COLLOQUIUM : Yemen in war 

مؤتمر دولي حول اليمن  في حرب

Actes du colloque   

      Conference proceedings

وقائع المؤتمر

La Sorbonne - Mercredi 17 Juin 2015

يوم الأربعاء 17 يونيو 2015،  بجامعه السربون-  باريس

Le Yémen subit une guerre effroyable qui ne dit pas son nom. La majeure partie de l’Armée et de la population yéménites subit actuellement les effets dévastateurs de bombardements de grande ampleur et de toutes les retombées d’un embargo économique et stratégique. Le rationnement en nourriture, médicaments et biens de première nécessité est une réalité quotidienne pour les civils des grandes villes et des villages du pays. Contre une espèce de censure autour de ces faits d’une extrême gravité ayant provoqué de très nombreuses victimes, l'AGP reste fidèle à sa vocation d’animer librement des débats aux thématiques actuelles inédites et originales. Les travaux des meilleurs spécialistes sur l’opération en cours de déstabilisation du Yémen dans le cadre d’une stratégie régionale de grande ampleur, ont été sollicités. De même, la question du statut et de la légitimité de l’intervention saoudienne et occidentale a pris toute sa place ainsi que les nombreuses analyses géopolitiques sur l’implication réelle de nombreux acteurs internationaux. Les caractéristiques particulières de cette agression, laquelle a vu se constituer une coalition des pétromonarchies, ont été soulignées tout comme l’aspect technique du recours manifeste à des armes de haute technologie particulièrement destructrices. Comme à son habitude, l'AGP a fait le choix d’une approche pluridisciplinaire et a bénéficié de l’expertise d’analystes en pointe sur ce dossier sensible. Il a été nécessaire de se pencher sur la déclinaison des forces en présence, Etats commanditaires, fondations de financement et groupes terroristes, tel qu’Al Qaïda, ce qu'ont couvert également les analyses pertinentes des nombreux spécialistes, universitaires, personnalités, militaires, diplomates, journalistes, etc. qui ont participé à ce colloque.

 

 The Yemen is undergoing an inglorious and frightful war. Most of the Yemeni army and population are at this very moment suffering the devastating effects of repeated large-scale bombings and of economic and strategic embargos. The rationing of food, medicine, first-aid products and services is currently a daily reality for the inhabitants of the country’s large cities and small villages alike. Acting now against the censorship surrounding occurrences of such extreme gravity, the PAG remains faithful to its vocation of freely animating debates on current unedited and original themes. The works of the best specialists, on this destabilizing of Yemen within the framework of regional strategies of far larger scope, have been solicited.

Likewise, the question of the status and of the legitimacy of the Saudi and Western intervention has assumed its full import, along with numerous geopolitical analyses on the complete implications of many international actors. 

The particular characteristics of this aggression, that saw the constitution of a coalition of petro-monarchies, has been underlined as has the technical aspect of manifest recourse to particularly destructive arms of high technology. True to its habit, the PAG has chosen a pluridisciplinary approach and has benefited from the expertise of top analysts informed on this sensitive dossier. It has been necessary to apply oneself on the decline of the indigenous forces, the conniving States, the financing of the terrorist groups such as Al-Qaida … all these have been covered by the pertinent analyses of numerous specialists, academicians, military personalities, diplomats, journalists, and so on, who participated in this symposium.

يعاني اليمن  من حرب رهيبة لا يجرؤ العالم التحدث باسمها. يواجه معظم الشعب اليمني وعناصر الجيش الآثار المدمرة للقصف على نطاق واسع ، وكذلك يواجه الآثار المترتبة على الحصار الاقتصادي والاستراتيجي. انعدام الغذاء والدواء والسلع الأساسية واقع يومي يواجهه المدنيين في المدن والقرى الرئيسية،

و ضد نوع من الرقابة حول هذه الحقائق التي تسبب خسائر فادحة في الأرواح  تبقى أكاديمية الجيوسياسة في باريس، مخلصة لمهنتها  في مناقشة حرة لموضوعات جديدة.  حيث تم استدعاء اعمال  أفضل المتخصصين في الأوضاع التي تتسبب الان في زعزعه الاستقرار في اليمن  في اطار استراتيجية محلية واسعة النطلق.

وبالمثل مشكلة وضع و شرعية التدخل السعودي والغربي  اخذت  كل معناها و كذا تم تسليط الضوءعلى العديد من التحليلات الجيوسياسية بشأن الإشراك حقيقي للعديد من الجهات الدولية الفاعلة. السمات الخاصة بهذا العدوان، الذي شهد وضع تحالفات الدول الملكيكة، مثل الجانب التقني من استخدام اضح من الأسلحة المتطورة المدمرة بشكل خاص. كالعادة، اختارت AGP نهج متعدد التخصصات واستفادت من خبرات محللين خبراء في هذه القضية الحساسة.

وكذلك تم النظر في تحالفات القوى المتواجدة، والدول الراعية والجماعات الممولة والمؤسسات الإرهابية، مثل تنظيم القاعدة و كلها نقاط غطتها التحليلات الواضحة والجليه من المتخصصين والأكاديميين ورجال جيش ودبلوماسيين وصحفيين الذين شاركو في هذا المؤتمر

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Monsieur Ali RASTBEEN, président de l’Académie de Géopolitique de Paris (AGP), et afin d’introduction s’est adressé ainsi à la salle. 

قام  الدكتور علي راستبين رئيس أكاديمية الجيوسياسة في باريس بالتقديم للمؤتمر والترحيب بالحضور 

 

Depuis le mois de mars de cette année, le Yémen est transformé, en théâtre de combats sanglants qui ont déjà causé de nombreuses victimes. Une guerre destructrice illicite est menée par l'Arabie saoudite et ses alliés occidentaux et arabes contre son pays voisin, certes pauvre, mais important d’un point de vue géopolitique, ce qui justifie à leurs yeux de porter atteinte à son intégrité territoriale, d’y bafouer les principes élémentaires des droits de l’homme et de donner une occasion en or à la prolifération du terrorisme au sein de ce pays meurtri et même dans toute la région.

En fait parmi les pays de la Péninsule Arabique, le Yémen se distingue par plusieurs aspects importants. Tout d’abord il occupe une position géographique stratégique, au carrefour de trois continents : L’Asie, L’Afrique et L’Europe. Or les indicateurs de développement sont préoccupants et le Yémen serait parmi les pays les plus pauvres du monde tout en étant le deuxième pays arabe le plus peuplé de la péninsule.

Toutefois le Yémen maintient par son attitude politique, l’unique démocratie de la péninsule, permettant notamment aux femmes de voter depuis 1970, droit alors inexistant dans les pays du Golfe.

Hélas plus tard dans l’année 1990, le Yémen s’oppose à l’intervention militaire occidentale dans le Golfe, et soutient officiellement Saddam Hussain : les conséquences socio-économiques sont désastreuses pour ce petit pays déjà pauvre : quelques 900.000 Yéménites installés dans divers pays du Golfe sont refoulés sur leurs terres d’origine. L’équilibre politique fragile est maintenant brisé, facilement exploitable de l’extérieur. Il s’en suivit la guerre civile de 1994.

Avec Al-Qaïda installé fermement dès les années 2000 au Yémen en y faisant sa base arrière  centrale pour toute la péninsule, depuis l’année 2001 ce pays fait aussi l’objet d’une attention particulière de la part des Etats-Unis et de leurs alliés, notamment du fait des attentats du 11 septembre 2001.

Ces éléments confondus par les convoitises de l’Arabie Saoudite et de leurs alliés ont fourni les acteurs de la révolution yéménite de 2011. Dont les buts étaient :

-                     la chute du régime oligarchique oppressif d’une famille unique,

-                     la construction d’un état civil démocratique 

-                     adapter l’enseignement national aux besoins et aspirations du peuple

-                     une structure économique nationale n’écartant aucun citoyen

-                     une armée nationale moderne qui serve la nation

-                     et garantir l’indépendance et l’impartialité du pouvoir judiciaire.

L’attaque militaire récente par l’Arabie saoudite contre le Yémen suit celles  perpétrées en 2009 et 2010 et qui ont fait 1.600.000 victimes, et abouti au retrait des troupes saoudiennes..

Cette guerre est devenue un cas de figure à part, aucun principe ni valeur militaire international n’y trouve son compte. 

Si l'on examine la situation qui prévalait, au Yémen, entre janvier et mars 2015, on observe que le mandat du Président Mansour Hadi s'est achevé en février. Or, celui-ci démissionna de son poste en janvier, avant de se réfugier à l’extérieur du pays : ce serait alors un président contesté, démissionnaire et en exil qui aurait demandé une intervention militaire étrangère … non pas à l’Organisation des nations unies dont le Yémen est membre, mais à l’Arabie saoudite, pays répressif, en matière de droits de l’homme et qui  n’expose à ce jour aucun plan de paix clair pouvant prendre le relais d’une intervention militaire.

 De fait, beaucoup d'incohérences sont relevées, dans la manière de laquelle le cas du Yémen a été traité, singulièrement, par le Conseil de sécurité de l'ONU, qui semble donner quitus à ceux qui veulent remodeler [par la force] le Moyen-Orient.

Alors, avant d’analyser ce qui se cache vraiment derrière cette guerre illégale au Yémen, qui ne promet que d'autres bouleversements  pour le monde arabe, il paraît clair, que le dialogue inter-yéménite est le seul moyen de sortir de la crise et de rétablir la paix et la stabilité: la formation d'un gouvernement d'unité nationale est nécessaire pour représenter le Yémen par-devant les instances internationales et sans aucune ingérence étrangère.

Alors dans tout ce chaos, il convient de se demander où sont les instances international qui veillent à la justice,  à la liberté et  à la paix, éléments indispensable  à la dignité humaine, au sein de toutes les nations ?

 Mr. Ali Rastbeen, President of the Paris Academy of Geopolitics (PAG), by way of introduction, addressed the conference room.

Since the month of March this year, Yemen is transformed into a theatre of bloody combats that have already caused numerous victims. An illicit and destructive war is waged by Saudi Arabia and its Western and Arab allies against its neighbouring country, which is surely poor but important from an eventual geopolitical point of view, and this justifies to the warmongers attacking its territorial integrity, flouting there even the very elementary principles of human rights, and thereby providing the ideal opportunity for proliferation of terrorism and smuggling throughout this wounded land and even throughout the region.

In fact, amongst the Arabian Peninsula countries, the Yemen has been distinguished by several important aspects. First of all it occupies a strategic geographic position, at the crossroads of two continents: Asia and Africa, and with sea access. However, the development indicators are preoccupying: Yemen is apparently one of the world’s poorest countries, although it’s the second most populated Arab country of the peninsula.

However, Yemen maintains by its political attitude, the peninsula’s unique democracy, permitting the right for women to vote since 1970, this right being hitherto unknown in the Gulf countries.

Unfortunately, later in the 1990s, Yemen was against Western military intervention in the Gulf, and officially supported Saddam Hussain: just the socio-economic consequences were disastrous for this already impoverished country: some 900.000 Yemenis already settled throughout the Gulf countries, were forced to return to their own homeland, where the fragile political balance was shattered, became easily exploitable by any predating interest. The country mired into civil war in 1994.

With Al-Qaida firmly installed in Yemen since the year 2000, and maintaining there its central secondary base for the entire Peninsula, therefore as from year 2001 the United States and its allies were displaying a particular attention on the country, notably in the wake of the 11th September 2001 attacks. The country was further solicited by Saudi Arabia’s geostrategic interest, along with its allies, creating such anarchy that the country was forced into its 2011 Revolution, whose aims were:

         - the fall of the oppressive oligarchical one-family regime

         - the construction of a democratic civil State

         - the adaptation of national education, to the needs and aspirations of the indigenous population

         - a national economic structure incorporating every citizen

          - a modern national army that serves the nation

- to guarantee the independence and impartiality of the judiciary power

The recent military attack by Saudi Arabia against Yemen just follows on those perpetrated in 2009 and 2010 that caused 1.600.000 victims, and ended up with the withdrawal of the Saudis, troops and all. This recent war has become a distinct case study, since no modern international principle or military value is accounted for.

If one examines the prevailing situation in Yemen between January and March 2015, we note that President Mansour Hadi’s mandate ended in February, however the latter resigned in January, and took refuge outside the country. Therefore it was apparently a contested exiled ex-President that required foreign military intervention into his ex-country – not from the United Nations of which Yemen is member, but from Saudi Arabia, a repressive country with regards human rights and that to date has exposed no clear peace project to follow up its military intervention.

 

In point of fact, many incoherencies are noted in the way that Yemen has been treated, singularly, by the UN Security Council that is apparently giving its approval to any and all armies to maintain forced armed crisis throughout the Middle East.

 

Therefore, before analysing what is really masked by this illegal war in Yemen and that only promises further upheavals for the Arab world, it seems clear that inter-yemeni dialogue must be firmly established as a prerequisite for extinguishing the crisis and for favouring durable stable peace. Then, the formation of a government of national unity is necessary to represent Yemen before the international instances, without foreign interference.

 

However, in all the present chaos in Yemen, it is convenient to ask oneself where are the international instances who are supposedly watching over justice, liberty, peace … elements indispensable to human dignity at the heart of all nations. 

منذ شهر مارس من هذا العام،  تحولت اليمن إلى مسرح قتال دامي تسبب بالفعل العديد من الضحايا. هذه الحرب المدمرة غير قانونية تشنها المملكة العربية السعودية والدول الغربية وحلفاءها العرب ضد جارتها الفقيرة، ولكن المهمة من وجهة نظر جيوسياسية، وهو ما يبرر بالنسبة لهم تقويض سلامة أراضيه، و إنتهاك المبادئ الأساسية لحقوق الإنسان، واعطاء فرصة ذهبية لانتشار الإرهاب في هذا البلاد المنكوب وحتى في جميع أنحاء المنطقة.

وفي الواقع تتميز اليمن على بلدان شبه الجزيرة العربية بالعديد من الجوانب الهامة، أولاً تحتل موقع جغرافي استراتيجي على مفترق ثلاث قارات : آسيا وأفريقيا وأوروبا. لكن مؤشرات التنمية مثيرة للقلق واليمن من افقر دول العالم، وفي حين انها ثاني دولة عربية من حيث عدد السكان في شبه الجزيرة العربية. ومع ذلك تحافظ اليمن على مواقفها السياسية، الدولة الوحيدة الديمقراطية في المنطقة، بما في ذلك السماح للنساء بالتصويت منذ عام 1970، و هذا الحق غير موجود في دول الخليج.

وللأسف في وقت لاحق في عام 1990، اليمن يعارض التدخل العسكري الغربي في الخليج، وتدعم رسميا صدام حسين : نتج عنها عواقب وخيمة اجتماعية واقتصادية لهذا البلد الفقير : تم ترحيل اكثر من 900000 يمني مقيمين في دول الخليج إلى بلدهم الأصلي.  وهو ما كسر التوازن السياسي الهش، يستغل بسهولة من الخارج. وتلا ذلك الحرب الأهلية عام 1994.

منذ عام 2000 وجد تنظيم القاعدة بقوة في اليمن و جعلها قاعدة خلفية مركزيه لشبه الجزيرة بأكملها، منذ عام 2001، بقيت اليمن موضع اهتمام خاص من الولايات المتحدة و حلفائهم، وخاصة بسبب هجمات 11 سبتمبر 2001.

هذه العناصر مجتمعة بأطماع المملكة العربية السعودية وحلفائها الذين مولو أطراف الثورة اليمنية في 2011، للأهداف التالية:

-         سقوط نظام الأقلية الاستبدادي من عائلة واحدة

-         تكوين دولة مدنية ديمقراطيه

-         تكييف التعليم الوطني لاحتياجات وطموحات الشعب

-         هيكل اقتصادي وطني لا يقصي أي مواطن

-         جيش وطني حديث يخدم البلاد

-         وكذلك ضمان استقلال ونزاهة القضاء. 

الهجوم العسكري الأخير من قبل المملكة العربية السعودية ضد اليمن، بعد التي ارتكبت في عامي 2009 و 2010، التي خلفت 1.600.000 ضحية، وأدت إلى انسحاب القوات السعودية... أصبحت هذه الحرب سيناريو جزئيا، لا يوجد لها أي مبدأ ولا قيمه عسكريه دولية تستفيد منها.

وعند النظر إلى الوضع في اليمن بين يناير ومارس 2015، نلاحظ إن نهاية فتره حكم الرئيس عبدربه منصور هادي في فبراير، ولكنه استقال عن الحكم في يناير، قبل أن يلجأ إلى خارج البلاد : سيكون الرئيس متنازع عليه، مستقيل وفي المنفى الذي يطلب التدخل العسكري الأجنبي... واليمن لم يطلب التدحل من منظمة الأمم المتحدة بالرغم من انه عضواً فيها ، ولكن من السعودية دوله قمعية في مجال حقوق الإنسان، والتي لم تكشف إلى الآن أي خطة سلام واضحة، و يمكن أن تحل محل التدخل العسكري.

في الواقع هناك العديد من التناقضات في الطريقة التي كان يعامل بها اليمن وخاصة من قبل مجلس الأمن الدولي، الذي ويبدوا أنه يمنح التصرف لهؤلاء الذي يريدون إعادة تشكيل [بالقوة] الشرق الأوسط..

لذا وقبل تحليل ما هو حقاً وراء هذه الحرب غير المشروعة في اليمن، الذي هو واحد من الاضطرابات في العالم العربي. يبدو واضحا أن الحوار بين اليمنيين هو السبيل الوحيد للخروج من الأزمة واستعادة السلام والاستقرار: هناك حاجة لتشكيل حكومة وحدة وطنية لتمثيل اليمن في الهيئات الدولية الأمامية ودون أي تدخل خارجي. 

في كل هذه الفوضى، يحق لنا أن نتساءل أين هي الهيئات الدولية التي تكفل العدالة والحرية والسلام، والعناصر الأساسية لكرامة الإنسان، في جميع الدول؟

 

Premier Panel

Modérateur : Ali Rastbeen, président de l'AGP

First Panel

Moderator: Ali Rastbeen, president of the AGP

الجلسة الاولى

رئيس الجلسة : الدكتور علي راستبين رئيس أكاديمية الجيوسياسة في باريس

 

 

Monsieur le président de l’AGP a alors modéré la Première Table Ronde, le premier intervenant étant le Général Henri PARIS, président de Démocraties, qui a prononcé un discours sur DAESH, Yémen et Moyen-Orient 

Au début des années 2010, le monde arabe fut secoué par une série de troubles dont l’épicentre se situait en Tunisie. De proche en proche, l’agitation gagna tous les pays arabes.

L’agitation a gagné, entre autres, le Yémen où elle se doublait d’une guerre civile intertribale depuis une trentaine d’années. Et comme il se doit, à cette guerre civile se mêlait une intervention étrangère, tant des Américains que des Saoudiens prenant la tête du Conseil de Coopération du Golfe (CCG). Cette intervention armée revêtait l’aspect d’une première innovation car si les Saoudiens étaient déjà intervenus militairement, c’était bien la première fois, qu’entraînant le CCG en tant que tel, ils se lançaient dans une lutte armée massive, après leur intervention au Bahrein qui, de fait, n’était qu’une opération minime de maintien de l’ordre, un ordre troublé par une minorité chiite se drapant des couleurs de la démocratie.

Le Yémen unifié offre une surface sensiblement égale à celle de la France continentale. Il est peuplé de 26 millions d’habitants en 2012, égaux pour moitié entre sunnites chafistes et chiites zaydites. L’immense majorité du pays est désertique. Cependant, les ressources pétrolières sont prometteuses, découvertes datant des années 1980 et attirant bien des convoitises. L’instabilité politique et économique chronique du pays le conduit à être en guerre civile permanente. Aucune solution n’apparaît. Le président Al-Saleh, pourtant zaïdiste, est détrôné à son tour, au profit d’Al-Rabbo Mansour Hadi, zaïdiste lui aussi, au pouvoir donc en juin 2015, mais pour combien de temps ?

Les salafistes et les wahhabites sont venus ajouter à la confusion par leurs interventions armées. APQA est venu insérer une dose de confusion supplémentaire. Les houtis, du nom de leur premier dirigeant, s’appuient sur les tribus chiites du sud de l’Arabie saoudite et n’ont pas hésité à porter la guerre sur le territoire saoudien. De fait, le pays est le théâtre d’une guerre par procuration entre Saoudiens et Iraniens. Chacun des camps soutient matériellement les siens, notamment par des envois d’armement. Les Américains, en soutien des Saoudiens et en opposition aux Iraniens, ne sont pas en reste.

Cette région du globe offre essentiellement l’intérêt, par la base et le port d’Aden, de commander le détroit de Bab el Mandeb, avec Djibouti, c’est-à-dire les débouchés de la mer Rouge.

Le Conseil de coopération du Golfe (CCG) regroupe 6 pétromonarchies de la péninsule arabique : l’Arabie saoudite, Oman, le Koweït, les Emirats arabes unis (EAU) Barheïn et le Qatar. Cela représente 49 millions d’habitants en 2015, et beaucoup de pétrodollars.

Le Yémen, trop instable et imprévisible, demeure écarté du CCG qui très exactement cherche à promouvoir et contrôler la stabilité régionale. En revanche, une intervention militaire au Yémen entrait parfaitement dans le cadre politique du CCG. 

Le 2 juin 2015, la coalition des 22 Etats réunis contre Daech tient ses assises à Paris et met à nu les contradictions qui surgissent à la suite de la défaite irakienne à Ramadi. Les Américains sont les plus réticents, par ailleurs, en accord avec les Français et les autres membres de la coalition, ils se refusent à envoyer des troupes au sol. Ils se contentent de bombarder à outrance les positions de Daech. 

L’imbroglio provoqué par Daech n’est pas à la veille d’être levé, surtout au Yémen, si tout n’est pas fait pour sauver ce petit pays d’importance géopolitique mondiale reconnue.

 

 The moderator of the First Panel then left the floor to the first speaker, General Henri Paris, President of Démocraties magazine, who gave a speech on DAESH, Yemen and the Middle-East.

 

Early in 2010, the Arab world was shaken by a series of disturbances whose epicentre was in Tunisia. Progressively, agitation won over successive Arab countries, and eventually Yemen where there was already an intertribal civil war since 1980.

And as can be expected in contemporary times, the Yemeni civil war was troubled by foreign intervention, as much by the United States as by Saudi Arabia that was at the head of the Gulf Cooperation Council (GCC). These armed interventions were innovative, in that if the Saudis had already intervened militarily in Yemen, it was indeed the very first time that the GCC was dragged into the conflict and approved massive armed intervention just after having already intervened in Qatar where the question was a small one of law and order “disturbed by a Shiite minority draped in the colours of democracy”.

Unified Yemen has a surface area closely as large as continental France. It is populated by 26 million inhabitants in 2012, half are of the Sunni Chafi persuasion, and the other half are Shiite Zaydis. The immense majority of the country is desert, however petrol reserves are promising, discovered in the 80s and attracting all kinds of covetousness. The country’s chronic political and economic instability imposes permanent civil disturbances. There is no solution, even on the horizon. President Al-Saleh, a Zaydi, was ousted in favour of Al-Rabbo Mansour Hadi, also a Zaydi and back in power since this month, but for how long?

The Salaffis and Wahhabis have added their share of confusion, by episodic armed intervention. The Houtis (named after their first leader), depend on Shiite tribes from South Saudi Arabia who have not hesitated to spread the war into Saudi Arabia. As a result Yemen is the theatre of a war of mercenaries between Saudis and Iranians. Each side supports materially its own, including in weaponry. Americans, in support of Saudis against Iranians, are not outdone in these respects.

This region of the globe offers as of essential interest, the naval base and sea-port of Aden, command over the Bab-el-Mandeb Straits and Djibouti, all giving onto the Red Sea.

The Arabian Peninsula GCC has 6 petro-monarchy members: Saudi Arabia, Oman, Kuwait, United Arab Emirates, Bahrain and Qatar. This presents 49 million inhabitants in 2015, and a lot of petrodollars.

Yemen being too unstable and unpredictable is kept out of the GCC whose aim is very exactly to promote and control regional stability. On the other hand, military intervention into Yemen is perfectly in keeping with GCC political ambitions: Saudi Arabia has taken charge of this aspect, under the pretext that the Yemeni Houtis had attacked Saudi Arabia.

On 2nd June 2015, the coalition of 22 States united against Daesh held a meet at Paris and exposed the anxiety felt at Irak’s Ramadi defeat. The Americans are the most reticent, besides, in agreement with the French and other coalition members, they refuse to send in ground troops and content themselves with bombing excessively Daesh positions.

The embroglio launched by Daesh isn’t about to be lifted, especially in Yemen, if all is not done to save this small country of recognized global geopolitical. 

الدكتور و رئيس الاكاديمية ترأس الجلسه الاولي للمؤتمر، كان أول المتحدثين الجنرالهنري باريس رئيس النادي السياسي للديمقراطية، الذي ألقى مقالته حول داعش : اليمن والشرق الاوسط 

في بداية عام  2010، اهتز العالم العربي من خلال سلسله من الهيجان التي بدأت من مركز الزلزال تونس ثم ازدادت الاضطرابات تدريجياً في جميع الدول العربية.

وصلت هذه الاضطرابات ومن بين بلدان أخرى، الى اليمن اين كانت مصحوبة بحرب أهليه بين القبائل لمده ثلاثين عاماً. و كالعادة، صحبت هذه الحرب الأهلية بالتدخل الاجنبي من قبل امريكا و السعودية التي اخت رئاسة مجلس التعاون الخليجي. هذا التدخل العسكري كان الابتكار الاول، حيث بالرغم من ان السعوديين تدخلوا بالفعل عسكرياً، فهذه المرة الأولى التي يتدخل فيها مجلس التعاون الخليجي في صراع مسلح على نطاق واسع، بعد التدخل في البحرين، في الواقع لم يكن سوى عملية صغيره للحفاظ على النظام من اضطرابات اقليه شيعية  تتغطي بألوان الديمقراطيه.

إن مساحه اليمن الموحد متساوي إلى حدي كبير من فرنسا، وعدد سكانه 26 مليون ساكن في عام 2012، نصفهم من السنيين الشافعيين والنصف الاخر زيديين  شيعيين، الغالبية العظمى من البلاد هي صحراء. ومع ذلك، موارد النفط واعدة. الاكتشافات، التي تعود الى الثمانينيات من القرن الماضي والتي تجذب العديد من الاطماع. عدم الاستقرار السياسي والاقتصادي المزمن في البلاد يؤدي به إلى أن يكون في حرب أهلية دائمة. حتى الآن لا يلوح أي حل في الأفق. الرئيس علي صالح زيدي خلع هو بدوره لصالح عبد ربه منصور هادي هو ايضاً زيدي في السلطة حتى يونيو 2015، ولكن إلى متى؟ 

وقد جاء السلفين والوهابين بالمزيد من الارتباكات من خلال تدخلاتهم المسلحة. ويعتمد الحوثيين (باسم زعيمهم الأول)، على القبائل الشيعية من جنوب المملكة العربية السعودية، كما لم يترددو من شن الحرب على الأراضي السعودية. في الواقع، اليمن هي مسرح حرب بالوكالة بين السعوديين والإيرانيين. كل طرف يدعم مادياً الطرف الموالي له، بما في ذلك إرسال الأسلحة، الأمريكيون بدعمهم للسعوديين ومعارضتهم للإيرانيين،  لا يبتعدون عن ذلك.

هذه المنطقة من العالم تقدم فائدة أساسية من خلال قاعدة وميناء عدن، والسيطرة على مضيق باب المندب وجيبوتي، الذي يؤمن البحر الأحمر.

يضم مجلس التعاون الخليجي ست ممالك نفط في شبه الجزيرة العربية: المملكة العربية السعودية وسلطنة عمان والكويت والإمارات العربية المتحدة والبحرين وقطر وهذا يمثل 49 مليون شخص في عام 2015، والكثير من دولارات النفط.

لا يزال اليمن، كونه غير مستقر للغاية لا يمكن التنبؤ به،معزول عن دول مجلس التعاون الخليجي التي تهدف بجد إلى تعزيز الاستقرار والسيطرة على المنطقة. ومع ذلك، فإن التدخل العسكري في اليمن يتفق تماما مع الطموحات السياسية لدول مجلس التعاون الخليجي.

كاناجتماع التحالفالدولي لمكافحةداعشالمؤلف من 22 دولة + الأمم المتحدة والاتحاد الأوروبي الذي انعقد بباريس في 2 يونيو 2015، كشف التناقضات التي ظهرت نتيجة للهزيمة بالرمادي  في العراق. الأميركيون أكثر ترددا، من جهة أخرى بالاتفاق مع الفرنسيين وغيرهم من أعضاء التحالف، ، يرفضون إرسال قوات برية. وهم يكتفو بقصف مواقع داعش بشكل مبالغ.

ليست الفوضى الناجمة عن داعش على وشك ان تنتهي وخصوصاً في اليمن، إذا لم يتم القيام بكل شيء لإنقاذ هذا البلد الصغير ذات الأهمية الجيوسياسية المعترف بها عالمياً.  

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Ensuite, monsieur Alain CORVEZ, conseiller en stratégie internationale, a présenté son étude sur Le Yémen. Erreur stratégique de l'Arabie saoudite et faute contre le berceau de l'arabisme

 

Le 26 mars dernier, en déclenchant des frappes aériennes meurtrières sur le Yémen, sans l’autorisation d’aucune organisation internationale et même, selon toute vraisemblance, sans en référer à son grand allié d’outre-atlantique, l’Arabie Saoudite a entamé une agression contre un pays membre de l’ONU qui n’a  déclenché aucune dénonciation du viol du droit international dans le camp atlantique, alors que la Russie et la Chine ont attiré l’attention du Secrétaire Général de l’ONU sur les dangers et les drames que ces frappes aériennes décidées unilatéralement  provoquaient.

Les Etats-Unis, mis devant le fait accompli, ont dû rapidement réagir en soutenant leur allié mais le général Lloyd Austin, chef du commandement central à Washington, reconnaissait fin mars qu’il ne connaissait pas les buts de guerre ni les cibles à atteindre. Depuis le soutien américain se limite à du renseignement, faisant contre mauvaise fortune, bon cœur, pour ne pas perdre la face. Il est clair qu’au moment où ils sont prêts de signer un accord avec l’Iran, ils veulent, là encore, assurer leurs alliés du Golfe, et sans doute aussi Israël, qu’ils ne les abandonnent pas.

Mais tous les experts stratégiques savent que ces frappes qui détruisent l’infrastructure d’un pays pauvre, tuant des civils innocents , privant les populations des moyens élémentaires de vivre, notamment de l’eau en détruisant des barrages, ne mèneront à rien et qu’elles ne font que faciliter la tâche d’Al Qaïda qui avait été chassé de nombreuses positions par les rebelles. La guerre que voudrait faire l’Arabie, avec le soutien de ses alliés du GCC, pour remettre au pouvoir son protégé qu’elle accueille chez elle, Abed Rabo mansour Hadi, ne peut être gagnée que sur terre, ce qu’elle est incapable de faire. D’autant plus que des révoltes à l’intérieur de ses frontières la menacent  désormais.

Les rebelles Houthis alliés de l’ancienne armée du Président Saleh, qui avait accepté de se retirer du pouvoir, dans la foulée des révoltes arabes initiées en 2011, avec  un compromis politique, ont montré qu’ils savaient faire la guerre et possédaient des chefs aux connaissances stratégiques sans commune mesure avec leurs opposants. Les bombardements des provinces frontalières au sud de l’Arabie, d’ailleurs historiquement contestées, qu’ils ont déclenchés en représailles aux frappes aériennes sont efficaces et les seules frappes aériennes n’en viendront pas à bout.

L’Arabie veut voir dans les Houthis des chiites d’Iran, ce qui est totalement faux, mais elle reprend ainsi le discours de Netanyahou à Washington, pour caricaturer son action comme une défense des sunnites de la péninsule contre les ambitions iraniennes, alors que ce conflit n’a rien à voir avec une rivalité religieuse.

 

Les négociations engagées à Genève ont peu de chances d’aboutir à un accord tant que l’Arabie restera sur sa position pourtant intenable longtemps, surtout si la situation sur le terrain se détériore et si les Etats-Unis devaient les ramener à la raison. Elle ne peut pas gagner cette guerre qui résulte des rivalités internes à la famille royale et ne s’en sortira qu’humiliée mais après avoir commis des crimes contre un pays qu’elle a agressé parce qu’elle se sent acculée du fait de la distance prise par son grand allié depuis 1945. A partir du 30 juin, si l’accord nucléaire avec l’Iran est signé, les forces en présence ne seront plus les mêmes au Moyen-Orient.

 

 Next, Mr. Alain Corvez, Adviser in international strategy, presented his study on the Yemen: Strategic error by Saudi Arabia and injury to the cradle of Arabism. 

Last 26th March, by unleashing murderous air-strikes on Yemen without the authorization of any global organization and even, according to reports, without even consulting its great far-Atlantic ally, Saudi Arabia initiated military strikes against a UN member-State that didn’t provoke any claim of violation of international law against the Atlantic camp, whereas Russia and China drew the attention of the UN General Secretary on the dangers and drama that these air-strikes, decided unilaterally, provoke.

The United States, put to responsibility, had to react rapidly by supporting their ally, however General Lloyd Austin, Chief of Central Command at Washington, recognized at the end of March that he had no idea of the goals of the war or of the intended targets. Since then, American cooperation limits itself to information, exposing charitable intentions in the face of bad luck, just not to lose face. It’s clear that at the moment they are ready to sign an agreement with Iran, they want, yet again, to assure their Gulf allies, and without doubt Israel also, that they are not abandoning anyone.

However, all the strategy experts know that these strikes that are destroying the infrastructure of an impoverished nation, murdering innocent civilians, depriving populations of basic life support, notably water by destroying dams, would lead nowhere good, indeed only facilitate proliferation of terrorism (especially Al-Qaida, in that region) and anarchy. The war that Saudi Arabia wants, with the support of its GCC cronies, aiming to keep in power its protégé Abed Rabo Mansour Hadi currently a refugee on its soil, can only be won on land, and it is incapable of that. All the more so that revolts in the interior threaten every land tactic.

The Houti “rebels” trying to survive in their own country are allied to the former army of President Saleh who had accepted to retire from power, in the stride of the Arab revolts initiated in 2011, with political compromise, and have shown that they know how to war and have strategy experts better aware than those of their opponents. The bombings of the frontier provinces in South Arabia, territory moreover historically contested by both sides, that they have unleashed in reprisal to air strikes are efficient, and further air strikes won’t put an end to that.

Arabia wants to see in the Houtis the trademark of Iran’s Shiites, that being entirely wrong, but it processes thus Netanyahou’s speech in Washington, to mock his action as a defence for the Peninsula’s Sunnis against Iranian ambitions, whereas the Yemen conflict is not based in religious rivalry.

Negotiations under way at Geneva have little chance of finalizing any agreement, so long as Arabia remains in its indefensible position, especially if the situation on the terrain deteriorates and if the United-States could bring them back to reason. It cannot win this war that results from the Royal Family’s internal rivalries, and can only find a humiliating way out and only after committing crimes against a country it has aggressed.

And bearing in mind that, as from 30th June 2015, if the nuclear agreement with Iran is signed, the main forces in the Middle-East shall no longer be the same.

ثم قدم آلان كروفز، مستشار في الاستراتيجيات الدوليةـ قدم دراسته حول اليمن خطأ استراتيجي من المملكة العربية السعودية وخطأ ضد مهد العروبة

في 26 مارس الفارط، من خلال إطلاق ضربات جوية قاتلة على اليمن دون الحصول على أي إذن من اي منظمة دولية، في جميع الاحتمالات، دون استشارة حليفه الكبير عبر المحيط الأطلسي، استأنفت المملكة العربية السعودية العدوان ضد بلد عضو في الأمم المتحدة و الذي لم يثير اي تنديد بانتهاك القانون الدولي في الجانب الأطلسي، في حين وجهت روسيا والصين انتباه الأمين العام للأمم المتحدة حول مخاطر وكوارث هذه الغارات الجوية، التي قررت من جانب واحد.

وضعت الولايات المتحدة في الأمر الواقع، فكان عليها التحرك بسرعة من خلال دعم حليفهم لكن الجنرال لويد أوستن، قائد القيادة المركزية في واشنطن، اعترف بأنه حتى نهاية مارس لم يعرف أهداف الحرب ولا الأهداف التي يراد تحقيقها. ومنذ  ذلك، يقتصر الدعم الأمريكي على الاستخبارات. فمن الواضح أنه عندما يكونون على استعداد لتوقيع اتفاقية مع إيران، مره أخرى يريدون أيضاً تامين حلفائهم في الخليج وربما أيضاً إسرائيل، بانهم لن يتخلو عنهم.

ولكن كل الخبراء الاستراتيجيين يعرفون أن هذه الضربات التي تدمر البنية التحتية لبلد فقير وتقتل المدنيين الأبرياء، وتحرم الناس من الوسائل الأساسية للمعيشة، بما في ذلك المياه وخصوصا بتدمير السدود، لن تحقق شيئا، وإنما مجرد تسهيل مهمة تنظيم القاعدة الذين طردوا من العديد من المواقع من قبل المتمردين. فالحرب التي تؤديها السعودية بدعم من حلفائها من دول مجلس التعاون الخليجي، من اجل استعادة السلطة لعبد ربه منصور هادي للذي تستقبله لديها و تحميه ، لا يمكن أن يفوزو بها إلا إذا كانت برية، وهي غير قادرة على ذلك. ولا سيما وان الثورات الداخلية في تهدد السعودية حالياً.

المتمردين الحوثيين الذين تحالفوا مع الجيش السابق للرئيس صالح، الذي وافق على التنحي من السلطة في وسط الثورات العربية التي بدأت في عام 2011، مع تسويه سياسيه، أظهروا أنهم يعرفون كيفية شن الحرب وفي صفوفهم قادة يعرفون الإستراتيجية احسن بكثير من خصومهم. حيث ان القصف الذي ادوه في المحافظات الحدودية في جنوب السعودية، و المتنازع عليه تاريخياً، ردا على الضربات الجوية  هي فعّالة، والضربات الجوية وحدها لا تكفي لافشالهم.

تريد السعودية أن ترى في الحوثيين شيعة إيران، وهذا خطأ تماما، ولكنها أخذت من خطاب نتنياهو في واشنطن للتعبير عن افعالها كدفاع على السنة في شبه الجزيرة العربية ضد الطموحات الإيرانية، في حين أن هذا الصراع ليس له أي علاقة بالتنافس الديني. 

إن فرصه الوصول إلى اتفاق في جنيف طفيفة وخاصة ما دامت السعودية ستظل على موقفها غير إنها لا يمكن أن تتحمله كثيراً، وخاصة إذا تدهور الوضع على الأرض و واذا كان على الولايات المتحدة إن تعيدهم الى صوابهم. ولا يمكنها أن تكسب هذه الحرب الناتجة عن التنافس داخل الأسرة الملكية و لن تخرج إلا ذليلة منها ولكن بعد أن ارتكبوا جرائم ضد دولة هاجمتها لأنها تشعر بأنها محاصره بسبب المسافة التي أخذتها حليفتها منذ عام 1945. واعتبارا من 30 يونيو، إذا تم التوقيع على الاتفاق النووي مع إيران، فان القوى لن تكون هي نفسها في الشرق الأوسط.

 

 ***

Monsieur Ugo FERACCI, Saint-Cyrien et spécialiste dans la Défense Nucléaire biologique et chimique au sein de l’Armée de Terre, a alors exposé son appréciation de La Guerre au Yémen, quelles en sont les véritables causes ?


Un grand nombre d’informations relayées par les médias sont depuis quelques mois disponibles sur le Yémen. Le Yémen, qui n’avait fait parler de lui qu’épisodiquement ces dernières années - souvent à l’évocation d’Oussama ben Laden - est plus que jamais en 2015 au centre des attentions. En effet, une guerre se déroule sur le sol Yéménite et ses implications sont pour le moins complexes et inquiétantes. Quelles sont les véritables causes de cette guerre ? C’est à cette question qu’il semble primordial de pouvoir répondre.

S’il s’avère possible de déterminer avec précision et subtilité les causes de ce conflit, alors, anticiper ses conséquences sur la région et sur les relations internationales sera peut-être un peu moins hasardeux.

L’objet de cet exposé est donc de tenter de réduire l’incertitude et le brouillard dérobant à nos yeux l’avenir à court et moyen terme du Yémen. Premièrement, une analyse de l’espace, tant physique que civilisationnel, sera l’occasion de présenter les disparités Nord/Sud du Yémen. Dans un deuxième temps, le chemin vers l’islamisation du Yémen qui n’interviendra qu’au IXème siècle, est un pan de l’histoire complexe et structurant qu’il s’agira d’aborder.

On découvrira alors les relations particulières entretenues avec la Perse, ou bien encore les turbulences économiques traversées par un pays riche. Le chiisme fait l’objet d’un troisième développement afin de couvrir la période allant de 897 à 1839. Durant cette partie, c’est l’évolution du Yémen chiite qui doit retenir l’attention : ses dynamiques et les obstacles à son expansion. Enfin, une partie dialectique opposant la théorie dichotomique –que celle-ci soit une partition Nord/Sud ou bien une partition Sunnisme/Chiisme – et la théorie tribale ou identitaire mettant en jeu plusieurs acteurs fait office de conclusion et ouvre un débat.

Il est alors bienvenu de tenter de répondre aux questions suivantes :

-          L’Iran est-il véritablement la clé du conflit ?

-          Quelle place pour l’Etat Islamique dans la guerre au Yémen ?

-          Quelle stratégie l’Arabie Saoudite devrait-elle adopter vis-à-vis du Yémen ?

-          Le pétrole joue-t-il un rôle important dans la crise au Yémen ?

-          Quelle attitude pourrait adopter la communauté internationale ?

-          Quelle attitude devrait-elle adopter ? 

-          Enfin, cette guerre est-elle au cœur de la problématique orientale du 21ème siècle ou bien n’est-elle qu’un de ses épiphénomènes, un de ses dommages collatéraux ?

 

 Mr. Ugo Feracci, Saint-Cyrian and Specialist in Biological and Chemical Nuclear Defence at the National Infantry Installations, thereupon exposed his report on The Yemen War: What are the true causes?

A large amount of information relayed by media has become available since some months. Yemen that had only attracted episodic attention these past years – often upon evoking Oussama Ben Laden – is more than ever before the centre of news in 2015. In effect, war unfurls on Yemeni soil, and its implications are for the least complex and worrisome. What are the true causes of this war? It’s this question that it seems primordial to answer.

If it’s proving possible to determine with precision and intricacy the causes of this conflict, then, to anticipate its consequences on the region and on international relations shall perhaps be less hazardous.

The object of this exposé shall therefore be to attempt to reduce the incertitude and the mist that steals from our sight Yemen’s short and long term future. First, an analysis of space, as much physical as civilizational, shall be the opportunity for presenting Yemen’s North-South contrasts. Second, the road to Islamization of Yemen that set out only in the IXth Century is one side of the complex and structuring history that it is question of reviewing.

One shall then discover particular relations entertained with Persia, or even the economic turbulence ruining an otherwise rich country. Shiism shall be the object of a third subject development in order to have covered the period going from year 897 to 1839: in this part it’s the evolution of Shiite Yemen that shall have to retain our attention: its dynamics and the obstacles to its expansion. Finally, a dialectic section opposing dichotomous theory – whether this be a North/South partition or a Sunni/Shiite partition – and tribal or identity theory implicating several actors shall officialise as conclusion and lead to debate. 

So it will be welcome to attempt to answer the following questions:

Is Iran really the key to the conflict?

What place for Islamic State in the Yemen war?

What strategy should Saudi Arabia adopt with regards Yemen?

Does petrol play an important role in the Yemen crisis?

What attitude could the international community adopt, and/or what attitude should it adopt?

Is this war at the heart of 21st Century Western problematics or is it but one of its epiphenomena, one of its collateral damages? 

السيد أوجو فيراتشي، متخرج من سان سير العسكرية ومتخصص في الدفاع النووي البيولوجي الكيميائي في القوات البرية الفرنسية، ساهم بمداخلة حول الحرب في اليمن، ما هي الأسباب الحقيقية؟

نقلت وسائل الاعلام الكثير من المعلومات خلال الأشهر الاخيره حول اليمن هذا البلد الذي لا نتحدث عنه الا عرضياً وبشكل متقطع في السنوات الاخيرة- في كثير من الاحيان عند ذكر أسامه بن لادن. ويعتبر اليمن عام 2015 مركز الانتباه أكثر من أي وقت مضى. والواقع ان هناك حرب تدور رحاها على التراب اليمنى وتورطاتها معقدة و مقلقة للغاية. فما هي الأسباب الحقيقية لهذه الحرب؟ هذا هو السؤال الذي يبدو ضروريا للرد عليه.

إذا ثبت أن من الممكن التحديد بدقه اسباب هذا الصراع، فان توقع تأثيره على المنطقة  و على العلاقات الدولية محفوف بالمخاطر.

والهدف من هذا العرض هو محاولة للحد من الغموض والضبابية على رأينا المستقبلي على المدى القصير والمتوسط في اليمن, أولاً تحليل الفضاء، سواء المادي والحضاري، مناسبة لتقديم الفوارق بين شمال وجنوب اليمن. ثانياً، إن الطريق نحو إضفاء الطابع الإسلامي على اليمن التي كانت في القرن التاسع هو جزء من التاريخ المعقد و الهيكل وهي امور تم التطرق اليها.

يعد ان اكتشفنا العلاقات المميزة مع بلاد فارس، أو حتى الاضطراب الاقتصادي التي تجتازها البلد الغني. تم التطرق الى التشيع في المرحلة الثالثة لتغطيه الفترة  897-1839. وخلال هذه الفترة كان التطور الشيعي في اليمن يحتاج إلى اهتمام :  ديناميكياتها والعوائق التي تحول دون التوسع. أخيراً،  جزء جدلي بين نظريه تقسيم ثنائي شمالي جنوبي أو تقسيم سني شيعي - و في الخلاصة نوقشت النظرية القبلية أو الهوية التي تنطوي على عدة جهات فاعلة

من المستحسن محاولة الإجابة على الأسئلة التالية:

-        هل إيران حقا المفتاح للصراع؟

-        ما هو وضع الدول الإسلامية في الحرب في اليمن؟

-        ما هي استراتيجيه المملكة العربية السعودية التي يجب أن تتحلى بها في وجه اليمن؟

-        هل البترول يلعب دوراً هاما في أزمة اليمن؟

-        ما هو الموقف الذي يمكن أن يتبناه المجتمع الدولي؟

-        ما هو الموقف الذي ينبغي اعتماده؟

وأخيراً، هل هذه الحرب هي قلب المشاكل في المشرق في القرن الواحد عشرين أو هي أحدى الظواهر و الأضرار الجانية؟

 

 ***

Le quatrième orateur, monsieur Youssef HINDI, écrivain politique, a alors voulu rapporter ses connaissances sur Le Yémen, théâtre d'opposition des puissances régionales

Comprendre la situation au Yémen et anticiper les conséquences de son évolution nécessite de faire un zoom arrière sur l’ensemble du Proche-Orient ; de la même façon, la confrontation des puissances régionales au Yémen, si l’on y est attentif, offre une clé de compréhension quant à l’avenir  de cette Région.

Sous un certain angle, le conflit en cours au Yémen nous en dit plus sur la situation géopolitique régionale que sur celle du Yémen même. La crise actuelle au Yémen étant la miniaturisation de l’échiquier géopolitique local impliquant d’un côté l’Arabie Saoudite – avec Israël et les États-Unis en arrière-plan – et de l’autre, l’Iran et ses alliés, ainsi que la Russie en arrière-plan.

La principale motivation de l’agression de la coalition “otanesque” arabe menée par l’Arabie Saoudite est la suivante : ramener le Yémen dans le giron atlantiste et sioniste, de la même manière que les saoudiens l’avaient fait – avec entre autres le Qatar – au Bahreïn, en écrasant la révolte de 2011 qui menaçait le régime, dont le renversement était vu d’un mauvais œil par les États-Unis qui possèdent une base militaire sur l’île.  

L’action de la coalition arabe est conforme aux intérêts géo-énergétiques américains dans la région. Par ailleurs, du point du vu saoudien, il est vital d’empêcher que la révolution yéménite n’aboutisse totalement. Ceci aurait un effet de contagion dans le royaume saoudite, qui menace déjà d’imploser, non seulement en raison des luttes de pouvoir au sein de la famille régnante, mais aussi par la nature profondément tribale de l’Arabie qui  menace de ressurgir.

La révolution yéménite représente un danger pour la famille des Saoud, qui redeviendrait ce qu’elle fut avant d’avoir conquis l’Arabie : une tribu parmi d’autres. Nous pouvons ainsi, d’ores et déjà, anticiper l’éclatement en sous-régions tribales de l’Arabie.

Les deux principales puissances qui s’affrontent au Yémen sont l’Arabie Saoudite et l’Iran qui soutiennent activement ansarullah. Leur confrontation au Yémen entre dans le cadre de l’échiquier moyen-oriental, en particulier en Syrie, où Assad, l’allié de l’Iran (et de la Russie), aidé par le Hezbollah, est au prise avec Daech, que l’Iran combat directement en Irak. Si l’Arabie Saoudite perd le contrôle de Daech, l’on ne doit pas cependant surestimer l’autonomie de cet état dit islamique que les États-Unis et le gouvernement de Maliki, Premier ministre irakien jusqu’en 2014, ont laissé se constituer par le retrait volontaire de l’armée irakienne. 

Les saoudiens ont certes avancé un pion au Yémen, mais en abaissant leur garde. Une occasion pour l’Iran qui, par le bras d’ansarullah, pourrait leur infliger un échec cuisant, qui redessinerait la carte de l’Arabie et par suite redéfinirait les rapports de forces dans tout le Proche-Orient.  

 

 The fourth speaker, Mr. Youssef Hindi, a political writer, has wished to provide his knowledge of The Yemen, Interaction Playground for Regional Powers.

To know the Yemen situation and to anticipate the consequences of its evolution necessitates a background close-up of the entire Near East; likewise, regional power confrontation in Yemen, if we examine closely, offers a key to understanding the future of this Region.

Seen from one angle, the conflict underway in Yemen informs us more about the regional geopolitics of the situation than about Yemen itself. The current crisis in Yemen being a miniaturization of the local geopolitical chessboard implicating on the one hand Saudi Arabia – with Israel and the United States in the background – and on the other Iran and its allies, with Russia in the background. The main motivation behind the “Nato-style” Arab coalition aggression led by Saudi Arabia is the following: to bring the Yemen back into the Atlantic and Zionist bosom, just as the Saudis had done to Qatar and also Bahrain where they crushed the anti-regime revolt in 2011 because the United States had been granted an army base on the island.

The Arab coalition action is conform to American geo-energetic interests in the region. Moreover, from the Saudi point of view, it’s vital to prevent the Yemeni revolution from succeeding totally, as it would have a contagious repercussion in the Saudi Kingdom that is already threatening to implode, not only because of power struggles within the reigning family, but also because of the profoundly tribal nature of Arabia that threatens to reappear.

The Yemen revolution represents a danger for the Saud Family, which would become again what it was before having conquered Arabia: just one tribe among so many others. We can therefore, as from now anticipate the bursting of Arabia into tribal sub-regions.

The two main powers confronting each other in Yemen are Saudi Arabia and Iran (the latter actively supporting the Ansarrulah revolutionaries in Yemen). This confrontation enters into the Middle-East chessboard framework, in particular in Syria where Assad, an ally of Iran and of Russia supported by the Hezbollah, combats Daech that Iran is fighting directly in Iraq. If Saudi Arabia loses control of Daech, one must nevertheless not overestimate the autonomy of this State qualified as Islamic that the United States and the government of Maliki (Iraqi Prime-Minister till 2014) have let come about by voluntarily retreat of the Iraqi national troops.

The Saudis have certainly advanced one of their pawns in Yemen, but have let their guard down. An opportunity for Iran, by Ansarullah’s arm, to inflict on them a resounding defeat that would redesign the map of Arabia’s and thereafter redefine the relationships between forces throughout the Middle East.

المتحدث الرابع: السيد يوسف هندي، كاتب سياسي أفادنا بمحاضره من خلال اليمن : مسرح القوى ألإقليمه المعارضة. 

فهم الوضع في اليمن وتوقع النتائج المترتبة على تطورها يتطلب النظر عن بعد علي جميع ما يحدث في منطقة الشرق الأوسط. 

و في نفس الوقت، ما يحدث من مواجهة القوى الإقليمية في اليمن، إذا أردنا ان نكون منصفين، لتقديم  مفاتيح لفهم أساسي حول مستقبل هذه المنطقة.

من زاوية أخري، الصراع الدائر في اليمن يظهر لنا  الوضع الجيوسياسي الإقليمي. فالأزمة الراهنة في اليمن هي تصغير للعبه الشطرنج الجيوسياسية المحلية اللاعب فيها المملكة العربية السعودية وحلفائها  - مع إسرائيل والولايات المتحدة من  وراء الكواليس - ضد الطرف الآخر، إيران وحلفائها مع روسيا من خلف الكواليس.

الدافع الرئيسي للعدوان التحالف العربي الاطلسي بقيادة المملكة العربية السعودية هو : وضع اليمن فيحجر الأطلسية والصهيونية، بنفس الطريقة التي قامت بها  السعودية  - مع غيرها  كقطر في جزيرة  مملكه البحرين، وذلك من خلال سحق انتفاضة 2011 التي هددت النظام و كانت أمريكا تنظر لهذا الانقلاب بعين الريبة والخوف بسبب وجود  قاعدة عسكرية لها في هذه الجزيرة.

ما يقوم به التحالف العربي يخدم ويحافظ علي المصالح الأمريكية الجغرافية في المنطقة. وعلاوة على ذلك، من وجهه نظر السعودية انه من المهم جدا منع نجاح الثورة اليمنية  تماما تخوفا من أثر العدوى في أراضيها، الأمر الذي يهدد بالفعل انهيارها، ليس فقط بسبب الصراع على السلطة داخل الأسرة الحاكمة، ولكن أيضا بسبب الطبيعة القبلية السعودية التي ممكن أن تطفو وتظهر كما هو حال الواقع في القبائل اليمنية .

الثورة اليمنية تشكل خطرا على أسره آل سعود، التي كان من الممكن أن ترجع  وتظهر  في السعودية بشكل سريع لولا  تدخلها و غزوها علي اليمن لان أي قبيلة تتبع القبائل الأخرى . يمكننا، بالفعل، توقع ظهور مرض عدوي الثورة داخل المناطق  القبلية السعودية.

القوتان الرئيسيتان المتوجهتان في اليمن هي المملكة العربية السعودية وإيران التي تدعم نشاط أنصار الله في اليمن. هذه المواجهة في اليمن هي جزء من رقعة ولعبه الشطرنج في الشرق الأوسط، وخاصة في سوريا، حيث حليف الأسد إيران  وروسيا  بمساعده حزب الله، تتصارع  مع الدواعش و  إيران تقاتل مباشرة في الأراضي العراقية. إذا كانت السعودية تفقد السيطرة على الدواعش، و جب علينا ألا نبالغ في تقدير الحكم الذاتي للدولة الإسلامية في العراق. فالولايات المتحدة وحكومة المالكي، رئيس الوزراء العراقي حتى عام 2014 سمحوا لتواجدهم و تكوينهم قبل الانسحاب الطوعي للجيش العراقي. 

السعودية تسرعت في رمي حجر الشطرنج  في اليمن ولكنها أخفقت. فرصة لإيران من خلال ذراعها أنصار الله أن تلحق هزيمة ساحقة بهم لإعادة رسم خريطة شبه الجزيرة العربية وبالتالي إعادة توازن القوى في جميع أنحاء الشرق الأوسط.

 

*** 

Le dernier conférencier de cette Première Table Ronde fut Jean Michel VERNOCHET, journaliste, écrivain et politologue de pointe, qui nous a enrichis de son appréciation particulière sur Le silence des occidentaux face aux hostilités de l'Arabie Saoudite et d'Al-Qaïda contre le Yémen


Comme le dit si bien le texte introductif de ce colloque « le Yémen subit une guerre effroyable qui ne dit pas son nom » ! Guerre d’autant plus effroyable ces événements sont l’objet dans la presse internationale, comme de la part des chancelleries occidentales, d’une « censure d’une extrême gravité ». En conséquence de quoi c’est toujours avec une sorte d’émerveillement que l’on relèvera - dans le contexte des guerres du Proche-Orient - les différences de traitement de l’information selon les cas.

Ainsi avons-nous été tous témoin de l’émoi qui s’est emparée des médias lorsque les troupes de Daech se sont approchées, puis emparées, des élégantes ruines de Palmyre. Ou lorsqu’il s’est agi d’Hatra, au sud de Mossoul, ou du monastère de Mar Benam à proximité de Karakosh au nord de Mossoul (Mar Benam contenait l’une des plus exceptionnelles bibliothèques syriaques), détruit à la mi-mars par l’État islamique [The Indépendant, 21mars15] … ou encore du sanctuaire arménien de Deir Ez-Zor dépositaire des archives de l’holocauste de 1915, mémorial annihilé un mois plus tard, en avril, dans l’indifférence la plus absolue.

Il faut d’ailleurs bien chercher sur Google pour trouver trace de ces exactions principalement révélées par le discret truchement des réseaux sociaux. Il est assuré que ces informations n’ont évidemment fait qu’effleurer les couches les plus superficielles et les plus averties de l’opinion. 

Or il en va de même au Yémen où les équipes occidentales de télévision ne se bousculent pas. Nous avons donc avec le conflit yéménite une sorte d’angle mort de la géopolitique, une zone d’ombre à peine perceptible en marge des péripéties affectant la Fédération mondiale de football… un point aveugle dont ni traitement, ni le volume ne peut à aucun moment se comparer à ceux consacrés aux naissances princières.
  Certes pour illustrer les énormes carences de l’information – défaillances la plupart du temps de toute évidence délibérées – nous avons commencé par prendre trois exemples dans les zones de conflit d’Irak et de Syrie, mais c’est parce que ces exemples sont a priori illustratifs d’une attitude générale qui ne peut totalement ignorer des faits criminels concernant  le domaine archéologique et  patrimonial mondial. De la même façon le Yémen - autrement oublié - est arrivé ces jours derniers très fugacement sur la scène médiatique en raison des bombes  que l’aviation de Riyad a larguées sur un quartier de Sanaa inscrit à l’inventaire de l’Unesco parmi les trésors architecturaux de l’humanité [nytimes.com/2015/06/13]. Un fait éminemment dommageable qui a traversé espace médiatique à l’instar d’un météore. Fait qui a fortiori n’a suscité aucune indignation intempestive chez ceux qui s’effrayaient hier encore de l’avancée de l’État islamique au milieu des champs de vieilles pierres. Il est vrai qu’un voile pudique – ignorant les morts et les dévastations - entoure les événements du Yémen depuis l’ouverture de ce nouveau front de guerre.

 

 The last speaker of this First Round Table was Jean Michel Vernochet, journalist, writer and recognized political scientist, who enriched us with his particular perspective on The Silence of the West in the face of Saudi Arabia and Al-Qaida hostilities against Yemen.

As is eminently exposed by the introduction to this symposium: “Yemen is undergoing an inglorious and frightful war!” A war all the more frightful that these events “of extreme gravity” are ceaselessly censured by Western Chancelleries in the international press. In consequence of which it’s always with some sort of wonder that one notes – in the context of wars in the Middle-East – the differences in information-processing from case to case.

Thus have we not all been witness to the anxiety and commotion that overwhelmed the media when Daech troops approached then seized the elegant Palmyra ruins. Or when, in the case of Hatra south of Mossoul or of the Mar Benam monastery (containing one of the most exceptional Syriac libraries) near Karakosh north of Mossoul, destroyed in mid-March by the Islamic State (The Independent, 21st March 2015) … or yet again of the Armenian sanctuary of Deir Ez-Zor (custodian of the Holocaust archives of 1915) that was annihilated a month later, in April, to the tune of the most absolute indifference.

One must, moreover, seek well on Google to locate any trace of these demands mostly revealed by discrete involvement of social networks. It is ensured that this information has evidently not done more than graze the more superficial and best-informed levels of opinion.

The same is true for Yemen, where Western television teams are not prevalent. So for the Yemen conflict we have a sort of geopolitical blind-eye, a shady area barely perceptible in the margin of misadventures affecting the World Football Federation … a blind-eye whose treatment and damage can at no moment compare to exposure consecrated to Royal births!

Certainly to illustrate the enormous information void – a lack that most of the time is evidently deliberate –we have begun by taking three examples primarily to illustrate a general attitude that cannot totally ignore criminal facts related to world archeology and heritage. Likewise the Yemen, otherwise forgotten, has in recent days been rather fleetingly propelled into media theatre because of bombs that apparently Riyad aviation dropped on a Sanaa neighbourhood registered on the Unesco inventory of humanity’s archeological treasures [nytimes.com/2015/06/13]. An eminently prejudicial fact that has crossed media space like a meteor. A fact that a fortiori hasn’t raised any inopportune indignation amongst those who just yesterday feared the Islamic State advancing through fields of old rocks. It’s true that a discreet veil – ignoring the dead and the devastation – surrounds Yemen events since the opening of this new war front.

وكان المتحدث الأخير في  الجلسة الأولى للمؤتمر جان ميشال فيرنوشي، صحافي وكاتب ومحلل سياسي، أفادنا و وأثرانا وتكلم عن  الصمت الغربي اتجاه العدوان السعودية وتنظيم القاعدة ضد اليمن.

كما جاء في مقدمه هذا المؤتمر "اليمن يعاني من الحرب الرهيبة البشعة التي لا نجرؤ على التحدث باسمها" !لا سيما أن الحرب فضيعه جدا، تركز الصحافة الدولية على هذه الأحداث وكذلك سفارات الحكومات الغربية، وهذه الأحداث »بالغه الخطورة «.والجدير بالذكر إن نتيجة ذلك هو دائما التعجب- في سياق الحروب في الشرق الأوسط – الاختلافات في معالجة المعلومات من حالة إلى أخرى.

لذلك شاهدنا جميعاً قلق واضطرابات وسائل الإعلام عندما اقتربت قوات داعش ثم استولوا على أطلال مملكة تدمر. أو عندما في الحضر في جنوب الموصل أو من ديرمار كوركيس الواقع شمال مدينةالموصل(واحدة من المكتبات السريانية الأكثر استثنائية) التي دمرتها الدولة الإسلامية (داعش)  ] الاندبندنت، 21 مارس 2015[، وتدمير كنيسة ارمينية في دير الزور تحتفظ بأرشيف محرقه 1915، وبعد شهر في ابريل تم تدمير النصب التذكاري للمحرقة ، واللامبالاة المطلقة.

علاوة على ذلك، يجب على المرء البحث في موقع جوجل لتحديد أي اثر لهذه المطالب وكشف معظمها عن طريق المشاركة المحدودة في الشبكات الاجتماعية، ومن المؤكد  أن هذه المعلومات، ولم تكن ترعي بطبيعة الحال إلا الطبقة السطحية والاطلاع على الرأي العام.

وينطبق الشيء نفسه على اليمن، حيث طواقم التلفزيون الغربي لا يتزاحمون، حتى بالنسبة للصراع اليمني لدينا نقطه عمياء في الجيوسياسية، وهي منطقة ظليلة بالكاد ملحوظة على هامش الأحداث التي تؤثر على الاتحاد الدولي لكرة القدم ... النقاط المغفلة التي لا علاج لها ولا حجم.

بالتأكيد لتوضيح الفراغ الهائل من المعلومات- نقص كبير معلومات في معظم الوقت- بدأنا بأخذ ثلاثة أمثلة في مناطق الصراع في العراق وسوريا، لتوضيح الموقف العام التي لا يمكن تجاهلها الحقائق الجنائية المتعلقة بالمجال الآثار والتراث العالمي. ومن ناحية أخرى أن اليمن منسية –  وفي الأيام الأخير نشهد ان الطيران السعودي اسقط قنايل على حي القاسمي بصنعاء القديمة  والمسجلة في قائمة التراث العالمي باليونسكو وهو من الكنوز الأثرية البشرية [nytimes.com/2015/06/13].

 

هناك حقيقة بارزة بان الإضرار التي عبرت نقلت عبر وسائل الإعلام مثل نيزك. ومن باب أولي لا تثير باب السخط المفاجئ بين اولئك الذين يخشون أمس عن التقدم المحرز للدولة الإسلامية في وسط الحقول الحجرية. وصحيح ان الستار غير ظاهر- تجاهل القتلى والدمار التي تحدث في اليمن منذ فتح جبهة الحرب الجديدة. 

 

***

Monsieur le modérateur a alors annoncé un débat, qui fut vif et animé, et fort intéressant.

Mr. Moderator then announced a debate, that was lively, animated and very interesting. 

 

رئيس الجلسة فتح باب النقاش، التي كانت مشرقة وحيوية، ومثيرة للاهتمام

 

 

Deuxième panel

Modérateur : Christophe Reveillard, directeur de recherche au CNRS à la Sorbonne

Second panel

Moderator: Christophe Reveillard, research director at the Sorbonne's National Center for Scientific Research

رئيس الجلسة :كريستوف ريفيار، مدير البحوث في جامعة السوربون  بالمركز الوطني للبحوث العلمية

La Deuxième Table Ronde était modérée par Christophe REVEILLARD, responsable des recherches à la Sorbonne et au CNRS. Il a passé la parole à monsieur Elie HATEM, avocat et professeur à la Faculté Libre de Droit, d'Économie et de Gestion de Paris (FALCO), qui a présenté  Les aspects juridiques de l’intervention saoudienne au Yémen : illégalité de cette intervention.

The Second Panel was moderated by Christopher Reveillard. After a brief introduction, he handed over to Mr. Elie Hatem, LLB, Lawyer, Professor at the Free Faculty of Law, Economics and Management of Paris (FALCO), who presented The Juridical Aspects of Saudi Intervention in Yemen: the Illegality of this Intrusion.

وقد أدار المائدة المستديرة الثانية كريستوف ريفيار، مدير البحوث في جامعة السوربون  بالمركز الوطني للبحوث العلمية CNRS الذي اعطى الكلمة الى إيلي حاتم، وهو محام وأستاذ محاضر في الكلية الحرة للقانون والاقتصاد والإدارة باريس (FALCO)، الذي قدم الجوانب القانونية للتدخل السعودي في اليمن: عدم مشروعية هذا التدخل قانونياً

Depuis le 26 mars dernier, l'armée saoudienne s’entraîne dans un conflit militaire contre le Yémen, et dans le cadre d'une coalition militaire régionale, bombarde le territoire de son pays voisin, provoquant des dégâts matériels et humains.

Cette intervention militaire porte atteinte à deux principes de droit international public : celui de la non-ingérence et le non recours à la force dans les relations internationales.

L'article 2 paragraphe 7 de la Charte des Nations Unies dispose : « Aucune disposition de la présente Charte n'autorise les Nations Unies à intervenir dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d'un État ni n'oblige les Membres à soumettre des affaires de ce genre à une procédure de règlement aux termes de la présente Charte; toutefois, ce principe ne porte en rien atteinte à l'application des mesures de coercition prévues au Chapitre VII ».

Cette disposition découle d'un principe jus cogens : une norme impérative qui s'impose à la communauté internationale dans son ensemble.

Toute intervention ou ingérence dans les affaires internes d'un autre Etat transgressent le jus cogens, y compris les interventions dites « humanitaires ». Ainsi, la théorie de l'ingérence humanitaire (ou d'humanitude) a vite été invalidée par la doctrine pour les raisons précitées. 

La pratique internationale a démontré que même la demande faite par des autorités internes à un autre Etat pour intervenir militairement sur leur territoire national est illégale si la légitimité de ces dernières est contestée (affaire de l'intervention militaire soviétique en Hongrie en 1956). Par conséquent, il n'est pas inintéressant d'examiner la légitimité du Président démissionnaire yéménite, Abd Rabo Mansour Hadi. Ce dernier, dont l'élection en 2012 dans un contexte de guerre civile est contestée, avait démissionné le 22 janvier 2015.

Par ailleurs, dans l'affaire chypriote de 1974, il a été considéré que l'intervention militaire de la Turquie était illégale. Pourtant, la Turquie s'était fondée sur les dispositions de l'article 4 du Traité de Garantie signé entre Chypre, la Grèce, la Grande Bretagne et la Turquie. Cet article permet à l'une des trois puissances dites « garantes » de Chypre (la Grèce, la Grande Bretagne et la Turquie) d'intervenir militairement quand le statu quo chypriote est mis en cause. Ce Traité a été invalidé en raison de cette disposition qui viole le jus cogens.

La Charte des Nations Unies a cadré les interventions dans les affaires internes des Etats. Le paragraphe 7 de l'article 2 précité renvoie à cet effet aux dispositions du Chapitre VII de la Charte qui délimite la procédure d'intervention en cas de « menace de la paix, de rupture de la paix et d'acte d'agression ». Seul le Conseil de Sécurité des Nations Unies est habilité à autoriser la prise de mesures coercitives pour faire cesser un acte manifestement illicite, menaçant la paix et la sécurité internationale.

Ces dispositions découlent d'un autre principe reconnu et édicté dans les dispositions du paragraphe 2 de l'article 2 de la Charte, s'agissant du principe du non recours à la force dans les relations internationales.

Ce paragraphe dispose : « Les Membres de l'Organisation s'abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l'emploi de la force, soit contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies ».

Par conséquent, l'intervention de l'Arabie saoudite ainsi que la Coalition des pays participants à cette opération est en violation de ces deux principes.

Cette intervention dans les affaires internes du Yémen, caractérisée par l'usage de la force, excluant une autorisation préalable du Conseil de Sécurité tel que prévu dans les dispositions du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, en l'absence d'une attaque du territoire saoudien excluant donc l'argument de la légitime défense (auquel cas la riposte devant être proportionnelle à l'attaque et contrôlée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies) est considérée donc comme une agression au sens que le droit international public donne à ce type d'interventions (résolution 3314 (XXIX) de l'Assemblée générale des Nations Unies du 14 décembre 1974, article 5 du Statut de Rome de 1998 de la Cour pénale internationale : l'agression est qualifiée de « crime » par les dernières définitions).

 Since 26th March last, the Saudi Army has been bogging down in military confrontation against Yemen nationals, and within the framework of a regional military coalition has been bombarding this territory of a neighbouring country, provoking material and human destruction.

This military intervention offends two principles of public international law: that of non-interference, and that of no-force treatment of international relations.

Article 2 Paragraph 7 of the United Nations Charter expresses: “No disposition of the present Charter authorizes the United Nations to intervene in affairs that are essentially of a State’s national competence, nor obliges Member-States to submit this kind of matter to s settlement procedure in the terms of the present Charter; all the same, this principle bears no prejudice against applying coercion measures foreseen in Chapter VII.”

This disposition ensues from the jus cogens principle: an imperative standard that is imposed on the international community in its entirety.

Any intervention or intrusion in the internal affairs of another State transgresses the jus cogens principle; including intervention labelled as “humanitarian”. Thus, the theory of humanitarian interference (or “humanitude”) has been rapidly invalidated by the doctrine upon the cited grounds.

International practice has shown that even the application by another State’s authorities in order to intervene militarily on another’s national territory is illegal in cases of contested legitimacy (eg. Soviet military intervention in Hungary). In consequence there is no interest in examining the legitimacy of the resigned Yemeni president Abd Rabo Mansour Hadi. The latter, whose election in 2012 within a civil war context is contested, has effectively resigned on 22nd January 2015.

Moreover, in the Cypriot Affair of 1974, it has been established that military intervention by Turkey was illegal. However, Turkey had been motivated by the dispositions of Article 4 of the Guarantee Treaty signed by Cyprus, Greece, Great Britain and Turkey. This Article permits any of the three powers (Greece, Great Britain and Turkey) named as guarantors of Cyprus to intervene when the Cypriot status quo is in peril. Therefore this Treaty has been invalidated because of this principle that violates the jus cogens principle.

The United Nations Charter has treated intervention into a State’s internal affairs. Article 2 Paragraph 7 quoted above refers in this effect to the dispositions of the Charter’s Chapter VII which delimits the intervention procedure in case of “threat to peace, peace break-up and act of aggression”. Only the United Nations Security Council is entitled to authorize coercion measures to bring about the end of a manifestly illicit act that is threatening international security.

This stems from another recognized and decreed principle of the dispositions of the Charter’s Article 2 Paragraph 2, that of the principle of not using force in international relations. The paragraph stipulates: “The Organization’s Members abstain, in their international relations, from having recourse to threat or to the use of force, whether against the territorial integrity or the political independence of any State, or of any other matter incompatible with the goals of the United Nations.”

In consequence, the intervention by Saudi Arabia and the coalition of participating countries in the aggression violates these two principles.

This intervention into Yemen’s internal affairs, characterized by the use of force, excluding any prior authorization by the Security Council as foreseen in the dispositions of the United Nations Charter’s Chapter VII, in the absence of any attack against Saudi territory therefore excluding the self-defence argument (in which case the reprisal should be in proportion to the attack and controlled by the United Nations Security Council as foreseen in the Charter’s Chapter VII) is therefore considered as an aggression in the sense that public international law attributes to this type of intervention (Resolution 3314 (XXIX) of the United nations General Assembly of 14th December 1974, Article 5 of the 1998 Rome Statute by the International Penal Court: the aggression is qualified as “crime” in the light of the latter definitions). 

منذ 26 مارس الفارط، تورط الجيش السعودي في صراع عسكري ضد اليمن، وكجزء من تحالف عسكري إقليمي، يقصف أراضي جاره، مما تسبب في أضرار مادية وبشرية.

هذا التدخل العسكري ينتهك مبدأين من مبادئ القانون الدولي العام : مبدأ عدم التدخل وعدم استخدام القوة في العلاقات الدولية.

المادة 2، الفقرة 7 من ميثاق الأمم المتحدة تنص على: ليس في هذا الميثاق ما يسوغ ”للأمم المتحدة“ أن تتدخل في الشؤون التي تكون من صميم السلطان الداخلي ‏لدولة ما، وليس فيه ما يقتضي الأعضاء أن يعرضوا مثل هذه المسائل لأن تحل بحكم هذا الميثاق، على أن ‏هذا المبدأ لا يخلّ بتطبيق تدابير القمع الواردة في الفصل السابع

وينبع هذا الحكم من مبدأ القواعد الآمرة: قاعدة آمرة تفرض على المجتمع الدولي ككل.

أي تدخل في الشؤون الداخلية لدولة أخرى ينتهك القواعد الآمرة، بما في ذلك التدخلات المسماة "بالإنسانية". وهكذا ابطلت نظرية التدخل الإنساني بسرعة عن طريق هذه التعاليم وذلك للأسباب المذكورة أعلاه.

وقد أظهرت الممارسة الدولية أنه حتى الطلب الذي تتقدم به السلطات المحلية الى دولة أخرى لكي تتدخل عسكريا على ترابها الوطني غير قانوني إذا تم الطعن في شرعية هذة السلطات (حالة التدخل العسكري السوفيتي في المجر في عام 1956). وبالتالي، فإنه من المهم فحص شرعية الرئيس المستقيل اليمني ، عبد ربه منصور هادي. هذا الأخير، الذي شكك في انتخابه في عام 2012 في سياق الحرب الأهلية ، استقال في 22 يناير 2015.

وعلاوة على ذلك، في حالة قبرص في عام 1974، اعتبر أن التدخل العسكري التركي غير قانوني. بالرغم من ان تركيا إستندت على أحكام المادة 4 من معاهدة الضمان التي وقعتها قبرص واليونان وبريطانيا وتركيا. تسمح هذه المادة لواحدة من السلطات الثلاث المسماة ب "ضامنات" قبرص (اليونان وبريطانيا وتركيا) للتدخل عسكريا عندما يتم الطعن في الوضع الراهن القبرصي. تم إبطال هذه المعاهدة بسبب هذا الحكم المخالف للقواعد الآمرة.

وقد أطر ميثاق الأمم المتحدة التدخل في الشؤون الداخلية للدول. الفقرة 7 من المادة 2  المذكورة تشير في هذا الصدد إلى أحكام الفصل السابع من ميثاق الأمم المتحدة الذي يحدد إجراءات التدخل في حال وجود "تهديد السلم والإخلال به ووقوع العدوان" .

مجلس الأمن للأمم المتحدة هو الوحيد الذي بامكانه اتخاذ التدابير القسرية لوقف عمل غير قانوني واضح، مما يهدد السلم والأمن الدوليين.

تستمد هذه الاجراءات من مبدأ آخر معترف به و معمول به في أحكام الفقرة 4 من المادة 2 من ميثاق الأمم المتحدة، بشأن مبدأ عدم استخدام القوة في العلاقات الدولية.

تنص هذه الفقرة: " يمتنع أعضاء الهيئة جميعاً في علاقاتهم الدولية عن التهديد باستعمال القوة أو استخدامها ضد سلامة الأراضي أو الاستقلال السياسي لأية دولة أو على أي وجه آخر لا يتفق ومقاصد "الأمم المتحدة".

ولذلك، فإن تدخل المملكة العربية السعودية وكذلك تحالف الدول المشاركة في هذه العملية يشكل انتهاكا لهذين المبدأين.  

هذا التدخل في الشؤون الداخلية لليمن، والذي يتميز باستخدام القوة، دون إذن مسبق من مجلس الأمن على النحو المنصوص عليه في أحكام الفصل السابع من ميثاق الأمم المتحدة، في غياب هجوم الأراضي السعودية مما أدى إلى استبعاد حجة الدفاع عن النفس (في هذه الحالة الاستجابة لا بد ان تكون متناسبة مع الهجوم ومسيطرة عليها من قبل مجلس الأمن التابع للأمم المتحدة) يعتبر هجوما بموجب ما يعطيه القانون الدولي لمثل هذه التدخلات (القرار 3314 (التاسع والعشرين) للجمعية العامة للأمم المتحدة في 14 كانون الأول عام 1974، المادة 5 من نظام روما الأساسي لعام 1998 للمحكمة الجنائية الدولية: وصف الهجوم بأنه "جريمة" ب أحدث التعاريف).

 

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L’intervenant suivant fut Pierre-Emmanuel DUPONT, directeur du département de droit international public et de règlement des différends au London Centre of International Law Practice (LCILP)  et chargé de cours à la FALCO, qui s’est prononcé sur L'intervention saoudienne au Yémen et le droit international

Si l’on cherche à se prononcer sur la légalité, au regard du droit international, de l’intervention militaire dirigée par l’Arabie Saoudite au Yémen, il importe avant tout de qualifier les faits, en examinant la nature du conflit et les forces en présence. Il importe également d’examiner la justification juridique invoquée par les Etats participant à cette intervention militaire.

Pour justifier d’un point de vue juridique l’intervention militaire au Yémen, le Conseil de Coopération du Golfe a invoqué plusieurs arguments. Ceux-ci sont reflétés dans une déclaration conjointe de l’Arabie Saoudite, des Emirats Arabes Unis, de Bahrain, du Qatar et du Koweit en date du 26 mars 2015.

À la lecture de ce document, il apparaît que la justification de l’intervention militaire repose sur deux arguments distincts :

1)   Il s’agirait pour la coalition arabe d’un cas de légitime défense (couvert par l’article 51 de la Charte des Nations Unies), mais plus précisément d’un cas particulier de légitime défense « collective » (une intervention « par invitation », ou intervention « sollicitée »), au profit du Yémen et de son gouvernement légitime, objet d’une « agression » et dont l’intégrité territoriale est menacée ; l’intervention serait ainsi justifiée en tant que réponse à la demande expresse formulée par le président Hadi le 24 mars 2015.

2)   Il s’agirait également, pour l’Arabie Saoudite en particulier, d’un cas de légitime défense préventive, celle-ci étant directement menacée par le déploiement des forces militaires des Houtis à proximité de ses frontières.

L’orateur s’est efforcé de déterminer la pertinence de chacune de ces deux assertions au regard des règles issues de la Charte des Nations Unies, à la lumière de la jurisprudence de la Cour internationale de justice et de la pratique étatique. 

The next speaker was Pierre-Emmanuel Dupont, Director of the Department of Public International Law and of Dispute Settlement at the London Centre of International Law Practice (LCILP) and Official Lecturer at the FALCO, who examined The Questions of International Law Raised by the Saudi Invasion of Yemen.

If, in respect to international law, one seeks to pronounce oneself on the legality of the military intervention directed by Saudi Arabia against Yemen, it is of primary importance to qualify the acts by examining the nature of the conflict and the forces involved. It is equally of import to examine the juridical justification invoked by the States participating in this military intervention.

The regional authority known as the Gulf Cooperation Council (GCC) approved that several member-States invade Yemen militarily, upon the basis of several arguments invoked in the Common Declaration by Saudi Arabia, the United Arab Emirates, Bahrain, Qatar and Kuwait, made on 26th March 2015. Two arguments specifically authorize the armed invasion:

1) the invading coalition invoked self-defence covered by Article 51 of the United Nations Charter, but more precisely a particular case of “collective” self-defence (intervention “upon invitation”, or “solicited” intervention) in favour of Yemen and of its legitimate government that had supposedly been “aggressed” and whose territorial integrity remained “threatened”; these arguments were justified by the aggressors, on the basis that on 24th March 2015 President Hadi had formally petitioned for the intervention.

2) there was also the element, invoked in particular by Saudi Arabia, of “preventive legitimate defence” because of direct threats by armed Houthi forces along Saudi frontiers.

I shall attempt to determine the pertinence of each of these two excuses, in the light of rules emanating from the United Nations Charter, from jurisprudence of the International Court of Justice.

وكان المتحدث التالي بيير إيمانويل دوبون، مدير إدارة القانون الدولي العام وتسوية المنازعات في مركز لندن لممارسة القانون  الدولي (LCILP) و محاضر في كلية  FALCO، قد تحدث 

عن التدخل السعودي في اليمن والقانون الدولي

إذا حاولنا ان نحزم بموجب القانون الدولي في شرعية التدخل العسكري بقيادة المملكة العربية السعودية في اليمن، الشيء الأكثر أهمية يتمثل في وصف الحقائق من خلال دراسة طبيعة الصراع والقوى الفاعلة فيه. ومن المهم أيضا فحص المبرر القانوني الذي تذرعت به الدول المشاركة في هذا التدخل العسكري.

لتبرير التدخل العسكري السعودي في اليمن من وجهة نظر قانونية استذكر مجلس التعاون الخليجي العديد من الحجج التي انعكست في بيان مشترك من المملكة العربية السعودية والإمارات العربية والبحرين وقطر والكويت في 26 مارس 2015.

عند قراءة هذه الوثيقة، يبدو أن تبرير التدخل العسكري بني على حجتين منفصلتين:

1-  يتعلق الامر بالنسية للتحالف العربي بحالة الدفاع عن النفس ( التي تغطيها المادة 51 من ميثاق الأمم المتحدة)، ولكن على نحو أدق بحالة خاصة للدفاع عن النفس "الجماعية" (التدخل عن طريق الدعوة، " أو تدخل " مطالب به ") لصالح اليمن وحكومته الشرعية، الذي خضع " لعدوان " يهدد سلامة أراضيه. كان التدخل اذن يبرر كرد على طلب صريح صاغه الرئيس هادي في يوم 24 مارس 2015.

2 - يتعلق الامر أيضا، بالنسبة للمملكة العربية السعودية على وجه الخصوص، بقضية الدفاع عن النفس الوقائي،  لان المملكة مهددة مباشرة من قبل نشر القوات العسكرية الحوثية بالقرب من حدودها.

حاول المتحدث تحديد أهمية كل من التصريحين التاليتين بموجب القواعد المستمدة من ميثاق الأمم المتحدة، في ضوء تشريع محكمة العدل الدولية والممارسات الدولية.

 

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Ali AL-YAQOOBI, avocat, chercheur associé au Centre Michel de l'Hospital auprès l’Université d'Auvergne, qui a cru devoir poser la question : Y-a-t-il une base constitutionnelle ou légitime à la demande, faite par Hadi, d'intervention saoudienne au Yémen ?  

Au moment où il est devenu l’arène des luttes de concurrence pour l’influence internationale, demeure la question la plus importante : Y-a-t-il une base constitutionnelle ou légitime à la demande, faite par Hadi, argument sur lequel s'appuierait l'Arabie Saoudite pour justifier son intervention au Yémen?

Le Président de transition Hadi a été mis en place grâce à une décision prise par des pays étrangers au Yémen, « l'Initiative de Golfe ».

Il devait rester au pouvoir deux ans.

Sa demande d'intervention saoudienne a été faite trois ans après son arrivée au pouvoir, donc alors qu'il aurait dû l'avoir quitté.  Est-il légal de demander à une puissance étrangère d'intervenir sur le territoire national contre ses propres ressortissants?

À la lumière de ces trois données on peut répondre que la demande de Hadi pour une intervention saoudienne est illégitime et anticonstitutionnelle que ce soit au plan proprement yéménite, cœur de mon sujet, ou international. 

 Then Mr. Ali Al-Yaqoobi, Lawyer, Research Associate at Auvergne University’s Michel de l’Hospital Centre, felt he should ask the question: Is there any constitutional or other internal Yemeni basis for the petition made by Hadi for Saudi intervention into Yemen?

At the time it became a conflict arena competing for international influence, the most important question remains: Is there any constitutional or legitimate internal Yemeni basis for the petition made by Hadi and that became the argument upon which Saudi Arabia leaned in order to justify its intervention into Yemen?

Hadi was installed as Yemen’s Transition President, by decision of the “Gulf Initiative Council” composed of several countries though not Yemen democratically speaking. Hadi was at that time limited to a 2-year mandate.

However, his “petition for Saudi intervention” was made three years after the start of his 2-year non-extended mandate, indeed Hadi had already resigned and was hotly contested by the majority of the Yemeni populace.

So the question arises: can any citizen require armed foreign intervention into his/her country against the majority of his/her compatriots?

In the light of these three points alone, we can note unequivocally:

1)        Hadi’s petition for Saudi intervention was illegitimate

2)        Hadi’s petition for Saudi intervention was unconstitutional

3)        Hadi’s petition for Saudi intervention into Yemen was non-Yemeni

4)        Hadi’s petition for Saudi intervention was not in conformity with any international law

د. علي اليعقوبي، محامي و باحث في مركز ميشال اوسبيتال في جامعه اوفيرن الذي وجد انه من الاجدر دراسة

ما مدى الشرعية الدستورية او القانونية لطلب عبد ربه منصور هادي التدخل السعودي في اليمن ؟

"ثورة الشباب اليمني" لعام 2011 و ما تلاها من احداث متلاحقة، بما في ذلك هجوم التحالف السعودي، وضع اليمن في دائرة الاهتمام العالمي.

ففي الوقت الذي اصبح فيه اليمن ساحه للتنافس على النفوذ الدولي يبقى السؤال الاهم الذي تطرحه الاحداث الاخيرة : هل هناك شرعية دستورية او قانونية لطلب التدخل العسكري الذي تقدم به هادي؟ هذا الطلب الذي اتُخذ ذريعه للتبرير الهجوم السعودي على اليمن .

الرئيس الانتقالي عبد ربه منصور هادي وصل الى منصبه بموجب اتفاق سياسي رعته دولة اجنبية "المبادرة الخليجية" التي عطلت بنود الدستور اليمني لعام 1990، و كان ينبغي بموجب هذا الاتفاق ان يبقى الرئيس الانتقالي في منصبه لعامين فقط.

طلب الرئيس هادي من السعودية التدخل جاء بعد ثلاثة اعوام من وجوده في السلطه، و بعد استقالته ، و بهذا فان هذا الطلب جاء من رئيس مستقيل و خارج مدته القانونية.

من جانب اخر لا يوجد اي سند دستوري يبرر لرئيس دولة ان يطلب تدخل دوله اجنبية و على تراب دولته الوطني لحل مشكله داخليه.

بموجب هذه المعطيات و غيرها تطرح هذه المداخلة جوابا على هذا التساؤل : بأن التدخل السعودي في اليمن غير شرعي سواء على مستوى الدستور و القوانين اليمنية (محور المداخله) او على المستوى الدولي، ،و جاء من رئيس لاجئ مستقيل و خارج مدته القانونية.  

 

 

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La parole est alors passée à Mohamed AL-SHAMI, journaliste yémenite et président de l'Alliance internationale pour la défense des droits et libertés. Il a contribué son savoir concernant : Les crimes de guerre et la situation humanitaire au Yémen 

The Moderator then requested that Mr. Mohamed Al-Shami, Yemeni journalist and President of the International Alliance for the Defence of Rights and Liberties, address the hall, which he did by contributing his awareness of War Crimes and the Humanitarian Situation in Yemen.

سلمت الكلمة بعدها لمحمد اسماعيل الشامي، صحفي يمني و رئيس التحالف الدولي للدفاع عن الحقوق والحريات. ساهم بعلمه في مناقشة موضوع جرائم الحرب والوضع الإنساني في اليمن

Bien que ces deux axes, à savoir les crimes de guerre et la situation humanitaire au Yémen, soient très importants, ils ne sont toutefois pas traités de manière suffisante

D’abord il faut décrire l'intervention militaire saoudienne au Yémen. Selon la caractérisation du droit international et d’après ce qui est stipulé dans le chapitre VII de la Charte des Nations Unies « toute intervention militaire doit passer par le Conseil de sécurité de l'ONU » condition qui n’a pas été respectée dans ce cas.

L’application des peines demeure l’un des problèmes les plus complexes en raison de nombreux facteurs parmi lesquels les positions politiques des grandes puissances, en particulier les États-Unis d’Amérique et l'impact de son hégémonie sur le Conseil de sécurité, ce qui rend le renvoi ou l’application de la peine pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité soumise à des considérations politiques plus que des considérations juridiques.

Le crime de guerre se compose de deux conditions :

1. Le fait d’être en guerre. Ce qui est le cas au Yémen.

2. Le fait de commettre l’un des actes proscrits par les lois et coutumes de la guerre.

Et de trois principaux éléments :

 A. L’élément matériel : parmi les actes matériels les plus importants qui constituent un crime de guerre:

- Les infractions graves aux Conventions de Genève

-  L'homicide intentionnel

-  Le fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou de porter gravement atteinte à l'intégrité physique ou à la santé;

- La destruction et l’appropriation des biens de l'ennemi.

B - L’élément moral : L’Appréciation du critère de l’intention générale suffit pour la commission du crime. L'intention générale peut être révélée par la connaissance et la volonté.

C - L’élément International : Un conflit armé entre deux ou plusieurs Etats menaçant la paix et la sécurité internationales.

Le Yémen a été bombardé à l’horizontal et à la verticale : 15 stations de transformation et de production d’électricité et de gaz de ville, des stations d'essence, des locomotives de transport de blé, de farine et de nourriture, des instituts, des facultés et des établissements d'enseignement dont certaines ont été bombardées alors que les étudiants étaient dedans, comme ce qui est arrivé à la Faculté de médecine de l'Université de Hodeidah. Les ports commerciaux vitaux, les aéroports civils, 10 avions civils, 32 installations et usines commerciales civiles, des réservoirs alimentaires, 92 marchés populaires, 11 établissements médiatiques, 55 ponts, des places publiques, des fermes des élevages de volailles, des tours et des centres de communication, des clubs sportifs et des installations de la jeunesse, des jardins et des parcs sont autant d’exemples sur les cibles bombardées par les saoudiens.

Selon le dernier rapport de l'UNICEF, on fait état de 2 288 personnes tuées, dont 279 enfants  et 9755 blessés dont 402 enfants.

Et de notre côté, à l'Alliance internationale pour la défense des droits et libertés, nous avons mis en garde contre la poursuite des bombardements des civils et avons exigé une enquête internationale urgente en considérant que les agissements de l’Arabie Saoudite constituent des violations graves des droits de l’Homme atteignant le stade des crimes de guerre et de génocide.

La liste des crimes de l'agression saoudienne est longue et multiple et nous allons publier bientôt, un rapport détaillé, car nous travaillons au sein de l'Alliance internationale pour la défense des droits et libertés sur la collecte et la documentation de ces crimes et la préparation d'un fichier intégré pour le présenter devant la cour pénale internationale pour demander d'enquêter et de poursuivre les auteurs de crimes.

Selon le rapport de l'UNICEF, plus de 80% de la population yéménite souffre à présent d'une grave pénurie de fournitures de médicaments, de nourriture, d'eau potable et d'énergie. Plus de deux millions et demi de personnes dont 15 000 enfants souffrent de malnutrition, et nous pensons que le nombre est beaucoup plus élevé que cela.

Il y a aussi un manque total d’opération chirurgicale en raison du manque d’outils et de médicaments qu’elles nécessitent. Aussi plus de 53 centres de dialyse fermés causant la mort de plusieurs personnes.

Les Nations Unies décrivent la situation au Yémen suite au blocus, de catastrophique. Diverses organisations internationales la qualifient de dangereuse et tragique il est donc urgent de nous mobiliser pour le retour à paix au Yémen.

 

Although these two axes – war crimes, and the humanitarian situation – in Yemen are very important, they have still not been treated sufficiently.

First of all, in what consists the “Saudi military intervention in Yemen”? Well, according to international law precepts, and following on the stipulations of Chapter VII of the United Nations Charter: “any and all military intervention must be previously approved by the United Nations Security Council”. This condition has not at all been respected in the case of Yemen.

Sentencing remains one of the most complex problems, because of numerous factors of which the different and differing political positions taken by the “Great Powers”, in particular the United States of America and its hegemonic impact on the Security Council: in fact, all processing of war crimes and crimes against humanity becomes more political than juridical.

In fact, war crimes are function of two facts: 

1° the fact of being at war – which is indeed the case in Yemen

2° the fact of committing any of the acts forbidden by modern laws and customs of war – this is very clearly the case in Yemen

and function of three main elements:

A-       The material element. Amongst the most important material acts constituting war crime are:

-            serious breaches of the Geneva Convention

-            intentional homicide

-            intentionally causing great suffering or seriously compromising physical integrity or health

-      the destruction and misappropriation of the “enemy’s” belongings

B-       The moral element:

-            The appreciation of the general intention criterion suffices for crime to exist: general intention is said to exist by knowledge, awareness and intention or will.

C-       The international element: for example an armed conflict between two or more States and threatening international peace and security. Yemen has been being bombarded horizontally and vertically: 15 city electricity and gas stations, various petrol stations and food-transporting locomotives, some Institutes, faculties and other teaching establishments – some of these targets were populated, for example the Hodeidah University Medical Faculty in which the bombing killed several dozen students and staff.

Also bombed: vital commercial ports and terminals, civilian airports (including 10 civilian aircraft), 32 civil commercial installations and factories, food reserves, 92 popular markets, 11 media establishments, 55 bridges, some public places, poultry-raising farms, communication towers and centres, sports clubs and youth installations, gardens and parks … all bombed by Saudi air and land craft.

In UNICEF’s last report, the casualty inventory showed 2 288 persons killed of which 279 children, and 9755 injured of which 402 children.

And on our side, at the International Alliance for the Defence of Rights and Liberties, we have warned against pursuit of civilian bomb targets and have demanded an urgent international inquiry considering that the acts perpetrated by Saudi Arabia constitute grave offences against Human Rights, this has reached the level of war crimes and even genocide.

The list of Saudi crimes and aggression is long and varied, and we shall soon manage to publish all of it in a detailed report, because we at the International Alliance are working on collecting traces and compiling files in preparation for the integral crime dossier to be presented before the International Penal Court with the petition to inquiry and pursue the criminals.

According to the UNICEF report

a)      over 80% of the Yemeni population are currently afflicted by great shortage of medicine, food, drinking-water and energy

b)      over two and a half million persons of which 15 000 children suffer from malnutrition

but we have reason to believe that the damage is far more than that.

There is also a dearth of medical surgery, because of lack of equipment and medicine. Also, 53 dialysis centres have closed down. Many deaths are thus caused. 

 The United Nations describes the situation in Yemen under embargo, as catastrophic. Various international organizations qualify it as dangerous and tragic, it is therefore urgent to mobilize for return of peace to Yemen.

سلمت الكلمة بعدها لمحمد اسماعيل الشامي، صحفي يمني و رئيس التحالف الدولي للدفاع عن الحقوق والحريات. ساهم بعلمه في مناقشة موضوع جرائم الحرب والوضع الإنساني في اليمن

على الرغم من أن هذين المحورين، اي جرائم الحرب والوضع الإنساني في اليمن، هامين يعتبران من اهم المحاور ، ولكن لم يتم التطرق لها بشكل كافي وهى "جرائم الحرب والوضع الإنساني في اليمن :

التدخل العسكري السعودي باليمن:

في البداية يجب ان نوصف التدخل العسكري السعودي باليمن فوفقا لتوصيف القانون الدولي وماينص عليه الفصل السابع من ميثاق الامم المتحدة والذي يبين بأن"أي تدخل عسكري يجب ان يمر عبر مجلس الامن الدولي "وهو مالم يتم وبالتالي فالتدخل العسكري السعودي باليمن يعد جريمة وعدوان سافر علي سيادة دولة وشعب .

جرائم الحرب المرتكبة من قبل العدوان السعودي باليمن :

تعريف: يعرف الجميع ماحدث أثنــاء الحــرب العالميــة الثانيــة مــن جــرائم مروعــة وخطيــرة والتي حــدثت بعدها وفي وقت لاحق محاكمــات عديــدة لمجرمــي الحــرب الا انها جوبهــت بــالكثير مــن الصــعوبات والمعوقات الامر الذى ادى لاستمر حصول الانتهاكات الخطيرة لحقوق الانسان خلال النزاعات الدولية والداخليـة ، ومنها التـي جـرت حتــى أواخـر القـرن الماضـي حيـث حصـلت جــرائم و أعمـال إبـادة جماعيـة جعلـت المجتمـع الـدولي يطالـب بمحاكمـة مرتكبيهـا حيث أنشاء لهذا الغرض محكمة متخصصه تسمى محـاكمة الجنائيــات الدوليــة في لاهاي، ورغــم وجــود المحــاكمة ولجــان التحقيــق لجنائيــة الدوليــة ولكــن موضــوع تنفيــذ العقــاب علــى مرتكبيهــا كــان و لا زال أحــد المشــاكل البالغــة التعقيــد نتيجــة العديد من العوامل أهمها المواقــف السياسية للدول الكبرى لاسيما الولايات المتحدة الامريكية وتأثير هيمنتها على مجلس الأمن ممـا جعــل أمــر إحالــة أو معاقبــة مرتكبــي جــرائم الحــرب والجــرائم ضــد الانســانية يخضــع للاعتبارات السياسية أكثر من خضوعه للاعتبارات القانونية.

جريمة الحرب في القانون الدولي الجنائي:

تعريف جريمة الحرب :هي كل فعل صادر عن أشخاص مدنية او عسكرية تنتمي لأحد أطراف النزاع (تقع في النزاعات ) ضد أشخاص أو ممتلكات افراد العدو العامة والخاصة إبان النزاع المسلح مع كون هذه الأفعال تشكل انتهاكا صريحا لقوانين وأعراف الحرب والمنصوص عليها بالمواثيق الدولية والتي وضعت قواعد الحرب ونذكر منها :

*إتفاقية باريس 1856

*إتفاقية جنيف 1864

*إتفاقيتي لاهاي 1899 و 1907

*إتفاقيات جنيف الأربعة 1949

*البروتوكولين الإضافيين لإتفاقية جنيف1977

ثانيا - أركان جريمة الحرب     

يتكون من عدة اركان وعنصرين وهما:1 :* توفر حالة الحرب .وهو ما يتوافر وتنطبق عليه الحالة باليمن.

*2 ارتكاب أحد الأفعال التي تمنعها قوانين الحرب وأعرافها. التي تم ذكرها والاشارة اليها سابقا".

أ- الركن المادي :ومن أهم الأفعال المادية التي تشكل جريمة حرب :

- الانتهاكات الجسيمة لاتفاقيات جنيف.

- القتل العمد .

- تعمد إحداث معاناة جسيمة أو إلحاق أذى خطير بالجسم أو الصحة

- - تدمير ممتلكات العدو  او الاستيلاء عليها

- بـ - الركن المعنوي :

توفر القصد الجنائي العام فقط يكفي لقيام الجريمة و يتمثل القصد العام في العلم والإرادة

جـ - الركن الدولي :

نزاع مسلح بين دولتين أو أكثر يهدد السلم و الأمن الدوليين .

اما فيما يخص نظام روما الاساسي ( النظام الاساسي للمحكمة الجنائية الدولية ) فقد نصت المادة 5 و 8  على جرائم الحرب و جاء في المادة 8 النص على الأفعال التي تشكل جريمة حرب و هي تخص الانتهاكات لكل من اتفاقيات جنيف الاربعة و البروتوكولين الاضافيين للاتفاقيات ذات الصلة .

جرائم الحرب والإبادة ضد الإنسانية التي ارتكبها العدوان السعودي باليمن:

ومن خلال ماتم ذكره وتفصيله وفقا"للقوانين والمواثيق الدولية واذا ماتم اسقطها على مايحدث باليمن فأننا نكون وبشكل واضح امام ارتكاب جرائم حرب واباده ضد الإنسانية قامت بها وارتكبتها السعودية باليمن توجب المحاكمة والملاحقة الدولية لمرتكبها.

فقد قامت المملكة العربية السعودية وبتاريخ 26-3-2015م بشن حرب مباشره علي الجمهورية اليمنية بشكل مباشر وذلك بشن غارت جويه يوميه مستمرة وفرض حصار كامل جوي وبحري على اليمن وتم قصف غالبيه المناطق المدنية المؤهلة بالسكان دون ادني مراعاه لذلك ,الامر الذي ارغم ملايين المدنيين من اليمنيين العيش تحت خطر الاستهداف بالقصف والذي حول جل مناطقهم بالخطرة , فقد تعرض 504 تجمعاً سكانياً للقصف و4898 منزلا منها 129 مسكنا تم تدميرها بشكل كامل على رؤؤس ساكنيها , تدمير 857 منشأة مدنية ومرفق خدمي ومؤسسة عامة , استهداف 51 مشفى ومرفق صحي و 23 مسجداً و 155 منشأة تعليمية منها ثلاث 3 مدارس تم قصفها بالكامل استهداف مخيمات اللاجئين ومخازن الأدوية والغذاء حتى الطرقات المناطق الأثرية المقابر ,حيث تم استهدف كل شيء بطول اليمن وعرضها .. قصف 15محطة تحويلية ومحطات توليد الكهرباء محطات تعبئة غاز منزلي محطات وقود قاطرات نقل قمح ودقيق وأغذية ,معاهد وكليات ومؤسسات تعليمية منها تم قصفها والطلاب يدرسون فيها كما حصل بكليه الطب بجامعه الحديدة ,قصف موانئ بحرية تجارية حيوية, قصف مطارات مدنية ,قصف32 مصنع ومنشات تجاريه مدنيه,قصف مخازن مواد غذائية , قصف 92أسواق شعبية ,قصف 11مؤسسات إعلامية وقنوات ,قصف55 جسور وساحات عامة  قصف 10طائرات مدنية ,مزارع دواجن ,محطات وأبراج ومراكز اتصالات ,أندية رياضية ومرافق شبابية  ,حدائق ومنتزهات .

ووفقا لآخر تقرير منظمة اليونسف التابعة للأمم المتحدة اشارت لسقوط 2,288شخص قتلو منهم 279 طفل ..وجرح 9,755 منهم 402 طفل ..ومن جانبنا في منظمه التحالف الدولي للدفاع عن الحقوق والحريات حذرنا من استمرار استهداف المدنيين وطالبنا بتحقيق دولي عاجل في ذلك باعتبار ماتقوم به السعودية انتهاكات جسيمه لحقوق الانسان تراقي لجرائم حرب واباده ضد الإنسانية ,كما اصدرت منظمه العفو الدولية عدد من التقرير اشارت ايضا للانتهاكات والجرائم التي ارتكبها الطيران السعودي وذلك بقصف مخيم اللاجئين التابع للأمم المتحدة بمنطقه المزرق بمحافظه حجه خلف قاربه اربعين قتيل ,وقالت منظمة العفو الدولية في خلاصه تقريرها بانه ينبغي التحقيق في الضربات الجوية الوحشية على اليمن والتي خلَّفت مئات القتلى من المدنيين ,كما ذكرت منظمة "أوكسفام" العاملة في مجال الإغاثة الدولية أن إحدى الضربات الجوية أصابت مخزناً للإمدادات الإنسانية التابع لها دون ان يكون هناك أهداف عسكرية واضحة في المنطقة المجاورة للمخزن ,كما ادانت مؤخرا منظمه اليونسكو التابعة للأمم المتحدة قصف الطيران السعوي لمدينه صنعاء القديمة وهي منطقه مدنيه ومدرجه ضمن التراث العالمي عمرها2500عام وسبقها استهدف خمس مواقع اثرها وتدميرها.

قائمه جرائم العدوان السعودي طويله ومتعددة ولايتسع المجال لسردها حيث لم تقف عند الحد الذى ذكرنه ,ولكننا سنقوم بأصدر تقرير منفصل في وقت لاحق حيث نعمل في منظمه التحالف الدولي للدفاع عن الحقوق والحريات بجمع وتوثيق تلك الجرائم واعداد ملف متكامل لتقديمه للمحكمة الدولية لطلب التحقيق وملاحقه مرتكبي الجرائم ونامل من جميع القانونيين والناشطين مساندتنا لتحقيق العدالة.

الوضع  الانساني في اليمن :

خلف العدوان السعودي ومن خلال الحصار الجوي والبحري الخانق الذى فرضته على اليمن منذ بداية العدوان وضع كارثي وخطير للغاية وفي تدهور مستمر حتى اللحظة, خلف اكثر من ثلاثة مليون نازح,وحسب تقرير منظمة اليونسيف فان اكثر من 80بالمائه من السكان يعانون من نقص حاد في امدادات الدواء والغذاء ومياه الشرب والطاقة, كما يعاني اكثر من اثنين مليون ونصف منهم15,000طفل من سوء تغذيه ونعتقد بان العدد يفوق ذلك بكثير..

 

كما هناك انعدام تام لأجراء العمليات الجراحية نظرا لنقص مستلزماته والأدوية كما ان اكثر 53 اقفل بسبب ذلك ,كم اقفلت مراكز الغسيل الكلوي وتعرض المرضي للموت جراء ذلك.وقد وصفت الامم المتحدة الوضع باليمن جراء الحصار بالكارثي كما وصفته مختلف المنظمات الدولية بالخطير والمأساوي المتدهور ..كما خلف الحصار 10.000عالق بمطارات العالم يرغب بالعودة لليمن وتقطعت به السبل .

*** 

Monsieur le modérateur a ensuite donné la parole à Latéfa BOUTAHAR, chercheure associée à l’AGP, qui a retenu toute l’attention sur son exposé du zaydisme : Mouvement théologique et politique

Mr. Moderator then invited Latéfa Boutahar, Associate Researcher at the PAG, who retained all our attention on her exposé of Zaidism: Theological and Political Movement.

ثم القى السيد رئيس الجلسة الكلمة للطبفة بوطهارباحثة في الاكاديمية  AGP، التي جذبت كل الاهتمام بعرضها حول الزيدية: حركة دينية و سياسية

 

Baptisée « tempête de fermeté », la guerre menée par la coalition arabe pilotée par le royaume saoudien contre le Yémen et décidée de concert avec les Etats-unis, est soumise - comme tous les conflits de cette région du monde -  à une grille de lecture et d’analyse confessionnelles. En effet, le  Yémen est divisé entre un nord chiite d’obédience zaydite et un sud sunnite chaféite ; le régime de l’ancien président Abdallah Saleh a mené de 2004 à 2010 six guerres contre les Houthis accusés de vouloir rétablir l’imamat zaydite et de servir de pion permettant aux iraniens d’agir par procuration.

La propagande médiatique  pro-guerre dénonce la montée en puissance d’un Iran safavide aux ambitions hégémoniques et dont le commandant des gardiens de la révolution, Mohamed Ali  Jafar  claironne  que « Téhéran contrôlait quatre capitales arabes (Beyrouth, Damas, Baghdâd et  Sana’a) et conclut  « La question de qui doit diriger la communauté musulmane (oumma) ne se pose plus ! ». Désormais, le zaydisme est part d’un conflit qui aggrave le clivage voire la fracture entre sunnisme et chiisme, et relègue au dernier rang les analyses politiques et géopolitiques qui en découlent.

Une question : Qu’est-ce que le Zaydisme ?

Ramification du chiisme, le Zaydisme est un courant de pensées dont les disciples suivent et voient en Zayd ben Ali as-Sajjad petit-fils d'al-Hussein et demi-frère de Mohamed al Bâqir, le Véritable Cinquième Imam "celui qui a fendu le noyau de la connaissance", empreinte son chemin et travail à asseoir les bases de ce qui deviendra l'imamisme, le courant, orthodoxe et majoritaire du chiisme".

Vénéré par les chiites pour son érudition et sa grande piété, les sunnites reconnaissent en lui le grand maître d’Abou Hanifa, le fondateur du rite sunnite du même nom. Or se détournant à son tour de toute activité  politique, il aurait déconseillé à son frère Zayd de se rendre à Kufa pour mener la révolte contre le calife omeyyade hicham ibn AbdelMalek. Zayd est alors est confronté à un double défi :

-les pressions incessantes des partisans Alides pour la révolte contre une dynastie usurpatrice  et tyrannique ;

- un frère qui a renoncé à toute implication dans l’action politique, est plongé dans la théorisation  de l’imamisme et est déjà reconnu imam (guide au sens spirituel), empêchant ainsi toute autre prétention.

Pendant que Mohamed Al Baqir désigné Imam abandonne toute activité politique, se consacre totalement à la théorisation du culte du secret du message prophétique, Zayd verse dans le Mu’utazilisme auquel il va emprunter les méthodes d’argumentations rationnelles. Défenseurs de la transcendance divine que rien ne peut altérer, rejetant tout panthéisme consistant à identifier Dieu à ses émanations, les mu’utazilistes ont aussi adopté la théorie des cinq principes : l’unicité de Dieu, la justice divine, la menace et la promesse divine, la situation intermédiaire et le commandement du bien.

Zayd sera séduit par ces thèses et appellera le droit à la révolte armée comme condition pour la revendication de l’imamat. Toutefois ayant atteint une maîtrise avérée des sciences religieuses, on peut déjà prétendre à l’imamat. Le candidat doit se déclarer auprès des croyants en lançant un appel (da’wa) au jihad contre l’injustice. 

La théologie politique du Zaydisme se présente comme une théologie du pouvoir qui opère une incursion rationnelle dans le chiisme. Sa conception de l’imam savant/ guerrier déconstruit  l’imamisme, s’impose comme une critique rationnelle. Il parait comme le premier schisme dans le chiisme ouvrant la voie à une réconciliation avec le sunnisme.

Ne faut-il voir dans la révolte houthie une tentative de réhabiliter l’esprit Zaydite ? N’est-t-il pas une arme théologique contre le wahhabisme ? Voilà un problème de fond qui persiste au Yémen depuis des siècles.

 

Baptized “Tempest of Firmness”, the war led by the Arab coalition and piloted by the Saudi Kingdom against Yemen, all decided in concert with the United States, is submitted – as all conflicts in this part of the world – to a confessional reading grid and analysis. In effect, Yemen is divided into a Shiite North of Zaidi obedience, and a Sunni South of Chafeite obedience. Between years 2004 and 2010, the regime of former President Abdallah Saleh led 6 wars against the Houthis accused of trying to establish a Zaidi Imamate and of playing pawn for the Iranians to progress in the country.

Pro-war media propaganda denounces the rise in power and influence of a Safavid Iran with hegemonic ambitions and about whom Mohamad Ali Jafa, Commander of the Guardians of the Revolution, bellows that “Tehran controls 4 Arab capitals: Beirut, Damas, Bagdad et Sanaa!” and concludes: “The question as to who should lead the Moslem community (oumma) need no longer be asked!” Henceforth, Zaidism is part of a conflict that aggravates the split between Sunnis and Shiites, and relegates to the back row all political and geopolitical analyses that issue therefrom.

One question: What is Zaidism?

A ramification of Shiism, Zaidism is a current of thought whose disciples believe they are following Zayd, the True 5th Imam in line from the Prophet Mohamad himself, and the man who has “split the atom of knowledge”, leaving his mark and his way as the bases of what becomes “imamism”, Shiism’s orthodox majority tendency.

Venerated by Shiites for his erudition and great pity, the Sunnis call on him as the Great Master of their Abou Hanifa, founder of the Sunni rites of his own name. And upon ceasing he too all political activity, he advised his brother Zayd not to revolt against the Umayad Caliph Hicham. At that juncture, Zayd had to decide between two challenges:

- unceasing pressure from Ali’s partisans to revolt against a tyrannical dynasty

an elder brother – Mohamad Al Baqir who had already abandoned politics, shrouded himself in imamism theory, was already recognized as an Imam (spiritual guide) and could no longer assume any other activity

Whilst Mohamad Al Baqir as recognized Imam devotes himself to theorization of the cult of secrecy in the Koranic message, Zayd moves into Mutazilism from which he borrows rational methods of argumentation. Defenders of the divine transcendental that nothing can alter, rejecting all pantheism consisting in identifying God to his emanations, the Mutazili also adopted the Theory of the Five Principles: Unicity of God, Divine Justice, Threat and Divine Promise, the Intermediary situation and the order to do well.

Zayd is quite seduced by these theses, and calls upon the right to armed revolt as condition to lay any claim to imamship. Nevertheless, having reached a recognized mastery in religious science, one can already claim imamship. The candidate must declare himself before some believers by launching the da’wa (sacred call) to jihad (holy war) against injustice.

The political theology of Zaidism presents itself as a theology of power that operates a rational incursion into Shiism. Its conception of the wise-warrior Imam decomposes Imamism, imposes itself as rational criticism. It appears as the first schism in Shiism opening the way to reconciliation with Sunnism.

So is one not to see in the Houthi revolt an attempt to rehabilitate the Zaidi spirit? Is it not a theological weapon against Wahhabism? There is the base problem that has been persisting for centuries in Yemen.

الزيدية:حركة دينية وسياسية

سوق الاعلام المؤيد لعا صفة الحزم ,الحرب على اليمن با نها حرب من أجل اعادة الشرعية  للبلد.

شرعية انتهكها الحوثيون الزيديون الساعون لا عادة الامامة الزيدة و العاملون بالوكالة على ايران الصفوية التي تطمح لبسط سيطرة كاملة على المنطقة.

أقحم اليمن في تأجيج صراع طائفي ظل تاريخيا في منآى عنه.أخذت الحرب بذلك بعدا مهمشا  للقراءة والتحليل الجيو سياسي.                                                                          

وصلت الزيدية  شمال اليمن هاربة من القمع العباسي سنة 897 ، على يد الإمام يحي بن الحسين الراسي الذي لقب " بالهادي إلى الحق" وقام بصياغية "المذهب الهداوي" أعطى بذلك خلفية مذهبية لإطارسياسي أصبح من حينها يعرف با لإمامة الزيدية التي ا ستمرت إلى أن أسقطتها ثورة 1962.

وقد قامت في بدايتها كحركة تمرد ضد  الأمويين أيام هشام بن عبد الملك،ونادت  بالجهاد للإطاحة بحكم ظالم و سالب لحقوق أهل البيت في خلافة المسلمين.

فالزيدية حركة شيعية تنسب لزيد بن علي زين العابدين بن الحسين بن علي،ويعتقد أتباعه أنه خامس وآخر الأئمة  الشيعة.ظهر زيد في مرحلة دقيقة من تاريخ يرزخ تحت و طأة مأساة كرباء التي شهدت استشهاد الحسين بن علي، وما تلاها من هول في نفو س المسلمين  المنقسمين ا   مذهبيا منذ  وفاة الرسول الأكرم.

تميزت المرحلة أيضا ببزوغ تيارين فكريين على جانب كبير من  العمق و التعقيد.

-التنظير للأ مامية على يد محمد الباقر بن علي،

-الدعوة  المعتزلية الى اعتماد العقل و المنطق في التعامل مع الاسلام ومعتقداته وأحكامه شرحا و تفسيرا.

تأثر زيد بأفكار هذه المدرسة وقد كان تلميذا لواصل بن عطا مؤسسها.

قادته  الفكرة حول تفويض الانسان في جميع  أفعاله بصورة مطلقة، و كذا الأمر بالمعروف و النهي على المنكر  الى  اعلان الثورة -الخروج- على هشام بن عبد الماك لظلمه .

و أسسس بذلك لفهوم ا مامة تشكل نقيضا لما بدأ أخوه الباقر ينظر له ليأخذ صيغة كاملة مع جعفر الصادق.

 على غرار كل الشيعة اسماعليين و جعفريين،قال زيد أن عليا بن أبي طالب كان أحق  من يخلف الرسول، وأن أهل بيته  هم من تجب فيهم الامامة، ولكن خا لفهم في و جوب حصرها في نسل الامام الحسين و أدخل مايعرف ب"شرط البطنين".

أجازت الزيدية  اعتمادا  على  ذلك لإمامة في كل أولاد فاطمة، سواء  من نسل  الحسن  والحسين شرط أن يكون أهلا لها بالعلم، الاجتهاد و الشجاعة لا علان الجهاد.

والإمامة  ليست بالوصية  التي  ينص  فيها الإمام السابق على الإمام اللاحق، بمعنى أنها ليست وراثية بل تقوم على البيعة  التي تشرع الجهاد.

أدخلت الزيدية مفهوما قارب بينها وأهل السنة وهو ا جازة الامام المفضول مع وجود الافضل.يمكن للأمة ان أرادت أن تبايع اماما  فاضلا مع وجود أفضل منه.حدث الأمر عندما بايعت أبا بكر و عمر و عثمان رغم وجود علي,

تجيز أيضا وجودإمامين  في وقت واحد في قطرين مختلفين  وتوجب الطاعة لهما

لا يقولون بعصمة الأئمة من الخطأ، كما لا يغالون في رفع أئمتهم على غرار ما تفعله معظم فرق الشيعة الأخرى.

للزيدة خلفية عقلانية تؤهلها للتفاعل مع  تيارات فكرية متنوعة خضعة لقراءة نقدية استطاعت ان تشكل تيارا دينيا متنورا يعا كس التيارات المتطرفة والظلامية الجاثمة على  المنطقة

 

***

Est alors intervenu monsieur Faiçal JALLOUL, journaliste libanais, qui a enrichi les interventions avec son rapport détaillé sur LemouvementAnsarAllah  « ElHouthiste »  quelprojet  politiquepourleYémen? 

 

ثم تدخل السيد فيصل جلول ، صحفي لبناني الذي أثرى التدخلات بورقته المفصلة حول الحركة الحوثية لانصار الله : برنامجهم السياسي لليمن

Contrairement aux attentes, le programme Houthi pour l'Etat et la société au Yémen ne comporte ni d'objectif monarchique, ni d’hégémonie iranienne rappelant le système zaïdite. Les Houthis veulent leur propre identité locale, nationale, régionale et internationale, et se distinguent en ce sens sur tous les plans.

Par exemple, sur le plan social ils ont remplacé le samedi comme jour de repos, par le jeudi, tout en conservant vendredi un jour férié. Ils ont exigé de réduire les voix des chansons et des mariages en public et ont exigé  le respect de « la tenue légitime » dans certains endroits surtout à Sanaa et dans les régions du nord Zaidi. Ils n'ont pas réussi à imposer la prière, par une « police religieuse ».

Il est peu probable que ces distinctions houthies dérangent l’Arabie saoudite ou les zones sunnites dans le sud ou même dans les régions nordistes du pays. Mais leur projet pour l'État implique l’adhésion massive aux différentes institutions et l'engagement directe dans l’exercice du pouvoir régional – ça, les Saudis refusent sec.

Il est clair que les Ansarallahis aspirent à récupérer l'influence d'al-Zaidi au Yémen après avoir été menacés et marginalisés à leurs yeux au cours de l'ère républicaine - il en subsiste la preuve que le wahhabisme a été planté de force dans leur fief de Saada, ce qui a poussé de nombreuses tribus de passer de la communauté Zaidi aux wahabisme grâce à l'aide saoudienne et le soutien de l'ancien régime yéménite.

Le plus important dans leur plan de développement économique et leurs aspirations a des mesures de nature revendicative et loin d’être révolutionnaires, se situe en général dans le domaine des services et des infrastructures -là aussi ils sont loin du projet de l'économie islamique comme le suggèrent leurs détracteurs. Tout ce qu'ils veulent est l'intégration de l’économie du  marché avec une réforme de tendance de  près du socialisme.

Les houthistes insistent sur la reconstruction de l'infrastructure de leur bastion à Saada, après de longues années d’isolement et de privations qui ressemblent aujourd’hui à la punition….

 d’autre part ils comptent tolérer dans leur bastion frontalière les réseaux de contrebande avec l’Arabie Saoudite.

Les Houthistes rejetent le projet des provinces au Yémen, ils ont peur d’être isolés et la crainte dans un territoire chiite montagnard sans accès à la mer.

Les AnsarAllahis ont choisi le système démocratique pour remplacer le régime actuel faisant appel. On peut trouver toutes ces revendications dans l’accord de paix et de partenariat qu’ils ont signé avec le président Hadi et les partis du Yémen peu après  leur contrôle de Sanaa en septembre 2014.

Dans le domaine de la politique étrangère, les Houthis sont proches de l'axe de la dissidence et de la résistance, englobant l'Iran, la Syrie et la résistance libanaise des Hezbollahis. 

En bref, on peut dire que le projet des Houthis au Yémen implique un retour en force du zaydisme religieux yéménite pour qu’il soit au centre du pouvoir comme il avait été au cours d’un peu plus d'un millier d'années.

Les AnsarAllahis voudront bien engager leur pays dans une économie de marché à leurs propres conditions plus proches de la démocratie socialiste colorée par certains principes Zaidi. Ils sont dans tout cela plus proche de Hezbollah au Liban et non pas du modèle iranien. 

Cela signifie que le projet du mouvement politique de ce mouvement n’a rien à avoiravec l'image puritaine véhiculée par leurs détracteursdans les médias.

 

 Thereupon intervened Mr. Faiçal Jalloul, Lebanese journalist who enriched our interventions with his detailed report on The Al-Houthist Ansarallah Movement: What is Yemen’s political project for the Yemen?

 

Contrary to expectations, the Houthi program for a State and for Yemeni society has no contact has no monarchical objective, nor Iranian hegemony calling for a Zaidi system. Houthis want their own local, national, regional and international identity, and distinguish themselves in this sense, in every dimension.

 

For example, at the social level they have replaced Saturday as day of rest, by Thursday, and still keep Friday as Day Off. They have also demanded that public singing volume even at marriages must not disturb, also “decent clothing” must be respected, especially in Sanaa and in the North Zaidi. They have succeeded in imposing prayer, by a “religious police”.

It’s not that probable that these Houthi distinctions disturb Saudi Arabia or the Sunni zones in the South, or even the North of the country. However, their project for State implies massive adhesion to different institutions and engaging directly in the exercise of regional power – but that is straightaway rejected by the Saudi State.

It’s clear that the Ansarallahi aspired to recover the Al-Zaidi influence in Yemen, after having been threatened and marginalized throughout the Republican era – there subsists the proof that Wahhabism has been installed by force in their Saada stronghold, which just pushed several tribes to leave the Zaidi sect for the Wahhabite orthodoxy, thanks to Saudi support and to that of the former Yemeni regime.

The most important part of their economic development plan and of their aspirations to measures of a protest nature and far from being revolutionary, is situated in general in the domain of services and infrastructures – there yet again they are far from the Islamic economy program that their opponents suggest. All they really want is to integrate a market economy with a trend reform close to socialism.

The Houthis insist on reconstruction of their Saada stronghold infrastructure, after long years of isolation and deprivation that today resemble more punishment than anything else…. And on the other hand, they intend to tolerate frontier smuggling with Saudi Arabian counterparts.

The Houthis reject the Yemen province project, they are afraid to be fragmented and isolated on mountain territory and without access to sea.

The Ansarallahi have chosen the democratic system to replace the current regime, one can find all these claims in the peace and partnership agreement  they had signed with President Hadi and the Yemen parties shortly after their control of Sanaa in September 2014.

In the field of foreign policy, the Houthis are close to the dissident and resistant axis englobing Syria, Iran and the Lebanese Hezbollahi Resistance. In brief, one can say that the Houthi project in Yemen implies a forceful religious return of Yemeni Zaidism to the centre of power, as it was for over a millennium.

The Ansarallahi would love to get their country into a market economy on their own conditions that are closer to socialist democracy coloured by some Zaidi principles – in all that they are closer to the Lebanese Hezbollah than to the Iranian model. That means that this movement’s political project has nothing to do with the Puritan image exploited by their foes in the media.

 

بخلاف التوقعات المسبقة لا ينطوي البرنامج الحوثي للدولة والمجتمع في اليمن على اهداف مونارشية او امامية على قياس نظام الامامة الزيدي الذي دمره الجمهروبن في العام 1962

على الصعيد الاجتماعي استبدلوا العطة من يوم السبت الى يوم الخميس مع الابقاء على الجمعة يوم عطلة رسمي.

وطالبوا بخفض اصوات الاغاني والاعراس وطالبوا واحترام اللباس الشرعي في بعض الاماكن وكل ذلك في صنعاء والمناطق الشمالية الزيدية حيث يتمتعون بنفوذ معين لكنهم لم يصلوا الى حد فرض الصلاة بواسطة جهاز ديني ومن المستبعد ان يسيروا على النهج السعودي في هذا المجال والراجح انهم سيطبقون الاجراءات المذكورة وهي مخففة بالقياس الى بلدان ومجتمعات مسلمة من المستبعد ان يطبقوها في مناطق الشوافع في الجنوب او حتى في المناطق الوسطى الشافعية.

اما مشروعهم بالنسبة للدولة فيقضي بان ينخرطوا فيها مباشرة وان يكون لهم وزن في قراراتها وهم يعتبرون ان النظام الجمهوري استبعدهم من وظائف الدولة والجيش بوصفهم من انصار النظام الامامي السابق وان عليهم اليوم ان ينالوا حصتهم منها عبر تعيينات كثيفة في كافة المرافق لا بل يقدمون انفسهم كضامنين لعدم تفاقم الفساد ولحسن ادارة المرافق العامة

والواضح ان هذه الاجراء تهدف الى اعادة الاعتبار للنفوذ الزيدي في اليمن بعد ان كان مهددا بنظرهم خلال العهد الجمهوري بدليل ان الوهابية تمركزت في معقلهم في صعدة في منطقة دماج وحملت قبائل عديدة على الانتقال من المذهب الزيدي الى الوهابي بفضل المساعدات السعودية ودعم النظام السابق لهم.

البارز في مشروعهم الاقتصادي هو نزوعهم المطلبي والامتناع عن طرح مشروع الاقتصاد الاسلامي بل كل ما يريدونه هو الاندماج باقتصاد السوق مع نزعة اصلاحية اقرب الى الاشتراكية الامر الذي يتناسب مع البيئة الاجتماعية الفقيرة التي وردوا منها لذا نراهم يركزون على اعادة اعمار منطقتهم صعدة بالبنية الخدماتية التحتية بعد عزلة طويلة والراجح ان يواصلوا في معقلهم الاعتماد على شبكات التهريب الحدودية مع المملكة السعودية.

 يرفض الحوثيون تقسسيم اليمن الى اقاليم ويخشون من عزلهم في اقليم شيعي لا يمتلك منفذا بحريا ويريدون الانخراط في اقتصاد السوق ويطرحون النظام الديمقراطي بديلا عن النظام الحالي ويطالبون بالاحتكام الى صناديق الاقتراع ونجد كل هذاه المطالب في اتفاقية السلم اوالشراكة التي وقعوها مع الرئيس هادي والاحزاب اليمنية فور سيطرتهم على صنعاء في سبتمبر 2014

اما في مجال السياسة الخارجية فهم اقرب الى محور الممانعة والمقاومة الذي يضم ايران وسوريا والمقاومةاللبنانية.

باختصار يمكن القول ان مشروع الحوثيين في اليمن ينطوي على اعادة الاعتبار للزيدية الدينية في السلطة وان تكون في مركز الحكم الفعلي كما كانت منذ اكثر من الف عام ويدعون الى احترام بعض القواعد الاخلاقية الدينية في مناطقهم ويريدون انخراط بلادهم في اقتصاد السوق بشروطهم الاقرب الى الاشتراكية الديمقراطية الملونة ببعض المباديء الزيدية وهم في ذلك كله اقرب الى حزب الله في لبنان منهم الى النموذج الايراني

هذا يعني ان مشروع الحركة السياسي لا يتناسب ابدا مع الصورة المتزمتة المرتسمة حولها في وسائل الاعلام .

 

 

*** 

Le dernier conférencier fut Jean-Maxime CORNEILLE, spécialiste reconnu du monde arabe et fin connaisseur des implications géopolitiques de l'histoire pétrolière, qui n’a pas du tout déçu par son discours éloquemment et brillamment rendu sur L’Arabie saoudite, prochaine victime du renversement du monde : Vers une guerre de mille ans pour laMecque ?

 

I-Rivalité Saoud-Iran à travers une nouvelle guerre par procuration...

A-                La glorification des conflits inutiles :

Comprendre la situation yéménite au-delà du conflit sunnite/chiites : la confluence de deux facteurs distincts (Iran/Arabie Saoudite) qui s’affrontent dans le cadre de la grande guerre mondiale contre le terrorisme (oxymore), et dans un contexte d’Etat défaillant. Les deux mêmes types d’extrémisme artificiel : des milices chiites supplétives héritiers de la Révolution  iranienne, et la monarchie wahhabite, après une récente révolution de palais.

B-                La vision manichéenne du monde : la guerre perpétuelle comme but ?

Au-delà de l’illisibilité des alliances américaines, la culture « Gun &  God » américaine ne laisse place qu’à des situations chaotiques, mythifiée et qui permettent des conflits sans fin prospérant sur la démolition d’Etat : tradition non pas américaine mais britannique. Plus que de manichéisme il faut parler de Balkanisation encouragée : pas de gagnants, que des perdants.

II- Le Lâchage de l’Arabie Saoudite au Yémen... et le sabotage connexe des Etats-Unis.

A-                Le renversement des alliances en faveur de l’Iran contre les Saouds

L’ardeur saoudienne tempérée par une confluence d’intérêt Américano-sino-russe : retour de la Realpolitik et indice d’un renversement du monde, en coopération avec les autres états sunnites. Des indices notables d’un lâchage à venir de l’Arabie saoudite, qui nécessitent de se demander d’où vient le wahhabisme : un outil historiquement anglais pour la conquête du pétrole.

Mais on ne pèse pas encore le mouvement de balancier en sens inverse, parallèlement au rapprochement entre Etats-Unis et Iran : les extrémismes des deux bords vont servir de « carburant » pour la balkanisation du MO, qui peut aller très loin.

Elément majeur en toile de fond : la nouvelle route de la soie à travers l’Eurasie : une promesse nouvelle ouverte à tous les pays, un renversement pacifique du monde qui est possible en même temps qu’une revanche du modèle « allemand ». La grande leçon ? L’hégémonie implique la prévention des conflits, une leçon que les Etats-Unis ont perdue...

 

B-                Le changement de nature des Etats-Unis et le renouveau de l’Arc de Crise.

L’Amérique détournée par ses propres intérêts privés : la ruine de l’Etat conséquence du capitalisme moderne. Un système qui génère l’incompétence, les crises et les guerres.

Une Lutte d’influence au plus haut entre les patriotes et les fossoyeurs de l’Amérique : les mêmes qui balkanisent délibérément le Moyen-Orient.

 

The last lecturer was Jean-Maxime Corneille, recognized specialist of the Arab World and well-versed in the geopolitical implications of petroleum history, and he did not deceive at all with his eloquently and brilliantly rendered speech on Saudi Arabia, Next Victim of World Upheaval: Towards a Thousand Years’ War for Mecca?

 

I-                    Saudi-Iran Rivalry across another war by proxy…

A-     Glorification of Useless Conflicts

 

To understand the Yemen situation beyond the Sunni-Shiite conflict: convergence of two distinct factors (Iran/Saudi Arabia) that confront each other in the framework of the great world war against terrorism (Oxymore), and in a context of defective State. Same two types of artificial extremism: reservist Shiite militia who have inherited the Iranian Revolution, also: the Wahhabi monarchy after recent Palace disturbances.

B-     Simplistic vision of the world: perpetual war as goal?

 

Beyond the illegibility of American alliances, the American “Gun & God” culture only leaves chaotic situations, mythified and that permit endless conflicts that prosper on State demolition: this tradition is British, not American. Rather than Manichaenism, one must talk of encouraged Balkanization: no winners, no losers.

II-                  Saudi Arabian abandon in Yemen … related sabotage by the United States

A-     Alliance overthrow in favour of Iran against the Saudis

Saudi fervour tempered by convergence of Americano-Sino-Russian interests: return of Realpolitik and index of world upheaval, in cooperation with other Sunni States. Notable indices of imminent abandon of Saudi Arabia, which requires that we ask ourselves: Whence cometh Wahhabism?... in fact it’s just a historically British tool to conquer petroleum access.

But one does not yet measure the movement of the scales in an opposite direction, parallel to Iran and America coming closer together: extremists on both sides are going to serve as “fuel” for the Balkanization of the Middle East, and those things can go very far.

A major background element: the new silk route across Eurasia: a new promise open to all countries, an accessible pacific world metamorphosis, and at the same time revenge on the “German model”. The big lesson in all that? Hegemony implies conflict prevention - a lesson that the United-States lost out on….

B-     Change in nature of the United-States – Renewal of the Crisis Arc

America uprooted by its own private interests: the ruin of the State created by modern capitalism: a system that generates incompetence, crises and war.

An influence-struggle at the highest level between America’s patriots and grave-diggers: the same who deliberately Balkanize the Middle-East.

وكان المتحدث الاخير جان ماكسيم كورناي، وهو متخصص معترف به في العالم العربي و خبير في التداعيات الجيوسياسية للتاريخ  النفطي، الذي لم يخيب على الإطلاق أمل الجمهور بخطابه البليغ و المقدم ببراعة حول المملكة العربية السعودية، الضحية المقبلة لانعكاس العالم: نحو حرب ألف سنة لمكة المكرمة؟

I - التنافس السعودي الإيراني من خلال حرب جديدة بالوكالة...

أ- تمجيد الصراع العقيم :

فهم الوضع في اليمن بعيدا عن الصراع السني / الشيعي: التقاء عاملين متميزين (إيران / المملكة العربية السعودية) يتنافسون في اطار الحرب العالمية الكبيرة ضد الإرهاب (تناقض ظاهري) وفي سياق دولة فاشلة. هذين النوعين  المتطابقين من التطرف الاصطناعي: الميليشيات الشيعية تكميلية ورثة الثورة الإيرانية و النظام الملكي الوهابي، بعد انقلاب اخير في القصر.

ب- الرؤية المانوية للعالم: الحرب الدائمة كهدف ؟

وراء عدم وضوح تحالفات الولايات المتحدة، فان الثقافة الأميركية "السلاح و الدين" لا تخلق إلا حالات الفوضى التي تتسبب بصراعات لا نهاية لها تزدهر على هدم الدولة: و هذه عادة  ليست أميركية ولكن بريطانية. أكثر من المانوية يجب أن نتكلم عن بلقنة مشجعة: ليس هناك من منتصر، الكل خاسر.

II- التملص السعودي لليمن ... والتخريب المتعلق بالولايات المتحدة.

A- انعكاس التحالفات لصالح إيران ضد ال سعود

الحماس السعودي المخفف بالتقاء المصالح الامريكية الصينية الروسية : عودة السياسة الواقعية (الريال بوليتيك) ودلالة على وجود انعكاس العالم، بالتعاون مع الدول السنية الأخرى. مؤشرات هامة عن الهجر القادم من المملكة العربية السعودية، والذي بحاجة إلى أن نسأل من أين جاءت الوهابية: أداة إنجليزية تاريخيا للاستيلاء على النفط.

لكننا لا نقيم بعد الاتجاه المعاكس للارجوحة المتزامن مع التقارب بين الولايات المتحدة وإيران متطرفي كلا الجانبين سيكونون بمثابة "وقود" لبلقنة الشرق الاوسط، التي يمكنها أن تذهب بعيدا جدا.

يتمثل العنصر الرئيسي في الخلفية في : طريق الحرير الجديد عبر أوراسيا: وعد جديد مفتوح لجميع البلدان، و امكانية الإنعكاس السلمي للعالم بالتزامن مع انتقام الطراز "الألماني". الدرس الكبير؟ تتضمن الهيمنة منع نشوب الصراعات، وهو الدرس الذي فقدته الولايات المتحدة ...

ب- تغيير طبيعة الولايات المتحدة وتجديد قوس الأزمات.

تحويل أمريكا بمصالحها الخاصة بها: تدمير الدولة نتيجة الرأسمالية الحديثة. النظام الذي يولد عدم الكفاءة والأزمات والحروب.

محاربة النفوذ على أعلى مستولى بين الوطنيين وحفارو القبور الأمريكية: نفس الأشخاص الذين يبلقنون عمدا الشرق الأوسط.

 

 

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Monsieur le modérateur a alors annoncé le très suivi débat général qui a clos le colloque.