International Seminar on Iraq's security and political future 

ندوة دولية حول المستقبل السياسي و الأمني في العراق

Le lundi 6 octobre 2014

Monday October  6th, 2014 

يوم الاثنين، 6 أكتوبر، 2014

Assemblée Nationale ( Salle Lamartine )

at the Assemblée Nationale, Paris, France.

المجلس الوطني بباريس، فرنسا

  

Dans le cadre de ses analyses des grandes questions géopolitiques du  monde d’aujourd’hui, l'Académie de Géopolitique de Paris a organisé ce colloque international avec pour but de mettre la lumière sur la nature profonde de la crise irakienne, les caractéristiques militaires et stratégiques du conflit et de décrire précisément ses différents belligérants traditionnels et récents, étatiques et non-étatiques.  En présence des membres des corps diplomatiques de différents pays tels, les Excellences les ambassadeurs, les premiers et deuxièmes secrétaires, conseillers et chefs de section et de mission, et chargés d’affaires des ambassades  du Bahreïn, de Bolivie, de Birmanie, du Brésil, du Burkina Faso, du Canada, de Chine, de Cuba, de Finlande, d'Egypte, d'Indonésie, d’Irak, du Japon, du Kosovo, de Norvège, d'Oman, du Pakistan, du Qatar, de Roumanie, de Russie, de Singapour, de Serbie, de Suède, de la république tchèque ainsi que la Turquie,  le colloque à été inauguré par le Président de l’Académie de Géopolitique de Paris qui a tenu a remercier tous les présents au colloque. Un remerciement particulier est adressé à monsieur le député Jacques Myard pour sa précieuse collaboration.
The Académie de Géopolitique de Paris (AGP), specialized in the research and analysis of today world 's geopolitical questions, organises this Seminar in order to focus on the profound nature of the irakian crisis, the military and strategic characteristics of the on going conflict and to describe precisely the various  traditional and recent belligerents,either state or non state.
We have the honour and privilege to  to welcome on this occasion a geat number of members of the diplomatic corps from many countrie such as their Excellencies the Ambassadors, the Ministers councillors, , the chiefs of missions,the first secretaries; the chargés d'affaires of Bahrein, Bolivia, Burma,Brazil, Burkina Faso, Canada, China, Cuba, Finland, Egypt, Indonesia, Iraq, Japan, Kosovo, Norway, Oman, Pakistan, Quatar, Romania, Russia, Singapore, Serbia, Sweden, Tchec Republic, Turkey. This event was opened by the Chairman of the AGP who expressed his grateful appreciation to the participants, most particularly Mr Jacques Myard, Member of Parliament, for his much appreciated collaboration.  

في سياق القضايا الجيوسياسية الكبرى التي يعيشها عالم اليوم، نظمت الأكاديمية الجيوسياسية الباريسية في يوم 06 اكتوبر 2014 ندوة  بالمجلس الوطني في باريس تهدف الى تسليط الضوء علي الطبيعة العميقة للأزمة العراقية، والخصائص العسكرية و الإستراتيجية للصراع و الوصف بدقة مختلف المتحاربين التقليديين والجدد، الحكوميين وغير الحكوميين.

مع حضور أعضاء السلك الدبلوماسي من مختلف البلدان مثل أصحاب السعادة السفراء والأمناء والمستشارين ورؤساء الأقسام والمكلفين بالإعمال لسفارات كل من البحرين و بوليفيا و بورما والبرازيل و بوركينا فاسو و كندا والصين و كوبا و فنلندا ومصر واندونيسيا والعراق واليابان وكوسوفو والنرويج وعمان و باكستان وقطر و رومانيا وروسيا وسنغافورة وصربيا والسويد وجمهورية التشيك وتركيا، وقد تم افتتاح المؤتمر من قبل رئيس الأكاديمية الجيوسياسية الباريسية علي راستبين الذي وجه شكره لجميع الحاضرين في الندوة. كما وجه شكر خاص إلى السيد النائب جاك ميارد لتعاونه القيم.

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Le président de l’Académie de Géopolitique de Paris Ali Rastbeen a ensuite donné la parole à monsieur le député Jacques Myard pour un discours d’ouverture dont voici le résumé :
اعطى بعد ذلك رئيس الأكاديمية الجيوسياسية الباريسية الكلمة للسيد النائب جاك ميارد لكلمة افتتاحية  نتلخصها بما يلي :

  

L'Irak, depuis quelques années et singulièrement ces mois, est devenu un enjeu international régional et transnational de tous les écueils, de tous les défis mais aussi, dès lors, de tous les pièges.
Il est important de souligner les risques qui sont les nôtres de manière générale. Ce sont, bien sûr, les pièges que nous tendent les terroristes. Il s’agit d’un défi permanent qui s'est, certes très récemment, aggravé avec l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). Cette entité, Daech, est en réalité, semblable à une société par actions dans laquelle de multiples forces régionales ont émis des parts. Daech n'est pas né d'une action spontanée.
Le premier piège, c'est l'amalgame qui pourrait naître de la confusion avec l'Islam. Nous savons pertinemment que l'Islam de Daech ne représente pas l'Islam dans son ensemble.
Le deuxième piège, c'est celui de l'engrenage que cette crise peut engendrer. Combattre Daech grâce à une coalition menée par les Américains comporte le risque d'être emporté par la logique militaire. Or en France, l'Histoire a démontré avec les conflits de la colonisation, qu’il existe  un droit de suite...
Le troisième piège, c'est celui de voir renforcer l’image d’une guerre de l'Occident contre l'Islam. Ce n’est pas une guerre de religion, c’est une guerre contre le fanatisme.
L'objectif est que cette guerre contre le terrorisme soit d'abord réglée par les puissances régionales elles-mêmes : c'est une affaire qui relève d'abord des Irakiens, des Syriens mais aussi des puissances qui ont régionalement et localement joué aux apprentis sorciers et qui doivent revisiter leur action. On ne peut pas taire l'ambiguïté de la politique de Qatar, ni celle de l'Arabie saoudite ou de la Turquie. Il faut avoir le courage de dire à ces Etats - qui peuvent être des partenaires dans certains domaines avec la France et les Etats européens - , qu’ils doivent changer de politique et que nous ne saurions cautionner l'ambiguïté de leur position.
Cela signifie aussi qu'il faut tirer un certain nombre de conséquence des erreurs commises dans le conflit syrien. Certes, Bachar El-Assad n'est pas un grand démocrate - il est même tout le contraire -, mais l'erreur qui a été faite consiste à croire qu'il allait tomber sous quelques jours. Il est clair aujourd'hui que si Bachar El-Assad peut causer problème à la communauté internationale, il risque d'être supplanté par un danger bien plus grand qui déstabilisera toute la zone. Il faut donc ouvrir les yeux sur l'ensemble de la politique sur la Syrie. 
Il y a un autre défi, le danger de reconstruire la carte des Etats et des frontières de la zone. Si l'intégrité des frontières n'est pas un diktat intangible, il est nécessaire, cependant, d'éviter qu'une désorganisation structurelle étatique n'accroisse encore l'instabilité de la région à un moment délicat.
Il va être extrêmement difficile à certains Etats de recouvrer une unité nationale complète, dans le cas de  la Syrie et de l'Irak notamment. On voit bien que s’y exercent des forces centrifuges fortes, et je mets en garde ceux qui échafaudent des hypothèses,  en particulier sur la question du Kurdistan.
L'objectif  est d'amener les puissances de la zone à régler ce conflit et à cesser, notamment dans le conflit syrien, de jouer leurs propres intérêts au détriment des autres.
Il est clair que pour stabiliser la zone, nous n'échapperons pas au retour de l'Iran. Certes il y a un dossier iranien qu'il faut traiter , qui pose des problèmes de dissimulation de prolifération nucléaire mais en ce qui concerne la stabilité de la zone, la lutte contre le terrorisme ou la maîtrise de l'évolution de la situation internationale, l'Iran est un acteur essentiel, partie à cet enjeu. Cela  signifie que des Etats comme l'Arabie saoudite et le Qatar devront aussi l’accepter, prendre en compte la réalité des choses et cesser l’ambiguïté de leur politique.  
Ces défis sont majeurs car nous sommes dans un village planétaire. La question d'Orient que les Français et les Européens voyaient de très loin parce qu’ils étaient accaparés par d’autres préoccupations revient en force. Ainsi la politique étrangère de la France doit-elle, par une action multi-bilatérale, se concentrer sur le Proche et le Moyen-Orient : c'est là où se joue la paix du monde.
 Below,please find  a short summary of Jacques Myard's opening speech: 
Since a number of years and singularly a few months, Iraq has become an international, regional and transnational issue, mother of all risks,challenges and hence also of  all traps 
In general principle, it is important to underline the risks we have to face obviously from the terrorists themselves.This is a permanent challenge which has recently become more serious with the Islamic State in Iraq and the Levant (ISIL); The latter, Daech is in reality,similar to a share corporation in which many regional forces have issued shares. Daesh  is not born through spontaneous generation ! 
The first trap is the amalgam that could result from the confusion with islam.We are all aware that Islam as proclaimed and practised by Daesch doesn’t represent Islam in its whole.
The second trap resides in the sequencial effect which this crisis can generate.I think that combatting Daech with a US led Coalition contains the risk of being carried away toward a military option.Or, French history has demonstrated,through the colonial wars, that there is a right of poursuit…
The third trap is the risk for this conflict to be perceived as the war of the West against Islam! Or in reality,this is not the war against a religion, but on the contrary against fanaticism.
The objective is that this war against terrorism be first of all effected by the regional powers themselves : this is first of all the war of the irakians,the syrians but also of those powers that have played with fire in this region and locally and have to review their action.One cannot just ignore the ambiguity of the policy of Qatar,Saudi Arabia or Turkey.We must have the courage to tell these countries,their possible partnership with France and some other European states nothwithstanding, that they’d better have to change their policy and that we would no longer guarantee their position.
This means that we have to draw a certain number of lessons from our mistakes in the syrian conflict. Indeed, Bachaar is not an exemplar democrat,he may even be the opposite thereof but it was a mistake to make people believe that his regime would fall in a few days.It is now clear that if Bachaar El Assad can disturb the international community,he may be substituted by a much more serious danger that will destabilize the whole region.One has thus to open the eyes on the entire policy on Syria.  There is another challenge which is to redraw the maps of the local states and the frontiers of this zone.If the integrity of the frontiers is not an intangible diktat, it is however necessary to avoid that a disorganization of the structures of the states may increase the instability of the whole region at a sensible time.
It is going to be extremely difficult for certain states to recover a complete national unity,in the case namely of Syria and Iraq. We see well the powerful centrifugal forces at work and I would have to warn those  who mount hypotheses, particularly on the case of Kurdistan.
Our objective is to induce the local powers to settle this conflict and to stop,namely in the case of the Syrian conflict,to privilege their own interests to the detriment of the others.
It is clear that we will not spare the return of Islam if we want to stabilize the zone.There is surely the Iranian problem that we must deal with, concerning the issue of nuclear dissimulated proliferation, but with regard to the  stability of the zone, the combat of terrorism or the control of the evolution of the international situation,Iran is an essential player, party to this issue.This means that the states such as Saudi Arabia and Qatar will have to accept this ,take into account the reality of the situation and stop the ambiguity of their own policy.
These challenges are important because we now live in a planetary village.The question of the near and Middle East which the French and Europeans perceived as very far because of their other concerns now reemerges with force.
Thus,French foreign policy must, by a multi-bilateral action, be concentrated on the near and middle East because world peace is at stake in this region. 

   أصبح العراق في السنوات الأخيرة، وخاصة في الأشهر الاخيرة، رهان دولي و إقليمي وعابر للحدود لكل المخاطر و  التحديات، ولكن أيضا، بذلك، لكل الفخاخ.  و من المهم تسليط الضوء على المخاطر التي نواجهها بشكل عام. اقصد بالطبع تلك التي نصبها لنا الإرهابيين. ان هذا تحدي مستمر الذي هو بالتأكيد تتفاقم مرخرا مع الدولة الإسلامية في العراق والشام (EIIL). هذا الكيان، داعش هو في الواقع مشابه لشركة متعددة الأسهم أصدرت فيها قوى إقليمية متعددة حصص ثم ان داعش لم يولد من عمل تلقاءي.

الفخ الأول هو الاختلاط الذي يمكن أن تنشأ من الارتباك مع الإسلام. ونحن نعلم أن الإسلام الذي يدّعيهداعش لا يمثل الإسلام.

الفخ الثاني هو النتائج التي يمكن أن تسببها هذه الأزمة. محاربة داعش بواسطة تحالف تقوده الولايات المتحدة تحمل خطر الانجراف الى منطق عسكري. ولكن في فرنسا،  أثبت التاريخ مع صراعات الاستعمار ان هناك ما يعرف بحق الرد ...

الفخ الثالث هو أن تعزز صورة حرب الغرب ضد الإسلام خيث ان هذه ليست حربا دينية، بل هي حرب ضد التعصب و التطرف.

الهدف من ذلك هو أن الحرب ضد الإرهاب لا بد من حلها أولا من قبل القوى الإقليمية نفسها: إنها مسألة تخص أولا العراقيين والسوريين ولكن أيضا القوى التي لعبت إقليميا دورا في هذه الازمة و التي يجب  ان تعيد النظر في تصرّفاتها. لا يمكننا إسكات غموض سياسة قطر، ولا غموض سياسة العربية السعودية أو تركيا. يجب أن تكون لدينا الشجاعة لكي نقول لهذه الدول - التي يمكن أن تكون شريكة في بعض المجالات مع فرنسا والدول الأوروبية - أنها بحاجة إلى تغيير سياساتها، وأننا لا يمكن أن تتغاضى عن غموض موقفهم.

وهذا يعني أيضا أنه يجب علينا اتخاذ عدد من الاستنتاجات من الأخطاء المرتكبة في الصراع السوري. صحيح أن بشار الأسد ليس برئيس ديمقراطي – بل هو عكس ذلك  تماما - ولكن الخطأ الذي ارتكب هو الاقتناع بانه سيسقط في غضون أيام قليلة. فمن الواضح الآن أنه إذا لا يزال بشار الأسد يشكل خطرا بالنسبة للمجتمع الدولي، ويحتمل لاايتبداله بخطرا أكبر بكثير يمكنه زعزعة استقرار المنطقة بأكملها. يجب علينا اذن ان نكون حذرين على كامل السياسة المطبقةفس الازمة السورية.

هناك تحد آخر، يتمثل في خطر إعادة بناء خريطة الدول وحدود المنطقة. إذا كانت سلامة الحدود ليست التزامات غير مادية،، ومع ذلك من الضروري تجنب فوضى هيكلية دولية  تدعم اكثر حالة عدم الاستقرار في المنطقة في وقت حساس.

سيكون من الصعب للغاية بالنسبة لبعض الدول استعادة وحدة وطنية كاملة، في حالة سوريا والعراق على وجه الخصوص. حيث ان هناك قوى نابذة قوية، وأنا أحذر هؤلاء الذينيضعون مجموعة من الافتراضات، ولا سيما بشأن مسألة كردستان.

الهدف هو دفع قوى المنطقة لحل هذا الصراع وتجاوز، وخاصة في الصراع السوري مصالحهم الخاصة على حساب الآخرين.

فمن الواضح أنه لتحقيق الاستقرار في المنطقة، فإننا لن نستغني عن عودة إيران. بالتأكيد هناك مسألة ايرانية يجب معالجتها، تتمثل في مشكلة إخفاء الانتشار النووي ولكن فيما يتعلق باستقرار المنطقة ومكافحة الإرهاب والسيطرة على تطور الوضع الدولي  إيران هي لاعب رئيسي و طرف في هذه القضية. هذا يعني أن دولا مثل السعودية وقطر لا بد ان يقبلوا أيضا هذا الفاعل، و ان يأخذوا بعين الاعتبار واقع الأشياء وانهاء غموض سياستهم.

هذه التحديات هي كبيرة لأننا في قرية عالمية، حيث عادت المسألة الشرقية بقوة لدى الأوروبيين و الفرنسيين الذين كانوا ينظرون اليها من بعيد لأنهم كانوا مشغولين بمخاوف أخرى. و بهذا فان السياسة الخارجية لفرنسا بفضل عمل ثنائي ومتعدد الأطراف لا بد عليها ان تركز على الشرق الأقرب و الأوسط: هذا هو المكان الذي يقرر فيه السلام العالمي.

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Le président de l’Académie de Géopolitique de Paris Ali Rastbeen a ensuite prononcé son propos de préambule pour amorcer les différentes interventions dont voici le résumé :

Au Moyen-Orient, l’Irak constitue un ensemble ethnique et religieux très varié et occupe une place sensible particulière. Ce territoire connaît une importante histoire dans la civilisation mondiale et renferme des réserves pétrolières considérables.  Du point de vue géographique, il se situe dans la prolongation de la péninsule arabique sur le littoral du Golfe Persique. Le nord et l’est de ce pays sont couverts de montagnes. Il se trouve au voisinage de l’Iran, de la Turquie et des kurdes qui bénéficient aujourd’hui d’une autonomie dans le cadre d’un Irak unique car après la chute du régime militaire baasiste, l’Irak est devenu, dans la pratique, un pays fédéral.

Sur le plan de la composition démographique, dans les régions montagneuses et  le nord de l’Irak, outre les kurdes, les deux minorités assyrienne et turcomane sont implantées depuis des temps historiques. Outre l’Islam – religion dominante – les religions anciennes comme le sabéisme et le yézidisme qui puisent leur origine dans les croyances de l’Iran antique y sont toujours présentes. Le christianisme, le judaïsme et les différentes communautés islamiques coexistent malgré leurs grandes diversités ethniques et religieuses. Cependant le chiisme y compte le plus grand nombre de fidèles. Les Iraniens composent la grande majorité des habitants non irakiens de ce pays. Or, depuis l’époque de l’empire ottoman et jusqu’à la chute du régime du parti Baas, l’administration du pays était exclusivement exercée par les sunnites. Ce facteur a joué un rôle important dans les événements de la dernière décennie et maintient son importance dans la crise que traverse ce pays. 

Les villes saintes du chiisme telles que Karbala, Nadjaf, Kazimain, Samarra, sont, depuis des siècles, les lieux de pèlerinage convoités par les chiites.. Les revenus du pèlerinage constituent une des composantes de l’économie irakienne.

Ce qui est survenu en Irak après la chute du parti Baas peut être considéré comme une « Renaissance ». Une renaissance qui ne peut se réaliser à travers les guerres et les conflits ethniques, raciaux, religieux et par le biais des pouvoirs militaires. Le monopole de la puissance est toujours désastreux et la seule voie pour brider le pouvoir est que le monopole passe par la mondialisation du pouvoir. Le squelette de ce pouvoir, a été instauré, au lendemain de la seconde guerre mondiale, par la Charte des Nations Unies. Or, la volonté mondiale doit accorder à ce squelette, l’âme, la volonté et la capacité d’une présence réelle dans la mise en œuvre du nouvel ordre.

il est clair que les islamistes radicaux représentent un véritable danger. Les efforts régionaux et internationaux dans la lutte contre le terrorisme et la propagation de l'extrémisme, représentent une menace directe à la sécurité et la stabilité du Proche-Orient et du monde entier. 

La communauté internationale doit consolider ses efforts dans la lutte contre le terrorisme en Syrie et en Irak, tout en respectant strictement la souveraineté de ces Etats, et  mobiliser ses efforts pour couper le financement de ce groupe radical islamiste  , améliorer le travail des  services de renseignement, renforcer les défenses, endiguer l'idéologie dénaturée de ce groupe et arrêter le flot de combattants étrangers au Proche-Orient et depuis cette région.

Il est  temps que les acteurs régionaux et internationaux procèdent à une profonde analyse d'ensemble des problèmes de l'extrémisme et du terrorisme au Proche-Orient et en Afrique du Nord, sous la médiation des Nations unies, et  examiner les conséquences des guerres et des agressions du passé, d'analyser les causes de l'échec des négociations sur des conflits très anciens, notamment du progrès insuffisant de l'initiative de paix arabe.

Nous espérons que, dans le cadre de la tenue de ce colloque, les chercheurs de renom, les universitaires, les analystes, les spécialistes et les journalistes qui se réunissent aujourd’hui, grâce à leur participation efficace et leurs échanges d’idées, mettront l’accent sur nouvelles configurations ethniques et confessionnelles de la région. De même, les échelles nationale, régionale et internationale à la lumière des jeux d'influence des puissances concernées, de l'Iran aux Etats-Unis, de l'Arabie saoudite à la Turquie, et des institutions internationales engagées, de l'ONU à l'Union européenne. 

Iraq constitutes in the Middle East a very varied ethnic and religious mosaic and occupies a particular strategic position in this part of the world. It holds an important place in world civilization and contains in its subsoil considerable oil reserves.

Apart from the Kurds, the Assyrian and Turkomene minorities have inhabited this land since times immemorial. Besides Islam, ancient faiths such as Sabeism and Yezidism have coexisted along with Christianity, Judaism and different Islamic communities despite their important ethnic and religious diversities. The chiites however constitute the largest majority. But, since the Ottoman empire till the fall of the Baasist regime, the politics and administration of the country were exclusively in the hands of the Sunnites. This factor played an important role in the events of the last ten years and still impacts significantly the crisis that Iraq experiences.

The radical islamists represent a real danger for the security and stability of the Middle East and the whole world. The regional and international efforts against terrorism and the propagation of extremism are therefore necessary and must be pursued. DAESH is neither a state nor Islamic but is really a sophisticated terrorist organization among the most dangerous.

It is now time that regional and international actors make an in depth and global analysis of  extremism and terrorism in the Near East and North Africa, under the  mediation of the UN and to examine the consequences of the aggressions and wars of the past, to study the causes of the failure of the negotiations on the very ancient conflicts, namely the insufficient progress of the Arab peace initiative. 

We expect that during this seminar on this important international hot issue, you the reputed researchers, university scholars and analysts assembled here today participate actively through your exchange of ideas and focus on the new ethnic and religious configurations in the region and on the  international level, in the light of the power games between the countries involved, from Iran to the US, from Saudi  Arabia to Turkey as well as among the engaged international institutions from the UN to the E.U. 

 ثم ألقى بعد ذلك رئيس الأكاديمية الجيوسياسية الباريسية الدكتور علي راست بين  كلمة مقدمة للشروع في العمل تتلخص بما يلي :

يشكل العراق في الشرق الأوسط كتلة عرقية ودينية متنوعة للغاية تحتل موقع جيواستراتيجي متميز. لهذا البلد تاريخ هام في الحضارة العالمية، وهو يحتوي على احتياطيات نفطية كبيرة. من الناحية الجغرافية، يقع في امتداد شبه الجزيرة العربية على ساحل الخليج الفارسي. تغطي الجبال شمال وشرق البلاد. وهو على مقربة من إيران وتركيا والمناطق الكردية التي تتمتع اليوم باستقلاليتها في إطار عراق واحد، لأنه بعد سقوط النظام العسكري البعثي، أصبح العراق في الممارسة العملية، بلد اتحادي. 

من حيث التكوين الديموغرافي، في مرتفعات وشمال العراق، إضافة إلى الأكراد، تتواجد هناك منذ العصور، أقليات آشورية وتركمانية. إلى جانب الإسلام - الدين السائد - لا تزال هناك ديانات قديمة كالصابئة  واليزيدية الذين تعود جذورهم إلى معتقدات إيران القديمة. كما تتعايش المسيحية واليهودية ومختلف الطوائف الإسلامية على الرغم من اختلافها العرقي والديني الكبير. وللتشيع أكبر عدد من الأتباع كما يشكل الإيرانيون الغالبية العظمى من السكان المحليين غير العراقيين. ولكن منذ  زمن الإمبراطورية العثمانية حتى سقوط النظام البعثي، تمارس إدارة البلد بشكل حصري من قبل السنة. لعب هذا العامل دورا رئيسيا في أحداث العقد الماضي ويظل امرا مهما في الأزمة التي يشهدها البلاد.  مدن كربلاء و النجف و الكاظمين وسامراء المقدسة في الإسلام الشيعي، هي على مدى قرون مواقع زيارة يهب عليها الشيعة. حيث ان إيرادات الزيارة هي واحدة من مكونات الاقتصاد العراقي.

ما حدث في العراق بعد سقوط حزب البعث يمكن اعتباره "كنهضة"جديدة. و لا يمكن لهذه "النهضة" أن تتحقق في ظل الحرب والصراع العرقي و العنصري والديني و / أو من خلال قوى عسكرية. حيث ان احتكار السلطة كارثي و السبيل الوحيد للحد من هذا الاحتكار هو من خلال "عولمة" السلطة. وهو مشروع تم وضعه في أعقاب الحرب العالمية الثانية، من خلال ميثاق الأمم المتحدة الذي لا بد على الرغبة العالمية اليوم اعطاءه روح وإرادة وقدرة وجود حقيقي في تنفيذ النظام الجديد.

الكل مقتنع بأن الإسلاميين المتطرفين يشكلون خطرا حقيقيا. لذا فان الجهود الإقليمية والدولية في مكافحة الإرهاب وانتشار التطرف الذين يشكلون تهديدا مباشرا على أمن واستقرار الشرق الأوسط بل والعالم كله هي امور هامة، ويجب متابعتها. كما ان مجموعة داعش ليست  لا دولة ولا إسلامية، ولكنها في الواقع منظمة ارهابية متطورة شديدة الخطورة.

ان ضرورة احترام سيادة وسلامة أراضي دول المنطقة تلزم المجتمع الدولي بحشد جهوده لقطع التمويل على هذه الجماعة المتطرفة، وتحسين عمل أجهزة الاستخبارات، وتعزيز الدفاع، وسد الأيديولوجية المشوهة والمحرفة لهذه المجموعة ووقف تدفق المقاتلين الأجانب الى الشرق الأوسط ومن هذه المنطقة. 

حان الوقت  للأطراف الإقليمية والدولية إجراء تحليل عميق لجميع مشاكل التطرف والإرهاب في الشرق الأوسط وشمال أفريقيا، تحت وساطة الأمم المتحدة، ودراسة عواقب حروب واعتداءات الماضي، وتحليل أسباب فشل المفاوضات حول نزاعات قديمة جدا، بما في ذلك التقدم غير الكافي في مبادرة السلام العربية.

نأمل انه في اطارهذه الندوة بشأن هذه المسألة الهامة والراهنة دوليا، سيتمكن الباحثون والأكاديميون والمحللون المجتمعون اليوم، وذلك بفضل مشاركتهم الفعالة وأفكارهم المتبادلة من خلال الدائرتين المستديرتين من التركيز على التكوينات العرقية والدينية الجديدة في المنطقة وكذلك على المستويات الوطنية والإقليمية والدولية في ضوء ألعاب القوى للعاملين المعنيين، من ايران الى الولايات المتحدة و من المملكة العربية السعودية إلى تركيا، وكذلك للمؤسسات الدولية المعنية  من الأمم المتحدة إلى الاتحاد الأوروبي.  

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 Le colloque a été organisé en deux tables rondes. 

وقد نظمت الندوة في شكل اثنين مائدتين مستديرتين        

 

La première table ronde a été inaugurée par monsieur Alain CORVEZ, Conseiller en stratégie internationale qui a intitulé sont intervention " La situation en Irak". 

L’évolution générale de la situation stratégique mondiale a contribué à donner aux populations un sentiment de délégitimation des médias, des pouvoirs politiques nationaux et  internationaux. La dissimulation des ambitions stratégiques des grandes puissances et des pouvoirs transnationaux sous un vernis de moralisation a pu jouer un temps grâce à la manipulation de l’émotion et des bons sentiments. Le sommet de cette stratégie étant de créer artificiellement un état de crise et d’exception permanente. On assiste cependant depuis peu à un processus de rejet des systèmes établis lesquels semblent, aux yeux des peuples, n’avoir résolu aucun des grands problèmes stratégiques contemporains. Par exemple il est établi que le carcan idéologique atlantiste entraîne la géopolitique française et européenne vers des objectifs qui ne sont pas les leurs. De même, la situation en Irak et en Syrie est à replacer dans une géopolitique internationale plus vaste, celle de l’affrontement entre les intérêts stratégiques de puissances régionales et mondiales en compétition. Ainsi, l’alliance américaine avec l’islam rigoriste du wahhabisme ne s’est jamais démentie et nous savons que le terrorisme islamiste est soutenu depuis le début par les Séoudiens, puis les Qataris et par opportunisme, également par la Turquie. Si l’offensive éclair de DAESH (Daouled al Islamiyeh fi al Irak wa bilad al Sham) était sous contrôle des services de renseignement américains c’était pour renverser Maliki ou au moins de l’amener à des concessions importantes qu’il persistait à refuser, pour établir un gouvernement de consensus. Le but n’était pas de prendre Bagdad et l’alliance paradoxale entre une organisation islamiste et un parti d’idéologie laïque n’était que de circonstance. Les ouvertures de Maliki vers la Russie et la Chine n’étaient pas non plus pour plaire aux Etats-Unis et il devenait important pour Washington de reprendre un contrôle à Bagdad qui commençait à lui échapper. Mais après les conquêtes territoriales fulgurantes de Daesh et le départ de Maliki, les Etats-Unis ont décidé de mettre un coup d’arrêt à l’offensive par des frappes aériennes et ont constitué une coalition pour combattre l’organisation terroriste avec le soutien de l’opinion publique internationale horrifiée par les décapitations d’otages largement  diffusées par des vidéos. Le rôle de l’Iran, de la Turquie et des Kurdes fut ainsi réévalué, et il existe une tentation américaine de se servir de cette opération pour renverser le pouvoir légal de Damas en contournant les objectifs affichés. 

Alain CORVEZ, Consultant on International Strategy :  « The situation in Iraq ».

The global evolution of the world strategic situation has contributed to the feeling of the  « delegitimation »  of the medias,the national and international political authorities among the populations. The dissimulation of the strategic ambitions of the great powers and of the transnational organizations under the nice cover of moralization has worked for a while

Thanks to the manipulation of emotions and good feelings. The apex of this strategy is to create artificially a situation of crisis and permanent exception. We have seen however recently a process of rejection of the established systems which seem, in the eyes of the populations, unable to solve any of the strategic problems of our time. For example; it is now proven that the atlantist ideological constraint has pushed French and European geopolitics towards objectives that are not really theirs. Likewise, we have to place the situations of Iraq and Syria in a larger international geopolitical dimensions in which are confronted strategic interests of competing regional and international powers.

Thus; the alliance between the US and the rigorist islam of Wahhabism has never been contradicted and we know that right from the start, islamist terrorism has been supported by the Saudi Arabs, later on by the Quataris and also by Turkey opportunistically. If  DAESH ‘s blitzkrieg offensive (Daouled al Islamiyeh fi al Irak wa bilad al Sham) was under CIA control, the reason was to overthrow Maliki or ,at least, to induce him to make major concessions he had persistently refused, to set up a consensus government. The objective was not to take Bagdad and the paradoxical alliance between an Islamic organization and a laic party was pure tactics.

Maliki’s overtures to Russia and China had nothing to please the americans and it became important for Washington to resume the control of Bagdad that had slipped away out of American control. But after DAESH‘s shocking territorial conquests and Maliki’s departure, the americans decided to stop Daesh‘s attacks with heavy air strikes and to form an international coalition designed to fight the Islamic organization with the support of world public opinion, horrified by widely video broadcast scenes of hostage decapitations. Thus, the role of Iran, Turkey and the Kurds was re assessed and there is the temptation for the americans to make use of this operation to overthrow the legal authority in Damas by bypassing the displayed objectives. 

اافتتحت المائدة المستديرة الأولى من قبل السيد آلان كورفيس، مستشار في الاستراتيجية الدولية الذي عنون مداخلته بعنوان "الوضع في العراق".

لقد ساعد التطورالعام للوضع الاستراتيجي العالمي في اعطاء الناس شعورا بلا شرعية وسائل الإعلام والقوى السياسية الوطنية والدولية. وقد لعب إخفاء الطموحات الاستراتيجية للقوى العظمى والقوى عبر الوطنية دورا تحت قشرة من المواعظة من خلال التلاعب بالعواطف والمشاعر الطيبة. الجزء العلوي من هذه الاستراتيجية هو الخلق و بصفة مصطنعة حالة من أزمة استثنائة مستمرة. 

ومع ذلك، نحن عشنا مؤخرا عملية رفض النظم القائمة والتي تبدو، في أعين الناس، فاشلة في إيجاد حل لأي قضية من القضايا الاستراتيجية الكبرى المعاصرة. على سبيل المثال، ثبت أن القيود الأيديولوجية الأطلسية جذبت الجيوسياسية الفرنسية والأوروبية نحو أهداف لا تعنيهم.

 وبالمثل، يجب أن يعاد النظر في الوضع في العراق وسوريا و وضعهم في جيوسياسة دولية أوسع النطاق، تلك المتعلقة بالصدام بين المصالح الإستراتيجية للقوى الإقليمية والعالمية المتنافسة. وهكذا، فإن التحالف الأمريكي مع الإسلام التطرفي الوهابي امر لاشك  فيه ونحن نعلم أن الإرهاب الإسلامي مدعم منذ البداية من قبل السعوديين والقطريين وانتهازيا أيضا من قبل تركيا.

 إذا كان هجوم داعش(الدولة الاسلامية في العراق و بلاد الشام) تحت سيطرة المخابرات الأمريكية كان الهدف منه هو إسقاط المالكي أو على الأقل دفعه الى تنازلات كبيرة كان مستمرا في رفضها لتشكيل حكومة توافقية. و لم يكن الهدف من ذلك اخذ بغداد والتحالف المتناقض بين منظمة إسلامية و حزب ذو أيديولوجية علمانية كان ظرفيا فقط.

 وكانت تفتحات مالكي الى روسيا والصين لم ترضي الولايات المتحدة واصبح من المهم بالنسبة لواشنطن أن تأخذ نقطة تفتيش في بغداد التي بدأت تفر من بين يديها. ولكن بعد الفتوحات الإقليمية المدهشة لداعش و رحيل مالكي، قررت الولايات المتحدة وضع حد للهجوم بشن غارات جوية وشكلت تحالفا لمحاربة المنظمة الإرهابية بدعم من الرأي العام الدولي المذهول من جراء قطع رؤوس الرهائن المبث بطريقة واسعة النطاق من خلال أشرطة الفيديو. تمت بذلك إعادة تقييم دور إيران وتركيا والأكراد وهناك إغراء أمريكي لاستخدام هذه العملية لإسقاط السلطة القانونية لدمشق بتجاوز الأهداف المعلنة.

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Le deuxième intervenant de la première table ronde, le professeur Bassam TAHHAN, professeur de géostratégie à l'Ecole Nationale Supérieure de Techniques Avancées (ENSTA) a présenté " La feuille de route du nouveau califat al-Baghdadi"

Les six discours authentifiés du calife Al-Baghdadi montrent qu'il reprend à son compte le programme de Ben Laden dans ses deux volets : s'attaquer à l'Occident et à ses alliés parmi les pays arabes ou musulmans. La priorité est accordée aux pays musulmans à commencer par la République Islamique d'Iran qualifiée d'hérétique et éloignée de la Sunna et du Prophète de l'Islam et son gendre Ali figure fondatrice du chiisme. La conséquence logique qui en découle est de déclarer la guerre à la Syrie d'Assad, l'Irak de Maliki et le Hezbollah. Une feuille de route peut se dégager de ses six discours. Ce qui est nouveau par rapport à Al-Qaida c'est l'universalisme de l'appel califal. Al-Baghdadi cherche à créer un label EI état islamique que peut endosser n'importe quel musulman dans le monde pour lutter contre les "ennemis de l'Islam" en commettant des attentats. Nous essaierons d'analyser en détails cette feuille de route et voir ses répercussions géopolitiques dans le monde. 

Ce caractère d'universalité était la ligne rouge à ne pas dépasser, en le faisant le nouveau calife s'est attiré les foudres de ses bailleurs de fonds. Tant que les services secrets et les alliés des USA pouvaient le manipuler contre Assad ou Maliki ou l'Iran il jouissait des soutiens politiques et financiers. En fait il a voulu jouer en solo et s'éloigner de ceux qui l'ont lancé. USA Turquie et toutes les monarchies pétrolières se sont rendues compte que le jeu était en train de leur échapper complètement et menaçait leurs intérêts. La France y a vu une occasion pour se repositionner sur les marchés du golfe et surtout le marché irakien et de retenter de renverser Assad. Les grands perdants restent les musulmans sunnites car ils auront été la chair à canons de toutes ces guerres dont l'issue reste incertaine pour tous les belligérants. 

Bassam TAHHAN, Professor of  geostrategy at  l’École Nationale Supérieure de Techniques Avancées (Ensta) : « La Roadmap of the califat Albaghdadi ».

The  caliphe Al-Baghdadi’s 6 authentified speeches show his intention to make his Ben Laden‘s program in its two objectives : to attack the West and its arab and moslem allies. Priority goes to moslem countries, to begin with the Islamic Republic of Iran, qualified as heretic follower of Mahomet ‘s son in law Ali, founder of chiism and estranged from the Sunna and the prophet of Islam. The logical result is the war against Assad‘s Syria, Maliki‘s Iraq and the Hezbollah. One can see the road map from his six discourses. The new thing as compared to Al Qaida is the universalism of the Caliphe’s call.

Al – Baghdadi tries to create an IS label (Islamic state) that can be supported by any moslem throughout the world, to fight the “ ennemies of Islam “ through terrorist attacks. We are going to analyse the details of this road map and see its world wide strategic consequences. The first red line not to cross is the universality of his actions and the new caliphe has attracted his donors’s ire when he bypassed this line. As long as the secret services and allies of the US could manipulate against Maliki or Iran, the caliphe could receive political and financial supports. As a matter of fact, he wanted to play his way, alone and far from his donors. The US and Turkey and  all the petrodollar monarchies realized that he had gone too far away from them, threatening their interests. France saw there the opportunity to come back to the markets of the Gulf, particularly the irakian one and to try again to overthrow Assad. The great losers remain the Sunnite moslems because they will have served as cannon fodder of all those wars whose issue remains uncertain for all the belligerents.

 المتحدث الثاني من المائدة المستديرة الأولى، الأستاذ بسام طحان، أستاذ الاستراتيجية في المدرسة الوطنية للتقنيات المتقدمة (ENSTA)  قدم "خارطة طريق الخليفة الجديد البغدادي"

تبيّن الخطب الستة المصادقة عليها للخليفة البغدادي أن هذا الاخير استأنف لصالحه برنامج بن لادن في شقيه : مهاجمة الغرب وحلفائه من بين الدول العربية أو الإسلامية. وتعطى الأولوية إلى الدول الإسلامية بدءا من جمهورية إيران الإسلامية بوصفها  زنديقة وبعيدة عن السنة و عن نبي الإسلام و صهره علي، الوجه المؤسس للتشيع. و كانت من العواقب المنطقية لهذا البرنامج هي إعلان الحرب على سوريا و رئيسها الأسد، و العراق و رئيسها المالكي و على حزب الله. و من خطبه الستة يمكن انشاء خارطة طريق. الشيء الجديد فيما يتعلق بنظام الخلافة هذا مقارنة بتنظيم القاعدة هو شمولية دعوته. حيث يسعى البغدادي لإنشاء تسمية دولة إسلامية يمكنها أن تستقطب أي مسلم في العالم للقتال ضد "أعداء الإسلام" بارتكاب هجمات. بذلك لا بد من تحليل مفصل لخارطة الطريق هذه و ملاحظة تأثيراتها الجيوسياسية في جميع أنحاء العالم.  

كان هذا الطابع العالمي الخط الأحمر الذي لا يجب تجاوزه، و لعدم احترام ذلك، جذب الخليفة الجديد غضب جهاته المانحة. ما دامت أجهزة الاستخبارات السرية وحلفاء الولايات المتحدة تستطيع استخدامه ضد الأسد أو المالكي أو إيران كان يتمتع بدعم سياسي ومالي. في الواقع اراد أن يلعب منفردا وبعيدا عن أولئك الذين خلقوه. وقد أدركت الولايات المتحدة الأمريكية وتركيا وجميع ممالك النفط أن اللعبة كانت على وشك الهروب تماما من بين يديهم وتهديد مصالحهم. رأت فرنسا في ذلك فرصة لإعادة تموضعها في الخليج وخصوصا في السوق العراقية، ومحاولة إسقاط الأسد مرة أخرى. أكبر الخاسرين هم المسلمين السنيين لانهم كانوا ضحايا كل هذه الحروب التي لا تزال نتيجتها غير مؤكدة لجميع المتحاربين.

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Le troisième intervenant était monsieur Pierre RAZOUX, Directeur de recherche à l’Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole Militaire (IRSEM). Il à intitulé son intervention : « Une stratégie régionale concertée de lutte contre l’Etat Islamique (Daesh) est-elle envisageable ? ».

Une nouvelle donne géopolitique au Moyen-Orient est possible avec l’entente potentielle existante entre Etats occidentaux, Etats arabes, l’Iran et pourquoi pas la Russie dans la lutte contre l’Etat Islamique. Nous voulons expliquer en quoi la stratégie régionale d’endiguement éventuellement suivie d’une vaste offensive militaire présenterait à la fois de nombreux avantages mais également nombre d’ambiguïtés et de réticences. L’urgence est donc de déminer le système de représentation, guerre juste, croisade ou Djihad, et celui des intentions, une éventuelle action concertée de l’Iran, de l’Irak et de la Syrie ne devrait pas pour les monarchies du Golfe apparaître comme une revanche de la minorité chiite sur la majorité sunnite. Le caractère même de la lutte contre l’Etat islamique constitue une seconde ambiguïté de taille, car la solution de long terme ne saurait être strictement sécuritaire et militaire mais politique, au regard de la situation intérieure irakienne, dont par exemple la question des tribus sunnites irakiennes, la situation intérieure syrienne, mais aussi celle régionale, dirigeants de pays arabes contre Frères musulmans, conflit israélo-palestinien, combattants kurdes syriens, turcs et iraniens et ces Etats respectifs, mais aussi intérêts économiques liés aux zones de combats. Il faut y ajouter, bien sûr, la nécessité d’un dialogue politique de Occident avec l’Iran et la Syrie, notamment parce que Téhéran est aujourd’hui le seul interlocuteur en mesure d’influencer favorablement trois des acteurs principaux (Syrie, Irak et Kurdistan irakien autonome) de ce que pourrait être une coalition régionale destinée à faire refluer l’Etat Islamique. L’espoir d’une solution politique, travaillant sur les causes premières, réside dans le fait de voir se réduire considérablement le nombre de combattants de l’Etat islamique, à siphonner son réservoir de forces et à lui couper idéologiquement l’herbe sous les pieds. Reste que la Turquie n’a pas d’intérêt, ni géopolitique, ni stratégique ni même économique, à ce que le Califat relâche sa pression sur ses adversaires traditionnels, que le roi Abdallah II doit tenir compte des nombreux réfugiés arabes (notamment irakiens et syriens), du soutien d’une partie de la population acquise aux thèses islamistes et qui abriterait même des cellules djihadistes « dormantes » favorables à l’Etat Islamique, que l’Egypte et les pays d’Afrique du Nord se satisfont plutôt bien de ce pôle de fixation qui attire leurs propres terroristes en mal de djihad, que les dirigeants d’Arabie saoudite sont conscients qu’un certain nombre de fondations privées saoudiennes ont financé les djihadistes combattant en Irak et en Syrie et qu’ils doivent redouter l’effet boomerang que pourrait entraîner le retour massif de djihadistes dans le royaume, même si les autorités saoudiennes ont pu voir initialement quelque avantage à l’irruption de l’Etat Islamique contribuant en effet à affaiblir leur ennemi iranien, leurs adversaires irakiens et syriens et leur rival turc. Mais les fondations privées saoudiennes, qui financent les djihadistes combattant en Irak et en Syrie, restent très influentes dans le royaume et que la priorité stratégique de la famille régnante reste d’assurer la pérennité de la monarchie – inconciliable avec l’idée de Califat – et la stabilité de la péninsule arabique. De même, une grande ambigüité ressort des positionnements israélien, européen et américain. Outre ses atouts réels observés, l’Etat Islamique reste l’otage de cinq faiblesses majeures : son enclavement, l’éparpillement de ses troupes, la multiplicité des axes d’efforts majeurs, l’absence d’aviation et la conviction profonde de ses ennemis de la nécessité absolue de l’éradiquer. Pour ces derniers, il conviendrait d’agir de manière coordonnée et simultanée sur l’ensemble des fronts (syrien, kurde et irakien) avec des moyens militaires suffisants, de manière à l’encercler et l’asphyxier progressivement. Mais cela impose que l’Irak, l’Iran, la Syrie, la Turquie et le gouvernement autonome du Kurdistan irakien s’entendent préalablement pour agir ensemble, appuyés par les Occidentaux qui le souhaitent.

Pierre RAZOUX, Director of research at l’Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole Militaire (IRSEM) : «  Is A regional concerted combat strategy against the Islamic State (Daesh) conceivable ? »

A new geopolitical concept in the Middle East is possible with the existing entente between the west, the arab states, Iran and why not Russia against the Islamic State.We want to explain why and how the regional containment strategy, eventually followed by a vast military offensive would represent numerous advantages but at the time many ambiguities and hesitations. It is therefore urgent to clear the system of representation: just war, crusade or Djihad  and that of the intentions, namely the concerted action of Iran, Iraq and Syria should not appear to the Gulf monarchies as a revenge of the Chiite minority over the Sunnite majority.

The character of the combat against the Islamic state constitutes a second important ambiguity because the long term solution could not be strictly security and military but political in view of the irakian internal situation ( the question of the Sunnite tribes) of the Syrian interrnal situation but also of the region such as arab chiefs against the moslem brothers, the israelo-Palestinian conflict, the Syrian kurd fighters, the Turks and Iranians and those respective states and also the economical interests linked to the fighting zones.

There is of course ,in addition, the need for a political dialogue between the West and Iran and Syria namely because Tehran is today the sole interlocutor capable of influencing favorably three of the main actors (Syria, Iraq and the autonomous irakian Kurdistan) to form a regional coalition designed to roll back the Islamic state. Working on the original causes, the hope for a political solution lies in reducing considerably the number of the IS fighters, to siphon off its forces and to cut the ideological grass under its feet. Turkey, however, has no geopolitical nor strategic nor economical interest that the Caliphat reduce its pressure on its traditional adversaries, King Abdallah II must take into account the large number of arab refugees, namely from Iraq and Syria, the support of a section of his population for the Islamic theses and the shelter they would  offer to the dormant Djihadist groups inclined toward the IS, Egypt and north African states are happy with this fixing pole that attracts their own  pro Djihad terrorists ; the leaders of Saudi Arabia are aware that a certain number of  Saudi private foundations have financed the Djihadists fighting in Iraq and Syria and that they themselves must fear the boomerang effect that may follow their  massive return to the kingdom even if the saudi authorities have seen initially some advantage in the irruption of the IS which has effectively contributed to the weakening of their Iranian ennemies, of their irakian and syrian adversaries and their rival turks. But these private foundations remain very influential in the kingdom and the strategic priority of the reigning family remains the perennity of the monarchy, irreconcilable with the concept of Caliphat, and the stability of the Arabic peninsula The same great ambiguity exists in the positions of the Israelis, the europeans and the americans. Apart  from its real  and observable advantages, the IS remains hostage of 5 major weaknesses : its isolation,the dispersion of its troops,the multiplicity of its major axes of actions,the absence of any air force and the deep conviction of its enemies as  to obtain its absolute eradication.

For these, it is necessary to act together and simultaneously on all the fronts (Syrian,kurd and irakian) with adequate military means as to contain and asphyxiate the IS progressively. But,this requires that Iraq, Iran, Syria, Turkey and the ịrakian autonomous Kurdistan would agree beforehand to act together with the support of the western powers. 

المتحدث الثالثبيير رازو، مدير البحوث في معهد البحوث الإستراتيجية في المدرسة العسكرية (IRSEM) عنون خطابه:

هل يمكن احتمال إستراتيجية إقليمية منسقة لمحاربة الدولة الإسلامية؟

 يمكن توقع وضع جيوسياسي جديد في الشرق الأوسط مع الاتفاق القائم بين الدول الغربية والدول العربية وإيران ولما لا روسيا في الحرب ضد الدولة الإسلامية. نريد أن نوضح كيف تقدم استراتيجية الاحتواء الإقليمية التي يتبعها هجوم عسكري كبير العديد من الفوائد ولكن أيضا الكثير من الغموض والتحفظات في نفس الوقت.

الشيئ الملح اليوم هو اجتياح نظام التمثيل و نظام النوايا، حيث ان  الإجراءات المتضافرة من جانب ايران والعراق وسوريا لا ينبغي أن تظهر بالنسبة لدول الخليج كانتقام الأقلية الشيعية من الغالبية السنية.

إن طبيعة الحرب ضد الدولة الإسلامية تشكل غموض ثاني مهم للغاية، لأن الحل على المدى الطويل لا يمكن أن يكون أمني و عسكري فقط ولكن سياسي ايضا ، فيما يتعلق بالوضع الداخلي في العراق، بما في ذلك على سبيل المثال قضية القبائل السنية العراقية و بالوضع الداخلي السوري، بل و الوضع الإقليمي أيضا أي القادة العرب ضد جماعة الإخوان المسلمين، والصراع الإسرائيلي الفلسطيني، والمقاتلين السوريين، والتركيين و الأكراد و الإيرانيين  كما انه يتعلق أيضا بالمصالح الاقتصادية المتعلقة بمناطق القتال.

 يجب أن يضاف إلى ذلك، الحاجة إلى حوار سياسي بين الغرب و إيران وسوريا، و خاصة لان طهران هي اليوم الطرف الوحيد القادر على التأثير بشكل إيجابي على ثلاثة من الفاعلين الرئيسيين (سوريا والعراق وكردستان العراق المستقل). 

و بذلك يكمن أمل التوصل إلى حل سياسي في التقليل من عدد مقاتلي الدولة الإسلامية، و تدمير أيديولوجيتها.

يبقى ان تركيا ليس لها مصلحة جيوسياسية ولااستراتيجية ولا حتى اقتصادية، أن تطلق الخلافة الضغط على خصومها التقليديين، و أنه لا بد أن يأخذ الملك عبد الله الثاني بعين الاعتبار العديد من اللاجئين العرب إلى الأردن (بما في ذلك العراقيين والسوريين)، و دعم  جزء من السكان لأطروحات الإسلاميين وحتى أن بلاده تحتوي على خلايا جهادية "نائمة" مؤيدة للدولة الإسلامية، و ان مصر ودول شمال أفريقيا تستنفع بهذا القطب بما انه يجذب إليه عناصرهم الإرهابية الخاصة بهم و المشتاقة للجهاد.

أن قادة المملكة العربية السعودية يدركون أن عددا من المؤسسات الخاصة السعودية تمول الجهاديين في العراق وسوريا وأنه ينبغي الخوف من تأثير إمكانية العودة الجماعية لهؤلاء الجهاديين إلى المملكة حتى إن وجدت السلطات السعودية في البداية بعض المزايا في ظهور الدولة الإسلامية التي تساهم في الواقع في إضعاف العدو الايراني و الخصوم العراقية والسورية و المنافسة التركية. ولكن هذه المؤسسات الخاصة، لا تزال مؤثرة جدا في المملكة وبالتالي تظل الأولوية الاستراتيجية للعائلة الحاكمة ضمان استدامة النظام الملكي – الذي لا يمكن توفيقه مع فكرة الخلافة - واستقرار شبه الجزيرة العربية. 

وبالمثل، فإنه يلاحظ غموض كبير في المواقف الإسرائيلية والأوروبية والأمريكية. بالإضافة إلى نقاط القوة الحقيقية للدولة الإسلامية لوحظ، انها لا تزال رهينة خمس نقاط ضعف رئيسية: عزلتها، وتشتت قواتها و تضاعف مجالات الجهد الرئيسية و انعدام االقوى الجوية والقناعة العميقة لأعدائها بالضرورة المطلقة للقضاء عليها. حيث ينبغي لهؤلاء أن يتصرفوا بطريقة منسقة ومتزامنة على جميع الجبهات (السورية والكردية والعراقية) وبوسائل عسكرية كافية، وذلك لتطويقها وخنقها تدريجيا. ولكن هذا يستلزم اتفاق مسبق بين العراق وإيران وسوريا وتركيا وحكومة كردستان العراق على العمل معا، بدعم من الغربيين الذين يريدون ذلك. 

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Le quatrième intervenant de la première table ronde, monsieur Ali al-YAQOBI, Juriste et chercheur constitutionnaliste irakien qui a traité « Le fédéralisme irakien à l'épreuve des événements actuels ».

Le fédéralisme est le principe le plus marquant qui ait été adopté en 2005. L'étude des conditions dans lesquelles la forme fédérale est née en Irak ne peut pas ignorer la réalité du pays.

Depuis la fondation de l’Etat irakien moderne, dans les années vingt du siècle passé, la forme unitaire a échoué à rassembler les Irakiens.

Que ce soit sous la monarchie ou la  république jusqu'à la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, la question kurde a représenté le défi le plus important pour les régimes successifs. Le choix de la forme fédérale et la reconnaissance de la région du Kurdistan, comme unité fédérale, se sont imposés à l'Irak. La Constitution de 2005 a ainsi établi une nouvelle forme de relation avec la région kurde et a reconnu sa diversité ethnique et linguistique avec deux langues officielles l’arabe et le kurde, tout en préservant les limites territoriales de l'Irak.

Mais, si les facteurs politiques et ethniques étaient réunis pour la naissance d’une zone fédérale pour les Kurdes, comme solution au problème de la diversité ethnique, il n'en était pas de même pour faire des régions fédérales chiites ou sunnites. De nombreux facteurs ont retardé la poursuite de la construction fédérale de l’Etat. Cependant on a gardé la porte ouverte à cette possibilité à l'avenir ce qui signifie que les constituants n’ont pas rejeté l'option fédérale pour d’autres unités dans le reste de l’Irak. Il sera toujours possible de former d’autres régions fédérales, selon une demande des départements soumise à un référendum des habitants concernés.

Malgré son inachèvement actuel, le fédéralisme vient de prouver qu’il est une forme de l’Etat suffisamment solide pour maintenir les institutions dans la tourmente qui s’est abattue sur l’Irak avec l’invasion de « Daesh » l’Etat islamique.

Nous pouvons dire que les facteurs qui joueront un rôle dans la future forme fédérale de l’Irak sont les difficultés internes et les difficultés externes liées à l’environnement géopolitique. Ces facteurs sont au cœur du sujet de cet exposé. 

Ali al-YAQOBI, Lawyer and irakian constitutionnal researcher  « Irakian federalism face to current events ».

Federalism is the most impressive principle that was adopted in 2005. Any study on the conditions of its adoption in Iraq cannot ignore the reality of this country. Since the foundation of the modern irakian state in the 1920 ‘s, the centralized unitary form of the state has failed to assemble the irakians.

Under the monarchy and then the republic until the fall of President Saddam Hussein in 2003, the kurds represented the most important challenge for a succession of regimes

The choice of federalism and the recognition of Kurdistan as a federal regional unit imposed themselves on Irak by necessity. Thus, the 2005 constitution established a completely new form of relation with the kurd region, recognizing the country’s ethnic and linguistic diversity with two official langues i.e Arab and Kurd while preserving the territorial limits of the country.

Or ,if the ethnic and political factors were united to create a federal region for the kurds as a solution to the ethnic diversity, things did not go that way such as to establish federal districts for the sunnites and the chiites. Numerous factors thus retarded  the poursuit of the construction of  the federal state.The door remains however open for this possibility in the future which is to say that the constituants have not rejected the federal option for the remaining units of the country. It will always be possible to create other federal districts following the requests of the departments subject to a referendum organized among the concerned populations.

Its current unfinished status nothwithstanding,federalism has just demonstrated that it is a sufficiently solid form of state structure as to be able to maintain the institutions in the turmoil hitting Irak with the invasion of Daesh,the Islamic State (IS)

We can say that the factors which will impact the federal structure  of Irak in the future are the internal and external difficulties due to the geopolitical environment. These factors are in the centre of this essay.

  ا ختار المتحدث الرابع من المائدة المستديرة الأولى، السيد علي اليعقوبي، محام وباحث عراقي، تناول موضوع "الفيدرالية العراقية في ظل الأحداث الجارية."

الفيدرالية هي المبدأ الأكثر أهمية الذي تم اعتماده في عام 2005. إن دراسة الظروف التي ولدّت الشكل الفيدرالي في العراق لا يمكن أن تتجاهل واقع البلاد. فمنذ تأسيس الدولة العراقية الحديثة في عشرينات القرن الماضي، فشل النموذج الوحدوي في جمع العراقيين.  من جانب آخر، تمثل المسألة الكردية أكبر تحد للأنظمة المتعاقبة سواء تحت الملكية أو الجمهورية وحتى بعد سقوط نظام صدام حسين في عام 2003. و بذلك فان اختيار الشكل الفيدرالي والاعتراف بإقليم كردستان، كوحدة فدرالية، أشياء فرضت على العراق. حيث أنشأ  دستور عام 2005 علاقة جديدة مع المنطقة الكردية واعترف بتنوعها العرقي واللغوي مع لغتين رسميتين العربية والكردية، مع المحافظة على الحدود الإقليمية للعراق.

ولكن إذا كانت العوامل السياسية والعرقية مجتمعة لولادة منطقة فيدرالية للأكراد، كحل لمشكلة التنوع العرقي، لم يكن الشيء نفسه بالنسبة لمناطق فيدرالية شيعية أو سنية. سبّبت العديد من العوامل في تأخر استمرار الهيكل الفيدرالي للدولة. ومع ذلك أبقي الباب مفتوحا أمام هذا الاحتمال في المستقبل مما يعني أن المقررون لم يرفضوا خيار الفيدرالية لوحدات أخرى في بقية أنحاء العراق وسوف يكون من الممكن دائما تشكيل مناطق فيدرالية أخرى، وفقا لطلب من الإدارات بعد خضوعه لاستفتاء الشعب المعني.

وعلى الرغم من عدم اكتمالها الحالي، أثبتت الفيدرالية أنها شكل من أشكال الحكومة القوي بما يكفي للحفاظ على المؤسسات في خضم الاضطرابات التي حلت على العراق مع غزو الدولة الإسلامية داعش. يمكننا القول أن العوامل التي ستلعب دورا في الهيكل الاتحادي المستقبلي للعراق هي الصعوبات الداخلية والخارجية المتعلقة بالبيئة الجيوسياسية. هذه العوامل هي في صميم موضوع هذا العرض.

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Le cinquième et dernier intervenant de la première table ronde était le Recteur Gérard-François DUMONT, Professeur à la Sorbonne qui a abordé « L'Irak face aux questions religieuses et ethniques »

Pourquoi l’Irak est-il un État pluri-religieux et pluriethnique ? L’idée la plus souvent avancée consiste à y voir le résultat de décisions imposées de l’extérieur fixant les frontières du pays. Ce n’est pas faux. Les événements géopolitiques du début du XXe siècle et notamment les évolutions consécutives à la Première guerre mondiale sont essentiels pour la géographie frontalière du Moyen-Orient. Toutefois, il ne faut pas se limiter aux accords Sykes-Picot, mais également prendre en compte l’évolution géopolitique aux États-Unis et les négociations franco-britanniques auxquelles ont participé Clémenceau et Lloyd George en 1920.

Mais si cette idée souvent avancée est vrai, il ne faudrait pas oublier que le caractère pluri-religieux et pluriethnique de l’Irak n’est pas lié seulement aux frontières retenues en 1920, mais aussi le fruit de l’histoire beaucoup plus ancienne des territoires qui composent ce pays, une histoire qui explique la diffusion des religions du livre, mais qui relate également de nombreuses choix théologiques divergents au sein d’abord de la religion chrétienne, puis de l’islam, choix ayant aussi engendré d’autres voies religieuses.  

Au total, l’Irak est un pays pluri-religieux et pluriethnique non seulement en raison d’un partage imposé de l’extérieur, mais aussi en conséquence à sa propre histoire. C’est en considérant aussi ce second élément qu’il est possible de retrouver les voies d’une concorde sociale profitable au bien commun des Irakiens et, plus généralement, du Moyen-Orient.

 Rector Gérard-François DUMONT, Professor at  Sorbonne University : « Iraq face to its religious and ethnic questions»

Why is Iraq a multi-religious and pluri-ethnic state ? the most frequently given answer is to see in this situation the result of past decisions imposed from outside when the frontiers of the country were fixed. This is not false. The geopolitical events of the beginning of the 20th  Century, namely the developments following the 1st World War, are essential for the frontier geography of the Middle East. Here, one should not limit oneself to the Sykes-Picot Accords but should also take into account, on one hand, geopolitical developments in the United States of America and on the other, the Franco-british negotiations in which both Clémenceau and Lloyd George took part in 1920.

But if this answer is true, one should not forget that the plurireligious and pluriethnic character of Iraq is not only due to its frontiers as fixed in 1920, but also the consequence of the more ancient history of the territories composing this country, a very old indeed history  that explains the propagation of the religions of the Books but tells equally numerous diverging theological choices within first christianity and then Islam, these choices also engendering other religious beliefs.

In globo, Iraq is now a pluri-religious and pluri-ethnic country not only because of the partition imposed from outside but also as a result of its own history. One has to consider also the second element (history) so as to be able to find again the path toward social concord, profitable to irakians‘s common good and more generally to the Middle East.

Un débat général très riche avec la salle s’en est suivi où les différents intervenants ont répondu aux diverses questions du public.

A large discussion with the audience ensued where different stakeholders have answered to various questions from the audience. 

 كانت المداخلة الخامسة والأخيرة من المائدة المستديرة الأولى لرئيس الجامعة جيرار فرانسوا دومون، أستاذ في جامعة السوربون ناقش فيها "العراق في وجه القضايا الدينية والعرقية".

لماذا العراق دولة متعددة الأديان والأعراق؟ الافتراض الذي يقدم في معظم الأحيان هو أن ذلك يرجع الى القرارات المفروضة من الخارج والتي رسمت حدود الدولة. هذا ليس خطأ لان الأحداث الجيوسياسية في مطلع القرن العشرين بما في ذلك التطورات التي تلت الحرب العالمية الأولى هي ضرورية لجغرافيا الحدود في الشرق الأوسط. ومع ذلك، فإنه لا ينبغي أن يكون التفسير مقتصرا على اتفاق سايكس بيكو، ولكن أيضا لا بد من الأخذ في الاعتبار التطورات الجيوسياسية في الولايات المتحدة والمفاوضات الفرنسية البريطانية التي شارك فيها كليمنسو ولويد جورج في عام 1920.

لكن إذا كان هذا الافتراض المقترح مرارا  فكرة صحيحة، لا ينبغي لنا أن ننسى أن طابع العراق المتعدد الأديان والأعراق  لا يتعلق فقط بالحدود التي تم اختيارها في عام 1920، ولكن هو أيضا نتيجة للتاريخ الاقدم للأراضي التي تشكل هذا البلد ، تاريح يوضح انتشار الديانات السماوية، ولكنه يروي أيضا العديد من الخيارات اللاهوتية المتباينة اولا في داخل المسيحية و بعد ذلك داخل الإسلام، خيارات أدت إلى ولادة سبل دينية أخرى. 

العراق اذن بلد متعدد الأديان والأعراق ليس فقط بسبب التقسيم الذي فرض من الخارج، ولكن أيضا بسبب تاريخها الخاص. إنه بدراسة هذا العنصر الثاني ايضا من الممكن ايجاد سبيل إلى انسجام اجتماعي رابح من أجل الصالح العام للشعب العراقي، وبشكل أعم، للشرق الأوسط.

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La deuxième table ronde a été inaugurée par monsieur Jean-Michel VERNOCHET, Ecrivain et politologue, qui à plongé dans « Les racines idéologiques de l’Etat islamique »

L’État islamique en Irak et au Levant, Daech en arabe, s’est invité sur la scène internationale avec l’annonce à Mossoul le 28 juin 2014 par Abou Bakr al-Baghdadi al-Husseini al-Koraïchi, prétendument descendant de la tribu du Prophète, de la restauration du Califat, pouvoir temporel et spirituel couvrant l’ensemble de la communauté des croyants, l’Oumma. Califat qui avait été aboli en 1924 par Mustapha Kemal dit Atatürk et non restauré ensuite par les Séoud autoproclamés “Gardiens des lieux saints”, après leur prise de la Mecque et de Médine à l’automne 1925.

L’ÉI, Daech existe au demeurant depuis 2007, et constitue à l’heure actuelle un véritable État embryonnaire disposant d’authentiques infrastructures lui permettant d’administrer au mieux de ses besoins les territoires récemment conquis du nord de l’Irak et de la Syrie. Or, à l’occasion des événements tragiques d’Irak et de Syrie, apparaît désormais au grand jour, et sous nos yeux jusqu’ici, qu’une guerre intestine fait rage au sein de l’Islam. Guerre opposant l’Islam conventionnel, populaire et classique ainsi que l’Islam chiite et les divers courants ésotériques soufis, à des formes extrêmes. Un islam fanatique et dévoyé, en grande partie extérieur à l’Islam même, et que l’on trouve habituellement désignées sous les termes de djihadisme, de takfirisme ou encore sous couvert de salafisme, Salafiya, soit l’imitation de la vie des Compagnons du Prophètes. En fait toutes ces tendances sont de nos jours autant de variantes d’une seule et même idéologie, le Wahhabisme, par ailleurs doctrine confessionnelle officielle de l’Arabie et du Qatar. Une falsification délétère de l’Islam qui tend à brouiller les cartes géopolitiques, mais surtout œuvre à devenir la nouvelle orthodoxie de l’Islam à travers le monde et à ce titre constitue une menace réelle pesant sur le monde moderne, musulman ou non. Raison pour laquelle il convient d’explorer les racines idéologiques des formations et mouvements se revendiquant du djihadisme.

Jean-Michel VERNOCHET, writer and politologue :« The  ideological Roots of the Islamic State (IS) »

The Islamic State (IS) in Iraq and the  Levant, Daesch in Arabic irrupted into the international scene with the announcement made in Mossoul on June 28th 2014 by Abou Bakr al- Baghdadi al – Husseini al-Koraichi who pretended descending from the tribe of the Prophet, of the restoration of the Caliphat, supreme temporal and spiritual power over all the Umma, the Universal Community of the moslems. This Authority had been abolished in 1924 by Mustapha Kemal, also popularly called Ataturk and was not restored by the Saudis, self proclaimed “ guardians of the Holy places “ after their conquest of Mecca and Medina in autumn 1925.

IS, Daesch has existed since 2007 and constitutes at the present time a real  embryonic state with genuine infrastructures that would enable it to administer, to the best of its need, the territories its troops have conquered recently in the  north of  Iraq and Syria. Or, on the occasion of the tragic events in Iraq and Syria, we see clearly that an intestine war is storming within Islam. This war pits the conventional, popular and classic Islam plus chiite Islam and other varied esoteric soufis currents against extremist forms of islam, a fanatic and rogue islam, largely foreign to Islam and  often called Djihadism, takfirism  or hidden under the cover of Salafism, Salafiya, or the imitation of the life of the prophet‘s companions.

In fact, today, all these currents are the numerous variants of one single and same ideology,i.e Wahhabism which is the official religious doctrine of Saudi Arabia and Qatar.This is a vilified falsification of Islam which tries to confuse the geopolitical cards but above all,  endeavours to become the new orthodoxy of Islam throughout the world, constituting thus a real threat for the modern world, moslem or not. This is why, we have to explore the ideological roots of all organizations availing themselves of Djihadism. 

افتتح المائدة المستديرة الثانية جان ميشيل فيرنوشي، كاتب ومحلل سياسي، بمداخلة ناقش فيها "الجذور الأيديولوجية للدولة الإسلامية داعش"

ظهرت الدولة الإسلامية في العراق وبلاد الشام، على الساحة الدولية مع إعلان أبو بكر البغدادي الحسيني القريشي في الموصل بيوم 28 يونيو جوان 2014 الذي يزعم أن له أصول من قبيلة النبي باستعادة الخلافة التي هي سلطة زمنية وروحية تغطي كل مجتمع المؤمنين أي الأمة. فالخلافة ألغيت في عام 1924 على يد مصطفى كمال أتاتورك و لم يتم استعادتها من قبل ال سعود الذين عينوا أنفسهم "حراس الأماكن المقدسة،" بعد أخذهم مكة المكرمة والمدينة المنورة في خريف عام 1925. 

الدولة الإسلامية موجودة بالفعل منذ عام 2007 وهي تشكل حاليا دولة جنينية تتمتع ببنية تحتية أصيلة حقيقية تمكنها من إدارة أراضي شمال العراق و سوريا التي تم غزوها حديثا. والآن بمناسبة أحداث العراق وسوريا المأساوية، ظهر تحت أعيننا، أن هناك حربا أهلية  تدور رحاها داخل الإسلام. هي حرب بين الإسلام التقليدي الشعبي والكلاسيكي وكذلك الإسلام الشيعي ومختلف التيارات الصوفية الباطنية، و بين الأشكال المتطرفة للاسلام.

إسلام متعصب وضال، خارج عن الإسلام نفسه في جزء كبير منه، عادة ما نجده يعين  بألفاظ الإسلام الجهادي أو التكفيري أو تحت غطاء السلفي، السلفية، أي تقليد حياة صحابة الأنبياء. 

كل هذه الاتجاهات في عصرنا هذا هي في الواقع متغيرات مختلفة من أيديولوجية واحدة هي الوهابية، المذهب الرسمي للعريية السعودية وقطر. هذا تزوير ضار للإسلام يميل إلى طمس الخرائط الجيوسياسية و يعمل خاصة ليصبح عقيدة جديدة للإسلام في جميع أنحاء العالم وعلى هذا النحو يشكل تهديدا حقيقيا للعالم الحديث الإسلامي أو غير الإسلامي. هذا هو السبب الذي يجعل من الضروري استكشاف الجذور الأيديولوجية لهذه التشكيلات و الحركات المدعية بالجهادية.

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Maître Elie HATEM, Avocat, Professeur à la Faculté Libre de Droit, d'Économie et de Gestion de Paris (FALCO) s’est interrogé sur « La fin de Seykes-Picot? »

L'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL) a baptisé sa campagne militaire et médiatique "Destruction des Accords Seykes-Picot". Sur le terrain, il mène des combats contre les chiites, les chrétiens, les Kurdes et déclare la disparition de la frontière entre l'Irak et la Syrie. Assistons-nous à un redécoupage du Proche et du Moyen-Orient en entités confessionnelles? Dans les années 70, au début de la guerre dans le pays du Cèdre, les médias libanais dévoilaient d'ores et déjà le projet "Kissinger", du nom de l'ancien Secrétaire d'Etat américain de l'époque, Henry Kissinger, qui succéda à William Rogers. Ce plan prévoyait la situation qu'encourt actuellement cette région du monde. Déstabilisation du Liban, guerre irano-irakienne, invasion de l'Irak et destitution de Saddam Hussein, sanctions contre l'Iran, "Printemps arabe", déstabilisation de la Syrie, émergence de l'EIIL et regain de la tension entre Palestiniens et Israéliens : quel lien et quel objectif?

Maître Elie HATEM, Lawyer, Professor at La Faculté Libre de Droit, d'Économie et de Gestion de Paris (FALCO) : « The end of  « Sykes-Picot? »

The Islamic State in Iraq and the Levant (ISIIL) has named its military and media campaign “ Destroy the Sykes-Pico Accords”. On the ground, it fights the chiites,the Christians,the Kurds ,declaring the destruction of the frontiers between Iraq and Syria. Are we watching the re partitioning of the Near and Middle East into religious entities ? In the years 1970’s,at the beginning of the war in Lebanon, local medias unveiled already the Kissinger Plan, after the name of the former American secretary of state of that time, Henri Kissinger, who succeeded to William Rogers.

That plan foresaw the current situation in this part of the world: Destabilization of Lebanon, Iraq-iran war, invasion of Iraq, destitution of Saddam Hussein, sanctions against Iran, “Arab Spring”, destabilization of Syria, emergence of the ISIIL and resumed tension between the Palestinians and Israelis : what relation and what objective ?

ناقش إيلي حاتم، محامي و أستاذ في كلية القانون والاقتصاد والإدارة، باريس (فالكو) "نهاية سايكس بيكو؟ ".

أطلقت الدولة الإسلامية في العراق والشام (داعش) على حملتها العسكرية والإعلامية " تدمير اتفاقيات سايكس بيكو"، و هي في الميدان تقود هجمات ضد الشيعيين والمسيحيين والأكراد كما أعلنت اختفاء الحدود بين العراق وسوريا. 

هل نحن اليوم نشهد إعادة تقسيم حدود الشرق الأقرب والأوسط إلى كيانات دينية ؟ ففي أعوام السبعينات، في بداية الحرب في بلاد الأرز، كشفت وسائل الإعلام اللبنانية بالفعل عن مشروع "كيسنجر"، الذى سمي باسم وزير الخارجية الأمريكي السابق في ذلك الوقت، هنري كيسنجر، الذي خلف وليام روجرز. حيث تضمنت هذه الخطة الوضع الساري حاليا في هذه المنطقة من زعزعة استقرار لبنان و الحرب الإيرانية العراقية وغزو العراق والإطاحة بصدام حسين، والعقوبات ضد إيران و "الربيع العربي" و زعزعة استقرار سوريا، ظهور داعش وتجدد التوتر بين الفلسطينيين والإسرائيليين : فما هي الروابط و الأهداف وراء ذلك؟

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Le troisième intervenant, le professeur Jozef Antoni HABER,  Professeur Emérite à l'Université Jean MONNET en Pologne s’est intéressé à « La Globalisation de la sécurité Irakienne »

La sécurité de l’Irak entre dans le système de sécurité global. Les relations internationales du monde contemporain sont caractérisées par l’existence d’un réseau d’interdépendance complexe. L’Europe centrale et orientale a, depuis la réunification d’Allemagne et sa transformation économique et politique, en majorité adopté le point de vue stratégique atlantiste. Ce qui a eu pour conséquence l’accès à l’OTAN et la participation à la guerre contre l’Irak de Saddam Hussain.Ce processus a plusieurs conséquences d’ordre politique, militaire, économique et social. La participation à cette invasion américaine a partagé l’opinion publique. Actuellement, les mass médias sont plus occupés par le conflit entre l’Ukraine et la Russie car ce n’est pas loin de frontières de l’Europe centrale. L’Irak avec des problèmes internes est présenté comme un pays déstabilisé en conflit avec l’Etat Islamique et des forces terroristes. L’engagement en Afghanistan et la nécessité de préparer la défense contre une hypothétique agression russe empêche les Etats d’Europe centrale et orientale de s’intéresser à la sécurité de l’Irak. C’est une faute de politique étrangère non seulement de la part des Etats d’Europe centrale et orientale mais aussi de l’UE dans sa politique de voisinage européenne.

Jozef Antoni HABER, Professor Emeritus at  l'Université Jean MONNET( Poland)  :« The Globalization of Irakian security »

The security of Iraq is part of the global security system. Today, international relations are characterized by the existence of a complex interdependence network. Since the reunification of Germany and its economico-political transformation, eastern and central Europe have in their large majority adopted the atlantist strategic view point, resulting in their entry into NATO and participation in the war against Iraq and Saddam Hussain. This development has engendered many political, military and economic consequences. Public opinion was split by this participation to the war in Iraq. Today, the mass medias are busy with the conflict between Ukraina and Russia because it is not far from the frontiers of Central Europe. Iraq, with its internal problems is viewed as a destabilized country in conflict with the IS and the terrorist forces. The countries of central and eastern Europe are engaged in Afghanistan and have to prepare for the defence against a hypothetical Russian aggression and are thus prevented from taking any interest in the security of Iraq. This is a foreign policy mistake not only from eastern and central European countries but also for the European Union’s European neighbourhood policy. 

تطرق المتحدث الثالث، البروفيسور جوزيف أنتوني هابر، أستاذ فخري بجامعة جان مونيه في بولندا إلى موضوع "عولمة الأمن العراقي."

يدخل أمن العراق تحت نظام الأمن العام حيث تتميز العلاقات الدولية في العالم المعاصر من خلال وجود شبكة معقدة من الاعتمادات المتبادلة. اعتمدت غالبية دول أوروبا الوسطى والشرقية منذ إعادة توحيد ألمانيا و تحولها الاقتصادي والسياسي، المنظور الاستراتيجي الأطلسي. وقد أدى ذلك إلى الدخول في الناتو والمشاركة في الحرب ضد عراق صدام حسين. هذه العملية لها العديد من العواقب السياسية والعسكرية والاقتصادية والاجتماعية. و قد تسببت المشاركة في هذا الغزو الأمريكي في تشتيت الرأي العام. 

غير انه حاليا، وسائل الإعلام هي أكثر انشغالا بالنزاع بين أوكرانيا وروسيا، لأن هذا النزاع ليس بعيدا عن حدود أوروبا الوسطى كما قدم العراق بمشاكله الداخلية كدولة تزعزع استقرارها بسبب الصراعات مع الدولة الإسلامية والقوى الإرهابية. الاشتراك في أفغانستان والحاجة لإعداد الدفاع ضد عدوان روسي افتراضي يمنع دول أوروبا الوسطى والشرقية التركيز على الأمن في العراق. و هذا ما بشكل خطأ في السياسة الخارجية ليس فقط من قبل أوروبا الوسطى والشرقية، ولكن أيضا من قبل سياسة الجوار الأوروبية للاتحاد الأوروبي.

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Monsieur Pierre BERTHELOT, Enseignant-chercheur associé à l'Institut Français d’Analyse Stratégique et coordinateur du groupe d'études "Grande Méditerranée" à l’Institut Prospective et Sécurité en Europe, s’est penché sur la question de « L’eau, enjeu stratégique du conflit irakien ? »

Alors que la crise irakienne, que ce soit la plus récente, avec l’irruption au premier plan de l’Etat islamique, ou celle plus ancienne, qui prévaut depuis l’intervention américaine de 2003, est le plus souvent analysée à l’aune de considérations essentiellement stratégiques et politiques, elle l’est moins d’un point de vue économique et presque jamais sous l’angle hydropolitique. Or, c’est un enjeu ancien, avec des tensions récurrentes observées avec ses voisins. La récente tentative de prise de contrôle du très important barrage de Mossoul par les islamistes radicaux a rappelé que celui qui dispose de la maîtrise des eaux de ce pays en partie aride contrôle de fait le destin de l’Irak.

Il s’agira donc d’abord de rappeler l’importance de cette question, au plan régional, puisque la Turquie et la Syrie (deux pays avec lesquels les relations sont délicates) conditionnent l’acheminement des eaux du Tigre et de l’Euphrate et au plan local, avec l’assèchement d’une partie des marais du Sud du pays par Saddam, zone où la rébellion chiite s’était réfugiée. Puis, il conviendra d’évaluer les chances de voir les djihadistes s’emparer des principales sources d’approvisionnement en eau du pays, et les usages qu’ils pourraient en faire. A cet égard, il semble que la coalition internationale a pris conscience du danger puisqu’elle a soutenu le déploiement de force kurdes, hors de leur zone d’influence traditionnelle pour sécuriser le barrage que menaçait de détruire l’Etat islamique en faisant de l’eau une arme de guerre, en la rationnant ou en ne la délivrant pas dans des conditions sanitaires optimales. Enfin, les solutions que devra mettre en œuvre le nouveau gouvernement irakien pour d’une part devenir plus autonome sur le plan hydrique et d’autre part sécuriser son «  or bleu » feront l’objet d’un dernier développement. En effet, la stabilité du pays et la reconquête des territoires perdus  passe autant par la mise en place d’une nouvelle équation politique que par la promotion de conditions de vie décentes et la revalorisation de l’agriculture. 

Pierre BERTHELOT, teacher-researcher associated with l'Institut Français d’Analyse Stratégique  and coordinator of the study group "Grande Méditerranée" at the Institute Prospective and Security in Europe : « Water, strategic issue of the irakian conflict  ? »

Whereas the Iraq conflict, the more recent one sparked off by the irruption of the IS onto the forefront, or the older one which started with the US intervention in 2003, is most often analysed in essentially strategic and political considerations, it is less considered from the economical view point and almost never under the angle of hydropolitics. Or, this conflict is an old issue, with recurring tensions observed with Iraq‘s neighbours. The recent attempt by the radical islamists to take the control of the very important Mossoul dam has reminded us that those who command the waters of this dry land control in fact the country‘s destiny.

First of all one has to remind oneself of the importance of this issue beacause, on the regional level, Turkey and Syria whose relations with Iraq are sensitive condition the flow of water from the Tigris and Euphratus and that on the local level a section of the southern marshes had been dried up by Saddam Hussain because it had provided the chiite insurgents with shelters.

Then, one has to assess the risks to see the Djihadists seize the control of the main sources of water of the country and the uses that they could make out of it. In this respect, it seems that the international coalition is aware of this danger because it supported the deployment of kurd forces out of their traditional zone of influence in order to secure the dam under the IS threat of destruction, turning water into arms, rationing it or not delivering it under optimal sanitary conditions.

Finally, the measures put forward by the iraq government in the future to acquire more hydric autonomy and to secure its “blue gold” will be discussed in the last part of this essay .In effect, the stability of the country and the reconquest of the  lost territories  depend as much on a new political equation as on the promotion of decent living conditions and the revalorization of agriculture.   

ركز بيير بتولو، أستاذ باحث في المعهد الفرنسي للتحليل الاستراتيجي ومنسق فريق البحث "البحر الأبيض المتوسط الكبير" في معهد الاستشراف والأمن في أوروبا، حول مسألة "المياه : مسألة إستراتيجية في الحرب في العراق؟"

في حين أن أزمة العراق، سواء أحدثها، مع ظهور الدولة الإسلامية في الطليعة، أو أقدمها منذ التدخل الأمريكي في البلاد في عام 2003، غالبا ما يتم تحليلها أساسا من حيث اعتبارات إستراتيجية وسياسية ، هو أقل من الناحية الاقتصادية وأبدا تقريبا من حيث المنظور المائي. غير أن هذا يشكل قضية قديمة مع توترات متكررة لوحظت مع جيرانها.  كما ذكرت المحاولة الأخيرة للسيطرة على سد الموصل الهام للغاية من قبل الإسلاميين المتطرفين أن كل من يتمكن من السيطرة على مياه هذا البلد القاحل في جزء كبير منه،  يسيطر بشكل فعال على مصير العراق.

ولذلك سيتعلق الأمر أولا في التذكير بأهمية هذه القضية على المستوى الإقليمي، لأن تركيا وسوريا (بلدين علاقاتهم حساسة مع العراق) تحدد مسار نهري دجلة والفرات ومحليا، مع تجفيف بعض اهوار جنوب البلاد من قبل صدام و هي منطقة فرّ إليها المتمردون الشيعيون.

 بعد ذلك سوف يكون من الضروري تقييم احتمال استيلاء الجهاديين على المصادر الرئيسية لإمدادات المياه في البلاد، والاستخدامات التي  يمكنهم القيام بها. في هذا الصدد، يبدو أن التحالف الدولي قد اعترف بالخطر نظرا لأنه دعم نشر قوات كردية خارج المجال التقليدي لنفوذها لتأمين السد الذي هددت الدولة الإسلامية بتدميره باستعمال المياه كسلاح في الحرب بتقسيمها أو عدم تسليمها في ظروف صحية مثلى.

 

وأخيرا، فإن الحلول التي يجب أن تنفذها الحكومة العراقية الجديدة من جهة لتصبح أكثر استقلالية على مستوى المياه وأيضا لتأمين "الذهب الأزرق" سيكون موضوع التحليل الأخير. حيث أن استقرار البلاد واستعادة الأراضي المفقودة سيتم من خلال إنشاء معادلة سياسية جديدة من جهة و من خلال تشجيع ظروف معيشية لائقة وتعزيز الزراعة  من جهة اخرى.

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Le cinquième intervenant, Général (2S) Henri PARIS, Président de Démocraties est revenu sur l’importante question de la « Géopolitique et géostratégie du Kurdistan » 

Le Kurdistan, pays des Kurdes, est une entité géographique aux contours imprécis dont l’assise territoriale s’étend sur le sud-est de la Turquie, le nord-est de l’Irak, le nord-ouest de l’Iran et le nord-est de la Syrie. Selon les interprétations, la superficie du Kurdistan irait de 503 000 km2 à 550 000 km2, la population de 23 à 30 millions. De faibles minorités kurdes existent en Transcaucasie et au Turkménistan. Les Kurdes, dans une écrasante majorité sont de confession sunnite. Une petite minorité est yezidi, une confession proche du zoroastrisme.

Le Kurdistan n’a aucune existence politique réelle, c’est un Etat virtuel : un peuple sans Etat. Il a existé une république kurde de Mahabad en 1946 et 1947, sous égide des Soviétiques.

Le traité de Sèvres du 10 août 1920 avait prévu un Kurdistan indépendant pour faire suite aux accords Sykes-Picot du 16 mai 1916. Ce traité fut corrigé par celui de Lausanne du 24 juin 1923, à la suite de la victoire de Mustafa Kemal et du renversement de la politique française. La majorité du peuplement kurde, à raison de 17 millions, se trouve en Turquie.

L’Irak, dans son système fédéral, comprend une entité territoriale kurde, divisée en deux régions, l’une centrée sur Erbil, sous égide du Parti démocratique du Kurdistan (PDK), dirigé par Massoud Barzani. La seconde, centrée sur Souleymaniyé avec l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) dirigé par Talabani, président de la République irakienne.

L’Etat autoproclamé islamique (Daech) s’étend sur les zones kurdes en Syrie et en Irak, ce qui fait des djihadistes les ennemis objectifs des Kurdes. La stratégie des Occidentaux axée sur la destruction de l’EI, Daech, se veut basée uniquement sur des frappes aériennes.

Or, les frappes aériennes (doctrine Douet) ne sont pas valables sans action de troupes au sol, que les Occidentaux refusent de fournir. L’armée irakienne est en complète déliquescence. La seule force valable réside dans celle des Kurdes, les Peshmergas (garde nationale). L’opération est difficile à mener car les Turcs craignent qu’une autonomie kurde se renforce au point d’aboutir à une indépendance qui amputerait la Turquie de sa partie sud-est.

Le PKK, parti kurde dominant en Turquie, est hors la loi et taxé de terrorisme. Son dirigeant, Ocalan, est emprisonné depuis une dizaine d’années. Cela pose de redoutables problèmes dans la lutte contre le califat Daech autoproclamé.

Général (2S) Henri PARIS, Chairman of Démocraties : « Geopolitics and geostrategy of  Kurdistan »

Kurdistan, land of the Kurds,is a geographical entity with vague land contours the  mass of which spreads over the south-east of Turkey, the north west of Iran and the north East of Syria. According to different interpretations, ,Kurdistan’s area would be about 503 000 km2 to 550 000 k2 with a population of about 23 to 30 millions. Small kurd minorities live in Transcaucasia and Turkmenistan. Kurds, in massive majority are sunnites, a small minority, the Yezidi practicing a confession close to Zoroastrism.

Kurdistan has no real political existence, being just a virtual state: a people without state.In 1946 – 1947,the Mahabad kurd republic came to existence under the aegis of the soviets.

The Treaty of Sèvres of August 10th 1920 had provided for an independent Kurdistan following the Sykes – Picot accords of May 16th 1916 but this treaty was replaced by that of Lausanne of June 24th 1923 consecutively to the victory of Mustapha Kemal and the reversal of the French policy. The majority of the kurd population, about 17 millions, live in Turkey.

The Iraq Federation comprises a kurd territorial entity, subdivided in 2 regions, one centered around Erbil under the direction of the Democratic Party of Kurdistan (DPK) presided by Massoud Barzani.

The second region centers around Souleymaniyé with the patriotic Union of Kurdistan ( PUK) under the direction of Talabani, President of the Republic of Iraq.

The self proclaimed IS (Daesh) spreads over kurd zones in Syria and Iraq; this is the reason why the Djihadists are objectively the ennemies of the kurds. Western strategy targets the destruction of the IS and is founded solely on air strikes.

Or these strikes (doctrine Douet) are not good without infantry on the ground which the West refuses to send. The Iraq Army is near complete deliquescence and the only good force is the Kurdish Peshmergas (National guards). The operation is delicate because the Turks fear that  kurd autonomy may grow stronger and end up with independence that may cut the south east from Turkey.

The PKK, the dominant kurd party in Turkey is hors la loi and accused of terrorism and its leader, Ocalan has been in prison for the last ten years.

This poses serious problems for the campaign against the auto proclaimed  Caliphat Daech. 

ناقش المشارك الخامس، الجنرال هنري باريس، رئيس ديمقراطيات قضية "جيوسياسة وجيوستراتيجية إقليم كردستان"

كردستان، أرض الأكراد، هي كيان جغرافي ذو خطوط مبهمة تغطي قاعدته الترابية أراضي جنوب شرق تركيا وشمال شرق العراق وشمال غرب إيران و شمال شرق سوريا. وفقا لبعض التفسيرات، فإن مساحة منطقة كردستان تتراوح من 000 503 كلم2 الى 000 550 كلم2 و سكانها بين 23 و 30 مليون نسمة. وتوجد أقليات كردية ترانسقوقاز وتركمانستان. الأكراد في أغلبيتهم الساحقة هم سنيون. وهناك أقلية صغيرة من اليزيديين، وهو اعتقاد قريب من الزرادشتية. 

 الكردستان ليس له اي وجود سياسي حقيقي، بل هو دولة افتراضية: شعب بلا دولة. كانت هناك جمهورية مهاباد الكردية في عام 1946 و 1947 تحت رعاية السوفييت.

حيث اقترحت معاهدة سيفر من 10 أوت 1920 وجود دولة كردستان المستقلة ردا على اتفاق سايكس بيكو من 16 ماي 1916 . تم تصحيح هذه المعاهدة بمعاهدة لوزان من 24 جوان 1923، بعد انتصار مصطفى كمال و الإطاحة بالسياسة الفرنسية. وتقع غالبية السكان الأكراد، بمعدل 17 مليون نسمة في تركيا

تضمن العراق، في نظامها الفيدرالي وجود كيان إقليمي كردي يقسم الى قسمين، واحد مركز على أربيل تحت رعاية الحزب الديمقراطي الكردستاني (PDK) بزعامة مسعود بارزاني. ويرتكز الثاني على سليمانية مع الاتحاد الوطني الكردستاني (UPK) بزعامة طالباني، رئيس جمهورية العراق. 

الدولة الانفصالية الإسلاميةداعش تمتد على المناطق الكردية في سوريا والعراق، مما يجعل من الجهاديين الأعداء الفعليين للأكراد..

إن إستراتيجية الغرب الموجهة لتدمير تنظيم الدولة الاسلامية داعش تستند فقط على الضربات الجوية. غير أن الغارات الجوية (تعاليم دوي( غير صالحة دون عمل القوات البرية، و مع ذلك يرفض الغربيين توفيرها. كما أن الجيش العراقي في اضمحلال كامل. و بذلك فان القوة الحقيقية الوحيدة تتمثل في الأكراد والبيشمركة (الحرس الوطني). وهذه العملية صعبة للتحقيق لأن الأتراك يخشون من أن يتم تعزيز الحكم الذاتي الكردي إلى حد الوصول إلى الاستقلال الذي سيحم تركيا من جزء من جنوب شرقها 

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La sixième intervention était celle du professeur Steven EKOVICH, Professeur à l’Université américaine de Paris  qui  a intitulé son intervention « Barack Obama face à son bourbier irakien ».

Le départ des forces américaines d’Irak, en raison de l’échec de la Maison blanche à négocier un accord d’immunité, a enlevé un levier d’influence qui aurait éventuellement permis une transition plus stable en maintenant une capacité d’intervention dissuasive, ainsi qu’un moyen de pression sur le gouvernement Maliki pour mieux s’assurer un fonctionnement démocratique et inclusif.  Une des conséquences néfastes de cet échec est l’offensive spectaculaire de l’Etat islamique, qui était en mesure de rallier le désespoir de la communauté sunnite, certaines tribus, et de mobiliser les anciens officiers de l’armée de Saddam Hussein. Les atermoiements d’Obama en vue de la détérioration de la situation en Syrie ont alimenté l’élan de l’Etat islamique. Alors Obama s’est trouvé dans la situation paradoxale de soutenir en Irak un gouvernement chiite proche du gouvernement iranien. Les opérations militaires américaines en Irak se déroulent, semblent-ils, en parallèle des forces envoyées en Irak par Téhéran, sans pour autant une coordination. Le même cas de figure existe en Syrie, où la Maison blanche tente de ne pas afficher une coordination avec le régime d’Assad, tout en aidant davantage certains éléments de son opposition.  Cette situation est en train de tendre les relations avec certains alliés des Etats-Unis, comme l’Arabie Saoudite (qui était déjà inquiet de l’issue de la négociation sur le programme nucléaire iranien).  Face à une situation régionale d’une telle complexité, et dans un brouillard  stratégique d’une telle densité, Obama peine à trouver ses repères afin d’établir une stratégie régionale d’ensemble.

Steven EKOVICH, Professor at the American University in Paris  "Barack OBAMA face to his irakian quagmire"

The departure of the american forces from Iraq, due to Washington’s failure to negotiate an immunity accord with the Iraq government removed an influence leverage which would have eventually made possible a more stable transition by maintaining on the Iraq theatre a dissuasive intervention force and an instrument of pressure on the Maliki cabinet in order to secure a democratic and inclusive government. One of the harmful consequences of this failure is the spectacular attack of the IS which could have rallied the desperate Sunnite community, some tribes and to mobilize the former officers of Saddam Hussain’s army. Obama‘s hesitations face to the deteriorating situation in Syria fed the momentum of the IS. Now, he finds himself in a paradoxical situation of supporting an Iraq chiite government close to the Iranian regime !. US military operations in Iraq seem to run parallelly to Iranian forces sent to Iraq, all this without any coordination. The same thing is going on in Syria where the white House tries not to show any coordination with the Assad regime while helping more certain elements of his opposition. This situation is straining the relations with certain US allies like Saudi Arabia who were already worried about the issue of the negotiation on the Iranian nuclear program. Confronted with such a complicated regional situation and caught in such a dense strategic fog, President B. Obama finds with difficulty his marks in order to establish an overall regional strategy. 

 عنون المتدخل السادس، البروفيسور ستيفنايكوفيش، أستاذ في الجامعة الأميركية في باريس كلمته "باراك أوباما بوجه وحله العراقي". 

إن انسحاب القوات الأمريكية من العراق، بسبب فشل البيت الأبيض في التفاوض بشأن اتفاق منح الحصانة، أزال وسيلة للضغط ربما كان بوسعها ضمان انتقال أكثر استقرارا بالحفاظ على قدرة تدخل ردعية و وسيلة ضغط على حكومة المالكي لضمان أفضل لعمل ديمقراطي وشامل. و كانت واحدة من الآثار السلبية لهذا الفشل هي الهجوم المذهل لتنظيم الدولة الإسلامية الذي كان قادر على حشد يأس الطائفة السنية وبعض القبائل وحشد ضباط سابقين في جيش صدام حسين. غذى تأخير أوباما بسبب الوضع المتدهور في سوريا زخم تنظيم الدولة الإسلامية. لذلك وجد أوباما نفسه في وضع متناقض يتمثل في دعم حكومة شيعية في العراق قريبة من الحكومة الإيرانية. ويبدو أن العمليات العسكرية الأمريكية في العراق تتم بالتوازي مع القوات التي أرسلت إلى العراق من طهران دون تنسيق بينهما. يوجد نفس الوضع في سوريا، حيث يحاول البيت الأبيض عدم إظهار التنسيق مع نظام الأسد، بمساعدة بعض عناصر المعارضة له. ويتسبب هذا الوضع بوتر العلاقات مع بعض حلفاء الولايات المتحدة ، مثل المملكة العربية السعودية (والتي كانت قلقة بشأن نتائج المفاوضات بشأن البرنامج النووي الإيراني). و امام هذا الوضع الإقليمي المعقد و هذا الضباب الاستراتيجي الكثيف جدا، يكافح أوباما للعثور على معالم له من أجل وضع استراتيجية إقليمية شاملة. 

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Le dernier intervenant, monsieur Lakdar LAHCINE, Président de l’Université de la Méditerranée en Italie a traité « Le danger sécuritaire de la Méditerranée Occidentale au Golfe Persique »

Diviser pour Régner! Le vieil adage romain fonctionne à merveille pour morceler le monde arabe: émiettement qui profite directement aux Etats-Unis d’Amérique et aux Etats Européens de l’Europe Occidentale très proche, pour empêcher que renaisse la Nation Arabe, et qu’elle devienne ensemble avec l’Iran et la Turquie la puissance émergeante de demain! C’est dans cette optique qu’il faut voir les derniers soubresauts et évènements de la guerre civile qui ruine l’Irak et la Syrie: cette dernière est reconnue pour être pilotée par les Etats ci-dessus mentionnés, qui après avoir joué aux pyromanes s’apprêtent à devenir les pompiers intéressés d’une région, qui va de la Méditerranée Occidentale au Golfe Arabo-persique, et  qu’elles ont contribué à mettre en flammes. Brasier qui risque de devenir rapidement incontrôlable sous les vents impétueux de l’islamisme politique, qui ouvre des feux sécuritaires un peu partout en Méditerranée, et jusqu’en Europe Occidentale, encore relativement épargnée!

Daesh, qu’aujourd’hui en France on juge politiquement correct de nommer ainsi est, entre  autres avatars  de la politique que mène le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique sur l’ensemble du monde Arabe, le cancer récent  inoculé dans la Géographie du monde Arabe, en succession de la politique coloniale franco-britannique commencée  à la chute de l’Empire Ottoman en 1923, chute elle-même précédée par sa défaite militaire pendant la Première Guerre Mondiale qui donne les accords Sykes-Picot de Mai 1916, aggravés par la trahison avérée de toutes les monarchies arabes de la Péninsule Arabique créées pour  cette occasion, afin de faire oublier l’Idée de Nation Arabe.

Lakdar LAHCINE,  Chairman of  the  Université de la Méditerranée - Union of the Mediterranean (Italy) : « The security threat from the Western Mediterranean to the Arabo-Persian Gulf »

Divide to rule ! the old roman saying performs extremely well to break up the arab world : The latter’s crumbling profits directly the USA and the very near Europeans of the European Union to prevent the renaissance of the Arab nation and its rise, with Iran and Turkey as an emerging power tomorrow.

 This is the perspectives in which one must see the last blips and events of the civil war ruining both Iraq and Syria, the latter being guided by the above mentioned countries , i.e the US & the EU which are now ready to play the fire squads after being pyromaniac in a region ranging from the western Mediterranean to the Arabo- Persian gulf and which have contributed to their destruction.

 This fire risks getting out of control under the impetuous winds of political Islamism which has started security fires everywhere from the Mediterranean to western Europe,  still relatively spared.

Daesh, that France today thinks politically correct to name likewisey, is the cancer inoculated into  the arab geography, among inter alia,the avatars of US policy in the arab world, following franco british colonial strategy consecutive to the fall of the Ottoman Empire in 1923, preceded itself by the latter’s defeat in the 1st World War that engendered the Sykes-Picot Accords in May 1916, further aggravated by the proven treasons of all the the Arabic Peninsula monarchies, set up for this occasion in order to have people forget the concept of the Arab Nation.

المتحدث الأخير كان السيد لخضر لحسين، رئيس جامعة البحر الأبيض المتوسط ​​في إيطاليا ناقش "التهديد الأمني ​​من غرب البحر الأبيض المتوسط ​​إلى الخليج الفارسي" 

فرق تسد! لا يزال المثل الروماني القديم فعال لتفتيت العالم العربي، تفتيت تستفيد منه مباشرة الولايات المتحدة الأمريكية ودول أوروبا الغربية المتقربة لها، لمنع الأمة العربية من أن تولد من جديد، و أن تصبح مع إيران وتركيا القوة الناشئة للغد! حيث انه لا بد من عرض الأحداث الأخيرة للحرب الأهلية التي دمرت العراق وسوريا من هذا المنظور: معروف أن هذه الأخيرة تسيطر عليها الدول المذكورة أعلاه، التي بعد أن لعبت دور مشعلي الحرائق هي على وشك أن تصبح رجال الاطفاء لمنطقة تمتد من البحر الأبيض المتوسط ​​الغربي إلى الخليج الفارسي، ساعدت في إشعال النيران فيها. انه جحيم يمكن أن يصبح بسرعة من غير الممكن السيطرة عليه تحت الرياح العاتية من الإسلام التطرفي السياسي، الذي يفتح نيران أمنية  في اماكن مختلفة حول البحر الأبيض المتوسط، و أوروبا الغربية، التي لا تزال بمنأى نسبيا! 

 

داعش، الذي يعتقد اليوم في فرنسا انه من اللائق تسميته هكذا، هو من بين تشخيصات السياسة التي تقودها حكومة الولايات المتحدة الأمريكية في جميع أنحاء العالم العربي، السرطان الجديد الملقح في جغرافيا العالم العربي، خلفا للسياسة الاستعمارية الفرنسية والبريطانية التي بدأت مع سقوط الإمبراطورية العثمانية في عام 1923، سقوط نفسه مسبوق بهزيمتها العسكرية خلال الحرب العالمية الثانية التي أنتجت اتفاقية سايكس بيكو في ماي 1916 المشددةبالخيانة المثبتة لجميع الممالك العربية في شبه الجزيرة العربية التي أنشئت لهذه المناسبة، من أجل نسيان فكرة الأمة العربية.

Un débat général à eu lieu à la fin des interventions où la parole est donnée à nouveau à la salle afin d’échanger sur ce qui a été dit, et d’approfondir davantage certains points importants. 

Le colloque s’est achevé par la conclusion de monsieur Christophe Reveillard qui est venue reprendre les éléments clés abordés tout au long du colloque.