É V É N E M E N T

Palais de Luxembourg (Sénat)

26, rue Vaugirard  -  75006 PARIS

18 septembre 2012

 

LAcadémie de Géopolitique de Paris, dans le cadre des grandes questions géopolitiques du monde d’aujourd’hui, a organisé le 18 septembre 2012 son colloque international annuel sur Les droits de l’homme en Arabie saoudite. L’événement a eu lieu au Palais de Luxembourg à Paris, avec interventions par des chercheurs, experts et spécialistes de la région en question et venus spécialement de plusieurs continents. L’Académie s’est ainsi proposé d’aborder les différents aspects de la situation des Droits de l’Homme en Arabie saoudite, au moment même où des controverses éclatent à ce sujet.

 

The Paris Academy of Geopolitics, in the framework of today’s world’s larger geopolitical questions, organized for 18th September 2012 its annual international conference on Human Rights in Saudi Arabia. This event took place at the Paris Luxembourg Palace, and involved interventions by researchers, experts and specialists on the region in question and coming from several continents.

Thus the Academy has wished to broach different aspects of the rights of man in Saudi Arabia, at a time when controversy on the subject is rife and virulent.

في سياق القضايا الجيوسياسية الكبرى التي يعيشها عالم اليوم، نظمت الأكاديمية الجيوسياسية الباريسية، في 18 سبتمبر 2012 ندوتها الدولية السنوية حيث تناولت فيها مسألة حقوق الإنسان في المملكة العربية السعودية. عقدت الندوة في قصر لوكسمبورغ في باريس، تخللتها مداخلات خبراء وباحثين ومختصين قدموا من عدة قارات خصيصا لهذا الملتقى.اقترحت الأكاديمية معالجة مختلف جوانب حقوق الإنسان في المملكة العربية السعودية في الوقت الذي تندلع فيه الخلافات حول هذا الموضوع و يسرنا أن نرسل لكم الملخص أدناه.

Le colloque a été inauguré par Monsieur Ali RASTBEEN, Président de l’Académie et expert reconnu dans les affaires du Moyen-Orient, qui est alors intervenu en premier au début de la première séance, pour rappeler les traits essentiels de la géographie de l’Arabie saoudite et aborder les concepts qui prévalent dans la définition des droits de l’Homme : le président insiste sur le fait que dès le VIIe siècle le Prophète de l’Islam a appliqué ces principes à Médine. La conception des droits de l’homme et du respect de la femme telle qu’énoncée par l’Islam est totalement compatible avec la déclaration de 1948 de l’Organisation des Nations Unies. Les droits de l’homme devraient donc être respectés dans tous les pays d’Islam sans exception. Le moins qu’on puisse dire est que l’Arabie saoudite n’applique pas la Charte de 1948 et cela dans un silence mondial complice. La France pour sa part reste très attentive à la manière dont les évolutions se font en Arabie saoudite dans le domaine du respect de la déclaration de 1948.

Ali Rastbeen, fondateur et président de l’Académie de géopolitique de Paris rappelle qu’après l’envoi de troupes par Riyad pour soutenir la répression populaire au Bahreïn, un territoire qui abrite une base navale américaine, l’ONU reste silencieuse, une nouvelle phase est en train de se développer dans les sultanats de la région, indique l’orateur. Riyad tente, sous couvert de l’unité, de mettre un terme à l’indépendance du Bahreïn.

Aujourd’hui, alors que les évolutions internes du système saoudien ont ébranlé les fondements du régime tribal, l’idée de l’union des Etats du littoral méridional du Golfe persique est à nouveau lancée pour préserver le régime.

On peut supposer que derrière cette tentative se cache le complot de fusionner les petits émirats dans l’Etat saoudien grâce au soutien des puissances étrangères à la région. Ce projet sera à l’origine d’un avenir obscur pour la région. Et le président de l’Académie de géostratégique de Paris de relever qu’il est surprenant que les Etats, les milieux internationaux et même les organes de l’Organisation des Nations unies ferment les yeux sur l’existence, dans le monde contemporain, d’un régime fondé sur des principes tribaux. Pour signaler ensuite que le versement de pots-de-vin constitue un des instruments de la politique étrangère du régime saoudien, grâce à la manne pétrolière. La violation des droits de l’homme est généralisée, dans le silence de la communauté internationale. L’Arabie Saoudite tente d’acheter, grâce à des avantages accordés aux pays occidentaux et aux Etats-Unis, le silence de ces derniers même si, de temps en temps, ils publient des rapports sur la situation des droits de l’homme dans ce pays.

M. Rastbeen rappelle que le wahhabisme – qui a pris naissance en 1745 dans la région du Nejd – a commencé comme un mouvement unificateur et a joué un rôle considérable dans l’évolution de la géographie politique de l’Arabie Saoudite.

L’alliance entre le wahhabisme et l’identité ethnique saoudienne a permis l’extension de la puissance politique et religieuse de ses alliés, au-delà des tribus et des dynasties, sur l’ensemble de la péninsule arabique et leur domination sur d’autres régions et tribus. Aujourd’hui, l’influence du wahhabisme, en raison de son rôle historique et vital, dépasse celle, officielle, d’une institution religieuse. Depuis la création du régime saoudien, le wahhabisme a formé sa culture, son enseignement et son système juridique et imprimé son empreinte sur l’ensemble des tendances islamistes sunnites de l’Arabie Saoudite.

Dans l’Arabie actuelle, les muftis wahhabites jouent un rôle essentiel dans les affaires politiques du pays et les ministres de la Justice, du Pèlerinage, des Principes islamiques, des Legs, de la Propagande et de l’Orientation sont nommés sur leur conseil.


Géopolitique des Droits de l’Homme en Arabie Saoudite

The conference was inaugurated by Mr. Ali RASTBEEN, the Academy’s President and recognized expert on Middle-East affairs, who thereupon was first speaker at the start of the first session, and reminded of the essential features of Saudi Arabia’s geography. He then tackled the prevailing concepts in defining human rights: the President insisted upon the fact that since the VIIth Century, Islam’s Prophet had been applying these principles at Medina. The conception of the rights of man and of the respect of women, such as elaborated by Islam is totally compatible with the 1948 Declaration by the United Nations. Therefore human rights should be respected in all Islamic countries without exception. However, the least that can be said is that Saudi Arabia does not apply the 1948 Charter and this is happening with silent global complicity. However, France remains attentive to the manner in which evolutions in Saudi Arabia occur with respect to the 1948 declaration.

Ali Rastbeen, founder and President of the Paris Academy of Geopolitics reminds that after Riyad sent troops to support popular repression in Bahrain, a territory where an American naval base is installed, the UN remained silent, a new phase is developing in the region’s Sultanates, indicates the orator. Riyad is attempting, under cover of unity, to put an end to Bahrein’s independence.

Today, whereas the Saudi system’s internal happenings have shaken the very foundations of the tribal regime, again the idea of a union of the South Persian Gulf’s coastal States would preserve the regime.

One can suppose that behind this attempt there hides a plot to fusion the smaller Emirates into the Saudi State, thanks to support of powers that are foreign to the region. This project announces an obscure future for the region. The President of the Paris Academy of Geopolitics notes that it is surprising that the States, international arrangements and even the UN’s members close their eyes on the existence, in the contemporary world, of a regime founded on tribal principles. And then to note that, thanks to petroleum manna, the Saudi regime’s main foreign policy is conducted by bribes. Also, human rights offences are generalized there, blessed by the international community’s silence. Saudi Arabia is attempting to buy, through providing advantages for Western States and the United States, the silence of these decision-makers, even , even if from time to time they publish reports on the human rights situation in that country.

Mr. Rastbeen further reminds that Wahhabism and the Saudi ethnic identity have permitted its allies to extend their political and religious power, beyond tribes and dynasties, on the entire Arabian Peninsula and their domination over other regions and tribes. Today, Wahhabism’s influence, because of its historical and vital role, surpasses the official one of a religious institution. Since the creation of the Saudi regime, Wahhabism has formed its own culture, its own pedagogy and its own legal system, and placed its mark on all of Saudi Arabia’s Sunni Islamic tendencies.

In current Arabia, the Wahhabite muftis play an essential role in the country’s political affairs, further the Ministers of Justice, of Pilgrimage, of Islamic Principles, of Inheritance, of Propaganda and of Orientation are named following their advice.

افتتحت الندوة من قبل السيد علي راست بين، رئيس الأكاديمية والخبير الدولي في شؤون الشرق الأوسط، حيث اشرف على افتتاح الندوة بكلمة في بداية الجلسة الصباحية، ذكًر فيها بالخصوصيات الأساسية لجغرافيا المملكة العربية السعودية وتناول المفاهيم المتداولة في تعريف حقوق الإنسان. اكد رئيس الاكاديمية على أنه منذ القرن السابع الميلادي، كان نبي الإسلام يطبق هذه المبادئ في المدينة المنورة. فمفهوم حقوق الإنسان واحترام المرأة كما حددهما الإسلام متوافق تماما مع الإعلان العالمي للأمم المتحدة لعام 1948. ينبغي إذا احترام حقوق الإنسان في جميع الدول الإسلامية دون استثناء. و أقل ما يمكن أن نقوله هو أن المملكة العربية السعودية لا تطبق ميثاق عام 1948 وهذا في ظل صمت عالمي متواطئ. و تتابع فرنسا بصفة يقظة التطورات التي تجري في المملكة العربية السعودية في مجال احترام إعلان عام 1948.

 يذكر الاستااذعلي راست بين، مؤسس ورئيس الأكاديمية الجيوسياسية الباريسية  انه بعد أن أرسلت الرياض قوات لدعم قمع الشعب في البحرين، وهي منطقة تضم قاعدة بحرية أمريكية، في حين لا تزال الأمم المتحدة صامتة، بدات مرحلة جديدة في التطور في سلطنات المنطقة، بحسب قول المتحدث. تحاول الرياض تحت ستار الوحدة وضع حد لاستقلال البحرين..

 و في حين أن التطورات الداخلية للنظام السعودي قد هزت أسس النظام القبلي اليوم ، أعيدت مرة أخرى فكرة اتحاد دول الساحل الجنوبي للخليج الفارسي للحفاظ على النظام.

 يضيف رئيس الأكاديمية الجيوسياسية الباريسية انه بالا مكان الافتراض أن وراء هذه المحاولة تختبئ مؤامرة لدمج أصغر الإمارات في الدولة السعودية بدعم من القوى ‏الأجنبية في المنطقة. و سيكون هذا المشروع وراء مستقبل مظلم للمنطقة. كما يلاحظ الرئيس أنه من المدهش أن الدول والمجتمع الدولي وحتى هيئات الأمم المتحدة تتغاضى عن وجود نظام يقوم على ‏مبادئ قبلية في العالم المعاصر.‏

 ثم يستنكر بعد ذلك عن دفع الرشاوى التي هي واحدة من أدوات السياسة الخارجية للنظام السعودي، وذلك بفضل ‏استخدام الثروة النفطية. حيث انتهاك حقوق الإنسان يتم على نطاق واسع و في صمت المجتمع الدولي. كما تحاول المملكة العربية السعودية، بفضل مزايا ممنوحة للدول الغربية والولايات المتحدة شراء صمت هذه الدول، بالرغم ‏من أنها كانت تنشر أحيانا تقارير عن حالة حقوق الإنسان في هذا البلد،

 و يذكر راست بين أن الوهابية – التي ظهرت عام 1745 في منطقة نجد بدأت كحركة توحيد ولعبت دورا هاما في تطور الجغرافيا السياسية للمملكة العربية السعودية –.

 سمح التحالف بين الوهابية  والهوية العرقية السعودية بتمديد السلطة السياسية والدينية لحلفائها خارج القبائل والأسر ‏الحاكمة، على كامل شبه الجزيرة العربية وسيطرتهم على مناطق وقبائل أخرى. كما ان تأثير الوهابية اليوم  بسبب ‏دورها التاريخي هام للغاية يتعدى التأثير الرسمي لمؤسسة دينية. و منذ إنشاء النظام السعودي شكلت الوهابية ثقافتها ‏ونظامها التعليمي ونظامها القانوني وطبعت بصماتها على مجمل الاتجاهات الاسلامية السنية للمملكة العربية ‏السعودية.

 

 يلعب المفتين الوهابيين في هذا السعودية اليوم، دورا أساسيا في الشؤون السياسية للبلد حيث يتم تعيين وزراء العدل و ‏الحج و المبادئ الإسلامية، والدعاية والإرشاد بمشاورتهم.

Ensuite la déclaration de Monsieur Michel FOURNIER, Responsable auprès Amnesty International de la région du Moyen Orient, a été lue intégralement à la tribune par Monsieur Mohamed TROUDI, chercheur auprès l’Académie. Monsieur FOURNIER condamnerait sans appel l’Arabie saoudite pour la multiplicité de ses manquements au respect des droits de l’Homme et dénonce le caractère totalitaire et religieux du régime. Le wahhabisme est tenu pour responsable des persécutions dont sont victimes les chiites, les discriminations à l’égard des femmes sont également pointées du doigt par monsieur Fournier.


Arabie Saoudite : déni de la liberté d’expression, persécution de la minorité chiite et violation des droits des femmes.

Then the declaration by Mr. Michel FOURNIER, Amnesty International’s Middle East responsible, was integrally read at the rostrum by Mr. Mohamed TROUDI, researcher at the Academy. Mr. FOURNIER conclusively condemns Saudi Arabia for its several failures to respect human rights and denounces the regime’s totalitarian and religious character. Wahhabism is held as responsible for the persecutions victimizing Shiites, the discrimination against women being also accused by Mr. FOURNIER.

ثم تكفل السيد محمد ترودي، باحث في الأكاديمية بالقراءة الكاملة لكلمة السيد ميشيل فورني مسؤول منطقة الشرق الأوسط، في منظمة العفو الدولية الذي ادان بشدة المملكة العربية السعودية للتجاوزات الكثيرة المرتكبة في مجال حقوق الإنسان وندد بالطابع الشمولي والتيوقراطي للنظام معتبرا الوهابية هي المسؤولة عن اضطهاد الشيعة، و التمييز ضد المرأة.

 

À son tour le Recteur François DUMONT, professeur à l’Université de la Sorbonne, se livre pour sa part, après quelques précautions mineures concernant le terme de « droits de l’homme », à une comparaison entre l’Arabie saoudite et quelques pays voisins (Iran et Irak) ainsi que la Tunisie. Le sort des femmes dans ces territoires est plus particulièrement passé en revue. Par ailleurs une mine considérable de statistiques permet d’arriver à plusieurs conclusions, et montre que la situation des femmes en Arabie saoudite n’est pas si mauvaise qu’on pourrait le penser même si l’obésité (44% des femmes) est génératrice d’une forte morbidité. De même, peu de saoudiennes travaillent – leur droit au travail est plus contenu qu’ailleurs, car 85% des salariés sont des hommes .

Enfin, selon « la loi fondamentale » saoudienne qui a jeté en basées du royaume, en l’absence de constitution nationale véritable et de droit de vote, l’accès des femmes à la politique n’est pas une réalité jusqu’alors. En fait les raisons explicatives de la situation des femmes en Arabie procède surtout du fait que la Charria est placée au-dessus de toutes les Chartes et conventions. Le religieux a envahi le domaine de la société civile. Plus globalement, la Charte arabe de droits de l’homme contient un trop grand nombre d’ambiguïtés.

Une seule question : que désirent les autorités saoudiennes ? Avancer ou non dans le sens du droit et de la liberté ? La réponse n’est pas évidente.

 
Les femmes et les « droits de l’homme » en Arabie Saoudite

In turn, Superior Education Director François DUMONT, a Sorbonne University Professor, for his part sets out – after a few minor precautions concerning the terms “human rights” or the “rights of man”, on a comparison between Saudi Arabia and other countries (neighbouring Iran and Irak, and also Tunisia). Women’s lot in these countries is particularly examined. Added to which a considerable mine of statistics permits to reach several notable conclusions, and to show that the situation of Saudi Arabian women isn’t as bad as some imagine, even if obesity (44% of the women) contributes to a high morbidity. Likewise, few Saudi women work – their right to work is more highly contained than elsewhere, indeed 85% of salaried personnel are men.

Finally, according to Saudi “Fundamental Law” that is theoretically at least the Kingdom’s base, in the absence of a veritable national Constitution and the right to vote, women’s access to politics is no part of reality to this day. In fact the cause of the situation of today’s women in Arabia, is above all the fact that the Sharia is given priority over any Charter or Agreement. The religious has invaded civil society’s domain. More globally, even the Arab Charter of the Rights of Man contains too many ambiguities. Only one question: what do the Saudi authorities desire. To advance or not in the direction of rights and liberties. The answer is therefore ambiguous, indeed not at all evident.

اما رئيس الجامعة فرانسوا دومون، و هو أستاذ في جامعة السوربون، بعد ان قدم بعض التوضيحات الطفيفة بشأن مصطلح "حقوق الإنسان"، قام باجراء مقارنة بين المملكة العربية السعودية وبعض البلدان المجاورة (إيران والعراق)، وتونس. تمت المقارنة بالتركيز على حالة النساء في هذه البلدان. الاستاذ دومون قدم جملة من الإحصاءات الثرية التي تمكن من التوصل إلى استنتاجات عدة، والتي تبين أن وضع المرأة في المملكة العربية السعودية ليس سيئ كما يمكن اعتقاده حتى لو ان السمنة (44٪ من النساء) تولد ارتفاع معدلات المراضة. وبالمثل، فان القليل من النساء السعوديات تشتغل - فحقهن في العمل مقلص اكثر من أي مكان آخر، ذلك لأن 85٪ من الموظفين هم من الرجال.

وأخيرا، وفقا " للقانون الأساسي" السعودي، في غياب دستور وطني حقيقي وحق التصويت، فان وصول المرأة إلى السياسة ليس حقيقة واقعة حتى الآن. في الواقع الأسباب التي تفسر حالة النساء في السعودية ترجع في المقام الأول الى ان الشريعة وضعت فوق كل المواثيق والاتفاقيات الدولية كما غزى رجال الدين مجال المجتمع المدني. على نطاق أوسع، كما ان الميثاق العربي لحقوق الإنسان يحتوي على الكثير من الغموض.

 و السؤال الذي يطرح هنا هو بماذا ترغب السلطات السعودية ؟ التقدم أو لا في طريق القانون والحرية؟ والجواب ليس واضحا. 

 

تدين الأميرة سلسلة من الهجمات على كرامة الإنسان، وكذلك جميع أنواع التمييز وعلى وجه الخصوص ضد المرأة في المملكة العربية السعودية وفي بلدان المنطقة. فهل ينبغي لنا إذن تبني نصوص حررت خارج الحيز الثقافي الذي تطبق فيه ؟ و هل علينا الاستمرار بالتدخل في المؤتمرات الدولية دون أي نتيجة على الإطلاق؟ حيث أن إملاء الأوراق وتكرار نفس الوقائع لا يجدي بالنفع الكبير. ومع ذلك، فإن الإعلان المصري، والإعلان العربي للحقوق يبدوان للأميرة نقطة انطلاق جيدة لتحقيق التقدم في الشرق القريب و الأوسط وبلوغ مجتمع أكثر عدلا و ديمقراطية و إنسانية. و لتحقيق ذلك، فان الاستماع للشباب و إشراكهم يبدوان أمران ضروريان. وبالمثل، فان للتكنولوجيات الجديدة للمعلومات والاتصالات لا يمكنهم سوى تحفيز عملية التوعية للضرورة الملحة المنصبة على عاتق دول العالم الإسلامي لتوفير جميع الشروط والهياكل من اجل إدراك وجود حقوق عالمية للإنسان واحترامها - بل هو شرط للكرامة والعدالة. 

 

 

L’intervention suivante, celle de la Princesse Basmah Bint SAOUD bin ABDULAZIZ, avec sa démarche intellectuelle humaniste, dresse un plaidoyer pour que les droits de l’individu soient respectés dans le monde arabe. Elle déclare désirer l’établissement d’une Déclaration arabe des droits de l’homme qui reprendrait la Charte arabe des droits humains, la Charte de l’ONU, la Déclaration universelle des droits de l’homme, la Convention internationale sur les droits de l’homme et la Déclaration du Caire des droits humains dans l’Islam.

La Princesse dénonce toute une série d’atteintes à la dignité humaine ainsi que toutes sortes de discriminations dont les femmes en particulier sont victimes en Arabie saoudite comme dans les pays de la région.

Faut-il pour autant adopter des textes fabriqués en dehors de l’espace culturel concerné ? Faut-il continuer à s’exprimer dans des conférences internationales sans que cela ait quelque conséquence que ce soit ? Noircir du papier et répéter inlassablement les mêmes faits ne servent pas à grand-chose.

Il n’empêche que la Déclaration égyptienne, la Déclaration arabe des droits lui semblent un bon tremplin pour progresser au Proche et Moyen Orients vers une société plus juste, plus démocratique, plus humaine. Pour ce faire, une écoute sinon une participation des jeunes lui paraît indispensable. De même, les nouvelles technologies de l’information et de la communication ne peuvent que pousser à un processus de prise de conscience de l’ardente obligation qu’ont les pays du monde arabo-musulman de mettre en place toutes les conditions et structures pour que se concrétisent l’existence et le respect des droits universels de l’homme – c’est une exigence de dignité et de justice.

Pour la Princesse, la première chose à viser c’est l’établissement d’une constitution.

 
une Déclaration arabe des Droits pour garantir les droits fondamentaux de la vie ?

The following intervention, that of Princess Basmah Bint SAOUD bin ABDULAZIZ, with her intellectual humanist approach, pleads for individual rights to be respected in the Arab world. She declares desiring the establishment of an Arab Declaration of the Rights of Man that would complete the Arab Charter of Human Rights, the U.N. Charter, the Universal Declaration on Human Rights, the International Convention on the Rights of Man, and the Cairo Declaration of Human Rights in Islam. The Princess denounces an entire series of offences against human dignity as well as all sorts of discrimination, of which women in particular are victims in Saudi Arabia as in other countries of the region.

The Princess evokes the questions:

-          must one really adopt texts coming from beyond the cultural space concerned?

-          Must one really continue to express oneself across international conferences that have absolutely no consequence?

-          Must one really darken paper with ink, just to repeat ceaselessly the same facts that have no use?

All the same, the Egyptian Declaration: the Arab Declaration on Human Rights, seem to her to be a good enough springboard for the Near and Middle East to jump towards a more just, a more democratic and a more human society. For this, it seems indispensable to the Princess, that today’s youth must be listened to and heard. Likewise, new information and communications technologies can but push to more awareness of the ardent obligation that the Arab-Moslem world has to install all conditions and structures making real and respecting the existence of universal human rights – this is a prerequisite for dignity and justice.

For the Princess, the first item to realize is the establishment of a Constitution.

 كلمة الأميرة بسمة بنت سعود بن عبد العزيز، كانت مبادرة فكرية إنسانية، من أجل احترام حقوق الفرد في العالم العربي أعلنت فيها بالرغبة في إنشاء إعلان عربي لحقوق الإنسان يأخذ على الميثاق العربي لحقوق الإنسان، وميثاق الأمم المتحدة والإعلان العالمي لحقوق الإنسان، والاتفاقية الدولية لحقوق الإنسان وإعلان القاهرة بشأن حقوق الإنسان في الإسلام تدين الأميرة سلسلة من الهجمات على كرامة الإنسان، وكذلك جميع أنواع التمييز وعلى وجه الخصوص ضد المرأة في المملكة العربية السعودية وفي بلدان المنطقة.

فهل ينبغي لنا إذن تبني نصوص حررت خارج الحيز الثقافي الذي تطبق فيه ؟ و هل علينا الاستمرار بالتدخل في المؤتمرات الدولية دون أي نتيجة على الإطلاق؟ حيث أن إملاء الأوراق وتكرار نفس الوقائع لا يجدي بالنفع الكبير.

 ومع ذلك، فإن الإعلان المصري، والإعلان العربي للحقوق يبدوان للأميرة نقطة انطلاق جيدة لتحقيق التقدم في الشرق القريب و الأوسط وبلوغ مجتمع أكثر عدلا و ديمقراطية و إنسانية. و لتحقيق ذلك، فان الاستماع للشباب و إشراكهم يبدوان أمران ضروريان. وبالمثل، فان للتكنولوجيات الجديدة للمعلومات والاتصالات لا يمكنهم سوى تحفيز عملية التوعية للضرورة الملحة المنصبة على عاتق دول العالم الإسلامي لتوفير جميع الشروط والهياكل من اجل إدراك وجود حقوق عالمية للإنسان واحترامها - بل هو شرط للكرامة والعدالة

Il y a ensuite eu des questions et propos dans toute la salle, suivis par la projection d’une vidéo d’extraits d’actualités courantes en Arabie saoudite qui a su émouvoir toute l’assistance.

Following the which, questions and observations took place throughout the hall, followed by a video-projection of current news extracts from Saudi Arabia that quite moved the entire audience.

 

Madame Safa BEN SAAD, enseignante à l’Institut de droit comparé de l’Université TOULOUSE-II, a débuté la deuxième séance – celle de l’après-midi, du colloque, en nous expliquant qu’il est nécessaire qu’une loi permette à des personnes de s’opposer à l’Etat. La « loi fondamentale » du royaume à ce niveau est une avancée malgré ses limites et ce depuis 1992. C’est l’acte fondateur d’une nation. On y trouve certaines formulations de garantie de certains droits.

Madame Safa BEN SAAD estime qu’il y a islamisation des droits de l’homme, ce qui suppose que l’Islam est un système cohérent qui a réponse à tout. C’est ainsi par exemple, que la complémentarité homme-femme remplace le principe d’égalité. De fait c’est un bricolage avec la confusion entre droit divin et droit constitutionnel – même si le texte n’est pas sacré.

 
Le droits de L'Homme dans la Loi fondamentale saoudienne.

 

Mrs Safa BEN SAAD, Teacher at the Comparative Law Centre of the University Toulouse-I Capitole, started the Conference’s Second Session in the afternoon, by explaining that it is necessary that a law permit that citizens voice opposition against State decisions. The Saudi kingdom’s “Fundamental Law” is, in this perspective, progressive since 1992 despite its restrictive character. It does contain several prescriptions for the guarantee of certain rights.

Mrs Safa BEN SAAD feels that human rights have indeed an Islamic echo, and this leads to suppose that Islam is a system that has an answer for everything. Thus and for example, an Islamic “male-female complementation” replaces the human rights “equality principle”. It’s a kind of arrangement between Divine Law and Constitutional Law – even if the text itself is not holy scripture.

افتتحت الجلسة المسائية من قبل السيدة صفاء بن سعد، استاذة بمعهد القانون المقارن، بجامعة تولوز -I، حيث بدأت كلمتها موضحة أنه من الضروري أن يتيح القانون للناس معارضة الحكومة و يعتبر"القانون الأساسي" للمملكة متقدم في هذا الموضوع على الرغم من قيوده وهذا منذ عام 1992 كما أضافت انه هو المؤسس للأمة و تتخلله بعض الصياغات التي تضمن بعض الحقوق. ترى هذه الباحثة أن هناك نوع من "أسلمة" حقوق الإنسان، وهو ما يعني أن الإسلام نظام متماسك لديه كل الأجوبة. هكذا، على سبيل المثال، أن التكامل بين الذكور والإناث يستبدل مبدأ المساواة. في واقع الأمر هذا النظام هو ترقيع مع الخلط بين القانون الإلهي والقانون الدستوري - حتى لو كان النص غير مقدس.

 

Après ces brefs propos,  Professeur Hall Gardner, Directeur du département de Politique Internationale à l'Université Américaine de Paris maintient que les relations entre les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite sont très complexes, particulièrement l'intérêt porté au pétrole, à la finance et à la géostratégie. À l'inverse ce sont essentiellement les questions du terrorisme, du droit des femmes et des droits de l’homme qui posent problème. L'Arabie Saoudite entretient-t-elle le terrorisme, comme l'en accusent certains Sénateurs Américains?

De nombreuses organisations non-gouvernementales (ONG) américaines luttent pour implanter la démocratie. Pourtant, les efforts pour démocratiser le Moyen-Orient ont tendance à renforcer les partis religieux islamiques, plutôt que de renforcer les parties plus «laïque» ou les parties non religieusement orientées ce que les Américains avaient d'abord espérés. Ce fait a, au moins en partie, contrarié les espoirs du président Obama après son discours du Caire en vue d’une réconciliation avec les peuples de la région. Les Saoudiens semblent soutenir un nombre de ces reformes à l’étranger, alors qu’ils peinent à modifier leur propre structure.

Le terme de «printemps arabe» est inadapté car il ya beaucoup d'autres mouvements sociaux et politiques exigeant plus de droits à travers tout le Moyen-Orient, y compris les Kurdes et les Berbères, ainsi que les mouvements au sein de l'Iran et de l’Israël en quête de réformes. En outre, les mouvements arabes sont eux-mêmes divisés entre «laïques» et non-religieux, sunnites et chiites. Les mouvements sunnites sont à leur tour divisés entre la confrérie musulmane, les wahhabites, les salafistes, ainsi que d’autres. Ces mêmes mouvements sont également sous-divisés entre eux. En général, les Saoudiens soutiennent les tendances wahhabites.

Les demandes de droits de l'homme ont été manipulées par les intérêts de l'État. Par exemple, l'Iran parle de violations des droits de l'homme de la minorité chiite dans la province orientale de l'Arabie Saoudite, riche en pétrole, tandis que l'Arabie Saoudite parle de violation des droits de l'homme des minorités arabes en Iran dans la province iranienne du Khouzistan, également riche en pétrole.

Mais le plus important serait de comprendre que le débat sur les Droits de l'homme se fait à l'intérieur du camp occidental tout comme à l'intérieur du monde musulman. Une opposition simpliste Islam-Occident du style "choc des civilisations" ne serait pas juste. À cet égard, le débat entre l'Arabie saoudite et le Pakistan au cours de la Déclaration universelle des Droits de l'homme de 1948 est très important. A cette époque, le Pakistan a accepté la Déclaration universelle des Droits de l'homme, mais l'Arabie saoudite s’est abstenue. Cela a révélé les divisions profondes au sein du monde islamique sur la question des droits de l'homme. En même temps, la plupart des Etats islamiques, y compris l'Arabie saoudite, ont voulu que la Déclaration universelle des Droits de l'homme exprime de manière plus explicite la sauvegarde des droits économiques, sociaux et culturels. Les États-Unis ont refusé cette demande, malgré que le président Roosevelt pendant son mandat ait fait des «droits économiques» une priorité en tant que « liberté fondamentale ».

The US and Saudi Arabia: Toward consensus on Democracy and Human Rights? 

After these brief remarks, Professor Hall GARDNER, Director of the International Politics Department of the American University in Paris, explains that relations between the United States and Saudi Arabia are complex. The primary interests are petroleum, finance and geostrategy. The other side of the coin is the terrorist issue, human rights and women’s rights – these are main problematic matters. In effect, does Saudi Arabia favour terrorism, as certain American Senators accuse?

Numerous American NGOs struggle to help cultivate democracy, but this policy seems to just reinforce Islamic extremism, rather than secure the more “secular” parties, including those for which the Americans had initially hoped. Indeed this complication has at least in part deceived President Obama’s hopes after his Caïro speech looking toward reconciliation with the region’s peoples.

Saudis seem to support some of these reforms abroad, while at the same time struggling to adapt their own structure.

Further, the expression “Arab Spring” isn’t convenient because there are many social and political movements throughout the Middle East demanding more rights, including Kurds and Berbers, also Iranian democratic movements, and Israeli reform groups. Moreover, the Arab movements are divided into “secular”, non-religious, authoritatively religious (Sunni) and less religious (Shiite). On top of which, Sunni movements are further divided: the Moslem Brotherhood, the Wahhabites, the Salafists, and others (subsidiary movements, also subdivided or fragmented into independent cells). The Saudi population as a whole supports the Wahhabite groups.

As for the human rights issue, States are manipulating it to their own divergent ends: Iran deplores human rights violations against the Shiite minority in the petroleum-rich Arabian East, whereas Saudi Arabia accuses Iran of human rights violations against Arab minorities in Iran’s petroleum rich Khouzistan Province.

But the most important would be to understand that the human rights debate is an internal issue of the Western camp, as it is an internal issue of the disparate segments of the Moslem world. A simplistic West-Islam faceoff in the spirit of a “civilisation/culture shock” wouldn’t do justice to the situation. In this sense, the Saudi Arabia-Pakistan debate during the 1948 Universal Human Rights Declaration is very important: at the time, Pakistan had accepted the 1948 Declaration, but Saudi Arabia had abstained. This revealed the depths of the divisions existing already at the heart of the Islamic world, on as vital and far-reaching an issue as human rights. At the same time, most Islamic States, including Saudi Arabia, wanted that the 1948 Declaration express more explicitly the guaranteeing of economic, social and cultural guarantees rights, and this the United States refused, despite the fact that President Roosevelt during his term of office, had made of “economic rights” a priority as a “fundamental liberty”.

بعد هذه الملاحظات الموجزة، يؤكد هال غاردنر، رئيس قسم السياسة الدولية في الجامعة الأميركية الباريسية أن العلاقات بين الولايات المتحدة والمملكة العربية السعودية هي معقدة جدا، لاسيما في مجال النفط، و التمويل والجيوستراتيجية. و من ناحية أخرى فان قضايا الإرهاب، وحقوق المرأة وحقوق الإنسان هي القضايا الأساسية المثيرة للإشكال. فهل المملكة العربية السعودية تؤيد الإرهاب كما يتهمها بعض أعضاء مجلس الشيوخ الأمريكي ؟

 تناضل العديد من المنظمات غير الحكومية الأمريكية من أجل ترسيخ الديمقراطية. ومع ذلك، فان الجهود المبذولة لدمقرطة الشرق الأوسط تميل إلى تعزيز الأحزاب الدينية الإسلامية، بدلا من تعزيز الأطراف الأكثر "علمانية" أو غير الموجهة دينيا. وقد أحبط هذا، على الأقل جزئيا، أمال الرئيس أوباما بعد خطابه في القاهرة من اجل المصالحة مع شعوب المنطقة. يبدو أن السعوديين يدعمون عدد من هذه الإصلاحات في الخارج، في الوقت الذي يكافحون فيه من أجل تغيير بنيتهم الخاصة.

 مصطلح "الربيع العربي" غير ملائم لأن هناك العديد من الحركات الاجتماعية والسياسية التي تطالب بالمزيد من الحقوق في جميع أنحاء الشرق الأوسط، بما في ذلك الأكراد والبربر، وكذلك الحركات في إيران و إسرائيل التي تسعى للإصلاح. وبالإضافة إلى ذلك، فإن الحركات العربية تنقسم في حد ذاتها بين "العلمانية" وغير الدينية، السنية والشيعية. والحركات السنية هي بدورها مقسمة بين جماعة الإخوان المسلمين، والوهابيين، والسلفيين، وغيرهم. هذه الحركات هي أيضا مقسمة فيما بينهم. وبصفة عامة، فان السعوديون يدعمون الاتجاهات الوهابية.

 لقد تم التلاعب بمطالبات حقوق الإنسان من قبل مصالح الدولة فعلى سبيل المثال، يتحدث إيران عن انتهاكات حقوق الإنسان للأقلية الشيعية في المنطقة الشرقية من المملكة العربية السعودية الغنية بالنفط في حين تتحدث السعودية عن انتهاك حقوق الإنسان للأقليات العربية في إيران في محافظة خوزستان الإيرانية الغنية بالنفط أيضا.

 

 ولكن أهم شيء هو الفهم أن النقاش حول حقوق الإنسان يتم عند الغرب كما في داخل العالم المسلم . و أن المعارضة المبسطة بين الإسلام والغرب على غرار "صدام الحضارات" ليست عادلة. وفي هذا السياق، فإن النقاش بين المملكة العربية السعودية وباكستان في خلال الإعلان العالمي لحقوق الإنسان لعام 1948 مهم جدا. في ذلك الوقت، قبلت باكستان بالإعلان العالمي لحقوق الإنسان، و امتنعت المملكة العربية السعودية عنه. اظهر هذا الانقسامات العميقة داخل العالم الإسلامي حول مسألة حقوق الإنسان. في الوقت نفسه، تريد معظم البلدان الإسلامية، بما في ذلك المملكة العربية السعودية أن يتحدث الإعلان العالمي لحقوق الإنسان بوضوح عن ضمانات الحقوق الاقتصادية والاجتماعية والثقافية. رفضت الولايات المتحدة هذا الطلب، على الرغم من أن الرئيس روزفلت خلال فترة ولايته جعل "الحقوق الاقتصادية" كأولوية مثل الحريات الأساسية.  

Pierre RIGOULOT, directeur de l’Institut d’histoire des sciences sociales, a présenté son apport au colloque, en constatant un douloureux dilemme : ou la dénonciation, l’indignation ou la critique très diplomatique. C’est particulièrement vrai concernant l’Arabie saoudite.

Certes, l’Arabie saoudite transgresse les droits de l’homme dans de nombreux domaines, mais les valeurs universelles ne sont pas reconnues de manière universelle. Pour certains, les droits de l’homme constituent des outils de l’impérialisme occidental. Certains militants des droits de l’homme exagèrent et sont en réalité contre-productifs et bien souvent ne cherchent qu’à plaire à leurs publics. La manipulation des ONG par les groupes transnationaux est patente à ce niveau.

Toutefois les choses bougent lentement mais sûrement. Il y a là toutes les raisons d’espérer car il faut être patient pour ce pays où il n’y avait pas d’école il y a seulement 55 ans.

Fragiliser l’Arabie saoudite n’est pas la solution. L’hiver arabe est là pour le prouver. Alors le conflit avec Al-Qaïda est intéressant, le salafisme a désormais 2 tendances dont l’une est légitimiste.

Les défenseurs des droits de l’homme doivent-ils s’allier aux Chiites voire au régime iranien pour faire chuter le régime de Ryad ? Ce n’est pas là l’intérêt de l’Occident. Bref le pragmatisme contre l’idéal.


Droits de l’homme, politique et géopolitique en Arabie Saoudite.

Mr. Pierre RIGOULOT, director of the Social Science History Institute, presented his contribution to the conference, questioning whether a human rights defender should denounce human rights violations but remain indifferent to the effects of his own discourse, or must he – anxious for human rights’ destiny progress, bearing in mind the general political situation of which the disposition of those in power, display diplomacy, restraint and prudence, even if this makes him appear as undecided or soft? This is indeed a painful dilemma with which he is particularly confronted in the case of Saudi Arabia.

Certainly, Saudi Arabia transgresses human rights laws in a number of fields … freedom of religious belief is not respected, on the contrary any religion other than Islam is strictly forbidden. The equality of men and women is not recognized, indeed women are forced to obtain a guardian’s authorization to marry, to travel, to exercise a salaried activity, attend higher studies.

According to the World Sexes Inequality Report, Saudi Arabia occupies a revealing position: 131st out of 135.

The liberties of expression and information are not recognized. Even setting up an association for defence of human rights is perilous.

Capital punishment statistics are high: 102 in 2008, 67 in 2009, 27 in 2010 but 82 in 2011, according to Amnesty International. In comparison, it’s in Saudi Arabia that the execution rate is highest.

But can those in power in Saudi Arabia register the criticism? It must not be forgotten that Saudi Arabia opposed the adoption of the 1948 Universal Declaration on Human Rights. So how to go about it?

Denouncing human rights defence organizations is too often a prickly matter. Their arguments do not take into account the danger of rendering more fragile that State. Montesquieu’s famous remark that it’s when an authoritarian society is reforming itself that it most risks falling, surely applies perfectly to this country? And what effects could have the crumbling of this Western ally at the strategic level, being a furnisher of a non negligible part of the energy of most democratic States and so of democraties and and regimes that in general defend human rights?

Saudi society’s aspirations to change, as the demonstrations, petitions and even a small but real government receptivity prove, are encouraging; but it must be known that secularism is still an inconceivable notion in Saudi Arabia, and that one must remain realist, and not aim too high nor wish to change the country too rapidly.

 قدم بيير ريغولو، مدير معهد تاريخ العلوم الاجتماعية، مساهمته في الندوة حول حقوق الإنسان والسياسة و الجيوسياسة في المملكة العربية السعودية.

هل ينبغي على المدافعين عن حقوق الإنسان إدانة انتهاكات حقوق الإنسان، دون مبالات بالآثار المترتبة عن خطابهم أو ينبغي عليهم، بصفتهم حريصين على تعزيز مصير حقوق الإنسان، مراعاة الوضع السياسي، وطبيعة الأشخاص في الحكم، وممارسة الدبلوماسية والحذر، حتى لو بدوا مفتقرين للحزم، و حتى لو اخذوا خطر اتهامهم بالإنسانيين؟ هي بحسب قول بيير ريغولو، معضلة مؤلمة تواجه خاصة في حالة المملكة العربية السعودية.

 يضيف انه من الواضح أن المملكة العربية السعودية تنتهك عددا من معايير حقوق الإنسان، كما لا تحترم حرية العقيدة الدينية: حيث يحظر ممارسة أي دين آخر غير الإسلام، و لم يتم اعتناق مبدأ المساواة في الحقوق بين الرجال والنساء. وبالتالي، فإن النساء بحاجة إلى إذن من ولي الأمر من أجل الزواج، والسفر، وممارسة مهنة مأجورة، ومواصلة التعليم العالي. من جانب آخر رتبة المملكة العربية السعودية التي قدمها التقرير العالمي عن عدم المساواة بين الجنسين،هي من بين أدلة ذلك: تحتل البلاد المرتبة ال 131 من أصل 135 دولة.

 و لم يتم الاعتراف بعد بحرية التعبير ولا الإعلام. و تاسيس جمعية للدفاع عن حقوق الإنسان هو عمل محفوف بالمخاطر. كما ان عدد حالات الإعدام مرتفع جدا: 102 في عام 2008 و 67 في عام 2009، 27 في عام 2010 و 82 في عام 2011، وفقا لمنظمة العفو الدولية. و بالمقارنة مع عدد السكان، في المملكة العربية السعودية عمليات الإعدام هي من الأكثر عددا.

 ولكن يتسائل بيير ريغولو هل بإمكان الحكومة السعودية استماع منتقديها؟ مع العلم أن المملكة العربية السعودية عارضت اعتماد الإعلان العالمي لحقوق الإنسان في ديسمبر عام 1948.

 لذلك، ما العمل؟

 إدانات منظمات حقوق الإنسان غالبا ما تكون قاسية جدا، وحججهم لا تأخذ في عين الاعتبار خطر إضعاف الدولة. فيتسائل السيد ريغولو اذا ما كانت مقولة مونتسكيو الشهيرة التي مفادها انه عند إصلاح مجتمع استبدادي، الاحتمال أن ينهار يكون أقوى، ليست مثالية لهذا البلد؟ وما هي تأثيرات انهيار حليف الغرب على المستوى الاستراتيجي، بصفته مزود جزء كبير من الطاقة لأغلبية الدول الديمقراطية - إذن الديمقراطيات والأنظمة التي تشجع على نطاق واسع حقوق الإنسان ؟

 وفي اخر كلمته قال إن طموحات التغيير في المجتمع السعودي، كما توضحه الاحتجاجات والالتماسات، وحتى تقبل محدود ولكن حقيقي للسلطة هي مشجعة، ولكن يجب عدم النسيان أن العلمانية مفهوم لا يمكن تصوره في المملكة العربية السعودية ولا بد من أن نكون واقعيين والتخلي عن الرغبة في تغيير البلاد بطريقة جذرية و بسرعة بل تدريجيا.

Monsieur Ali ALYAMI, directeur du Centre pour la démocratie et les droits de l’Homme en Arabie saoudite établi aux Etats-Unis, vient ensuite insister sur le fait que l’Arabie saoudite en tant que pays des lieux saints et très grand producteur de pétrole occupe une place tout à fait privilégiée au sein du monde arabo-musulman. Pour lui, l’effondrement du pays procédera du fait que le wahhabisme (qui en fait représente un danger pour le monde musulman) isole de plus en plus l’Arabie saoudite. De plus l’esprit de modernité et les aspirations à plus de liberté de la part des élites saoudiennes viendront renforcer encore son effondrement.

La dynastie saoudienne qui tenait les religieux est aujourd’hui plus faible devant eux.

Alors l’Arabie sera-t-elle détruite, comme Carthage fut détruite par les Romains, ou par pourrissement intérieur ? L’avenir se décide.

Alliance Saoudi/wahhabite : l’effondrement imminent?

Mr. Ali ALYAMI, Director of the Centre for Democracy and Human Rights for Saudi Arabia established in the United States, then spoke to insist on the fact that Saudi Arabia as a country of sacred shrines and very great producer of petroleum occupies a very privileged place at the heart of the Arab-Moslem world. For him, the fall of this country would arise from Wahhabism (which in fact is nothing but a danger for the entire Moslem world) succeeds in increasingly isolating Saudi Arabia. Moreover, the spirit of modernity and aspirations towards more liberty by Saudi elites shall underline further its tendency to fall.

The Saudi Dynasty that once held its clergy is today weaker before them.

So will Arabia be destroyed, as Carthage was destroyed by the Romans, or by inside rot? The future is deciding.

في مداخلته أكد السيد علي الايامي، مدير مركز الديمقراطية وحقوق الإنسان في المملكة العربية السعودية الموجود في الولايات المتحدة، أن المملكة العربية السعودية باعتبارها بلد المقدسات و المنتج الكبير للنفط تحتل مكانا متميزا جدا في العالم العربي الإسلامي. بالنسبة له، انهيار البلاد سيحصل بسبب الوهابية (التي تمثل في الواقع خطرا على العالم الإسلامي) التي تعزل بشكل متزايد المملكة العربية السعودية. كما أن روح الحداثة والتطلعات لمزيد من الحرية من النخبة السعودية ستعزز من انهياره. فالسلالة السعودية التي كانت تشد الدينيين هي اليوم أكثر ضعفا مما كانت عليه قبل.

 هل سيتم تدمير السعودية ، مثلما دمرت قرطاج على يد الرومان، أو عن طريق تعفن داخلي؟ المستقبل سيقرر.

 

Ali AL-AHMED, Président de l’institut des affaires du Golfe, créé à Washington, et ancien membre de la Commission des Etats-Unis sur les droits religieux internationaux constate dans le sens de la dénonciation des manquements aux droits de l’homme en Arabie saoudite, et ce dans les domaines religieux, politique et social, avec la position inférieure réservée aux femmes. La liberté de la presse est selon ce conférencier, plus particulièrement menacée.

Enfin une revue systématique des malheurs des minorités religieuses est faite. Le système éducatif est dénoncé comme responsable de la haine sociale. Pour Monsieur ALAHMED, l’oppression religieuse est un terreau favorable pour la propagation du terrorisme.

Par ailleurs, corruption, pauvreté, misère des enfants seraient monnaie courante, alors que le niveau de vie du pays diminuerait. Cela pourrait alors expliquer une chute imminente du régime, car les choses ne s’y arrangent pas, loin de là.


Les droits de l’homme en Arabie Saoudite au xxi e siècle

Mr. Ali ALAHMED, President of the Gulf Affairs Institute, created in Washington, and former member of the United States Commission on International Religious Rights, speaks in the direction of denouncing the lack of human rights in Saudi Arabia, in the religious, political and social domains, with an inferior position reserved for women. According to the speaker, freedom of the press is also particularly threatened there.

Finally, he makes a systematic review of the misfortunes of the religious minorities. The educational system is denounced as responsible for much social hatred. For Mr. ALAHMED, religious oppression is favourable ground for spreading terrorism.

Moreover, corruption, poverty, child misery are all common currency there, as the country’s standard of living declines. That could explain the regime’s imminent fall, because things are not getting better there, far from that.  

علي الأحمد، رئيس معهد شؤون الخليج، الذي أنشئ في واشنطن وعضو سابق في اللجنة الأميركية حول الحقوق الدينية الدولية يلاحظ في اتجاه الإبلاغ عن انتهاكات حقوق الإنسان في المملكة العربية السعودية، و ذلك في المجالات الدينية والسياسية والاجتماعية، مع المكانة المتدنية المخصصة النساء كما أن حرية الصحافة حسبه، هي الأكثر مهددة.

 وفي الأخير، أجريت مراجعة منهجية لمصائب الأقليات الدينية وندد بنظام التعليم بصفته المسؤول عن الكراهية الاجتماعية . يضيف السيد الأحمد أن القمع الديني يمنح أرض خصبة لانتشار الإرهاب.

 وعلاوة على ذلك، أصبح الفساد، والفقر و بؤس الأطفال ظواهر شائعة، في حين أن الحالة المعيشية في البلاد ستنخفض. وهذا يمكن أن يفسر سقوط وشيك للنظام، لأن الأمور ليست في تحسن، بل على العكس من ذلك. 

Il revint enfin au Professeur Jacques BARRAT, professeur émérite à l’Université Paris-II Panthéon, de tirer les conclusions et faire la synthèse de cet important et très actuel colloque international, en reprenant l’ensemble des interventions faisant précisément avec de nombreuses données chiffrées le constat des très conséquentes et multiples atteintes aux droits de l’homme en Arabie saoudite, pays pourtant protégé de manière privilégiée par les pays occidentaux et par-devant l’ONU. La matière à réflexion devra, selon lui, à l’avenir porter sur la cohérence des démocraties vis-à-vis de leur action internationale à destination des monarchies du Golfe et de l’Arabie saoudite en particulier.

It was up to Mr. Jacques BARRAT, Emeritus Professor at Paris-II Panthéon University, to draw conclusions to this very important international conference, and makes its synthesis by resuming all the interventions, and doing so precisely with sets of detailed data that expose the very many and consequent offences against human rights in Saudi Arabia, a country that is even protected in a privileged manner by the Western countries and at the U.N.. Future reflection, according to the Speaker, shall have to bear on coherence of democracies in relation to their international action aimed at the Gulf monarchies and Saudi Arabia in particular.

S’en suivit un riche débat entre la salle et Professeur GARDNER, Monsieur ALYAMI et Monsieur AL-AHMED.

Monsieur le président Ali RASTBEEN a ensuite prononcé la clôture de la conférence.

À cette occasion, un ouvrage consacré au thème des droits de l’homme en Arabie saoudite, et contenant la substance des interventions, a été édité et publié par l’Académie de géopolitique de Paris.

After that there was a rich debate between the Hall and Professor GARDNER, Mr. ALYAMI and Mr. AL-AHMED.

عاد البروفيسور جاك بارا، أستاذ في جامعة باريس بانتيون II، لاستخلاص النتائج وتلخيص هذا المؤتمر الهام للغاية والمعاصر، بتكرار جميع التدخلات بتذكير العديد من الأرقام التي تثبت الانتهاكات الكبيرة و المتعددة لحقوق الإنسان في المملكة العربية السعودية، هذا البلد الذي ينال حماية خاصة من قبل الدول الغربية و الأمم المتحدة.

لا بد أن يركز التفكير في المستقبل ، على حد قوله، على تنساق الديمقراطيات مع تصرفاتها الدولية باتجاه مماليك دول الخليج والعربية السعودية على وجه الخصوص.

تبع ذلك نقاش حيوي بين الحضور والأستاذ غاردنر، والسيدالاحمد و السيد الايامي و بعد ذلك أعلن السيد علي راست بين رئيس الأكاديمية، عن اختتام المؤتمر.

 

وبهذه المناسبة، تم تحرير كتاب نشرته الأكاديمية الجيوسياسية الباريسية حول موضوع حقوق الإنسان في المملكة العربية السعودية، يحتوي على مضمون المداخلات.

 

The President Ali RASTBEEN thereupon pronounced the closing of the conference.

This occasion has allowed to publish a book on Human Rights in Saudi Arabia, and containing the substance of the interventions. This book is edited and published by the Paris Academy of Geopolitics.