boeing on the 17th of July. Each time, the responsibility of ultra-right commandos and mobilization's leaders is questioned.  The pogrom of anti-Maïdan demonstrators at the Crimea's border on the 19th of February and the threats to the Russian language status in the regions' law showed clearly the neo-banderist orientation of the new power. All this drove the Russian-speaking population, already tired of twenty-year brutal "ukrainisation", to vote in their great majority for their linking up to the Russian federation in Crimea, and for their independence in Donbass , where  they created groups of people's  militia. 

So the ATO launched by Kiev in April and confirmed by president Porochenko after his election in May turns out to be a real enterprise of genocide acted by national gard and battalions which enlisted the most radicalised elements, impregnated by neo-banderist idelogy. Xenophobe but mainly anti-Russian, this ideology was developed by Stefan Bandera, one of the founders of the OUN-UPA, collaborationist during the World War II. These battalions are financed by oligarchs, among which is the powerful Dniepropietrovsk's governor, Igor Kolomoïski. Their anti-communism, privileged by the Westerners who share it, actually hides an atavistic russophobia. Beyond this idealogical aspect, the east of Ukraine is rich in oil shale, in which the own son of american vice-president Biden - who is much involved in the Ukrainian crisis - is very concerned.

The continuation of the civil war and the establishment of a nationalist power in Kiev that violates the rights of the Russian-speaking population in Ukraine - actually the rights of the majority of the Ukranians - and  that engages a confrontation with Russia, threatens the peace and the security of the continent. The mainstream's disinformation putting forward that the ultra-right would have only realized 2% in the elections, lies on a false view on facts. The Radical party (7,5%) and the Selfhelp (11%) are managed by the fascists Liachko and Sadovy. Some of the ministers of the new government come from neo-nazi ultra-right and threaten the rights of the Russian-speaking population. Intolerance, censure, prohibition and intimidation of the opposition heavily weigh in the current climate, when Porochenko himself claims that 100% of the Ukrainians are against federalisation and threatens the Donbass' population that he will start a "total war" against them, which is actually already in progress now. Leaders of neo-nazi battalions appeared on all the electoral lists and made their entrance in the Rada. Among them: Dimitri Yarosh, Pravy Sektor's leader, whose members took part in the islamist guerilla in Tchetchnia. Fighters of the "Caucasian Califat" joined the Islamic state and threaten the Russian Federation with terrorist acts. 

Developing the politic of confrontation with Russia under the influence of the american project of unipolar western global domination (TAFTA), the EU and France will finish to lose the rest of their sovereignty and will put themselves to great dangers. A new direction of the EU's and French politics is thus necessary to remove the sanctions against Russia and to retake quickly the cooperation, of course in the economy, but also in the struggle against terrorism and totalitarian ideologies such as neo-nazism.  

فريديريك سايو، كاتب وصحفي في أوراسيا اكسبرس،

 من " الأوروميدان " الى الحرب الأهلية ، الإرهاب في أوكرانيا (2013-2014)"

منذ أبريل 2014 أجريت عملية لمكافحة الإرهاب من قبل السلطات في كييف في شرق أوكرانيا، و وفقا لأرقام الأمم المتحدة قد تسببت هذه العملية في أكثر من 4000 حالة وفاة من بين المدنيين بما في ذلك العديد من المئات منذ توقيع اتفاق السلام في مينسك يوم 5 سبتمبر. صمتت الصحافة والطبقة السياسية الفرنسية في أغلبيتها على هذه الجرائم. ما هي الأسباب وراء هذا الصمت؟

تريد قصة "الثورة المؤيدة لأوروبا" في كييف ان تروي ان انقلاب الرئيس يانوكوفيتش عن وجه اتفاقية الشراكة مع الاتحاد الأوروبي في قمة فيلنيوس يومي 28 و 29 نوفمبر 2013 قد تسبب في تعبئة شعب منضجر من النظام الفاسد. بعد ثلاثة أشهر من المواجهة المتنامية، تسبب قتلى ميدان بسبب إطلاق النار المنسوب إليه في هروبه و تعويضه بحكومة مؤقتة موالية للغرب اعادت وضع أوكرانيا في قضبان اتفاقية الشراكة. ضمت روسيا شبه جزيرة القرم ومن ثم تتسببت في ثورة  السكان الناطقين بالروسية في دونباس، مما اجبر الحكومة المؤقتة على الشروع في عملية مكافحة الارهاب وحلف الشمال الاطلسي على توسيع وجوده في شرق منطقة انتشاره والدول الغربية على فرض عقوبات ضد روسيا.

ولكن في العَقل الباطِن للطبقة السياسية الإعلامية الفرنسية هناك أيضا إشارة إلى الثورة الفرنسية، الى الإرهاب وضحاياه، الى الثمن الواجب دفعه لصد التدخل الأجنبي و قمع التمرد الفيندي وبناء الجمهورية ضد الطغيان. دونباس تمثل فونديه أوكرانيا و الإرهاب الذي يمارسه الحرس الوطني والكتائب القومية مشروعة بذلك. هناك تناقض خطير يدل على جهل مأساوي و / أو غامز أيديولوجي.

في الواقع الرئيس يانوكوفيتش، بعد أن تبين له أن دمج أوكرانيا إلى الاتحاد الجمركي مع الفيدرالية الروسية و بيلاروسيا وكازاخستان كان أفضل لبلاده، اصبح موضوع شركة تخريبية حقيقية من اليمين المتطرف البندري الجديد ابتداءا من التظاهرات الأولى في الليلة التي تلت نهاية قمة فيلنيوس باستغلال التعبئة الشعبية. مارست جماعات الكوماندوز المنظمة و المكافئة والمسيرة من خدمات السفارة الأميركية في كييف، ضغط مستمر، في حين جاء قادة من الولايات المتحدة و الاتحاد الأوروبي إلى كييف لإثارة التعبئة، مما أدى إلى انقلاب 22 فبراير 2014، والإطاحة بالنظام الدستوري. هناك سلسلة من المجازر تميز الفترة المؤدية إلى صراع دونباس: نيران القناصة في ساحة ميدان في 20 فيفري (شباط)، التي ساعدت على الانقلاب ومجزرة أوديسا في 2 ماي (مايو)  و مجزرة ماريوبول في 9 ماي (مايو)  بالاضافة الى تحطم طائرة بوينغ للخطوط الجوية الماليزية في 17 جويلية (يوليو تموز). في كل مرة كوماندوس اليمين المتطرف و قادات الحشد هي  المتورطة.

مذبحة المتظاهرين المناهضين لميدان في حدود شبه جزيرة القرم في 19 فبراير واستجواب قانون الاعتراف بمكانة اللغة الروسية في المناطق من قبل الحكومة الجديدة يظهر بوضوح توجهها البندري الجديد. أدى ذلك بالسكان الناطقين بالروسية، المضايقين من قبل 20 عاما من الأكرنة الوحشية الى التصويت بالأغلبية الساحقة بتمسكهم بالاتحاد الروسي في شبه جزيرة القرم واستقلالهم في دونباس اين تشكلت ميليشيات شعبية .   وبالتالي فإن عملية مكافحة الإرهاب التي استأنفتها كييف في شهر افريل وأكدها الرئيس بوروشينكو بعد انتخابه في ماي هي شركة حقيقية للإبادة الجماعية المشروعة من قبل الحرس الوطني وكتائب انخرطت اليها العناصر الأكثر راديكالية، و المشربة بالأيديولوجية القومية الجاليكية الكارهة للأجانب و لروسيا، تم تطويرها من قبل ستيبان بانديرا، مؤسس OUN-UPA، و الذي كان متعاون خلال الحرب العالمية الأخيرة. ويتم تمويل هذه الكتائب من قبل قلة أليغاركية ، من بينهم محافظ دنيبروبتروفسك ايجوركولومويسكي. معاداتهم للشيوعية التي يشاركهم فيها الغربيين تحجب عن كراهيتهم الوراثية لروسيا . وبالإضافة إلى هذا الجانب الأيديولوجي، شرق أوكرانيا غني باحتياطيات الغاز الصخري، الذي يثير اهتمام ابن نائب الرئيس جو بايدن المهتم و المتورط جدا في إدارة الأزمة الأوكرانية. ان استمرار الحرب وتعيين حكومة قومية في كييف تنتهك حقوق الناطقين بالروسية، و في الواقع غالبية الأوكرانيين، و تدخل في مواجهة مع روسيا، تهدد السلام والأمن في القارة. التضليل الاعلامي الجماهري المدعي أن اليمين المتطرف لن يحصل الا على 2٪ فقط في الانتخابات يعتمد على وجهة نظر مشوهة من الحقائق الحزب الراديكالي (7.5٪) وحزب الاكتفاء الذاتي (11٪) هم تحت رئاسة لياشكو و سادوفي الفاشيين. و هناك وزراء من هذه الحكومة الجديدة من اليمين المتطرف النيونازي المهدد لحقوق الناطقين بالروسية. حيث يثقّل التعصب والرقابة و منع وتخويف المعارضة كثيرا في ظل المناخ الحالي، على الرغم من ان بوروشينكو يدّعي نفسه أن 100٪ من الأوكرانيين يعارضون الفيدرالية وعلى الرغم من أنه يهدد سكان دونباس "بحرب شاملة" قد حدثت من قبل.  تظهر اسماء قادة كتائب نيونازيين على جميع القوائم و أدوا دخولهم في رادا، من بينهم ديمتري ياروش، رئيس بارفي سيكتور ، الذي شارك بعض اعضاءه في الهجمات الاسلامية في الشيشان. كما انضم مقاتلون من "خلافة القوقاز" الى الدولة الإسلامية وهم يهددون روسيا بهجمات. 

من خلال تطوير سياسة المواجهة مع روسيا مستوحاة من المشروع الأمريكي في الهيمنة الأحادية القطبية الغربية (اتفاق التجارة الحرة عبر الأطلسي)، فإن الاتحاد الأوروبي وفرنسا تخسر في نهاية المطاف ما تبقى من سيادتها وستواجه أخطارجدية. وهناك اذن حاجة ملحة إلى انعاش سياسة الاتحاد الأوروبي والسياسة الفرنسية في اتجاه رفع العقوبات ضد روسيا واعادة استئناف عاجلة وفعالة للتعاون، وبطبيعة الحال الاقتصادي ولكن أيضا في المعركة ضد الإرهاب والأيديولوجيات الشمولية مثل النازية الجديدة.  

5. Jacques CHEMINADE,Président-fondateur du partiSolidarité & Progrès,
« Les racines britanniques du terrorisme international». 

 

Il est aujourd’hui fondamental de comprendre que les racines du terrorisme international sont britanniques pour éviter de commettre des erreurs d’évaluation désastreuses au sein des tempêtes politiques et stratégiques de notre temps. Il ne s’agit pas de la responsabilité du Royaume Uni proprement dite mais de la matrice impériale britannique qui a pris différentes formes dans son histoire. Aujourd’hui, on se trouve le plus près de la réalité en se souvenant de la formule utilisée par John Maynard Keynes : American money and British brains, l’argent américain et le cerveau britannique.

Cette matrice de domination impériale repose sur une combinaison d’influence économique, de guerre irrégulière et de guerre globale, le terrorisme étant le levier permettant à la combinaison de fonctionner au plus haut niveau d’efficacité destructrice. Le terrorisme n’est donc pas un accident ou une arme isolée, mais une pièce maîtresse sur un échiquier complet. Il ne faut pas le penser d’abord comme un terrorisme d’Etat, bien qu’il puisse prendre cette forme, mais en termes d’un Empire qui hier était maritime et colonial et qui est devenu aujourd’hui offshore ou hors sol, à partir de la City de Londres, de Wall Street et de leurs paradis fiscaux.

Guy Debord, dans sa Préface à la 4ème édition italienne de sa Société du spectacle nous parle, en 1979, « d’une couche périphérique de petit terrorisme sincère mais toléré maintenant comme un vivier dans lequel on peut toujours pêcher à la commande quelques coupables à mettre sur un plateau ». C’est une juste description mais encore faut-il examiner les localisations géographiques et la matrice de ces faits pour en comprendre la logique criminelle et y faire face.

Les Britanniques ont opéré en conjonction avec le terrorisme en Asie du Sud Ouest, en manipulant à la fois les réseaux wahhabites et sionistes, dans les révolutions de couleur d’Europe orientale, dans les manipulations ayant créé les conditions du 11 septembre et jusqu’en Chine. Ils ont laissé des traces.

Au Proche et Moyen Orients, on trouve les réseaux de Cecil Rhodes et de deux de ses opérateurs principaux, Lord Alfred Milner et Lord Stennet Amery. Ils ont à la fois financé les réseaux nationalistes arabes, particulièrement dans la mouvance wahhabite, et les réseaux du révisionnisme sioniste de Vladimir Ze’ev Jabotinsky et de Chaim Weizmann. A partir des émeutes de Nebi Musa, en 1920, ils ont ainsi créé un environnement contrôlé promouvant une instabilité permanente au profit de leurs intérêts financiers. L’antisémitisme terroriste arabe se trouve ainsi opposé à un racisme anti-arabe, visant à éliminer tous les mouvements raisonnables dans tous les camps et à promouvoir une guerre de tous contre tous.

Les révolutions de couleur dans les pays d’Europe orientale, alliant pacifisme de façade et violences fascistes, comme en Ukraine, ont été organisées à partir des conceptions de Gene Sharp, reprises et appliquées par Adam Roberts et Timothy Garton. Tous associés à l’Université d’Oxford. Le National Endowment for Democracy et l’USAID n’ont fait qu’appliquer ces recettes, en mettant la violence terroriste au bout de la « désobéissance civile ».

Les attentats du 11 septembre ont représenté, avec l’argent procuré par les accords saoudo-britanniques sur des livraisons militaires contre pétrole (contrat Al Yamamah, signé en 1985 entre BAE Systems et le royaume saoudien), le passage à cette phase terroriste violente. Les preuves existent du financement par le prince Bandar et son épouse de terroristes directement impliqués par les attentats. Un prince Bandar ayant fait ses études à Sandhurst et proche de Margaret Thatcher et des services britanniques. A Hong Kong aujourd’hui, les autorités britanniques ont tout fait pour provoquer un dérapage, y aidant les activistes et exigeant d’y enquêter sur place.

Enfin, c’est au Tavistock Institute de Londres que les études ont été entreprises pour mesurer les points de rupture d’êtres humains soumis à des tensions insoutenables. Sir Rawling Rees, assurait qu’il « est possible d’imposer à une population adulte un état émotionnel comparable à celui d’enfants névrosés ». Kurt Lewin, son directeur à partir de 1932, se spécialisa dans les études de « programmation » puis de « déprogrammation », avant de passer aux travaux pratiques. Ainsi, comment créer « l’environnement qui brise les résistances psychologiques des individus pour les amener à accepter des tâches qu’autrement ils auraient rejetées ». Ce freudisme dévoyé s’est étendu à toutes les agences anglaises et américaines de renseignement pour y former les idiots utiles du terrorisme en jouant sur leur « terreur identitaire » et « divisant pour régner ».

Tant que nous n’aurons pas mis fin à cette conception de l’être humain considéré comme étant défini par ses perceptions et soumis à des expériences manipulatrices, nous n’aurons pas mis fin au terrorisme. Et les fourmis rouges continueront à se précipiter contre les fourmis noires, sans qu’on puisse retrouver un vouloir vivre en commun dans la détente, l’entente et la coopération. Espérons que les pays des BRICS aient ouvert la voie vers ce vouloir vivre et que nous serons capables de devenir leurs partenaires.

https://www.youtube.com/watch?v=Bla6fjv9Y0s

 The British roots of international terrorism

It is essential today to understand that the roots of international terrorism are British, in order to avoid devastating errors of assessment in the midst of the current political and strategic storms. This does not concern the responsibility of the United Kingdom per se, but of the British imperial matrix which has taken on different forms over its history. Today, reality is better understood in remembering the phrase used by John Maynard Keynes: American money and British brains.

This imperial matrix of domination is based on a combination of economic influence, irregular warfare and global warfare, while terrorism is the leverage allowing that combination to function at the highest level of destructive effectiveness. Terrorism is neither an accident nor an isolated weapon, but a key element on a full chessboard. It should not be thought of mainly as state terrorism, although it may appear in that form, but in terms of an Empire which was maritime and colonial in the past, and has now become offshore, beginning with the City of London, Wall Street and their tax havens.

Guy Debord, in his preface to the 4th Italian edition of “The Society of the Spectacle” in 1979, speaks of  "a peripheral layer of sincere small-time terrorism that is temporarily tolerated, like a fish tank in which some culprits can always be fished out in order to be displayed on a platter." That description is right, but we also have to examine the geographical locations and the matrix of these deeds, to understand the criminal logic and deal with it.

The British have operated in conjunction with terrorism in South-West Asia, manipulating both Wahabite and Zionist networks, in the Eastern Europe “color revolutions”, and in the manipulations that created the conditions for September 11, and in China. They left traces.

In the Near and Middle East, one finds the networks of Cecil Rhodes and of two of its main operators, Lord Alfred Milner and Lord Stennet Amery. They financed both Arab nationalistic networks, particularly around the Wahhabi movement, and the revisionist Zionist networks of Vladimir Ze’ev Jabotinsky and Chaim Weizmann. Beginning with the Nebi Musa riots back in 1920, they have created a controlled environment promoting permanent instability benefitting their financial interests. Thus, Arab terrorist anti-Semitism is mounted against anti-Arab racism, with the aim of eliminating all reasonable movements on all sides and promoting a war of all against all.

The color revolutions in Eastern European countries, combining fake pacifism with fascist violence, as in Ukraine, were organized on the basis of Gene Sharp's ideas, as taken up and applied by Adam Roberts and Timothy Garton. They all are associated with Oxford University. The National Endowment for Democracy and the USAID simply applied those recipes, by tagging terrorist violence onto “civil disobedience”.

The September 11 attacks, using money from the Saudi-British contracts for military equipment in exchange for oil (Al Yamamah, signed in 1985 by BAE Systems and the Saudi Kingdom), represented the transition to this violent terrorist phase. Evidence proves that Prince Bandar and his wife financed terrorists who were directly involved in the attacks. This is the Prince Bandar, who studied at Sandhurst and was close to Margaret Thatcher and to the British intelligence. Today, in Hong Kong, British authorities have done their best to provoke out-of-control disorders, by helping the activists and demanding the right to investigate on the spot.

Finally, the Tavistock Institute of London is the place where studies were conducted to measure the breaking points of human beings when subject to unbearable tension. Sir Rawling Rees assured us that “it is possible to induce an emotional state in an adult population equivalent to that of neurotic children”. Kurt Lewin, the director of Tavistock as of 1932, specialized in “programming” and “de-programming”, before moving into his practical work. He studied how it is possible to create “an environment which breaks the psychological resistance of individuals and makes them accept tasks which they otherwise would have refused to perform” This misused Freudianism spread to all English and American intelligence agencies and formed the useful idiots of terrorism by using their “identity terror” and the “divide and conquer”  principle.

Until we put an end to the conception of human beings as defined by perceptions and submitted to manipulative experiments, we will not end terrorism. Red ants will continue to attack black ants, without being able to rediscover the will to live together in peace, harmony and cooperation. Let us hope that the BRICS countries have opened the way to such a will to live together, and that we will be able to become their partners.

جاك شوميناد، رئيس ومؤسس حزب التضامن والتقدم، 

"الجذور البريطانية للإرهاب الدولي" 

من المهم اليوم أن نفهم أن جذور الإرهاب الدولي هي بريطانية لتجنب الوقوع في أخطاء التقييم الكارثية في خضم العواصف السياسية والاستراتيجية لعصرنا. أنها ليست مسؤولية المملكة المتحدة نفسها ولكنها مسؤولية المصفوفة الإمبراطورية البريطانية التي اتخذت أشكالا مختلفة في تاريخها. نحن اليوم أقرب إلى الواقع بتذكر الصيغة المستخدمة من قبل جون ماينارد كينز: المال الأميركي والعقول البريطانية.

تعتمد مصفوفة الهيمنة الإمبريالية هذه على مزيج من النفوذ الاقتصادي والحرب غير النظامية و الحرب الشاملة، الإرهاب كونه الرافعة التي تسمح  لهذا المزيج بالعمل على أعلى مستوى من الكفاءة المدمرة. الإرهاب ليس إذن من قبيل الصدفة أو سلاح منعزل، ولكنه عامل هام على رقعة شطرنج كاملة. لا يجب النظر إليه أولا كإرهاب دولة، على الرغم من أنه يمكن أن يأخذ هذا الشكل، ولكن من حيث إمبراطورية كانت أمس بحرية واستعمارية وأصبحت اليوم خارج البحر أو خارج الأرض، منذ لاسيتي بلندن، ووال ستريت وملاذاتهم الضريبية.

تحدث غي ديبور، في مقدمته للطبعة الرابعة الإيطالية ل"مجتمع الاستعراض"  في عام 1979، عن "طبقة هامشية من إرهاب صغير صادق ولكن مسموح الآن كحشد يمكننا أن نصطاد بداخله دائما حسب الطلب بعض المذنبين الذين يوضعون على طبق من ذهب ". فهذا وصف صحيح، ولكن يجب النظر في المواقع الجغرافية وفي مصفوفة هذه الحقائق لفهم منطقها الجنائي والتعامل معها.

عمل البريطانيين بالتزامن مع الإرهاب في جنوب غرب آسيا، بالتلاعب بكل من الشبكات الوهابية و الصهيونية في الثورات الملونة في أوروبا الشرقية، وفي التلاعبات التي خلقت ظروف11 سبتمبر وحتى الى الصين لقد تركوا آثار.

في الشرق الأوسط و الأدنى، هناك شبكات سيسيل رودس واثنين من مشتغليه الرئيسين، اللورد ألفريد ميلنر واللورد ستينيت عامري.  مولوا على حد سواء الشبكات القومية العربية، ولا سيما في الحركة الوهابية، والشبكات التحريفية الصهيونية لفلاديمير زئيف جابوتنسكي، وحاييم وايزمان. ايتداءا من انتفاضة موسم النبي موسى في عام 1920، خلقوا يذلك بيئة محروصة  معززة للاستقرار الدائم لصالح مصالحهم المالية. وهكذا في مقابل اللاسامية الإرهابية العربية نجد العنصرية المعادية للعرب بهدف القضاء على جميع الحركات المعقولة في جميع المخيمات والترويج لحرب الجميع ضد الجميع.

الثورات الملونة في أوروبا الشرقية، التي تجمع بين واجهة سلمية وعنف فاشي، كما هو الحال في أوكرانيا، نظمت انطلاقا من مفاهيم جين شارب، التي أعاد أخذها وتطبيقها آدم روبرتس وتيموثي غارتون. كلهم مرتبطون بجامعة أكسفورد.  اما الصندوق الوطني للديمقراطية وUSAID فطبقوا فقط هذه الوصفات، بوضع العنف الإرهابي بعد "العصيان المدني". 

وقد كانت هجمات 11 سبتمبر مع المال الذي ولّده الاتفاق السعودي البريطاني على شحنات عسكرية في مقابل النفط (عقد اليمامة، الموقع في عام 1985 بين BAE Systems والمملكة السعودية) وراء الانتقال إلى هذه المرحلة الإرهابية العنيفة. وهناك أدلة تثبت  على وجود تمويل من الأمير بندر وزوجته للإرهابيين الذين لهم علاقة مباشرة في تلك الهجمات. والأمير بندر تلقى تعليمه في ساندهيرست وهو على مقربة من مارغريت تاتشر والخدمات البريطانية. في هونغ كونغ اليوم، السلطات البريطانية قامت بكل شيء لكي تتسبب في انزلاق، مما يساعد النشطاء وتطالب بالتحقيق.

وأخيرا، أجريت دراسات من معهد تافيستوك في لندن لقياس نقاط القطيعة لدى بشر يتعرضون إلى توترات لا تطاق. وقد اكّد سير رولينج ريس، أنه "من الممكن فرض السكان الراشدين حالة عاطفية شبيهة بحالة أطفال عصبيين". كورت ليفين، مديرها منذ عام 1932، تخصص في دراسات "البرمجة" ثم "نزع البرمجة "، قبل أن ينتقل إلى العمل التطبيقي. 

لذلك كيف يمكن خلق "بيئة  تكسر المقاومة النفسية للاشخاص لتجعلهم يقبلون الوظائف التي لولاها لرفضوها". تم تمديد هذه الفرودية المضللة على جميع وكالات الاستخبارات البريطانية والأمريكية لتشكيل بلهاء مفيدون للإرهاب من خلال التلاعب ب "إرهاب الهوية" و "فرق تسد".  

طالما أننا لم ننهي هذا التصور للإنسان الذي بعتبرمحددا بتصوراته وخاضع لتجارب متلاعبة، فإننا لن نضع حدا للإرهاب. ويستمر النمل الأحمر ضد النمل الاسود دون التمكن من استعادة الرغبة في العيش معا في الاسترخاء والتفاهم والتعاون. أملين بان تفتحت دول البريكس الطريق إلى الرغبة في العيش معا وسوف نكون قادرين على أن نصبح شركائهم. 

6. Mikhail REMIZOV,Président de l’Institut de Stratégie Nationale et conseiller du Vice Premier Ministre Dmitri Rogozine, « L’Islamisme en Russie et des risques en Asie Centrale ». 

 

Le diplomate et chercheur britannique Robert Cooper propose de partager le monde en trois zones, non pas géopolitiques, mais plutôt « chrono politiques » : «le monde « pré moderne», «le monde moderne» et «le monde postmoderne». Le monde pré moderne, ce sont les régions de la planète où  les structures étatiques bien achevées ainsi que leur monopole de la violence légitime ne sont pas encore formées, l’urbanisation n’a pas avancé etc. Le monde moderne, ce sont les Etats qui fonctionnent selon l’ordre du jour moderne classique, fondé sur des principes d’industrialisation, de souveraineté nationale et sur l’équilibre géopolitique des forces. Le monde postmoderne, selon Cooper, c’est l’Europe, l’espace de l’Union Européenne où l’égoïsme nationale cède sa place à une dépendance mutuelle constructive, où les facteurs de puissance politique ne jouent plus le rôle clé. 

Aujourd’hui nous entendons souvent que les évènements en Ukraine ont ébranlé la conception même de l’Europe postmoderne, démilitarisée et pacifiste. C’est la raison pour laquelle l’Europe est furieuse contre la Russie. Or, ce n’est pas le moment, ni l’endroit convenable pour débattre de la question suivante : qui a le plus de responsabilités dans la crise ukrainienne ? Les deux y sont impliqués. Mais on peut assurément déclarer que la Russie n’est pas responsable de la détérioration de la conception de l’Europe pacifiste, de l’Europe post-historique, post-géopolitique et post-moderne. Tout simplement parce que dès le départ, cette conception était illusoire. Elle a rendu absolue l’unicité de sa situation historique, devenue possible à l’Europe grâce à la bipolarité soviéto-américaine. Hubert Védrine en parle d’une façon précise : « Ce n’est pas l’Europe qui a rendu possible la paix, mais c’est la paix qui a rendu possible l’existence de l’Europe» Cela veut dire que le modèle d’intégration européenne est «tout d’abord l’héritage de la situation géopolitique et non la réalisation d’un projet d’exception historique et morale». 

Une fois la situation géopolitique radicalement changée – lorsque le monde bipolaire est devenu quasi-unipolaire – beaucoup de dogmes de ce modèle sont restés dans le passé, y compris l’espoir de pouvoir surmonter les relations violentes dans la politique et la géopolitique.

Les années 90 et 2000 sont passées sur le continent européen sous le signe de la renaissance de la violence politique. Les années 90 ont été marquées par les conflits ethniques et les mouvements séparatistes (le démantèlement de l’URSS et de la Yougoslavie). Les années 2000 correspondent à la renaissance islamiste. Au cours de la décennie 2001-2011, les actes terroristes en Europe et en Amérique du Nord ont entrainé la mort de 4.900 personnes (le maximum durant toute l’histoire de l’Humanité). Sans même compter les attaques contre les Etats-Unis de septembre 2011, les 90 pourcents de toutes les victimes ont été assassinées par les islamistes. Au total, durant les années 2000, 40 actes terroristes environ ont été commis, ce qui double le nombre des attaques terroristes par rapport à la décennie précédente.

A partir de 1999, 59 actes de terrorisme de grande envergure avec des victimes civiles ont été commis en Russie, dont 58 par les islamistes. Pour l’année 2013, le nombre des victimes était de 1667 personnes. Néanmoins ces chiffres ne comprennent les actes locaux d’agression contre les forces de la sécurité nationale dans le Caucase du Nord. En 2004 uniquement,  leur nombre s’est porté à 265 attaques.

Le dernier incident d’envergure s’est déroulé il y a une semaine, à Grozny. Selon les données reçues, les dégâts auraient pu être beaucoup plus néfastes puisque les extrémistes avaient préparé le scénario de Beslan. L’épisode avec la bande de malfaiteurs, qui agissait cet été le long des autoroutes dans les environs de Moscou, est très évocateur. Cette bande crevait les pneus des voitures passantes et abattait les conducteurs et les passagers sans motivation évidente. Ils ont tué une vingtaine de personnes. Suite à l’arrestation de ces bandits, on a appris qu’ils étaient tous des immigrés d’Asie centrale, probablement des islamistes. Cela dit, leur conduite pourrait être interprétée comme une activité terroriste.

Le terrorisme n’est pas une simple infraction, mais un acte de communication. Comme je vous ai déjà dit, le rôle des communicants revient aux islamistes. Or la société, en tant que destinataire des messages, essaie de les camoufler. Il m’est difficile de porter une appréciation sur la situation en Europe, mais je crois qu’elle est la même qu’en Russie : lorsqu’on y parle des actes terroristes, on essaie de diminuer la motivation idéologique et religieuse. Cette intention est légitime ; si les terroristes tentent de parler au nom de l’Islam, il ne faut pas les y aider. Mais cela ne fonctionne pas de cette façon. Le terrorisme est une communication «  par contrainte ». Elle s’effectue même si nous nous efforçons de nous taire en réponse. La dialectique de guerre consiste en cela aussi : il faut reconnaître et désigner l’ennemi pour pouvoir le vaincre.

Le fossé entre l’Islam – religion mondiale – et l’islamisme intégriste – idéologie politique globale – devient de plus en plus important. Chaque religion dans le monde contemporain s’abrite derrière l’alibi suivant : elle ne peut être déclarée hors la loi ; l’idéologie, quant à elle, n’a pas cet alibi. La religion, c’est une chose, les formes radicales de sa manipulation politique, c’en est une autre.  Compte tenu du caractère initialement politique de l’Islam, il s’avère difficile de tracer la ligne entre l’un et l’autre. D’un point de vue purement historique, cela devient quasiment impossible. Toutefois, ce n’est pas une étude qu’il nous faut, mais plutôt une convention démarquant les limites entre la religion et l’idéologie. Il est nécessaire de définir des balises précises dans la législation afin qu’elles puissent indiquer où passe la frontière : Dévouement à l’idée d’un califat mondial ;

Rejet de la législation et du pouvoir civil, basé sur les normes de la charia ;

Usage de méthodes de force dans la mission ;

Imposition d’exigences territoriales et économiques au nom de l’Islam etc. 

Malgré la diversité des mouvements au sein de l’Islam, on peut en dégager les idées porteuses, qui provoquent le bond de la violence politique, et les déclarer hors la loi.

https://www.youtube.com/watch?v=-W2vmDbRopA 

Mikhail Remizov, President of the Institute of National Strategy and advisor to the Deputy Prime Minister Dmitry Rogozin,

 "Radical Islamism in Russia and risks in Central Asia." 

The diplomat and British researcher Robert Cooper  proposes to divide the world into three zones, not geopolitical, but rather "political clock", " modern pre " world, the “modern” world and" the postmodern” world.

"Pre modern world, for the regions of the world where state structures well completed and their monopoly of legitimate violence are not yet formed, where urbanization has not progressed etc. The “modern” world, for the States that operate according to the classic modern agenda, based on industrialization principles of national sovereignty and on the geopolitical balance of power. The “ postmodern “world, according to Cooper, is Europe, the space of the European Union when national selfishness gives way to a constructive mutual dependence, where the factors of political power no longer play the key role. 

Today we often hear that the events in Ukraine have shaken the very concept of postmodern Europe, demilitarized and pacifist. This is why Europe is furious against Russia. Now this is neither the time nor the appropriate place to discuss the question: Who has the most responsibility in the Ukrainian crisis? Both parts are implicated. But we can certainly say that Russia is not responsible for the deterioration of the design of the pacifist Europe, post-historic Europe, geopolitical and post-postmodern.

Because from the beginning, this concept was invalid. Considered as an absolute the uniqueness of this historical situation, the European reality was impossible thanks to the Soviet-American bipolarity. Quoting Hubert Védrine, former Foreign Affairs French Ministry: “This is not Europe that made peace getting possible, but it is peace that made possible the existence of Europe”. This means that the European model for integration is “first all the heritage of the geopolitical situation and not making a moral and exceptional European project”.

After radically changes in geopolitical situation - when the bipolar world has become unipolar almost - many dogmas of this model remained in the past, including the hope of overcoming violent relationships in politics and geopolitics.

The 90s and 2000s rose on the European continent under the sign of the revival of political violence. The 90s were marked by ethnic conflicts and separatist movements (with the dismantling of the USSR and Yugoslavia). The year 2000s correspond to the Islamic renaissance. During the decade 2001-2011, terrorist acts in Europe and North America have led to the death of 4,900 people (the maximum throughout the history of mankind). Without even including the attacks against the United States in September 2011, 90 percent of all victims were murdered by Islamists. In total, during the 2000s, about 40 terrorist acts were committed, which doubles the number of terrorist attacks over the previous decade. 

From 1999, 59 acts of terrorism with massive civilian casualties have been committed in Russia, including 58 by Islamists. For the year 2013, the number of victims was 1667 people. However, these figures do not include local acts of aggression against the forces of national security in the North Caucasus. In 2004 alone, the number has increased to 265 attacks.

The last major incident happened last week in Grozny. According to the data received, the damage could have been much more damaging because the extremists had prepared the operation similar to Beslan. The episode with the criminal gang, which was this summer along highways near Moscow, is very suggestive. This band was bursting tires of the passing cars and shooting drivers and passengers with no obvious motivation. They killed twenty people. Following the arrest of the bandits, it was reported that they were all immigrants from Central Asia, probably Islamists. That is the reason why their action could be interpreted as a terrorist activity.

Terrorism is not just a crime but an act of communication. As I have already said, the role of communicating people goes to Islamists. Now the society, as the recipient of the messages, is trying to cover them. It's hard to make an assessment of the situation in Europe, but I think it is the same as in Russia: When talking of terrorist acts, we attempt to reduce the ideological and religious motivation. This intention is justified; if terrorists are trying to speak for Islam, it should not help them. But it does not work that way. Terrorism is an "under constraint” communication. It is carried out even though we strive to remain silent in response. War dialectic is in this too: we must recognize and designate the enemy in order to defeat him.

The gap between Islam - Worldwide religion – and Islamic fundamentalism - Global political ideology - is becoming increasingly important. Every religion in the contemporary world hides behind the next excuse: it can not be outlawed; ideology, meanwhile, has not this kind of alibi. Religion is one thing, radical forms of its political manipulation, it is another thing.

Given the original political nature of Islam, it is difficult to draw the line between the one and the other. From a purely historical point of view, it becomes almost impossible. However, this is not a study that we need, but rather an international agreement demarcating the boundaries between religion and ideology.

It is necessary to define specific tags in the legislation so that they can indicate where the border passes:

Dedication to the idea of a global caliphate;

Rejection of the legislation and the civil power, justified by standards-based Islamic law;
Use of coercive methods in the mission;

Imposition of territorial and economic requirements in the name of Islam etc. 

Despite the diversity of movements within Islam, one can identify promising ideas, which produce increase of political violence and declare these ideas outlawed.

 http://www.idc-europe.org/fr/-La-force-de-l-islamisme-est-la-reverberation-de-la-faiblesse-de-notre-propre-projet-national-

 

يقترح الدبلوماسي والباحث البريطاني روبرت كوبر تقسيم العالم إلى ثلاث مناطق، ليست جيوسياسية، وإنما " كرونو سياسية"، "العالم" قبل الحداثة " و" العالم الحديث "و" العالم ما بعد الحداثة ". 

يتكون العالم" قبل الحداثة " من المناطق من العالم حيث هياكل الدولة المنجزة بشكل جيد واحتكار العنف الشرعي لم يتما بعد و لم يتقدم التحضر الخ.. العالم الحديث، هو الدول التي تعمل وفقا لجدول أعمال المبادئ الكلاسيكية اليوم استنادا إلي مبادئ التصنيع و السيادة الوطنية والتوازن الجيوسياسي للقوى. العالم ما بعد الحداثة، وفقا لكوبر، هو أوروبا و فضاء الاتحاد الأوروبي اين تترك الأنانية الوطنية الطريق للاعتماد المتبادل البناء، حيث عوامل القوة السياسية لم تعد تلعب دورا رئيسيا.

نحن كثيرا ما نسمع اليوم أن الأحداث في أوكرانيا قد هزت حتى تصور أوروبا ما بعد الحداثة ، منزوعة السلاح وداعية للسلام. هذا هو السبب الذي جعل أوروبا تغضب ضد روسيا. الآن هذا ليس الوقت ولا المكان المناسب لمناقشة المسألة التالية : من الذي لديه معظم المسؤولية في الأزمة الأوكرانية؟ هل كلا هما متورطان؟ . ولكن يمكننا بالتأكيد القول ان روسيا ليست مسؤولة عن تدهور تصميم أوروبا السلمية وأوروبا ما بعد تاريخية و ما بعد الجيوسياسية و ما بعد الحداثة.

ببساطة لأنه منذ البداية، كان هذا التصميم وهمي  جعل تفرد وضع أوروبا التاريخي مطلق اصبح ممكنا بفضل الثنائية القطبية السوفييتية الامريكية. يتحدث هوبير فيدرين عن ذلك بطريقة دقيقة: " ليست أوروبا التي جعلت السلام ممكنا، وإنما هو السلام الذي جعل من الممكن وجود أوروبا" وهذا يعني أن نموذج التكامل الأوروبي هو "أولا وقبل كل شيئ تراث الوضع الجيوسياسي وليس تحقيق مشروع استثنائي أخلاقي وتاريخي".  

بعد ان تغير الوضع الجيوسياسي جذريا - عندما أصبح العالم الثنائي القطبية  عالما أحادي القطبية تقريبا - وظلت العديد من عقائد هذا الترتيب في الماضي، بما في ذلك أمل التغلب على العلاقات العنيفة في السياسة والجيوسياسة.

سجلت أعوام التسعينات و الألفين تحت شعار إعادة إحياء العنف السياسي في القارة الأوروبية. حيث شهدت أعوام التسعينات مجموعة من الصراعات العرقية و الحركات الانفصالية (تفكيك الاتحاد السوفياتي ويوغوسلافيا). أما أعوام الألفين فقد عرفت نهضة إسلامية. خلال العقد 2001-2011، أدت الأعمال الإرهابية في أوروبا وأمريكا الشمالية إلى وفاة 4900 شخص (الحد الأقصى طوال تاريخ البشرية كله). دون حتى عدّ الهجمات ضد الولايات المتحدة في سبتمبر 2011، 90 في المئة من جميع الضحايا قتلوا من قبل الإسلاميين. في المجموع، خلال أعوام الألفين، ارتكبت نحو 40 عملية إرهابية، مما يضاعف عدد الهجمات الإرهابية مقارنة بالعقد السابق.

منذ عام 1999، ارتكبت في روسيا 59 عملية إرهابية مع خسائر جسيمة من بين المدنيين، بما في ذلك 58  عملية ارتكبت من قبل الإسلاميين. للعام 2013، كان عدد الضحايا 1667 شخص. ومع ذلك، فإن هذه الأرقام لا تشمل الأعمال المحلية للعدوان ضد قوات الأمن الوطني في شمال القوقاز. في عام 2004 وحده، ازداد العدد إلى 265 الهجمات.

وقع الحادث الرئيسي الأخير هناك أسبوع واحد في غروزني. ووفقا للبيانات الواردة، يمكن أن يكون الضرر أكثر خطورة بما أن المتطرفين قد أعدوا سيناريو بيسلان. حيث كانت الحلقة مع العصابة الإجرامية التي كانت تقوم بعملياتها هذا الصيف على طول الطرق السريعة بالقرب من موسكو، موحية بشكل كبير. كانت هذه المجموعة تفجر اطارات السيارات المارة وتقتل السائقين والركاب دون أي دافع واضح. لقد قتلوا عشرين شخصا. وبعد إلقاء القبض على هؤلاء قطاع الطرق، أفيد أنهم كانوا جميعا من المهاجرين من آسيا الوسطى، وربما من الإسلاميين، و يمكن تفسير سلوكهم باعتباره نشاطا إرهابيا.

ليس الإرهاب مجرد مخالفة او جريمة بل عملية اتصالية. و كما سبق أن قلت، دور التواصل يعود إلى الإسلاميين. غير أن المجتمع، من حيث أنه متلقي الرسائل، يحاول تغطيتها. كماإنه من الصعب إجراء تقييم للوضع في أوروبا، ولكن أعتقد أنه هو نفس حال روسيا: عندما نتحدث عن الأعمال الإرهابية، هناك محاولة للحد من الدافع الأيديولوجي والديني. والقصد من ذلك مشروع. إذا كان الإرهابيين يحاولون التحدث باسم الإسلام، فإنه لا ينبغي مساعدتهم. و لكن الامر لا يعمل بهذه الطريقة. الإرهاب هو اتصال "بالإكراه" و يتم تنفيذه على الرغم من أننا نسعى جاهدين لالتزام الصمت ردا على ذلك. جدلية الحرب في هذا أيضا: يجب أن يعرف ويعين العدو من أجل إلحاق الهزيمة به. 

أصبحت الفجوة بين الإسلام - دين عالمي و الإسلامية المتطرّفة - إيديولوجية سياسية عامة - ذات أهمية متزايدة. كل دين في العالم المعاصر يحتمي وراء العذر التالي: لا يمكن أن يتم إعلانه خارج عن القانون. أما الأيديولوجية، وفي الوقت نفسه، ليس لديها هذا العذر. الدين هو شيء، و أشكال التطرف للتلاعب السياسي به شيء أخر. ونظرا للطبيعة الأصلية السياسية للإسلام، فإنه من الصعب رسم الخط الفاصل بين الواحد والآخر. من وجهة نظر تاريخية بحتة، يصبح هذا من المستحيل تقريبا. ومع ذلك، نحن لسنا بحاجة للدراسة، وإنما اتفاق يرسم الحدود بين الدين والأيديولوجية. فمن الضروري تحديد علامات مدققة في التشريع بحيث يمكنها أن تشير إلى حيث تعبر الحدود: التفاني في فكرة الخلافة العالمية؛

رفض التشريع والسلطة المدنية، المعايير المستندة إلى الشريعة الإسلامية.

استخدام أساليب القوة مع البعثة؛

فرض مطالب إقليمية واقتصادية باسم الإسلام الخ

 

وعلى الرغم من تنوع الحركات داخل الإسلام، يمكن تحديد الأفكار الواعدة، والتي تسبب السندات العنف السياسي ونعلنها محظورة.